28 févr. 2020

Julia Biel: "c'est la musique qui connecte les gens"

(c) Marc Cant
Son album précédent portait tout simplement son nom : Julia Biel. Après avoir débuté dans un groupe, elle a évolué vers un piano-voix, à l'image de son nouvel opus "Black and White".
Une démarche inhabituelle qui est loin d'être la seule particularité de cette superbe vocaliste, auteur, compositeur et musicienne, aussi à l'aise dans le jazz que dans la pop. Remarquée dans de nombreux festivals, elle a notamment assuré la première partie de Bob Dylan à Stuttgart.
Née en Angleterre, d'origine sud-africaine par son père et allemande par sa mère, Julia a aussi étudié les langues à l'Université d'Oxford !  Un cursus qui n'est pas le plus court chemin pour enregistrer des chansons solaires, portées par de délicats arrangements, sur les thèmes de l'amour, de la douleur, de la solitude ou des racines.
A écouter en boucle, lové dans un canapé, en imaginant un monde plus serein...

- Comment est venue l'idée de cette formule piano-voix ?
Elle a fait son chemin. J'avais l'habitude en concert de jouer quelques petites pièces, seule au piano, et de nombreuses personnes m'ont demandé pourquoi je ne ne ferais pas tout un album comme ça. Cela a représenté une véritable étape dans ma carrière.
- D'où vient le chant d'oiseaux que l'on entend sur le disque ?
Ce sont les oiseaux de mon jardin que j'ai enregistrés un matin, au réveil. J'ai trouvé que cela collait bien avec l'ambiance.
- "Black and White" parle aussi de souffrance ?
C'est vrai que j'étais en colère en lisant des livres sur le racisme au Royaume-Uni. Savez-vous qu'il existe même un "Black History Month" en Grande-Bretagne ? Une fois par an, on pense ainsi aux gens qui ne sont pas blancs. A Londres, où je vis, on me demande souvent d'où je viens. Personnellement, je n'aime pas le mot métisse. La lecture de ces ouvrages m'a aidée. Avant, j'étais plus occupée à me comprendre moi-même. Toutes ces réflexions m'ont amenée à faire cet album. C'est la musique qui connecte les gens, pas la couleur de leur peau.
- Etudier les langues à Oxford, c'était votre souhait ?
C'est vrai que la musique n'était pas l'option de départ. J'avais même pensé à l'art.
- Quel a été le déclic pour changer de voie ?
C'est un professeur de musique qui m'a encouragée. Lorsque j'ai commencé le piano classique, j'étais plutôt médiocre mais j'ai toujours aimé chanter. Je joue aussi du violon et de la guitare. Mon père me disait qu'il avait rêvé d'être professeur d'histoire mais quand il est parti d'Afrique du Sud, les possibilités étaient restreintes et il est devenu comptable. Je crois que son souhait était de m'offrir la possibilité de faire ce que je voulais.
- On vous compare encore à Norah Jones ?
 Cela n'est pas la plus mauvaise des références ! Je l'ai entendue en concert et c'est plutôt flatteur. Les gens ont souvent besoin de vous coller une étiquette. On m'en parle moins maintenant.
- C'est vrai que le premier disque que vous avez acheté était un enregistrement du groupe Police ?
J'avais 11 ans et je l'écoute encore.  J'aime aussi Sade, Radiohead, Talk Talk, Nina Simone, Billie Holiday...  Je suis touchée par les artistes qui n'ont pas peur de montrer leurs sentiments, leur individualité. De mon côté, j'essaie toujours de partir du personnel pour tirer vers l'universel.
- Ce nouvel album a été enregistré chez vous ?
Oui. J'ai la chance d'avoir mon propre studio. Cela me permet de prendre du temps et de choisir les horaires ! J'aime travailler le soir ou très tôt le matin. C'est plus calme. Je peux presque entendre mes pensées...

- Album "Black and White, Volume 1" (Rokit Records/Ankhtone Records/Pias), disponible le 28 février 2020.

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