31 déc. 2013

Max Zita & Gospel Voices: les élans du « chœur »

Lorsqu’il a choisi de se consacrer à la musique et plus spécialement au gospel, le guadeloupéen Max Zita n'imaginait sans doute pas célébrer à l'Olympia, le temple du music-hall, les 25 ans de Gospel Voices. Une formation qui lui a permis de porter sur de nombreuses scènes et festivals son message d’amour et de fraternité. On peut évidemment s’interroger sur le rayonnement du gospel venu des Antilles ! « Notre proximité avec les Etats-Unis a facilité la venue de pasteurs chez nous. Il ne faut pas oublier non plus que nous avons une grande majorité de protestants » explique Max qui peut se vanter d’avoir initié le mouvement gospel en France. Avec Gospel Voices (puis « Gospel pour 100 Voix ») il a ainsi chanté auprès d’artistes comme Nicoletta, Liz McComb, Rhoda Scott, Clyde Wright du Golden Gate Quartet, Lara Fabian, Cheb Mami, Amel Bent…
Pour ce concert anniversaire à l’Olympia, outre des invités comme Nicoletta, Yoann Fréget, Emmanuel Djob (et quelques surprises), il promet des gospels traditionnels, urbains, mais aussi des morceaux de variétés comme  « Quand on a que l’amour », un titre qui s’inscrit bien dans l’esprit de partage qui anime le chœur depuis un quart de siècle. « Ce que nous souhaitons, c’est apporter de la lumière aux gens » confesse Max Zita. En ces temps de crises et de dérives, applaudir des chanteurs qui prônent avec autant de ferveur les vertus de la spiritualité et de la tolérance, cela ne peut évidemment pas faire de mal…
Annie Grandjanin
Le 15 février, à 20h30, à l’Olympia, 28, boulevard des Capucines, 75009 Paris. Places : de 27,50 à 71,50 €. Tél. : 08.92.68.33.68. www.olympiahall.com

27 déc. 2013

Dernières news de décembre...


- « Einstein on The Beach ». Culturebox, l’offre numérique de France Télévisions, vous propose de découvrir, en direct du théâtre du Châtelet, l’opéra visionnaire de Philip Glass et Robert Wilson. A cette occasion, cette œuvre du XXème siècle, jamais filmée, jamais diffusée, fera l’objet de sa toute première captation vidéo.
Le 7 janvier 2014, à 18h20, sur http://francetv.in/JxiZxN et en replay pendant quatre mois sur http://francetv.in/180QiCR

« La face cachée de la lune ». Sous la direction de Thierry Balasse, neuf musiciens ont fait le pari de reconstituer sur scène l’album « Dark Side of The Moon » composé par les Pink Floyd en 1973. Pour réaliser ce défi, ils sont allés à la recherche des instruments d’époque depuis les synthétiseurs analogiques jusqu’à la caisse enregistreuse qui scande le fameux « Money » !
Le 12 janvier 2014, à 17 h 30, à la Cité de la Musique, 221, avenue Jean-Jaurès, 75019 Paris. Tarif : 18 €. Tél. : 01.44.84.44.84. www.citedelamusique.fr
 
- Pat Metheny sera l’un des invités de la 35ème édition du Festival Django Reinhardt de Samois s/ Seine, qui se déroulera du 25 au 29 juin prochains. 
L’hommage d’un guitariste (qui a notamment collaboré avec Joni Mitchell, Gary Burton, Charlie Haden…) à un autre guitariste de légende : Django Reinhardt.
Jusqu'au 31 janvier 2014, le pass 5 jours est à 110 € au lieu de 130 €. www.festivaldjangoreinhardt.com




22 déc. 2013

I'M A MAN: de joyeuses joutes circassiennes





(c) Paolo SC Campanella

Ils sont huit : quatre artistes du Cirque Electrique et quatre jeunes de la Compagnie Sencirk du Sénégal réunis dans une création baptisée « I’M A MAN ». Et si le titre de leur spectacle rappelle une déclaration des droits civils, ce n’est sûrement pas un hasard…
Programmée dans le cadre du tandem Paris-Dakar, la troupe propose une série de joutes circassiennes à la fois traditionnelles et modernes : main à main, échafaudage humain, jonglage, cerceaux, équilibre avec des bassines multicolores en plastique ou sur un vélo…mais aussi des numéros de hip-hop tout-à-fait impressionnants. Accompagnés de musiciens en live, dotés d’une dose d’humour qui ferait presque oublier la performance, ces artistes qui prennent un plaisir évident à partager et à se surpasser offrent un show  aussi énergique qu’original. On n’évite pas parfois quelques répétitions mais « I’M A MAN » offre surtout au public l’image de deux cultures qui se cherchent, se trouvent, et se confondent dans un même élan jubilatoire. Une communion sur la piste qui remplace bien des discours...
Annie Grandjanin

