10 déc. 2013

Jonasz et d'Angelo: unis vers l'intime

(c) Vincent Gramain

L’exercice est périlleux et rares sont les artistes qui se prêtent au jeu du « piano-voix ». Il faut dire qu’il ne s’agit pas de n’importe quel piano puisqu’il est ici entre les mains savantes et virtuoses de Jean-Yves d’Angelo. Michel Jonasz évoque d’ailleurs avec humour ses retrouvailles avec son vieux complice. Le complice de « Tristesse », « Unis vers l’uni », « Où est la source »…
Dès les premières notes de « Je descendrai la rivière » la connivence est évidente. Pour ce récital, le chanteur puise essentiellement dans son répertoire des années 70/80. On redécouvre ainsi des titres un peu oubliés comme « Les réussites » ou « Les odeurs d’éther » mais aussi des classiques tels que « Super nana », « Du blues, du blues, du blues », « Les fourmis rouges », « Guigui » « Je t’aimais tellement fort que j’t’aime encore »…
Entre deux retours dans le passé, il se livre à quelques imitations -celle du Général de Gaulle débarquant au Golf-Drouot est impayable-, ponctuant le spectacle d’anecdotes aussi délirantes que savoureuses. Contrairement à certains de ses confrères que l’on souhaiterait moins bavards sur scène,  les apartés de Jonasz sont toujours subtils et drôles. A son pianiste qui affirme préférer les rockers, il rappelle ses débuts avec le groupe « Vigon et les lemons » tout en déclamant une poésie inspirée par un titre des Chaussettes Noires. Facétieux, il apporte sa contribution à la rythmique en tapant sur deux micros dissimulés dans ses poches, histoire de prouver que « Mister Swing » n’est jamais loin !  Un piano, une voix, quelques éclairages et aucun temps mort, Michel Jonasz et Jean-Yves d’Angelo maîtrisent parfaitement cette formule intimiste. Et lorsque le public conquis reprend en chœur (et debout) les couplets de « La boîte de Jazz » ou de « Joueur de blues », on a presque envie de le contredire lorsqu'il chante « Y’a rien qui dure toujours »…
Annie Grandjanin
En tournée : le 19 décembre au Théâtre Romain Rolland de Villejuif, le 2O décembre à la Scène Nationale de Dieppe, le 25 janvier au Radiant (Lyon), le 31 janvier au Théâtre Olympe de Gouges de Montauban…

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