26 juin 2017

Philippe Goudard: "le cirque est en perpétuel recyclage"

Docteur en médecine et en arts du spectacle, clown, auteur, metteur en scène, producteur, interprète, chercheur...
Son CV est si impressionnant qu'on imagine que Philippe Goudard a eu plusieurs vies !
De fait, lorsqu'il ne sillonne pas la planète pour animer des conférences sur le cirque, la prévention et les risques de la pratique de haut niveau, le scientifique laisse parler l'artiste pour des spectacles, à la fois tendres, drôles et émouvants comme "Du côté de la vie", inspiré par les "Récits d'un jeune médecin" de Mikhaïl Boulgakov, qu'il jouera au Festival off d'Avignon, cet été.

Vous tournez avec plusieurs spectacles actuellement ?
Outre, celui que je vais jouer à Avignon, il y a aussi "Anatomie d'un clown" que j'ai créé il y a une douzaine d'années et un autre qui ne tourne pas vraiment. Il s'agit d'un duel avec un jeune clown de mon âge !
Justement, comment trouvez-vous l'énergie pour endosser toutes ces casquettes ?
C'est sans doute le fait de mon hyperactivité ! J'ai pratiqué le théâtre corporel en même temps que j'ai commencé mes études de médecine. Petit à petit, le spectacle a pris de plus en plus de place.
Quelle est la part autobiographique dans "Du côté de la vie" ?
Au départ, c'est Pascal Lainé qui m'a proposé d'adapter les "Récits d'un jeune médecin" de Mikhaïl Boulgakov en spectacle.  Mais j'y raconte mes débuts de médecin dans l'Aveyron, d'où les photos de brebis que je montre sur scène. Quant à mon expérience avec les sapeurs-pompiers, elle est bien réelle.
Vous avez aussi écrit, produit et interprété une quarantaine de spectacles de cirque ?
Oui. Le cirque plaît toujours car il en perpétuel recyclage. A une certaine époque, j'ai même proposé mes services de clown chez Gruss... et je me suis retrouvé porteur aérien !
D'où votre attachement à la prévention et au suivi des risques ?
Il est nécessaire que tout artiste soit suivi par des professionnels compétents, notamment les artistes de cirque. Cela fait une trentaine d'années que je m'intéresse à ça avec des collègues. Mais l'idée de la médecine du cirque bloque encore au niveau des pouvoirs publics.
Sans doute parce qu'ils ne sont pas sédentaires ?
(c) PhG



Peut-être. J'avais imaginé une sorte de bus itinérant qui pourrait faire de la prévention mais c'est interdit en France.
Il paraît que vous êtes également musicien ?
Comme un clown ! Je bricole sur quelques instruments. Je respecte trop les musiciens pour prétendre que je fais de la musique.
Vous produire au Théâtre de l'Adresse, c'est plutôt symbolique, non ?
Absolument. De plus, c'est un lieu où souffle un vent alternatif. J'aime bien ça...

Du 6 au 30 juillet, à 11 h 11, au Théâtre de l'Adresse, 2, avenue de la Trillade, 84000 Avignon.  

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