4 févr. 2022

François Staal: "La poésie de Baudelaire fait partie de ma vie"

(c) Marylène Eytier

Après l'ambitieux "Symphorock" au Trianon, l'album "L'En-Vie" (en 2019), François Staal revient avec "L'humaine beauté", dans les bacs depuis novembre dernier . Un nouvel opus dans lequel ce compositeur de bon nombre de musiques pour le cinéma et la télévision ("Bel ami" de Philippe Triboit", "Camus" et "La guerre des ondes" de Laurent Jaoui, "La Dame de Monsoreau" de Michel Hassan...) a signé la plupart des textes et mélodies, tout en assurant les parties guitares, basse, piano, Djembé, percussions, arrangements, orchestrations, direction artistique... Entre une superbe déclaration d'amour à Bréhat, l'île de son enfance, les élans humanistes de "Tous frères" (en duo avec Nina Morato) et ceux plus politiques de Ready", "Lance les dés" une chanson dans laquelle il retrouve CharlElie Couture, il revisite deux "classiques" du répertoire français: "La nuit je mens" ( Bashung/ Fauque) et "Avec le temps" de Léo Ferré. Et, comme toujours avec ce rockeur féru de poésie, il termine avec "L'invitation au voyage" de Baudelaire. Entretien avec un passionné qui, outre son concert au Pan Piper, ce soir, travaille à l'écriture de deux romans, a terminé celle d'un recueil de poèmes ( Editions du Renard Apprivoisé),  peaufine le montage d'un spectacle autour de l'auteur des "Fleurs du mal" avant de se rendre au Festival de Luchon où le film "Maman a disparu" de François Basset, dont il a composé la musique, est en compétition officielle... 

- Après les concerts "Symphorock" au Trianon, où vous étiez accompagné par un orchestre symphonique, vous affirmez votre goût pour les grandes formations dans ce nouvel album ?

C'est vrai. J'aime bien mêler mes univers. Je suis accompagné par 40 cordes sur certains morceaux. Il s'agit de celles de Fame's Project, un orchestre dirigé par Oleg Kontradenko. Mais, en concert, nous serons quatre sur scène.

- Le titre de ce nouvel album est porteur d'espoir, non ?

 J'ai eu envie de célébrer le beau. Je pense que l'on est au début de la réalisation de ce qui se passe et au bout des changements générés par cette période folle et terrible. Cela a provoqué des prises de conscience, des rapprochements entre les gens, des questionnements métaphysiques... 

- Vous l'avez notamment dédié aux artistes qui vous ont influencé, comme Lou Reed auquel on vous a parfois comparé ?

C'est gentil car pour moi Lou Reed est un génie. Il est souvent dans la chanson parlée, la mélopée. Lorsque j'ai fait mon premier Olympia, j'avais interprété en rappel "Perfect Day". C'était le 11 novembre 2011, le jour de mes cinquante ans. 

- On vous a aussi  qualifié d'artiste underground ?

Cela tient plus à mon parcours qu'à mon répertoire.  Je suis dans une trajectoire artistique qui n'entre pas dans les formats. J'ai rarement des chansons qui durent moins de cinq minutes. Je ne peux donc pas espérer de passages en radio et c'est complètement assumé. J'ai parfois investi jusqu'à ma chemise pour aller au bout de mes projets. Aujourd'hui, je me dit que j'ai amené la fusée au point de décollage. Ou elle part... ou elle reste au sol !

(c) Marylène Eytier

- La chanson "Bréhat, une île Enez Vriad" est une vraie déclaration d'amour ?

 C'est mon histoire d'enfance. Celle de mes parents, de mes grands-parents, de mes arrière-grands-parents...  Après la dernière vedette qui part à 19h, on se retrouve  isolé "du continent" jusqu'au lendemain matin. Tu fais tout à pied et les enfants disposent d'une plus grande liberté que d'autres du même âge. L'autre particularité, c'est que c'est sublime de beauté: les roches, la mer, le ciel, les embruns... C'est à Bréhat que je me suis construit en tant qu'être humain et que j'ai eu envie de devenir artiste.  Le son, là-bas, c'est de la musique ! Quand j'ai décidé d'écrire cette chanson, j'avais tellement de choses à dire que je n'y arrivais pas. C'est celle qui m'a demandé le plus de travail.

- Vous avez enregistré un poème de Baudelaire dans chacun de vos albums. Pourquoi lui ?

Parce que ses mots m'entrent dans le coeur et l'âme comme un stylet. La poésie de Baudelaire fait partie de ma vie. Dans mon premier disque, j'avais mis en musique "La mort des amants". Et je viens de terminer l'écriture d'un spectacle qui tourne autour de lui. 

- Vous pouvez nous en parler ?

C'est un peu un OVNI. Ce n'est pas vraiment un concert, pas non plus du théâtre.  Je raconte l'histoire de Monsieur Staal, à travers les poèmes de Baudelaire, mis en musique. En fait, c'est ce projet qui m'a amené à faire l'album. Je voulais terminer par "L'invitation au voyage" et... le confinement est arrivé. Je suis donc passé en mode chansons. Je suis actuellement en résidence à Saint-Dizier dans une salle qui s'appelle Les Fuseaux. Ils sont tombés amoureux de ce spectacle qui est écrit,  pas encore monté mais déjà vendu. Nous sommes aux prémisses du passage à l'acte !


Album "L'humaine beauté" (Cristal Production-François Staal Prod. /L'Autre Distribution)

En concert ce soir à 20 heures, au Pan Piper, 2-4, Impasse Lamier, 75011 Paris.  www.pan-piper.com 

En tournée: le 11 mars 2022 au Théâtre de  Saint-Dizier (52), le 29 avril, en ouverture de Sanseverino, salle Les Fuseaux de Saint-Dizier...

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