2 déc. 2022

Lou Casa tisse un lien intemporel entre les univers de Barbara et Brel

(c) Arthur Enselme

"Je me dirigeais le plus lentement possible vers la mer pour différer mon plaisir. Sur un monticule de sable, je déposais mon sac... Je me mis à penser à Jacques. Ce n'était pas qu'il fut mort qui me révoltait le plus. Mais qu'il ne vit plus ni la mer, ni le ciel..." . Un extrait de "Il était un piano noir - Mémoires interrompus de Barbara" que l'on peut entendre au début de "Lou Casa, Barbara & Brel". Plus qu'un hommage, ce spectacle qui mêle bandes sons, mots dits et chantés, a la particularité de mettre en écho des titres de ces deux grandes figures de la chanson française. Comme un lien intemporel entre leurs univers. Amis dans la vie, ils n'ont pourtant collaboré artistiquement qu'une seule fois... au cinéma ! C'était pour le film "Franz", sorti en 1971. Mais ils se sont souvent retrouvés sur des thèmes similaires, chacun les abordant à sa manière. C'est le propos de Lou Casa, un trio emmené par Marc Casa et ses musiciens:  Julien Aellion à la basse et Stéphane Gasquet à l'orgue et aux claviers qui, plutôt que de mettre ses pas dans ceux de ses aînés, nous emmène à la (re)découverte de titres connus ou moins connus, sur des arrangements plus contemporains. Il ne faut pas oublier que certains morceaux ont cinquante ans d'âge !


(c) Arthur Enselme

Avec un évident respect et quelques traits d'humour, le chanteur semble faire corps avec ce répertoire, tout en y apportant sa propre sensibilité. On le suit ainsi dans une version plus tendre de "Mathilde", une émouvante relecture de "La chanson des vieux amants" de Brel ou de "Parce que (je t'aime)" de Barbara.  Avec sa longue silhouette et sa gestuelle appuyée, Marc Casa occupe incontestablement la scène. Et le public ne se fait pas trop prier lorsqu'il l'invite à reprendre en choeur quelques refrains.

 N'en déplaise à ceux qui considèrent encore que ces chansons sont définitivement gravées dans... le vinyle,  la plus belle des dédicaces est quand même de continuer à les faire vivre sur scène. 

- En concert à Paris, le 12 décembre 2022 et le 16 janvier 2023, à 20h30, à la Comédie Nation, 77, rue de Montreuil, 75011 Paris.  Tél.: 01.48.05.52.44. www.comedienation.fr 

- En tournée: le 8 décembre 2022 au Théâtre Jacques Carat de Cachan, le 15 décembre à Rambouillet (La Lanterne)...

22 nov. 2022

Christian Vander: "Magma n'a jamais composé en fonction des modes"

 

(c) Christophe Abramowitz

Fondé par Christian Vander, il y a plus de 50 ans, Magma s'est imposé d'emblée comme un groupe hors normes, dont l'univers musical s'est toujours affranchi des modes et des conventions. Après "Zëss", un album plutôt sombre, sorti en 2019, il revient avec "Kartëhl". enregistré entre mars et juin 2022. 
Soutenus par des choeurs masculins et féminins, et des musiciens virtuoses, les huit titres, dont deux bonus datant de 1978,  font toujours la part belle à la musique classique moderne et au jazz mais s'enrichissent aussi de sonorités brésiliennes avec "Irena Balladina". Un album que les néophytes jugeront sans doute plus "accessible" mais qui  trouvera évidemment un large écho auprès des fidèles de la première heure.
Rencontre avec Christian Vander, toujours farouchement attaché à sa liberté de création, avant un prestigieux concert avec l'Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, à l'Opéra de Monte-Carlo le 27 novembre prochain et une tournée.

- Certains prétendent que votre musique s'adresse aux initiés. Qu'en pensez-vous ?
Je ne veux pas dire du mal de la variété mais certaines oreilles ne sont peut-être pas prêtes à écouter autre chose. C'est parfois une question de moment. Il y a des gens qui m'ont dit qu'ils avaient eu du mal avec notre musique et qu'un jour, ils ont pu entrer. C'est souvent le cas lorsque le public nous découvre en concert.

- Avec ce nouvel album, votre musique semble plus "accessible" ?
Nous avons toujours été ouverts ! On peut apprécier les oeuvres de Ravel ou de Debussy en étant totalement novice en matière de musique classique. Ce sont les gens qui s'enferment parce qu'il leur manque la clef. Il  suffit de chercher un peu pour la trouver.

- Stella Vander tient un rôle essentiel à vos côtés ?
Elle fait un magnifique boulot, en amont, avec les choeurs. Elle me libère et me permet de ne penser qu'à la musique. C'est une chance inouïe. Les choeurs sont importants, parce que le chant est important. Sur cet album, nous avons notamment découvert que Thierry Eliez qui assure les claviers est également un très bon chanteur. 

- "Kartëhl" est aussi un retour au groupe ?
C'est vrai. Avec Stella, nous avons décidé de faire un album de groupe. Ce que nous n'avions pas fait depuis "Üdü Wüdü" en 1977. Pour ce nouvel album, chacun a apporté sa contribution.

- Vous avez inventé un langage, le kobaïen. Une manière de ne pas parasiter la musique ?
Je n'ai jamais cherché à inventer un langage. Ce sont juste des sons qui viennent comme ça. Chaque morceau amène son lot d'expressions. C'est vrai que nous n'imposons pas une histoire aux gens. Nous laissons à chacun le soin de faire travailler son imaginaire et de créer la sienne.

- Cela permet aussi d'éviter la barrière de la langue lorsque vous vous produisez à l'étranger ?
Absolument. Seule, l'émotion subsiste. Nous avons récemment joué au Japon et le public chantait les sons avec nous. En France, on nous fait parfois ce reproche mais lorsqu'on écoute un saxo, cela n'empêche pas d'être touché, si la musique est suffisamment expressive.

- Mais vous avez quand même donné un titre à l'album ?
Forcément. Parce qu'en le réalisant, j'ai toujours l'idée de l'histoire que je vais raconter. Après, je laisse la musique parler. C'est ce que je travaille avec Magma. Il ne faut jamais chercher à faire de la musique.  C'est elle qui demande et on répond...


(c) Kamal Bahloul

 
- Les deux bonus composés en 1978, ne semblent pas datés ?
Tout simplement parce que Magma n'a jamais composé en fonction de l'époque et des modes !

- "Irena Balladina" est un titre en hommage à votre mère ?
Tout-à-fait. Elle adorait la musique brésilienne. J'ai composé ce morceau en pensant à elle.

- Il paraît que vous avez eu votre première batterie à 12 ans ?
Oui, grâce à Chet Baker. Nous avions eu l'occasion de faire des échanges sur des papiers buvard avec des balais ! Il trouvait que j'étais doué et il a décrété qu'il me fallait une batterie. A l'époque, il jouait dans un endroit qui s'appelait "Le chat qui pêche" et il m'a proposé de venir le rejoindre en taxi. Là, il a chargé une batterie dans le coffre. J'ai joué pendant deux ans, jusqu'à ce que des huissiers viennent frapper à notre porte car c'était une batterie de location ! A 14 ans, je suis passé au tribunal pour recel de batterie.  Cela ne s'est pas trop mal passé mais j'ai quand même été condamné à rembourser les traites...

