28 juin 2022

L'été sera chaud à La Villette pour les 25 ans du Cabaret Sauvage !

 


C'est une belle histoire... écrite avec des coups de coeur, des coups de gueule, quelques larmes, de magnifiques rencontres et de la musique. Toutes les musiques ! Un rêve de gosse réalisé par Méziane Azaïche, fondateur et directeur du Cabaret Sauvage. 
Rendez-vous de toutes les cultures, cette salle icônique  fête cette année son quart de siècle ! L'occasion de célébrer l'évènement avec un festival réunissant des groupes et artistes comme Gnawa Diffusion, Yuri Buenaventura, Grupo Compay Segundo, Goran Bregovic, Rodolphe Burger & Erik Marchand, La Rue Ketanou, Popa Chubby, Les Ogres de Barback... Sans oublier deux nuits électro les 9 et 13 juillet.
Petite cerise sur ce généreux gâteau d'anniversaire, l'inauguration du Paname Reggae Festival (du 27 au 31 juillet).
Rencontre avec Méziane, le "patriarche" des lieux,  avant le coup d'envoi des concerts qui se dérouleront du 1er juillet au 6 août prochains. L'été promet d'être chaud au Parc de la Villette...

- Un rêve qui dure depuis 25 ans. C'est un peu fou, non ?
C'est même une drôle d'histoire. Je commence a être le plus vieux du Parc ! En 1994, j'avais loué le Magic Mirror pour créer un spectacle avec Brad Scott et le  Bachiboukouk Band (le groupe d'Arthur H). Nous avons joué pendant 4 mois mais la Préfecture n'a pas voulu nous accorder de prolongation. J'ai du me résoudre à retourner au Zéphyr, le restaurant que j'avais ouvert dans le XXème arrondissement.  C'était une galère car j'avais toujours le spectacle dans la tête. Je me suis dit que, cette fois, j'allais créer mon propre lieu. J'ai entamé la construction d'un chapiteau et la production d'un spectacle qui s'appelait "Les Nomades Rageurs". 

- Et les problèmes ont commencé ?
A l'époque, nous avions pris des engagements  mais rien ne s'est déroulé comme je le pensais. En fait, la nouvelle direction ne souhaitait pas que le Cabaret s'installe dans le Parc. J'avais déjà investi l'équivalent de 200 000 Euros. J'étais en faillite avant même de commencer ! 

La Rue Ketanou (c) Christophe Ribot

- Mais il y a eu un signe du destin ?
J'ai versé des larmes car je pleure facilement mais j'étais aussi en colère. Un jour, on frappe à ma porte. C'était le plongeur du Zéphyr qui était originaire du même village que moi en Kabylie. Il venait m'annoncer qu'il avait remporté une certaine somme au loto. Lorsque je l'ai accompagné, je me suis  aperçu qu'il avait oublié un zéro et qu'il avait gagné dix fois plus ! Il m'a confié que cet argent n'allait pas changer sa vie autant que ça et qu'il connaissait mes problèmes. Il a alors proposé de s'associer avec moi. Puis, après plusieurs changements, le nouveau directeur de la Villette nous a accordé une année sans loyer ni électricité. Nous avons pu réduire le déficit de 50% et, l'année suivante, nous avons commencé à gagner de l'argent. De mon côté, je me suis engagé à faire le nécessaire pour le bruit et notre chapiteau a été le premier au monde à être insonorisé !

- En 25 ans, vous avez dû vivre des moments mémorables ?
L'un des projets qui m'a le plus marqué, c'est lorsque j'ai fait venir des femmes d'Algérie pour le spectacle intitulé "Femmes d'Algérie, cinq nuits d'un destin". Nous étions en 1999 et la situation était dramatique là-bas. Le premier soir, une jeune chanteuse qui s'accompagnait à la guitare a eu des problèmes de son. Elle a quitté la scène, tétanisée. Je suis allée la chercher dans les loges en lui demandant de revenir à a fin du spectacle pour interpréter sa chanson. Et cela durant 5 soirs. Après, elle a trouvé un producteur et un tourneur. Il s'agissait de Souad Massi.

Queen Ifrica (c) DR

- Il y a un certain engagement dans vos programmations ?
Je veux qu'il y ait un sens, un engagement humain et social, sinon ça ne m'intéresse pas. J'ai vécu plus longtemps ici qu'en Algérie mais je me sens toujours comme un émigré. J'aime la France car elle m'a apporté la liberté mais j'ai conservé ma culture de la terre, le côté authentique du paysan. C'est aussi ma force. 
Goran Bregovic (c) DR

- Parlez-nous du Paname Reggae Festival ?
C'est important pour moi car c'est la musique qui a bercé ma jeunesse. Il y aura les meilleurs artistes reggae du moment comme Takana Zion, Elephant Man, Queen Ifrica, Mo'Kalamity... 

- Les artistes programmés pour les 25 ans sont des habitués ?
A 95 % ! J'aurais aimé avoir Arthur H mais il est actuellement en studio. J'ai un lien très fort avec la famille Higelin. Jacques était l'un de mes clients attitrés au Zéphyr. Il se mettait souvent au piano en fin de soirée. Je me souviens qu'en 1981, à la fête de la musique, j'ai suivi le camion sur lequel il était juché pour chanter de la place de la République à celle de la Nation. Le groupe Tryo n'était pas libre non plus. Je suis heureux de retrouver Goran Bregovic, Popa Chubby qui a cassé sa guitare sur la scène du Cabaret il y a deux ans, La Rue Ketanou dont le concert coïncide avec le jour de mon anniversaire, Yuri Buenaventura qui n'était pas venu en France depuis 3 ou 4 ans... Il y aura aussi le nouveau projet de Rodolphe Burger et Erik Marchand que j'ai découvert à Arles. Ce spectacle m'a donné la chair de poule.

- Vous fonctionnez au coup de coeur ?
Je n'ai pas de formation musicale et je n'ai pas suivi de grandes études. Tout ce que je fais, c'est avec le coeur... et le flair !


Du 1er juillet au 6 août 2022, au Cabaret Sauvage, Parc de la Villette, 59, boulevard Macdonald, 75019 Paris. Pass 1 jour à 25 Euros et 2 jours à 40 Euros. Tél.: 01.42.09.03.09. Billetterie sur le site  www.cabaretsauvage.com
 

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