21 oct. 2018

Maurane: un émouvant hommage à Brel

Sur la pochette, pas de nom d'album ni d'artiste, mais deux visages: ceux de Brel et de Maurane. Une illustration réalisée par Lou Villafranca, la fille de la chanteuse. Un peu comme si les mots étaient devenus superflus.
Après deux ans d'absence, l'inoubliable interprète de "Toutes les mamas" , "Sur un prélude de Bach", "Tout pour un seul homme", "Pas gaie la pagaille", "Tu es mon autre" (en duo avec Lara Fabian)... avait repris le chemin des studios. Plus exactement celui du fameux ICP à Bruxelles pour un projet qui lui tenait à coeur: un hommage à Jacques Brel. 
Hasards de la vie, c'est avec des reprises de son compatriote qu'elle avait débuté dans la rue et sur les terrasses des cafés en Belgique. Et c'est en allant une nouvelle fois à la rencontre de ce répertoire qu'elle s'est éteinte le 7 mai dernier.
Avec l'aide de Philippe Decock, le pianiste de sa mère et entourée de ses musiciens, Lou s'est totalement investie pour que ce beau projet voit le jour."Merci à toi... d'avoir vécu une vie qui me permette de te garder près de moi"  peut-on lire sur le livret.
Sorti le 12 octobre dernier (Label Polydor), cet album était évidemment attendu. Sur les 14 maquettes enregistrées, 12 ont été gravées. De "Je ne sais pas" à "Ne me quitte pas" en passant par "La chanson des vieux amants",  "Voir un ami pleurer", "Quand on n'a que l'amour" ou "Une île", une chanson moins connue de Brel. Si la voix semble parfois un peu bridée, l'émotion traverse chaque note, chaque mot. Une interprétation à l'image de Maurane: sobre, émouvante, d'une incroyable musicalité et exempte de toute démonstration. Depuis depuis son premier 45 tours 'J'me roule en boule", ce qui touche chez cette artiste, c'est ce mélange de force et de fragilité, de mélancolie, de joie aussi parce que comme elle le chantait si bien :" la vie c'est fait pour danser..."
Comme sur "Vesoul" qui n'est pas forcément notre chanson préférée de Brel mais qui, par la grâce de Maurane, nous emporte dans un grisant tourbillon.
Et lorsque dans "La quête" (extrait de "L'homme de la Mancha") elle chante "Rêver un impossible rêve, porter le chagrin des départs, brûler d'une possible fièvre, partir où personne ne part...", ces mots prennent une bouleversante résonance.
Maurane est partie, mais Lou a fait en sorte que ce rêve-là soit possible... 


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