- Pouvez-vous nous parler de votre prochain concert avec l'Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo ?
Je trouve cela fantastique et, en même temps, je suis un peu angoissé car nous n'avons que deux jours de répétitions. Ces musiciens sont des virtuoses capables d'interpréter tous les répertoires, mais là, ils arrivent avec une partition qu'ils ne connaissent pas. De toute manière, nous allons nous adapter car lorsqu'on est dirigé par un chef, il ne faut pas le contrarier ! 


- Album "Kartëhl" (Seventh Records-Bertus), disponible depuis le 30 septembre 2022.
En tournée: le 27 novembre 2022 à l'Opéra de Monte-Carlo, le 1er février 2023 à Cholet, les 3 et 4 février à Bordeaux, le 16 février à Enghien-les-Bains, le 23 mai à Saint-Nazaire...

20 nov. 2022

Jean-Pierre Kalfon: "Avec l'album "Méfistofélange", je n'ai pas dit mon dernier mot !"

(c) Jean-Marie Marion

Il a tourné avec Yves Boisset, Jacques Rivette, Pierre Granier-Deferre, Jean-Luc Godard, François Truffaut ou Claude Lelouch, joué au théâtre, mais Jean-Pierre Kalfon n'a jamais caché sa passion pour la musique. Après avoir créé plusieurs groupes de rock, participé au premier festival punk de Mont-de-Marsan en 1976, gratté de la guitare auprès de Jacques Higelin et Louis Bertignac, enregistré quelques 45 tours, un LP intitulé "Black Minestrone"...  il a attendu l'âge respectable de 83 ans pour sortir "Méphistofélange". Un bel album rock qui lui ressemble et dont il a signé tous les textes. Son timbre rocailleux et sûr nous embarque dès la première écoute sur des titres comme "Noire la nuit", "Costard", "Plus d'états d'âme", "Gypsies Rock'n'Roll Band", "Train fantôme"...
Souvent cantonné dans les rôles de méchant, on découvre un homme prévenant, rieur et élégant dans le café du XVIIIème arrondissement, où il a ses habitudes.  Entretien avant son concert parisien au Petit Bain, le 12 décembre prochain.

- On parle d'un premier album mais il y a eu un précédent, non ?
C'est vrai mais celui-ci est le premier que j'ai pu contrôler du début à la fin. Dans "Black Minestrone", il y avait des chansons merveilleuses mais c'était un peu laborieux et bancale. Et on ne chantait pas très bien. J'ai pris des cours depuis...

- Vous l'avez dédié à Amy Winehouse ?
Parce que la première fois que je l'ai entendue, j'ai pris une claque. Surtout quand j'ai réalisé qu'elle n'avait que 20 balais  ! J'ai eu envie de lui rendre hommage car j'ai toujours été sensible aux voix de femmes, aux belles âmes, dans la musique. 

- Sur le livret de l'album, on découvre une sorte de galaxie avec votre photo et celle de vos musiciens ? 
Ce disque, c'est notre planète.  On m'a dit que cela faisait aussi penser à Jésus et ses apôtres car nous sommes treize ! Les musiciens sont de vraies pointures et nous avons bien rigolé. On utilise toujours le terme jouer pour un acteur ou un musicien. J'aime cette référence à l'enfance.

- C'est vrai que vous avez payé vos premiers cours de théâtre avec votre cachet de boy aux Folies Bergère ?
 J'ai fait le boy durant 5 mois. On avait des smokings de toutes les couleurs et j'adorais me balader dans la rue avec des costards roses, jaunes ou verts. Les cachets m'on en effet permis de payer quelques cours de théâtre mais ça ne m'a pas beaucoup servi.

- Pourquoi ?
J'ai quitté le lycée en 3ème et je n'ai pas eu le temps d'acquérir une grande culture. Quand on me donnait une scène à jouer, j'apprenais juste le passage concerné mais je ne me donnais même pas la peine de lire  la pièce. Cela s'appelle un imposteur !

- En parlant de costard, celui que vous vous taillez dans la chanson du même nom, n'est pas à votre avantage ?
Je ne me traite pas de tête à claque ou de tronche de cake tous les jours devant ma glace. Il y a même des matins où je me trouve pas trop mal. C'est important, d'être capable de se moquer de soi et de se flageller un peu. J'ai essayé de le faire sans grossièretés, avec une certaine élégance.


(c) Jean-Marie Marion


- Vous avez signé tous les textes de l'album. Quelle est la part de fiction et de vécu ?
Dans "Méphistofélange", tout est personnel. Il y a des bouts de moi dans chaque chanson. On écrit avec ce qu'on est. Alors qu'au cinéma, on endosse le costume d'autres personnages. J'ai quand même joué le rôle de Louis XIV (NDLR dans "Saint-Cyr" de Patricia Mazuy, en 2000) ! 

- Avant de jouer de la guitare, vous avez fait de la batterie, non ?
Oui, parce que je ne sais pas lire la musique mais cela a toujours été ma passion. Etre acteur, ce n'était pas forcément mon désir. c'est pour ça que je suis parti en Belgique quand j'avais 15/16 ans.  J'avais entendu dire qu'il y avait à Bruxelles un endroit qui s'appelait La Cave et qui ressemblait au Tabou de Saint-Germain-des-Prés.  Je me suis fait arrêter avec de faux papiers d'étudiant et j'ai fait de la prison à Bruges. Après, j'ai essayé de me reconstruire pour prouver à ma mère que je n'étais pas un voyou.

- Le texte de "Noire la nuit" n'est pas celui que vous aviez initialement prévu ?
Quand j'ai commencé à écrire cette chanson, je pensais à la nuit parisienne et à tous ces endroits que j'ai beaucoup fréquentés et qui ont n'existent plus. Aujourd'hui, le monde de la nuit est réduit à sa plus simple expression. Puis il y eu ces images de la guerre en Ukraine et j'ai été bouleversé. J'ai conservé le titre et j'ai réécrit le texte.




- Cet album est résolument rock avec des sonorités blues ?
C'est ce que je voulais et je me suis fait plaisir. Ce qui m'a motivé, c'est de retrouver le plaisir de l'écriture. Je me vois un peu comme un rock'n'roll bluesman. D'ailleurs, avec "Méphistofélange", je n'ai pas dit mon dernier mot !

- C'est-à-dire ?
Dans le prochain album, je vais chanter des blues que j'ai adaptés en français mais en respectant évidemment les textes.  Notamment le titre  "Help The Poor" de B.B. King et Eric Clapton qui raconte l'histoire d'un homme qui demande à une femme de partager ses rêves. Il faut juste que celui-ci marche bien car je ne suis pas un perdreau de l'année ! 

- Vous avez le trac, à quelques jours de ce concert à Paris ?
Oui, parce que j'ai peur qu'il n'y ait pas de monde ! J'ai beaucoup travaillé pour cet album mais les gens me connaissent comme acteur et  pas comme chanteur. 


