27 oct. 2015

Le Goujon Folichon : fantasque et licencieux

(c) Franck Faipot
Sur scène le décor est dépouillé: un tabouret pour l'accordéoniste Gérald Elliott et une petite table, genre coiffeuse, où trône notamment le portrait de Mémère Jeanine. Une maîtresse femme dont on apprend qu'elle dirigeait autrefois "Le Goujon Folichon".
Si le nom évoque une auberge des bords de Seine où les promeneurs du dimanche venaient taquiner le poisson... Julien Fanthou a vite fait de nous affranchir !
En quelques battements de cils et poses suggestives, ce chanteur baryton nous invite à suivre les personnages truculents et fantasques de ce "cabaret pour maison-close" mis en scène par Caroline Loeb.
Au hasard des refrains on croise "Le grand frisé", "La môme caoutchouc", "La vipère"... on découvre des perles comme "La purée", une des toutes premières chansons écrites par Serge Gainsbourg ou "On dit qu'il en est" de Fernandel. Au passage, ce charismatique maître de cérémonie puise dans le répertoire de Juliette pour des versions particulièrement réussies de "Remontrances" et de "Sur l'oreiller" , tout en nous régalant d'une facétieuse relecture du fameux "Tango stupéfiant" créé par Marie Dubas.
La gestuelle appuyée, la voix vibrante et l'oeillade assassine, Julien Fanthou qui a vite troqué ses chaussures bicolores et son pantalon de smoking contre une paire d'escarpins et des bas à jarretelles, ressuscite sur la scène du Théâtre du Marais, l'atmosphère licencieuse des cabarets expressionnistes allemands. Un excellent spectacle qui s'adresse à un public "averti"

Les dimanches 1er, 8, 22 et 29 novembre, à 19 heures, au Théâtre du Marais, 37, rue Volta, 75003 Paris. Loc. au 01.71.73.97.83. www.theatredumarais.fr

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