25 juin 2018

Olivier Maille: "Ce qui me guide, c'est l'envie !"

Olivier Maille (à droite)
(c) 2018, Air Wings Publishing-Cyrille Janssens
Il a remisé sa robe d'avocat, spécialisé dans le droit du travail, pour coiffer les casquettes d'auteur, metteur en scène et accessoirement comédien.
Du barreau aux planches, Olivier Maille a franchi le pas, avec succès, en signant des comédies drôles et pertinentes, à l'image de sa dernière création "Don Juan est une femme".
Un spectacle présenté à Paris au Théâtre du Gymnase puis aux Feux de la Rampe et qu'il jouera cet été au Festival off  d'Avignon aux côtés de Raphaelle Lenoble, Fanny Lucet, Hubert Myon et Mathieu Coniglio. Rencontre avec un passionné qui plaide aujourd'hui en faveur de l'humour au second degré...

Comment passe-t-on du métier d'avocat à celui d'auteur pour le théâtre ?
Je n'ai jamais cherché le succès et la célébrité. Ce qui me guide, c'est l'envie.
C'est vrai que tu as commencé à écrire des comédies, par pudeur ?
En fait, je ne voulais pas retomber dans les problématiques  auxquelles j'avais été confronté lorsque j'étais avocat. Il y a plusieurs formes d'humour mais, en ce qui me concerne, je suis incapable de faire du premier degré. J'ai toujours préféré les archétypes aux stéréotypes. Dans mes pièces, il n'y a pas de méchants, j'écris plutôt sur les loosers ! J'étais touché par Pierre Desproges parce qu'il avait trouvé un truc incroyable, c'est qu'on pouvait être incisif et bienveillant.
Quelle était ta motivation lorsque tu as imaginé la pièce "Don Juan est une femme" ?
J'aimais l'idée d'être un homme qui écrit "Don Juan est une femme" ! Je voulais aussi démontrer que tout cela est un faux débat et qu'il est difficile de défendre l'absence de point de vue. On en veut à l'autre parce qu'on est mal dans sa peau de femme et inversement. On ne cible pas le mal au bon endroit. Dans cette pièce, tous les personnages sont malheureux et ils expriment leur souffrance.
Sur internet, un spectateur affirme que ce spectacle est la preuve que le rire n'est pas l'ennemi de la subtilité. Cela t'inspire quoi ?
Je l'ai lu et ça me touche bien sûr, même si je n'ai pas de prétention. Je laisse au public la liberté de trouver ce que j'ai envie de raconter.
Tu as abordé des thèmes plus graves comme l'esclavagisme ?
Oui avec "Chats Noirs, Souris Blanches". Et je songe à un spectacle sur les sans-papiers. C'est compliqué, en tant qu'auteur, de savoir si tu veux faire réfléchir ou sourire. Nous sommes comme les anciens bouffons du roi, notre fonction est de divertir.

Tu auras combien de pièces au Festival off d'Avignon, cet été ?
L'an dernier, j'en avais 3 et cette fois, il y en aura 5: "Don Juan est une femme", "Chats Noirs, Souris Blanches", "Absolutely pas fabuleuses", "La vie rêvée des autres" et "Couple: les dix commandements". 
Tu seras également sur scène ?
Oui, je reprends le rôle de Benjamin dans "Don Juan est une femme". Ce n'est pas évident d'être à la fois auteur, metteur en scène et comédien. Je dis toujours que si je ne trouve pas de meilleur comédien, je joue. Donc, je joue rarement !

"Don Juan est une femme", du 6 au 29 juillet 2018, à 21h30, au Théâtre Alizé, 15, rue du 58ème Régiment d'Infanterie, 84000
Avignon. Tél.: 04.90.14.68.70. 
Et du 11 octobre au 29 décembre 2018, les jeudis, vendredis et samedis à 21h30, au Théâtre Clavel, 3, rue Clavel, 75019 Paris. Tél: 09.75.45.60.56.

Aucun commentaire:

Publier un commentaire