- Album "Méfistofélange" (Deviation Records/L'Autre Distribution), disponible depuis le 21 octobre 2022.
- En concert, le 12 décembre 2022, à 20 heures, au Petit Bain, 7 Port de la Gare, 75013 Paris.    www.petitbain.org

17 nov. 2022

Jamie Cullum, Yaron Herman, Gonzalo Rubalcaba... à l'affiche du Festival "Pianomania" à Paris

Jamie Cullum (c) Edward Cooke

En 2019, Paris célébrait l'instrument cher à des artistes  tels que Fats Waller, Oscar Peterson, Thelenious Monk, Bill Evans, Art Tatum, Michel Petrucciani... avec la première édition du festival "Pianomania". Une belle initiative interrompue pour raisons sanitaires.

Dès demain, cette grande fête du clavier revient pour une seconde édition orchestrée par les programmateurs Reno di Matteo et Jean-Philippe Allard, présentée dans des lieux prestigieux de la capitale: la salle Pleyel,  les Bouffes du Nord, le Théâtre de l'Athénée et le Théâtre Marigny.

Coup d'envoi, le 18 novembre à Pleyel, avec le facétieux musicien et chanteur britannique Jamie Cullum, avant une soirée aux couleurs cubaines réunissant le virtuose Gonzalo Rubalcaba, en solo puis un trio mené par le bassiste Richard Bona et le pianiste Alfredo Rodriguez. Le 20 novembre, cap sur les Bouffes du Nord pour un programme marathon intitulé "Le jour et la nuit du piano", présenté par Laurent de Wilde. Dès 11 h du matin, pas moins de 13 pianistes se succèderont sur scène: Edouard Ferlet, Cheick Tidiane Seck, Leïla Olivesi, Bernard Lubat, Giovanni Mirabassi, Mario Canonge, Pierre de Bethmann..., avec en point d'orgue un duo entre le maître de cérémonie et Alain Jean-Marie. Le 21 novembre, place au "Piano Forte" à l'Athénée.  Et, pour le concert de clôture, au Théâtre Marigny, il ne faut pas rater la rencontre inédite entre le pianiste Yaron Herman et le rappeur Oxmo Puccino, suivie d'un concert de la chanteuse Ayo avec le pianiste Gaël Rakotondrabe.

- Du 18 au 22 novembre 2022, à 20h, sauf le 20 novembre à partir de 11h, salle Pleyel, Bouffes du Nord, Théâtre de l'Athénée et Théâtre Marigny à Paris. Programme complet sur le site www.pianomania.fr

16 nov. 2022

Les Wriggles: entre tendresse, humour grinçant et satires sociales

 

(c) Pidz



Depuis leurs débuts, il y a déjà 25 ans, les Wriggles enfilent leurs costumes rouges pour égayer un peu notre quotidien. Après s'être éclipsés en 2009, ils sont revenus, à quatre, neuf ans plus tard, plus en forme que jamais. Et le moins qu'on puisse dire est que leur répertoire n'a pas pris une ride !

Des mousquetaires (Stéphane Gourdon, Antoine Réjasse, Emmanuel Urbanet et Fabien Marais) capables de vanter le charme de "Sixtine", belle comme un Michel-Ange ou de nous toucher avec "Noce éternelle", mais qui n'hésitent pas à monter au créneau pour défendre les humiliés dans "Welcome", évoquer le réchauffement climatique avec le faussement festif "Barbeuc Party" ou les violences conjugales pour le bouleversant "Je vis toute seule avec un chien". "L'idée n'est pas de jouer les donneurs de leçons,  explique Antoine.  D'ailleurs, au début de la chanson sur la femme et son chien, le public a tendance à sourire avant de  prendre conscience du poids du texte"

Des chansons, écrites en "Visio" qui figurent dans le nouvel album "Quatre étoiles", "rodées" avec succès à La Scène Libre à Paris, l'hiver dernier. "Nous avons toujours fonctionné comme ça. Il nous est parfois arrivé de nous dire que nous n'avions pas fait le bon choix en fonction des réactions du public. De cette manière, quand on se retrouve en studio, les morceaux ont déjà pris une certaine maturité"





Entre tendresse, humour grinçant et satires sociales, les joyeux complices se sont taillé une solide réputation. " On jongle sur un sujet et dans la manière de l'aborder. Cela fait partie de l'ADN des Wriggles. Après on laisse à chacun la liberté d'interpréter".  Des jongleurs de mots qui s'accompagnent au ukulélé, à la guitare... sans oublier l'inimitable beatbox de Stéphane Gourdon.

Intitulé "Les Wriggles se mettent en quatre" et mis en scène par le créatif Sébastien Lalanne, leur spectacle fait également la part belle aux classiques comme "La petite olive", ou "La révolte des rennes" encourageant leurs congénères à se mobiliser pour obtenir le statut d'intermittent !


Sur l'affiche, ils portent un nez rouge, mais si les Wriggles aiment jouer les clowns, ils possèdent l'esprit  frondeur de chansonniers des temps modernes et un indiscutable talent pour mettre le doigt là où ça fait toujours un peu mal...

- Album "Quatre Etoiles" (Blue Line/Pias), disponible depuis le 14 octobre 2022
- le 19 novembre 2022, à 21h, au 13ème Art, Place d'Italie, Centre Commercial Italie II, 75013 Paris. Tél.:01.48.28.53.53. Loc. points de vente habituels. www.le13eart.com
- En tournée: le 13 janvier 2023 au Théâtre de Châtel-Guyon (63), le 14 janvier à Montluçon (03), le 15 janvier à Lyon, le 28 janvier à Bourg La Reine (92), le 18 mars à Aulnoy-Lez-Valenciennes (59), le 23 mars à Nantes, le 6 avril à Woincourt (80), le 8 avril à Langeais (37), le 27 mai à Saint-Vallier-de Thiey (06)... 


13 nov. 2022

Richard Gotainer: un loufoque et brillant conteur

(c) Léo Gotainer

Après une bien trop longue absence, le chanteur, auteur, acteur occasionnel, fantaisiste à plein temps, à qui l'on doit des tubes comme le fameux "Mambo du décalco" et des publicités comme "Buvez éliminez" pour Vittel, "Y'a des fruits, y'a de l'eau" pour Banga, "On se lève tous pour Danette"... revient enfin sur scène avec un spectacle intitulé "Gotainer ramène sa phrase".  Et comme, il ne fait décidément rien comme tout le monde, il propose ici un concept inédit puisqu'il revisite une vingtaine de chansons... sans les chanter ! 
Une idée qui a germé pendant le confinement. Afin de garder le contact avec l'extérieur et peut-être de préparer "le monde d'après", il s'est amusé à diffuser ses textes sur la toile. Résultat: plus de 3 millions de vues ! 
 Dans un décor "comme à la maison" version un peu kitch, avec tapis, guéridon, lampadaire... une guitare électrique donne le rythme d'un show qui s'annonce franchement rock'n'roll. Car l'autre bonne idée de l'ami Gotainer est d'avoir fait appel à Brice Delage, un guitariste hors pair et multi-facettes, (remarqué notamment aux côtés de Ramon Pipin ou lors d'un tribute à ZZ Top), capable de nous régaler de riffs ébouriffants ou d'imiter à la perfection les aboiements d'un chien. Après avoir salué les gars et les filles, Gotainer annonce : "ce soir, je ne chante pas, je raconte..."

