3 mars 2017

Des "Contes croustilleux" et délicieusement licencieux

(c) Levillain/Kovalsky
Présentés il y a quelques jours au Théâtre d'Ivry-Antoine Vitez, ces "Contes croustilleux" lèvent le voile sur un pan méconnu de l'oeuvre de Jean de La Fontaine. Plus question ici de grenouille qui veut se faire aussi grosse que le boeuf, de cigale insouciante ou de corbeau dupé... mais plutôt de demoiselles un peu niaises, de nonnes et de curés pour le moins libertins.
Des récits dont on dit qu'ils faillirent priver La Fontaine de sa place à l'Académie Française en 1684 !
Mis en musique par Antoine Sahler, ces textes coquins sont interprétés par l'excellent Jean-François Novelli. Doté d'un timbre puissant et mélodieux, qui s'échappe volontiers dans des envolées lyriques, le chanteur (accompagné au piano par Nicolas Royer) est également un comédien talentueux. Il faut avouer que se mettre au service d'une plume aussi leste qu'inspirée est chose rare ! D'autant plus que la malicieuse mise en scène de Juliette est incontestablement une valeur ajoutée.
On suit ainsi la jeune Lise soucieuse de trouver un peu d'esprit auprès du Père Bonaventure, une nonne à la santé défaillante à qui la Faculté recommande de prendre un amant ou les délirantes mésaventures d'Alice dont le futur bébé aurait besoin de "finitions"... Au passage, on apprend également à confectionner, accessoires à l'appui, un délicieux pâté d'anguilles, tout en découvrant la ruse imaginée par une prieure presbyte pour découvrir un intrus dans son couvent.
Pas de morale, évidemment, à la fin de ces "Contes croustillants" mais, à coup sûr, une petite frustration. On souhaiterait que le spectacle dure plus d'une heure. Histoire de prolonger le plaisir...

Cet été au Festival d'Avignon, à 21h40, au Théâtre Arto, 3 rue Râteau.

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