11 déc. 2013

Jane Birkin: une autre lady au Châtelet


(c) Gabrielle Crawford
Alors que le Châtelet affiche actuellement « My Fair Lady », les spectateurs ont pu applaudir, lundi dernier, une autre lady : Jane Birkin. Le temps d’une ultime représentation d’« Arabesque ». Un spectacle qu’elle avait présenté en 2002 à l’Odéon avant de l’emmener dans 37 pays ! Pour ceux qui ont eu la chance de le découvrir à l’époque, l’émotion est intacte. « Je n’ai pas eu le temps de dire merci à Serge » confie Jane. Pourtant, en permettant à ses chansons de franchir les frontières, elle ne pouvait lui rendre un plus bel hommage. D’autant que, grâce aux arrangements orientaux du violoniste Djamel Benyelles, le répertoire de Gainsbourg semble animé d’une seconde vie. Vêtue de noir, chaussée de babouches, Jane se balade ainsi d’ « Elisa » à « Baby Alone in Babylone » en passant par « Couleur café » ou « la chanson de Prévert » qu’elle récite assise sur un coin de scène. Sans oublier le magnifique « Amours des feintes » que Serge lui avait offert, comme un ultime pied de nez au destin, avant de disparaître en 1991.
Avec ses fautes de syntaxe et son accent qu’elle n’a jamais pu (ou voulu) abandonner, la chanteuse poursuit ainsi une conversation jamais interrompue avec son pygmalion. Puis elle s’éclipse, le temps d’une composition personnelle du groupe Djam & Fam qui l’accompagne, avant de revenir habillée d’une longue robe rouge pour « Les dessous chics ». Et lorsqu’elle défait son chignon pour entamer une danse syncopée sur « Les clefs du paradis », on est touché par la grâce un peu maladroite de cette artiste sur qui les années passent sans jamais entamer sa générosité ni sa simplicité. « Merci d’avoir eu la curiosité de venir écouter ce qu’une vieille anglaise peut encore faire sur scène » dit-elle au public, manifestement émue. Après une version, a cappella, de  "La Javanaise », cette militante dans l'âme appelle à signer pour la campagne d’Amnesty International. Une vraie lady !
Annie Grandjanin

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