Brice Delage et Richard Gotainer (c) Léo Gotainer


 Et quel conteur ! Avec une verve intarissable, il brosse, gestuelle à l'appui, le portrait du "béquillard des bois" qui traverse la vie en prenant des chemins de traverse, celui de trois vieux papis qui parlent de l'air et du temps, revient sur les talents cachés des "Femmes à lunettes", se lance dans une course-poursuite effrénée avec "Le moustique", se lamente sur "Quéquette blues", déclame un "Halléluya" pas très catholique, mime le papa gâteux devant son Youki, vante les délices du "Pâté de faon", s'amuse des dérives des hommes et des femmes au volant dans "Lautomodébile"...
 Alternant moments tendres, franche rigolade et parenthèses grivoises, il prend le public à témoin en s'interrogeant sur l'âge où il arrêtera de faire le couillon ! Avant de s'émerveiller sur le bonheur de sauter dans les flaques d'au et de rester un enfant.
A la fin, il remercie le public d'avoir été complice de ce pêché mignon qu'est la gourmandise des mots. Quant à nous, on redemanderait bien un peu de "rab"...

Jusqu'au 31 décembre 2022, les vendredis et samedis à 21h30 et les dimanches à 19h, au Lucernaire, 53, rue Notre-Dame-des-Champs, 75006 Paris. Réservations au 01.45.44.57.34 et sur le site www.lucernaire.fr

Daphné: un bouquet de chansons émouvantes et espiègles en hommage à Barbara

(c) David Desreumaux


"Barbara c'est un pays, à découvert, sans mensonge, un feu intime où tout nous appelle à être présents à ce qu'on vit, sans le fuir, quelle que soit l'émotion qui nous traverse. C'est un pays d'espérance, d'amour, qui nous prend la main, un pays où nos failles deviennent des ailes et nos joies des racines où s'ancrer..." confie Daphné. Un pays où la chanteuse révélée au public grâce à l'album "Emeraude", en 2005 et qui a notamment collaboré avec Benjamin Biolay, Bénabar, Neil Hannon de Divine Comedy..., s'était déjà aventurée il y a dix ans avec l'opus "Treize chansons de Barbara", suivi de 13 concerts. 

25 ans presque jour pour jour après la disparition de la longue dame brune (le 24 novembre 1997), Daphné vient de sortir "Dix fleurs d'amour de Barbara". Accompagnée d'une belle section de musiciens dont le créatif multi-instrumentiste et arrangeur Etienne Champollion (piano, guitare, vibraphone, accordéon, ukulélé, programmations...), la chanteuse explore cette fois des territoires moins connus. Outre des relectures sensibles de "Nantes" et "Vienne", son timbre d'une délicate musicalité nous emmène à la (re)découverte de chansons, de 1964 à 1973, dont Barbara fut parfois juste interprète. Que ce soit pour le désinvolte "Moi je me balance" de Georges Moustaki, les malicieuses "Fleurs de méninges" où François Morel lui donne la réplique ou encore "La ligne droite", un titre dans lequel  Thibaud Defever prête sa voix et sa guitare.

Un bouquet de chansons tour à tour émouvantes, mutines, vibrantes, espiègles, que Daphné présentera sur scène dans un spectacle intitulé "La légende de la femme-oiseau", qu'elle a écrit et imaginé autour du répertoire de Barbara.


- Album "Dix fleurs d'amour de Barbara" (EPM), disponible depuis le 4 novembre 2022. 

 - Spectacle en tournée:  le 19 novembre 2022 aux Bains-Douches à Lignières (18), le 9 décembre au Théâtre Auditorium de Poitiers (86), le 10 décembre à L'Espace Agapit de Saint-Maixent (79), le 15 décembre aux Franciscaines à Deauville (14), le 14 mars 2023 au Sémaphore à Cébazat (63)...

8 nov. 2022

François Morel célèbre le centenaire de Raymond Devos avec un spectacle pétillant d'intelligence et d'humour

(c) Manuelle Toussaint Paris

Le 9 novembre prochain, on fêtera le centenaire de la naissance de Raymond Devos. Un anniversaire que François Morel a choisi de célébrer en remontant sur les planches avec "J'ai des doutes" récompensé par le Molière du meilleur comédien dans un spectacle du théâtre privé, en 2019.

François Morel tient une place particulière dans le coeur de chacun d'entre nous. Un peu comme un grand frère que l'on suit les yeux fermés parce qu'il nous promet toujours de belles et passionnantes aventures. On le présente volontiers comme le digne héritier de Bourvil avec qui il partage le don de nous émouvoir et de nous faire rire. Alors, lorsqu'il met toutes ces qualités (et il n'a pas fini de nous surprendre !) au service d'un "monument" comme Raymond Devos, on peut s'attendre à tutoyer les sommets !


(c) Giovanni Cittadini Cesi
 

Dès les premières minutes, il nous entraîne dans l'univers du maître de l'absurde, des paradoxes et des jeux de mots. Pas question pour autant d'endosser le fameux costume bleu car si le comédien marche dans les pas du colosse franco-belge, il ne cherche jamais à l'imiter. Une escapade tendre et joyeuse qui débute dans les cieux lorsqu'il campe Dieu interpelant Saint-Pierre sur un tonitruant "Je m'ennuie, convoquez-moi Devos !". L'occasion de retrouver des morceaux savoureux comme "Caen", "Mon chien c'est quelqu'un", "J'ai des doutes" ou "Je hais les haies" dont le texte défile sur un écran, en fond de scène. Entre deux sketches, il nous régale de chansons courtes, donne la réplique à son facétieux complice, le pianiste (et compositeur) Antoine Sahler, nous rejoue quelques séquences du fameux Grand Echiquier de Jacques Chancel avec une marionnette..

Plus qu'un hommage à celui qui affirmait :"le rire est une chose sérieuse avec laquelle il ne faut pas plaisanter",  François Morel offre ici un spectacle pétillant d'intelligence et d'humour.  



En tournée: Les 8 et 9 novembre 2022 à Alès, le 10 novembre Le Thor, le 15 novembre à Fontenay aux Roses, le 18 novembre à Lempdes, le 16 décembre à Comines, les 20, 21, 22, 23, 30 et 31 décembre à Louvain, le 17 janvier 2023 à Millau, le 18 janvier à Onet Le Château, le 21 janvier à Saint-Raphael, le 26 janvier à La Ferté Bernard, le 28 janvier à Champigny, le 2 février à Saint-Quentin, le 3 février à Saint-Omer, le 4 février à Mons en Baroeuil... 

- Les 14 et 15 février 2023 au Théâtre des Champs-Elysées à Paris.                     

 

1 nov. 2022

Le swing joyeux et frondeur de "Drôle de Jam"

(c) Laurencine Lot

 Sur l'affiche, on peut lire que le spectacle est présenté "avec l'aimable participation de divers génies du jazz"... Un trait d'humour qui donne d'emblée le ton de cette "Drôle de Jam". Le chanteur et guitariste Bruno Buijtenhuijs (avec la collaboration artistique d'Agnès Boury) a en effet imaginé des textes en français sur des standards de Miles Davis ("So What"), Duke Ellington ("Good Indigo"), Charlie Parker ("Donna Lee"), Chick Corea ("Spain") ou encore Django Reinhardt ("Minor Swing"). Et le résultat est tout simplement réjouissant ! Il faut dire que le monsieur ne donne pas dans la morosité, tout comme ses complices: Franck Richard (contrebasse), Geoffroy Boizard (guitare) et les deux pétillantes chanteuses Rachel Pignot et Julie Costanza. 

