22 janv. 2022

"Lawrence d'Arabie": une impressionnante mise en scène


(c) A. Vinot

Molière du meilleur spectacle de théâtre privé en 2016 pour "Les cavaliers" (une adaptation du roman de Joseph Kessel) Eric Bouvron s'est attelé à un autre projet d'envergure en mettant en scène "Lawrence d'Arabie",  co-écrit avec Benjamin Penamaria, sur des compositions et musiques live de Julien Gonzales, Raphaël Maillet et Cecilia Meltzer. 

Etonnement, on n'entre pas tout de suite dans le spectacle. Est-ce le choix de la salle ou le parti-pris théâtral, bien éloigné de la grande fresque hollywoodienne de David Lean ? Au-delà de l'impressionnante et inventive mise en scène, des belles lumières d'Edwin Garnier, du jeu des comédiens, on a le sentiment que le spectateur doit constamment faire appel à son imaginaire. Pour preuves, les malles métalliques qui se transforment en pierres ou en train, le tapis beige censé remplacer le sable du désert... sans oublier les costumes et accessoires tels que casque à pointe, fez, djellabas, uniformes britanniques permettant de deviner dans quel camp se situent les protagonistes puisque les mêmes acteurs, (Kevin Garnichat, Alexandre Blazy, Mathias Chebel, Stefan Godin, Slimane Kacioui, Yoann Parize, Julien Saada et Ludovic Thievon) jouent une soixantaine de personnages. 

(c) Aurore Vinot

On connaît l'histoire de la révolte arabe qui entraîna la chute de l'Empire Ottoman et celle de Thomas Edward Lawrence, devenu Lawrence d'Arabie. Ancien étudiant à Oxford, passionné d'archéologie, sa connaissance des cultures du Moyen-Orient, l'amènera à servir l'armée britannique comme officier du renseignement et de liaison avec les tribus arabes. Bien malgré lui, il deviendra complice d'une trahison orchestrée par les français et les anglais. 

 Sur scène, la tension dramatique des combats et de certains tableaux est contrebalancée par le facétieux assistant de Lawrence baptisé Dahoom, qui semble tout droit sorti d'une comédie de Molière ou l'acteur imitant un chameau dont les grimaces et décrochements de mâchoire provoquent de francs éclats de rires dans la salle. 

Quant à l'ambiance musicale,  elle est assurée par deux instrumentistes ( percussions, accordéon, violon...) et les vocalises de Cecilia Meltzer, seul élément féminin de la troupe (que l'on devine également sous les voiles d'un danseuse du ventre). 

Présenté avec succès à Avignon, l'été dernier, dans le cadre du Festival Off, ce spectacle apporte un autre regard sur l'épopée de Lawrence d'Arabie.

Jusqu'au 27 février 2022, du mercredi au samedi à 21h, mat. le dimanche à 17h, au Théâtre Le 13e Art, (grande salle) 30, Place d'Italie, 75013 Paris.  Places: de 25 à 45 Euros. Loc. points de vente habituels et sur le site www.le13emeart.com

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