17 juil. 2013

Musilac: Asaf, Jamie, The Hives, Jamiroquai... et les autres


Jamiroquai

Plus de 60 000 spectateurs se sont pressés à Aix-les-Bains pour applaudir le programme résolument pop-rock de Musilac. Il faut dire que pour sa 12ème édition (les 12, 13 et 14 juillet derniers), le festival proposait une solide affiche. Parmi les temps forts, on retiendra l’unique passage en France de Blondie. La formation, menée par Debbie Harry, a en effet réussi son come-back en embarquant un public assez jeune sur les tubes « Atomic », « Call me » et  « Heart of Glass ». Plus tard, les savoyards ont accueilli chaleureusement Saez, l’enfant du pays qui s’est taillé une jolie place dans le rock français mais ce sont les américains de Thirty Seconds To Mars et le charismatique Jared Leto, qui ont marqué cette première journée. Le samedi, après l’énergique prestation des Vaccines et le concert en demi-teintes de Stephan Eicher, la température est montée de quelques degrés avec l’impressionnant Asaf Avidan. Son timbre singulier, sa puissance scénique, son côté totalement déjanté ont fait l’unanimité et la nouvelle coqueluche qui nous vient d’Israël a fait passer un sacré frisson en faisant chanter le public sur le désormais incontournable « One Day ». Difficile de passer après un tel phénomène ! Les versaillais de Phoenix ont heureusement relevé le défi.
Le dimanche, on attendait évidemment la pétillante Olivia Ruiz mais il faut bien avouer que, hormis un moment émouvant avec « J’traîne les pieds », les chansons de son dernier album « Le calme et la tempête » n’ont pas trouvé leur place dans l’ambiance survoltée de cette journée de clôture. Après Jamie Cullum qui a mouillé la chemise pour offrir un impeccable concert jazz-rock, place au groupe The Hives. Vêtus de noir et blanc, jonglant avec les micros,  assénant leur rock garage avec une belle conviction qui leur fait dire : « nous sommes suédois et nous sommes les meilleurs » ces drôles d’énergumènes ont créé la surprise. Et lorsque le bondissant chanteur Howlin’Pelle Almqvist annonce « la pièce de la résistance » avec le titre « Tick Tick Boom », c’est un public déchaîné qui reprend en chœur. Une euphorie qui gagne encore en intensité avec l’arrivée de Jamiroquai. Coiffé de son éternel chapeau, cabotin en diable, Jay Kay fait  le show et a véritablement enflammé la scène de Musilac. 
Annie Grandjanin 

9 juil. 2013

Cécile McLorin Salvant: la nouvelle star... du jazz !


(c) John Abbott
Elle a tout juste 23 ans mais sa virtuosité, sa manière de se réapproprier les vieux standards, la chaleur et la puissance de son timbre (pas moins de 3 octaves), son aisance scénique, son sens de la théâtralité, l’originalité de son répertoire qui balaye trois siècles de jazz, de blues, de soul, de funk et de gospels…donnent le sentiment qu’elle maîtrise 40 ans de métier ! Pourtant, si Cécile McLorin Salvant affiche une technique impressionnante, elle le fait avec une authenticité et une fraîcheur désarmantes, à mille lieues des postures adoptées parfois par ses consœurs. En effet, alors que certaines vocalistes livrent sur scène une performance à l’identique de leur album, Cécile habite l’espace, s’empare du public avec une simplicité et une jubilation qui emportent immédiatement l’adhésion. Bien sûr, la demoiselle n’est pas tout-à-fait une débutante. Née à Miami, d’une mère française et d’un père haïtien, elle a commencé le piano classique à 5 ans, le chant à 8 ans. En 2007, elle a étudié le droit, le chant lyrique et baroque au Conservatoire Darius Milhaud à Aix-en-Provence avant de se produire dans des clubs, festivals et salles de spectacles en Europe et aux Etats-Unis. En 2010,  alors qu’elle était la plus jeune de la compétition, elle a remporté le très convoité Concours Thelonious Monk à Washington. Côtoyant la crème des musiciens comme Rodney Whitaker, Jacky Terrasson, Archie Shepp, Aaron Diehl… elle fut également l’invitée de Wynton Marsalis et son Orchestre Jazz au Lincoln Center.
 Il y a quelques jours, dans un Café de la Danse bourré à craquer, pour présenter son album « Woman Child », sorti il y a quelques semaines, elle a ressuscité un traditionnel folk comme « John Henry », rendu un hommage à la poétesse haïtienne Ida Faubert avec  « Le front caché sur tes genoux », nous a envouté sur la ballade « There’s A Lull in my Life » ou l’étonnant « You Bring out The Savage in Me » de Sam Coslow et convoqué tout à la fois Billie Holiday, Sarah Vaughan et Ella Fizgerald ! La nouvelle étoile du jazz vocal se nomme désormais Cécile McLorin Salvant.
Annie Grandjanin