Enchaînant des reprises "revisitées" et des chansons originales, le quintet nous embarque dès les premières notes dans un tourbillon de bonne humeur. Avec un côté joliment frondeur car se lancer dans la réécriture humoristique de titres cultes est tout de même assez "culotté" ! Quant aux demoiselles, ne comptez pas sur elles pour faire tapisserie dans cet hommage aux grands hommes du jazz ! Dans des tenues qui semblent tout droit sorties de comédies musicales des années 50, elles mettent très vite leur grain de sel lorsque leurs complices abordent des thèmes comme la vie d'une femme dans sa cuisine, le blues du mâle à la recherche de ses repères ou celui du contrebassiste dont l'instrument ne fait guère recette pour séduire les filles... 
Un peu chipies et franchement douées, les deux chanteuses se livrent aussi à quelques joutes vocales lorsqu'il s'agit de se disputer le même amoureux, scatent, imitent le son de la trompette tout en énumérant les ingrédients de la paella sur l'air du Concerto d'Aranjuez.

Pour ceux qui pensent encore que le jazz est un genre élitiste, il suffit d'aller découvrir "Drôle de Jam" pour réaliser à quel point faire swinguer les mots est une source de joie et de partage... 

 Jusqu'au 30 janvier 2023, tous les lundis, à 21h au Théâtre de l'Essaïon, 6 rue Pierre au Lard, 75004 Paris. Tél.:01.42.78.46.42. www.essaion.com 
 

28 oct. 2022

"Sanga": un spectacle engagé, entre rap et théâtre

(c) Fabienne Rappeneau



 "Je viens d'un pays où les femmes se cachent. Aujourd'hui, je me marie avec un homme que je ne connais pas. Je m'appelle Sanga. J'ai neuf ans..." déclame une voix avant que la scène ne s'éclaire. Une scène parsemée de petites cocottes en papier. Car, avant que les adultes ne décident de son destin, Sanga s'amuse comme toutes les petites filles de son âge... 
Si le propos de ce spectacle présenté par la Compagnie Indigo et P.A.M. est évidemment grave, la force de "Sanga" est de ne jamais sombrer dans le côté dramatique. Dès que l'émotion nous gagne, on sent poindre un sourire en découvrant la faconde de la femme qui l'aide à s'apprêter pour le grand jour, ses rêves d'évasion, les trucs de filles qu'elle partage avec une copine...
Ecrite et mise en scène par Clio Van de Walle, cette réflexion sur la situation des femmes dans des pays pas si lointains, peut parfois dérouter. Entre théâtre, danse contemporaine et rap, on navigue en effet  entre la vie de la gamine de 9 ans  et la jeune fille qu'elle deviendra plus tard tandis que certains comédiens endossent plusieurs personnages. Un parti-pris qui donne le sentiment d'une société multiple, brassant cultures et origines. 


(c) Fabienne Rappeneau

 
Quant à la petite fille, elle a trouvé la parade: ce qu'elle ne peut plus dire, elle va l'écrire et l'exprimer dans le rap. Et elle le fait avec un certain talent et une touchante émotion. Des séquences, accompagnées par le compositeur et musicien Mathias Louis, qui rythment bien l'ensemble. Au point qu'on en souhaiterait davantage...
Un voyage initiatique qui parle de tolérance, de libre arbitre et d'espoir auquel le jeune public est convié, à partir de 11 ans.

Jusqu'au 9 décembre 2022, tous les vendredis à 19h, au Théâtre La Flèche, 77, rue de Charonne, 75011 Paris. Tél.: 01.40.09.70.40. www.theatrelafleche.fr

23 oct. 2022

La fantaisie débridée des Divalala













(c) Karo Cottier


Depuis leur premier spectacle "Chansons d'amour traficotées", les Divalala brodent à l'envi sur le thème du sentiment amoureux. Du coup de foudre à la rupture en passant par les premiers rendez-vous, le coeur qui s'embrase, le doute, les trahisons... Et pour elles, le répertoire français est une inépuisable source d'inspiration ! 

Avec leur dernière création "C'est Lalamour !" (mise en scène par Freddy Viau et chorégraphiée par Eva Callandreau),  Angélique Fridblatt, Gabrielle Laurens et Marion Lépine offrent  des reprises drôles et décalées de ritournelles populaires telles que "Capri, c'est fini",  "Comme un ouragan",  "Est-ce que tu viens pour les vacances", "Je vais t'aimer", "Destinée"... Aguicheuses en diable, elles n'hésitent  pas à jeter leur dévolu sur un spectateur pour lui adresser de brûlantes déclarations. 
Après avoir endossé des tenues de sport le temps de s'interroger sur l'humeur parfois légère des "Garçons dans les vestiaires", elles reviennent plus glamour que jamais avec l'envoutant "Madame Rêve" d'Alain Bashung. 


(c) Karo Cottier

Outre ses qualités vocales et une fantaisie totalement débridée, le trio, qui s'accompagne à l'occasion de flûtes ou d'un ukulélé,  maîtrise également l'art du détournement de texte. Comme  "
Les nuits d'une demoiselle" une chanson franchement érotique interprétée par Colette Renard reprise ici dans une version 2.0. à l'usage des geeks. 
On salue également la performance de la jeune femme, larguée par un laconique "Voilà, c'est fini" sur répondeur, qui suggère au goujat un chapelet d'expressions nettement plus lyriques, sur le modèle de la fameuse "Tirade du nez" de Cyrano de Bergerac.

Des artistes pétillantes d'énergie qui savent aussi se métamorphoser en tendres mamies pour interpréter le touchant "Oh non ce n'est pas toi" de Cora Vaucaire. Et , quand vient la séparation et le partage des vinyles, elles renoncent à Daho, Bowie, Madonna... pour s'accrocher à celui de leur idole Frank Sinatra. L'occasion pour elles de butiner du côté du répertoire anglo-saxon avec une vibrante reprise de "Strangers in The Night".  


Jusqu'au 27 décembre 2022, tous les mardis, à 19h30, au Grand Point Virgule, 8bis, rue de l'Arrivée, 75015 Paris. Tél.: 01.42.78.67.03. www.legrandpointvirgule.com
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18 oct. 2022

Kader Belarbi: "la danse appartient à tous"

Kader Belarbi et Jean Glavany (c) Célia Pernot

Sur le site du Théâtre du Capitole qu'il dirige à Toulouse depuis août 2012, on peut lire que Kader Belarbi se distingue par une inépuisable curiosité et un appétit renouvelé d'aventures dansées. Après avoir magnifiquement servi de grands noms de la danse tels que Nijinski, Balanchine, Béjart, Noureev, Robbins, Carlson, Kyliàn, Forsythe, Preljocaj, Bausch... et créé une quarantaine de chorégraphies, l'ancien danseur étoile se lance dans une nouvelle aventure. Sans doute celle qui lui tient le plus à coeur puisqu'il s'agit d'une fondation qui porte son nom. Lancée officiellement au Carreau du Temple à Paris, il y a quelques jours, aux côtés de Jean Glavany (ancien ministre et directeur de la fondation), elle a pour ambition de soutenir et promouvoir la danse et la création chorégraphique sous toutes ses formes et par tous les moyens. 

