23 févr. 2014

"L'intégrale Nougaro", l'histoire de toutes ses chansons par Laurent Balandras


Il y a dix ans, le 4 mars 2004, Claude Nougaro disparaissait, juste avant la sortie de « La note bleue ». Un album, enregistré sur le fameux label Blue Note,  dans lequel il chantait notamment: « J’ai envie d’écrire mais je ne sais pas quoi. La mort, je l’avoue, me laisse coi »
C’est avec ces mots que Laurent Balandras termine le livre qu’il vient de lui consacrer. Plutôt qu’une biographie traditionnelle, l’auteur a choisi de raconter Nougaro par le biais de ses chansons. Une immersion en « Nougarie », comme un voyage aux sources de l’inspiration du troubadour toulousain. Depuis les premiers essais poétiques du jeune Claude, alors pensionnaire chez les dominicains, jusqu’à ses textes posthumes, le tout décliné dans l’ordre chronologique de leur création. Au fil des pages, on suit ses premiers pas au cabaret Le Lapin Agile, on apprend que Philippe Clay avait refusé « Une petite fille », qu’il fut chanté par Richard Anthony, que Marcel Amont créa « Le Jazz et la Java » ou encore que la chanson « Nougayork » marquant son retour sur le devant de la scène, en 1987, a été écrite en dix minutes chez Sue Mingus, la veuve de Charlie Mingus.
Au détour d’anecdotes drôles et émouvantes, Laurent évoque aussi le précurseur de la world  adaptant des standards brésiliens comme « Bidonville » (musique de Baden Powell) ou « Tu verras » (musique de Chico Buarque), l’amoureux du jazz… et des femmes, ses collaborations avec des musiciens tels que Michel Legrand, Richard Galliano, Maurice Vander..., son amitié avec Jacques Audiberti qui l'encourage "à faire descendre la poésie dans la rue".
Dans cet ouvrage passionnant, richement documenté (avec une discographie et un chapitre répertoriant les principaux hommages et œuvres posthumes), l’auteur nous conte avec verve et talent l'histoire de chansons qui ont traversé quatre décennies. Et d'un artiste qui savait donner à chaque mot une densité poétique, un relief sonore, qui demeurent uniques. Au point que, malheureusement, la nouvelle génération paraît encore frileuse lorsqu’il s’agit de revendiquer l’héritage de Nougaro.
Annie Grandjanin

Editions de La Martinière. Ouvrage publié dans la collection de Gilles Verlant. 448 pages. 21 €.

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