22 déc. 2015

Nour Harkati: une voix envoûtante

(c) Camille Trouinard
Le 26 novembre dernier, en première partie d'Anne Sila à la Cigale, ce jeune auteur compositeur Tunisien a séduit le public, dès les premières notes des chansons de son album "Dive", sorti il y a tout juste un an. Des ballades, en anglais, portées par un timbre incroyablement pur et mélodieux.
Rencontre avec Nour Harkati, de retour de Berlin, où il a composé les titres de son prochain EP ("Theshift"), attendu au printemps prochain.

La Cigale, ce n'était pas vraiment une première pour toi ?
J'avais déjà eu la chance de chanter dans cette salle, en première partie de Kodaline.
Démarrer un tour de chant a cappella, c'était un peu risqué, non ? 
C'est bien de prendre des risques. Moi j'appelle cela une petite réussite ! Ce morceau est extrait du premier titre de l'album ("Big Open Sky"). Je me suis mis à nu devant le public, juste avec ma musique. Les gens étaient attentifs et j'ai ressenti une vraie chaleur humaine.
La prochaine étape, c'est la première partie de Ben Harper ?
J'aimerais bien ! C'est vrai que cet artiste fait partie de mes influences. C'est quelqu'un qui m'a toujours "scotché" mais depuis j'ai aussi découvert James Blake, Bonobo...
Tu t'es éloigné de la musique traditionnelle chantée par ta maman ?
Ma mère est en effet chanteuse et mon père était violoniste dans l'Orchestre National de Tunisie, mais j'avoue que je n'ai pas beaucoup écouté le folklore tunisien. Dès l'âge de 14/15 ans, j'ai commencé à écouter de la musique anglo-saxonne. Et, à 17 ans, j'ai écrit mes premières chansons. J'ai même envisagé de partir aux États-Unis ou au Canada pour me produire dans les bars.
Peux-tu nous parler de ton séjour à Berlin ?
J'y ai passé 5/6 mois. J'ai découvertlà-bas  une autre manière de concevoir la musique. Cela m'a inspiré de nouvelles chansons. Je ne renie rien de ce que j'ai fait avant mais j'ai évolué vers autre chose. J'ai réalisé le prochain EP tout seul, avec un ami ingénieur du son. "Dive" était le reflet de mes expériences. Là, je me suis davantage tourné vers la société.
Tu t'es aussi mis au piano ?
Je suis un musicien autodidacte pour la guitare...et le piano ! A Berlin, j'habitais une chambre dans une galerie d'art. Un gars m'a demandé de garder son piano durant son absence de trois ou quatre mois. J'en ai profité pour me mettre au clavier. Quand on connaît les bases et les notes, ce n'est pas si compliqué...
La chanson "Brother" semble très personnelle, non ?
J'avais besoin de la mettre sur l'album, de parler de la perte de mon frère. J'essaie de l'interpréter de la manière la plus naturelle possible. Mais je ne la chante pas en live. J'ai évité d'y mettre de la tristesse. C'est juste de la mélancolie teintée d'espoir...

"Dive" (Label Send Wood Music/Les Editions Hurlantes)

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