"J'ai eu la chance d'intégrer l'une des écoles les plus prestigieuses au monde: l'Ecole de Danse de l'Opéra de Paris. Cette institution de la République m'a permis d'étudier l'art de la danse, gratuitement et dès mon plus jeune âge" se souvient Kader. Dans la distribution des rôles, il endosse cette fois celui du passeur: "parce que la danse est un lien social et humain. Elle laisse des empreintes".

La Fondation Kader Belarbi (sous l'égide de la Fondation de France), s'articule autour de trois axes: Le FAB (comme fabrique de la danse), le LAB ( laboratoire de développement) et enfin le KAB pour la préservation, l'archivage et la diffusion des oeuvres.  Parmi les actions prévues: l'attribution de prix et de bourses pour les jeunes danseurs et chorégraphes, un mentorat artistique pour soutenir et accompagner de nouveaux talents...


Atelier lors du lancement de la Fondation Kader Belarbi
(c) Philippe Escalier

Du projet à la concrétisation, il n'y avait qu'un pas... joyeusement franchi par les 17 élèves de 6ème et de 5ème  (14 filles et 3 garçons) du Collège Jean Vilar de La Courneuve qui ont présenté, le soir même,  un spectacle dont ils ont imaginé en quatre jours la chorégraphie. Une initiative qui s'inscrit dans le cadre des ateliers "Corps & Graff".

"La danse appartient à tous. Pour moi, il n'y a pas de barrières, ni de limites à quoi que ce soit. J'ai été touché par l'enthousiasme d'une élève qui m'a dit: " moi, quand je danse, je déchire !" confie Kader. Interrogé sur les années à venir, il ajoute "j'espère que notre fondation apportera un souffle créatif dans la connaissance et la rencontre de l'autre"...

- Fondation Kader Belarbi (abritée par la Fondation de France), 40, Avenue Hoche, 75008 Paris.

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4 oct. 2022

Melkoni Project : un duo au charme intemporel qui fait rimer jazz et chanson française

(c) Gwen Cahue

Louise Perret et Gwen Cahue se sont rencontrés grâce à un ami commun et ont décidé d'unir leurs talents, en 2018, sous le nom de "Melkoni Project" pour célébrer les noces du jazz et de la chanson française. 
Résultat, un album éponyme qui mêle compositions originales et des reprises inspirées de chansons de Nougaro ("A bout de souffle"), Barbara ("A chaque fois"), Trénet ("Fleur bleue") ou encore "Sodade", une adaptation française du titre immortalisé par Césaria Evora.
Chanteuse, compositrice et auteure, Louise a étudié le violoncelle durant ses jeunes années avant de se produire en duo avec sa soeur Alice, sous le nom des "Soeurs Picotines". Photographe de métier et guitariste autodidacte,  Gwen, originaire de Nantes, a baigné très tôt dans le jazz manouche,  enregistré deux albums ("Memories of Paris" et "Margin Call"), participé aux spectacles "Autour de la guitare", orchestrés par Jean-Félix Lalanne... avant de se laisser séduire par la belle aventure de "Melkoni Project". "L'idée était de créer un véritable dialogue guitare-voix" confie ce dernier. 
Un dialogue teinté de mélancolie (traduction en breton de melkoni), mais aussi de jolies envolées ("Arc-en-ciel"), de déclarations d'amour ("Le jardin"), de nostalgie ("Le bois joli") et de sensualité ("Gin"). 



"Nous avons un peu galéré pour trouver un nom de scène. Nous voulions qu'il évoque à la fois la mélancolie mais aussi une certaine sensibilité. Il n'est pas exclu que nous supprimions le mot project à un moment donné. Nous parlons aussi du temps qui passe et contre lequel nous ne pouvons rien faire  mais, dans les textes, il n'y a rien de "plombant" ajoute Gwen. Un propos que confirme Louise: "Moi, je ne suis pas dans le regret". 
Et  ce premier album, enregistré avec la complicité de Julien Brunard (violon, alto) et William Brunard (violoncelle, contrebasse) est incontestablement une réussite. Une belle et swinguante invitation à goûter, même de manière fugace, aux petits bonheurs que la vie peut nous offrir.
Sur scène, Louise  Perret et Gwen Cahue reprennent également "La tendresse", une chanson rendue célèbre par Bourvil. Leur version a connu un véritable succès sur YouTube ! 
"Je suis toujours surprise de voir que nous pouvons toucher des publics de tous âges. Un soir, après un concert, un jeune au look un peu punk, est venu nous voir en larmes. Il a dit qu'il ne connaissait pas notre répertoire et il nous a dit merci" se souvient Louise.
Un duo au charme intemporel qui fait "jazzer" la chanson française... à moins que ce ne soit l'inverse.

- Album "Melkoni Project" (Label Ouest/Bayard Musique et Hachette Livre Distribution).

- En tournée: le 6 octobre 2022 à Nantes (Théâtre Neutre), le 9 octobre au Festival Georges Brassens à Paris, le 18 octobre à Ivry-sur-Seine (Théâtre Antoine Vitez), le 25 novembre à la Manufacture Chanson à Paris, le 16 décembre à Varades (Espace Alexandre Gautier), le 25 mars 2023 au Théâtre de Roanne..-

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28 sept. 2022

Chico César: "faire de l'art dans un pays comme le Brésil implique une certaine responsabilité"


(c) Ana Lefaux

Figure emblématique de la chanson populaire brésilienne, Chico César, originaire de Paraiba dans la région du Nordeste,  avait déjà célébré son attachement à l'Afrique avec le fameux "Mama Afica", en 1996. 

Pour "Vestido de Amor", son nouvel opus enregistré en France, sans doute le plus accompli de sa discographie, le chanteur, auteur et compositeur creuse le sillon du panafricanisme en nous offrant un superbe bouquet de chansons colorées et dansantes, sur des musiques mêlant forro, rumba zaïroise, reggae, calypso, cumbia... Un voyage du Congo, à la Colombie en passant par le Mali ou le Cap-Vert, effectué en belle compagnie puisqu'il s'est entouré d'artistes tels que Salif Keita, Ray Lema, Ze Luis Nascimento, Etienne Mbappé... sans oublier le français Albin de la Simone. 

Rencontre dans les locaux de son label Zamora Productions, avant son concert parisien au Café de la Danse, le 14 octobre prochain.

- Pouvez-vous traduire le titre de l'album ?

Il signifie "vêtu d'amour" car il y a un certain nombre de chansons d'amour dans cet album. Cela m'a semblé important, compte tenu des moments difficiles que nous vivons en ce moment.

- Il y a aussi des chansons plus sociales et politiques comme "Bolsominions"?

 Je pense que faire de l'art dans un pays comme le Brésil implique une certaine responsabilité. Dans mes chansons je puise toujours à deux sources: un regard intérieur où je parle d'amour et un regard extérieur qui me permet d'aborder des sujets plus sociaux.

