24 sept. 2018

Do Montebello: "J'ai besoin d'avancer pour comprendre".


(c) Jean-François Mousseau
Dans son album précédent "Adamah", elle célébrait les femmes, les hommes, la terre, les arbres, les océans... Avec "Birdy Heart", Do Montebello nous offre un nouvel opus, à la fois plus intime et universel. Quatorze titres, enregistrés entre Natal, Rio de Janeiro et Belo Horizonte, portés par le timbre vibrant d'une artiste qui touche au plus près du coeur et de l'âme.
Rencontre avec cette attachante nomade, quelques jours avant son concert parisien le 10 octobre prochain, à l'Alhambra.

Au sujet de Birdy Heart, tu as confié que tu avais voulu laisser de l'espace au silence ?
L'idée était en effet de garder de l'espace pour la respiration musicale. Quand on pense à l'âme et à la manière de la définir, il faut que la musique soit en accord. Les musiciens qui m'accompagnent (Sergio Farias, Roberto Taufic, Airton Guimarães, Jacques Morelenbaum, Marc Berthoumieux, Toninho Horta) ont entendu ce que je souhaitais. Peut-être que dans cet album, j'ai appris moi-même à respirer. Et pour tous les albums à venir !
D'où le parti-pris acoustique ?
Je voulais qu'il y ait une véritable immersion dans la quintessence des notes. C'est aussi la raison pour laquelle j'ai tenu à enregistrer "Dire amour" qui résonne comme une incantation, une prière. Mon souhait était que, à travers ce disque, les gens soient capables de se relier.
Une partie du décor (6mx3m) en fond de scène à l'Alhambra
Le choix de reprendre "Peace" d'Horace Silver était donc une évidence ?
J'avoue que j'ai hésité mais cette chanson porte en elle un message essentiel. Aujourd'hui, la guerre est partout. Il est important d'essayer d'aller chercher ce qui empêche les gens d'être en paix. Comment l'amour est capable de livrer un  combat contre l'impatience et la résignation. Quand j'écoute un disque, j'ai besoin de sentir que quelque chose est écrit. Un peu comme une patte musicale.
Comment définirais-tu la patte musicale de Birdy Heart ?
J'avais soif de poésies chantées. Je me moque pas mal que ce soit du jazz, de la variété, de la world... C'est une liberté que je me suis accordée. C'est un disque calme mais dans lequel on ne se repose pas. Parce qu'il bouge et qu'il pulse. Je pense que si la chanson "Birdy Heart" était diffusée dix fois par jour à la radio, elle pourrait toucher tous ceux qui l'écouteraient.
Le choix de chanter en anglais, en français et en brésilien relève aussi de cette volonté de t'adresser à un public plus large ?
Je regrette de ne pas parler toutes les langues du monde ! Parce que la langue est le plus beau des voyages. C'est la première musique de la vie. Moi, j'ai besoin d'avancer pour comprendre. De nos jours, les gens ont parfois l'impression de perdre quelque chose en accueillant ceux qui viennent d'ailleurs. Alors qu'accueillir, c'est une porte grande ouverte sur davantage de possibilités émotionnelles et artistiques.
Peux-tu nous parler de la pochette qui semble chargée de symboles, non ?
C'est vrai. Il y a un clin d'oeil au Petit Prince de Saint-Exupéry. Ici le renard ne saute pas sur l'oiseau. On peut imaginer qu'il tente de l'apprivoiser. Quant au personnage, il incline la tête parce que parfois, il faut baisser la nuque pour se mettre au niveau de la vie et de ce qu'elle veut nous montrer.
Tes textes sont empreints d'humanisme mais tu te défends de donner des leçons ?
J'ai la sensation d'être dans le questionnement. Et quand on s'interroge, on ne peut pas affirmer. Mon voeu est juste d'apporter un peu d'éclairage. J'aime ce sentiment de tisser des liens, de construire des ponts. C'est ce qui me plaît dans la musique.

Le 10 octobre, à  20h30, à l'Alhambra, 
21, rue Yves Toudic, 75010 Paris. Tél.: 01.40.20.40.25. 
Prix: 27 et 38 € (carré or à 45 €). 
http://www.alhambra-paris.com/
Album "Birdy Heart" (Frémeaux & Associés), disponible depuis le 14 septembre 2018.







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