11 déc. 2018

Bertrand Louis chante le spleen de Baudelaire

Derrière son allure de dandy flegmatique et un brin désabusé se cache en fait un amateur de sensations fortes, d'exercices périlleux !
En effet, après avoir électrisé la poésie contemporaine de Philippe Muray, avec l'album "Sans moi" (Coup de coeur de l'Académie Charles Cros), Bertrand Louis récidive cette fois avec Baudelaire.
Une dizaine de textes, extraits du recueil "Les fleurs du mal" qu'il a mis en musique, entre rythmiques rock et pop tendance new wave.
Avec pudeur, sensualité et un évident respect, l'artiste a posé sa patte musicale sur des poèmes comme "L'invitation au voyage", "À une passante", ""Harmonie du soir", "Chanson d'après-midi", "Le vin des amants", "Le chat" ou encore "L'Héautontimorouménos" dont le titre énigmatique,  signifie "bourreau de soi-même", en grec.
Et le résultat est on ne peut plus inspiré. Tout comme le concert qu'il a donné il y a quelques jours à l'Espace Dente à Paris, en compagnie du guitariste Jérôme Castel et de la violoncelliste Marion Elan Trigo. Lui-même s'installant aux claviers et aux boîtes à rythmes (pas toujours indispensables !)
Son timbre chaud et prenant, sa parfaite diction, ont apporté une nouvelle dimension, transcendé "La beauté" de ces oeuvres qui firent pourtant scandale lors de leur parution.
Un récital qui passe bien trop vite. Alors, quand l'artiste répond à l'enthousiasme du public avec une une répétition de la somptueuse et féline version de la chanson "Le chat", on ronronne littéralement de plaisir...


- Album "Baudelaire" (EPM/Universal).
En concert: le 15 décembre 2018 au Théâtre National de Nice, Le 19 janvier 2019 au Théâtre Jacques Coeur de Lattes-Montpellier, les 20 et 22 mars 2019 à l'Espace Christian Dente à Paris, les 3, 4 et 5 mai au Théâtre Belleville Gilgamesh d'Avignon, les 8, 9 et 10 mai au Théâtre des Vignes de Carcassonne, les 24 et 25 mai au Théâtre du Gymnase à Marseille... 

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