21 nov. 2016

François Staal: "j'aime m'amuser avec les mots"

Compositeur d'une soixantaine de musiques pour le cinéma, la publicité et la télévision, François Staal est également (et surtout) un rockeur féru de poésie. Un peu à l'image d'Alain Bashung, Hubert-Félix Thiéfaine ou Dominique A. Certains n'hésitent pas à voir en lui une version française de Lou Reed ! Il y a quelques jours, sur la scène du Trianon, accompagné d'une solide formation de musiciens, il a présenté les titres de son nouvel album "L'Incertain" (dans les bacs le 25 novembre prochain). Douze chansons denses, empreintes d'humanisme, dans lesquelles il parle d'anges athées, des déracinés avec "Loin d'ici, une rivière", de ses désirs d'évasion du côté des banquises de l'"Arctic Bay"...

Depuis votre premier album "Cent millions", sorti chez Virgin (en 2001), vous êtes devenu un artiste plutôt underground, non ?
A l'époque, j'ai refusé tout ce qu'on me proposait parce que je ne me sentais pas prêt. Aujourd'ui, à tort ou à raison, je me sens bien sur scène. Pour toucher le public, il faut prendre des risques et ne pas tricher. Je suis en rupture, on peut même dire en lutte contre le système. Je ne fais pas le tour des maisons de disques.
Vous préférez passer par Facebook ?
J'ai été un précurseur dans l'utilisation des réseaux sociaux pour mes concerts ! Lorsque j'ai envisagé de passer à l'Européen qui fait 400 places, j'ai créé un groupe en me disant que si j'arrivais à 300 inscriptions, je me produirais dans cette salle. Cela a marché. J'ai récidivé plus tard pour l'Olympia en élevant la barre à 900. J'y ai fêté mes 50 ans en public, jour pour jour, le 11 novembre 2011.
Et en famille ?
C'est vrai. Un de mes musiciens m'avait lâché et je me demandais comment j'allais me débrouiller pour le remplacer. Alors que j'en parlais à la maison avec ma compagne Sophie qui m'accompagne à l'harmonica et aux choeurs, mon fils Arthur m'a demandé pourquoi je n'avais pas pensé à lui. Il avait étudié la batterie au conservatoire, et je ne savais même pas qu'il jouait aussi de la guitare ! Il a fait l'Olympia à mes côtés. L'aventure s'est poursuivie avec Paul mon autre fils (aux claviers) pour mon second Olympia.
Vous jonglez avec les phrases à double sens. Est-ce une manière de vous rapprocher de Bashung qui disait : "si je comprends le texte à la première écoute, ça m'emmerde" ?
J'ai toujours veillé à soigner mon écriture. J'aime bien faire appel à l'imagination ou à l'interprétation des gens qui m'écoutent. Mais je vais peut-être éditer des petits livrets pour les prochains concerts.
Vous travaillez également sur l'écriture d'un livre ?
J'aime m'amuser avec les mots et j'ai commencé à travailler sur un roman. Une fiction qui ne parle pas de ma vie mais de mon regard sur le monde. Il y a donc un petit peu de moi dans tous les personnages.
Pouvez-vous nous parler de votre rencontre avec CharlElie Couture ? 
Un soir de désespérance, j'ai envoyé un mail à 4 ou 5 artistes connus avec un lien pour écouter quelques titres. Quinze jours plus tard, j'ai eu un retour de CharlElie me demandant ce qu'il pouvait faire pour moi. J'ai proposé un duo et il a répondu: ça marche ! Nous avons pris rendez-vous et  enregistré "Tout briser" qui figure sur mon album "Emois".
Sur scène, vous dédiez la chanson "Loin d'ici, une rivière" aux réfugiés. Vous pensez qu'un artiste doit s'engager ?
Je fais rarement ce genre de chanson mais, au-delà du divertissement, un artiste à une mission. La musique est sans doute l'art le plus abstrait au monde mais c'est aussi le plus physique. C'est de l'air qui vibre...

Album "L'Incertain" (13 Bis Music)
En concert, les 27 février et 27 mars 2017, sur la Péniche Antipode, face au 55, Quai de la Seine, 75019 Paris. Tél.: 01.42.03.39.07. http://www.penicheantipode.fr/ 

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