- Mais toujours sur des musiques assez enlevées, voire joyeuses ?

Parce que je suis persuadé qu'on peut dire des choses graves tout en dansant !


(c) Ana Lefaux

- Le Brésil a d'ailleurs eu un artiste ministre de la culture, par le passé ?

Oui, il s'agissait de Gilberto Gil. Mais cela a été le cas également dans d'autres pays comme le Sénégal ou le Cap-Vert.

- Vous aviez vous-même accepté un poste de secrétaire d'état à la culture du Paraiba ?

De nombreux artistes ont la tentation d'entrer dans le système pour savoir comment changer les choses de l'intérieur. Mais on s'aperçoit très vite que c'est utopique. C'est la raison pour laquelle j'ai renoncé à exercer cette fonction. J'estime que j'ai apporté ma contribution et que, maintenant, je peux continuer à être un artiste libre.

- Avant d'être un artiste libre, vous avez exercé le métier de journaliste ?

 J'ai été reporter généraliste. J'ai notamment travaillé à la rubrique faits divers. J'étais très jeune à l'époque. Mais le journalisme a toujours été pour moi un moyen de survie et non une vocation. Cela permettait de payer mes frais et de remplir mon frigo mais je n'ai jamais songé à faire carrière.


(c) Ana Lefaux


- Dans "Vestido de Amor", vous abordez des musiques très différentes ?

C' est le premier album que j'ai enregistré en dehors du Brésil. Je suis fier qu'on entende du forro,  une musique originaire du Nordeste.  J'avais parfois le sentiment que lorsqu'on évoquait le Brésil, il n'y avait que la samba ! Je me sens très proche des artistes qui m'accompagnent car ils sont attachés à leur culture et ils l'expriment d'une manière particulière qui me touche. Je dois avouer que je ne connaissais pas Albin de la Simone. C'est mon producteur Jean Lamoot (Alain Bashung, Noir Désir...) qui m'a parlé de lui. Sa contribution a été importante sur l'album.

On a parfois écrit que vos coiffures étaient le reflet de vos engagements ?

C'est exact. C'est une manifestation de mon expression personnelle. Cela correspond également à une volonté d'assumer mon lien avec l'Afrique.


- Album "Vestido de Amor" (Label Zamora Productions), disponible depuis le 23 septembre 2022.

- En concert: le 13 octobre 2022 à Marseille (Espace Julien) et le 14 octobre 2022 au Café de la Danse, à 20h,  5, Passage Louis-Philippe, 75011 Paris. Loc. points de vente habituels et sur le site www.cafedeladanse.com

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26 sept. 2022

La virtuosité et la grâce des "Folies Gruss"

(c) Eloïse Vene


Après avoir réuni plus de 150 000 spectateurs, lors des représentations des "Folies Gruss", la 48ème création du Cirque Gruss, l'an dernier, la troupe de ce show impressionnant de grâce et de virtuosité se remet en selle ! Au menu, pas moins de  24 artistes, 50 chevaux, une chanteuse Candice Parise (familière des comédies musicales à succès) et un orchestre en live.

On l'aura compris, sous ce chapiteau, le cheval est bien le meilleur ami de l'homme. Le plus gracieux aussi. Au fil de la quinzaine de tableaux qui se succèdent (sans entracte) on assiste à un véritable défilé de numéros plus vertigineux les uns que les autres. Firmin, Stephan et Maud ont repris les rênes de la troupe, mais Alexis, le patriarche, et sa femme Gipsy sont toujours sur la piste. Tout comme les petites dernières de la famille qui participent notamment à la reconstitution d'une salle de classe où elle partagent les bancs avec de facétieux élèves: des chevaux miniatures appelés Falabella (un croisement entre des petits purs-sangs, des shetlands et des chevaux Criollo indigènes).  


(c) Eloïse Vene



Ici, les cavaliers savent aussi jongler avec des quilles, évoluer sur des trapèzes,  jouer de divers instruments, faire danser leurs montures... Et, même si les clowns traditionnels sont absents du programme, le rire est au rendez-vous avec quelques séquences humoristiques comme l'apprentissage de la danse pour les nuls. 
Au-delà de la performance, "Les Folies Gruss" sont aussi l'occasion d'exprimer un sens aiguisé de  l'esthétisme et de la poésie avec ces danseuses juchées sur des chevaux de bois ou ces acrobates virevoltant dans les airs, accrochées à des rubans. On retient  son souffle pour saluer l'époustouflant numéro de cette artiste qui traverse la piste (dans les deux sens !) sur un fil tendu vers les sommets du chapiteau.  On ne résiste pas davantage au plaisir de retrouver nos souvenirs d'enfance  lorsque des chevaux stoppent leurs cavalcades pour nous offrir une version équestre du jeu "1,2,3 soleil". 

"Notre définition, c'est le travail effacé par le travail" explique Alexis Gruss. Pari gagné, une fois encore.

Toujours soucieux d'entretenir cet esprit de convivialité cher à cette belle et grande famille du cirque, sachez qu'un after show est organisé après chaque représentation. L'occasion d'échanger avec les artistes ou de prendre une photo-souvenir... 


(c) Eloïse Vene



Du 1er octobre 2022 au 5 mars 2023, le vendredi à 21h, le samedi à 15h et 21h, le dimanche à 15h (séances supplémentaires, tous les jours, pendant les vacances scolaires en journée et en soirée). Carrefour des Cascades, 75016 Paris. Navettes à la sortie du métro Porte d'Auteuil (sortie N°2 Hippodrome d'Auteuil). Infos et réservations sur le site https://www.folies-gruss.com
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9 sept. 2022

Mouloudji aurait eu 100 ans...


« Longtemps, longtemps, longtemps après que les poètes ont disparu, leurs chansons courent encore dans les rues… » chantait Trénet. Pourtant, 28 ans après la mort de Marcel Mouloudji, on peut s’interroger sur la place qu’il occupe encore dans les mémoires. 
Pour certains, il demeure l'interprète de « Comme un p’tit coquelicot ». Une chanson qu’il n’a pas écrite (le texte est de Raymond Asso) mais qui est marquée, de manière indélébile, par son timbre si particulier. Les cinéphiles se souviendront de ses talents d’acteur (« Les disparus de Saint-Agil » de Christian-Jaque, « Nous sommes tous des assassins » d'André Cayatte…), les amateurs de l’esprit rive gauche rappelleront sans doute ses tours de chant consacrés à Vian ou Prévert au Vieux-Colombier… mais le public a parfois oublié le peintre, le producteur et éditeur qui lança notamment la carrière de Graeme Allwright, l’homme de convictions qui chantait dans les usines et participa notamment à un gala de soutien à la gauche chilienne, l’auteur d’ « Enrico », un ouvrage écrit alors qu’il avait tout juste 20 ans, couronné par le Prix de la Pleïade ou encore le pacifiste qui interpréta pour la première fois « Le déserteur » en 1954, le jour même de la chute de Diên Biên Phu.