Album « Woman Child » (Mack Avenue Records/Universal Jazz)
En tournée: le 9 juillet à Vienne, le 12 juillet au Festival de Jazz de Gand, le 24 juillet à Vannes, le 25 juillet à Marseille, le 26 juillet au Sunset/Sunside, 30 juillet au Tremplin Jazz d’Avignon, le 12 mai 2014 à la Cigale...



2 juil. 2013

Arbon fait rimer La Fontaine et Brassens


(graphisme Victoria Strauss)
L’idée peut sembler insolite et pourtant, lorsqu’on découvre le spectacle  « La Fontaine/Brassens », conçu et composé par Arbon, l’alliance est évidente ! A trois siècles de distance, le fabuliste et le chanteur sétois affichent une passion commune pour la langue, l’indépendance et une certaine légèreté. Une légèreté qui n’a évidemment rien de frivole comme l’a écrit Jean de La Fontaine en préface de ses Fables : « C’est ce qu’on demande aujourd’hui : on veut de la nouveauté et de la gaieté. Je n’appelle pas gaieté ce qui excite le rire, mais un certain charme, un air agréable qu’on peut donner à toutes sortes de sujets, même les plus sérieux… ». Et c’est bien ce charme, cette gaieté, cette manière d’aborder avec humour des thèmes graves comme la mort, la bêtise ou l’abus de pouvoir, qui donnent à ce « La Fontaine/Brassens » toute sa substance. Dans une sobre (trop sobre peut-être ?) mise en scène de Pierre Fresquet, le chanteur Arbon revisite ainsi  « L’Auvergnat », « La non-demande en mariage », « Les trompettes de la renommée » « Mourir pour des idées », « Je m’suis fait tout petit »… tandis que la comédienne Marie-Christine Barrault, rayonnante et inspirée, lui donne la réplique avec « Le lion amoureux », « Le chêne et le roseau » ou encore « Le savetier et le financier ». Et il faut bien avouer que la connivence d’esprit est incroyable. Les mots s’entrechoquent et s’entrecroisent avec une harmonie, une musicalité et une intelligence qui gomment les années. On imagine sans peine que si leurs chemins s’étaient miraculeusement croisés ils seraient devenus « deux amis ». Présenté au Studio Raspail à Paris, le spectacle prend ses quartiers d’été au  « Festival Chansons et Mots d’Amou »  en août. Et l’on ne saurait trop vous conseiller d’y faire un tour. Comme l’assurait La Fontaine « deux sûretés valent mieux qu’une » et la rencontre poético-musicale de ces deux univers est  absolument réjouissante…
Annie Grandjanin

Le 9 août à 21 heures, dans le cadre du Festival Chansons & Mots d’Amou, qui se déroule dans les Arènes d’Amou (40) les 9 et 10 août. A l’affiche également : l’apéro de Tonton Georges animé par Stéphane Hirschi, Céline Caussimon, « Un roman de Renart », Yves Jamait invite Daniel Fernandez, Daguerre. Infos et billetterie : 05 58 89 02 25. www.chansonsetmotsdamou.fr