Le 16 septembre prochain,  Mouloudji aurait eu 100 ans. Un anniversaire marqué notamment par les sorties de "Mouloudji, 100 ans" (Universal/ Mercury Records) , 3 CD de 75 titres de 1953 à 1978 + 1 DVD réunissant deux heures d'archives exclusives de l'INA, "Mouloudji, crooner et poète" (Legacy /Sony Music), 2 CD incluant une dizaine de titres jamais édités, "L'éternelle romance", un vinyle de 12 titres (Universal/Mercury Records).... 
A noter également le spectacle "Comme un p'tit coquelicot", présenté au Hall de la Chanson et interprété par trois jeunes artistes.
 Mais si vous voulez en savoir davantage sur l'homme et l'artiste,  sachez que « Mouloudji, athée ô grâce à Dieu » (Editions Carpentier) est toujours disponible. Un livre émouvant et tendre, riche d'anecdotes, de documents exclusifs et de photos inédites, dans lequel ses enfants Annabelle et Grégory (avec la collaboration artistique de Laurent Balandras) racontent ce père avec qui le dialogue s'est interrompu le 14 juin 1994. 

Un titre en forme de clin d'oeil à celui qui se définissait ainsi dans la chanson "Autoportrait": 
« Catholique par ma mère, musulman par mon père, un peu juif par mon fils, bouddhiste par principe. Alcoolique par mon oncle, dépravé par grand-père, sans classe par vieille honte, névrosé par grand-mère... Athée, ô grâce à Dieu ! »…


- Spectacle "Comme un p'tit coquelicot", le 16 septembre 2022 à 20h30, le 18 septembre à 18h30 et le 25 septembre à 16h, au Hall de la Chanson, Parc de la Villette, Pavillon du Charolais, 211, avenue Jean-Jaurès, 75019 Paris. Tél.: 01.53.72.43.00. www.lehalldelachanson.com
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1 juil. 2022

"Notre petit cabaret": une tendre et savoureuse complicité


Emilie Bouchereau et Béatrice Agenin(c) Cédric Vasnier

C'est une première à double titre ! Il y a quelques jours au Petit Montparnasse à Paris, la comédienne Béatrice Agenin et la chanteuse et musicienne Emilie Bouchereau ont offert,  la primeur de leur spectacle à découvrir au Festival Off d'Avignon cet été. Et, si l'idée leur trottait dans la tête depuis un moment, la mère et la fille n'avaient jamais partagé une même scène.

Présenté comme une fantaisie "Notre petit cabaret", imaginé par ce duo inédit alterne sketches, lectures poétiques et chansons. 

On connaît la carrière de Béatrice qui a joué les grands rôles du répertoire de la Comédie Française avant de se tourner, avec succès, vers le théâtre privé (elle a notamment reçu un Molière en 2020 pour son rôle dans "Marie des Poules, gouvernante chez George Sand" de Gérard Savoisien) le cinéma et la télévision. Quant à Emilie,  vêtue d'une longue robe en lamé rouge, elle s'impose d'emblée avec une belle interprétation de "Fever", tandis que sa malicieuse maman, cachée derrière un paravant, agite des pancartes sur lesquelles ont peut lire la traduction.  Puis la comédienne enchaîne, en français, comme elle le précise, avec le poème "On n'est pas sérieux quand on a 17 ans" d'Arthur Rimbaud. 


Béatrice Agenin (c). Cédric Vasnier


Un spectacle qui parle de souvenirs d'enfance, d'amour, de poésie, du Prince Charmant qui n'appelle jamais au bon moment.. Entre des reprises de Cole Porter ou Barbara, Emilie Bouchereau (alias Milo) nous régale de compositions personnelles tandis que Béatrice Agenin nous fait passer du rire à l'émotion avec des vers de Verlaine, la lecture d'une lettre de Colette, quelques pas de danse avec un homme en mousse, une décapante version du fameux "Tango stupéfiant"... Cédant aux délirantes exigences d'un metteur en scène, lors  d'une parodie d'audition, elle va même jusqu'à faire du rap sur Phèdre ! Un exercice inattendu pour celle qui a notamment incarné le personnage de Roxane, aux côtés de Jean-Paul Belmondo dans Cyrano de Bergerac. Coup de chapeau également aux facétieux musiciens Anthony Debray (percussions) et Simon Fache (piano).  

Et, Lorsque mère et fille se rejoignent  pour chanter "La tendresse" on se dit dit qu'il était grand temps que, surpassant une probable et naturelle pudeur,  elles partagent avec le public un si joli moment de complicité.

Du 7 au 30 juillet 2022, à 15 heures (sauf les dimanches) au Festival Off d'Avignon, au "Coin de la Lune", quartier Luna, 24, rue Buffon, 84000 Avignon. Tél.: 04.90.39.87.29. www.theatre-aucoindelalune.fr

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28 juin 2022

"Novecento: pianiste", l'histoire insolite et passionnante d'un virtuose au long cours

(c) Jean Henry

 Transposé en monologue théâtral, d'après l'ouvrage "Novecento : pianiste" de l'écrivain, musicologue, chroniqueur et animateur télé italien Alessandro  Baricco, ce "récit-jazz" (traduit par Françoise Brun) est joué et mis en scène par  Pascal Guin.  
Dès les premières minutes, on se laisse embarquer par cette évocation des traversées de l'Atlantique, des migrants en route pour l'Amérique à la recherche de l'Eldorado, de l'épopée du jazz... mais aussi et surtout par le destin extraordinaire du plus grand pianiste ayant jamais joué sur l'Océan.
Pour ceux qui n'ont pas lu le livre, il convient de remonter à la source. L'histoire débute en 1900, à bord du Virginian, avec l'abandon d'un bébé déposé dans un carton sur le piano de la salle de bal. Le marin Danny Boodmann décide alors de s'occuper de l'orphelin et le baptise Danny Boodmann T.D. Lemon Novecento (en référence à l'année de sa naissance). Après le décès de son père adoptif, lors d'une tempête, le jeune garçon, alors âgé de 8 ans, trouve refuge en s'installant au clavier.  Les passagers se bousculent alors pour écouter ce virtuose dont le piano semble danser avec l'océan et qui joue du jazz, du ragtime "parce que c'est la musique sur laquelle Dieu danse quand on ne le regarde pas. Sur laquelle Dieu danserait s'il était noir". Quant à Novecento, il demeurera sur le paquebot sans chercher à découvrir la terre.
Dans le rôle du trompettiste Tim Tooney, témoin de cette insolite et passionnante histoire, Pascal Guin semble habité par son personnage de narrateur. Tour à tour théâtral, touchant, enchaînant les anecdotes et les questions autour de ce surprenant voyage intérieur, il installe une véritable complicité avec le public et le talentueux pianiste-compositeur Christofer Bjurtröm qui l'accompagne. Sur la scène baignant dans une lumière minimaliste,  pas de décor ou presque, hormis deux grandes caisses en bois. On imagine qu'elles symbolisent ce quai que Novecento ne foulera jamais...   

Jusqu'au 30 juillet 2022 et du 25 août au 8 octobre 2022, les jeudis, vendredis et samedis à 21h15, au Théâtre Essaïon, 6, rue Pierre au Lard, 75004 Paris. Loc. points de vente habituels et au 01.42.78.46.42. www.essaion-theatre.com.
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