Jusqu’au 29 décembre, du jeudi au samedi à 21 h et le dimanche à 17 h (représentation exceptionnelle le 25 décembre à 17 h), au Cirque Electrique, Place du Maquis du Vercors 75020 Paris. A noter également, le 31 décembre, à 21 h, une version revisitée « I’M A MAN & I’M A GIRL » pour terminer joyeusement l’année. Informations et réservations au 09.54.54.47.24. http://www.cirque-electrique.com


18 déc. 2013

Pinocchio: un casting réussi !

(c) Jean-Michel Grard
On connaît tous l’histoire  imaginée par Carlo Collodi. Celle d'un pantin de bois, prompt à mentir et à céder aux tentations malgré ses belles promesses. Mais Pinocchio raconte aussi et surtout le parcours initiatique d’un enfant qui doit faire ses choix, surmonter des épreuves, pour devenir un vrai petit garçon et réaliser ainsi le rêve de son « papa » Geppetto.
Marie-Jo Zarb a choisi de revisiter librement ce conte pour le transformer en comédie musicale. Et, l’idée est plutôt réussie. Tout d’abord parce que le casting est un sans faute ! Les dix comédiens, chanteurs et danseurs qui ont déjà fait leurs armes dans bon nombre de spectacles musicaux (Mamma Mia, Cabaret, les Dix Commandements, Grease, Mozart, l’opéra-rock…) sont tous à la hauteur. Que ce soit Vanessa Cailhol, espiègle et gentiment insolente, dans le rôle de Pinocchio, Pablo Villafranca qui prête sa belle voix à Geppetto, Nuno Resende virevoltant avec talent dans le costume de Maître Grigri (plus connu sous le nom de Jiminy Cricket), Pierre Babolat… sans oublier Sophie Delmas, une Fée Bleue  décalée et pleine d’humour. Hormis quelques tableaux comme celui de « L’île des friandises » les décors sont plutôt minimalistes, la mise en scène privilégiant les projections sur écran. Malgré une seconde partie un peu précipitée, notamment au  moment des retrouvailles entre Geppetto et Pinocchio, ce spectacle réunit tous les ingrédients d’une comédie musicale qui devrait séduire petits et grands : de vrais chanteurs, des musiques qui restent en tête bien après la sortie, des chorégraphies efficaces, de beaux costumes… et une histoire ! Sans mentir…
Annie Grandjanin

Du 21 décembre 2013 au 5 janvier 2014, du mardi au vendredi à 14 h, le samedi à 13 h et le dimanche à 11 h (relâches exceptionnelles les 25 décembre et 1er janvier 2014), au Théâtre de Paris, 15, rue Blanche, 75009 Paris. Tél. : 01.48.74.25.37.  www.theatredeparis.com
En tournée dès le 25 janvier 2014 dans toute la France.


14 déc. 2013

Le magnétisme d'Alone & Me





(c) Remy Baudequin
La chanteuse arrive sur scène le visage dissimulé par une capuche et se déplace comme en apesanteur. Et c’est bien cet état d’esprit qui plane tout au long du concert d’Alone & Me. On pense à Sinead O’Connor ou Kate Bush mais la singulière Emilie Clem (son vrai nom) a un univers bien à elle, entre folk harmonieux et rock aux accents convulsifs. Installée devant deux micros dont elle s’empare indifféremment, seule avec sa guitare (une violoncelliste l’accompagne parfois), usant d’un looper qui multiplie les sons, elle distille de son timbre prenant les titres de son  album « My Fucking Project ». Des textes plutôt engagés, d’une belle richesse mélodique, qu’elle interprète en anglais. Outre la reprise épurée de « Selling Jesus » du groupe britannique Skunk Anansie, elle nous offre des morceaux captivants comme « Strange Day », « In The Air », « The Queen »  ou encore « Is That What You Want ». Elle a déjà remporté, à l’unanimité,  le « Tremplin Hard Rock Rising France » et fut l’une des belles découvertes de cette fin d’année au Sentier des Halles. Pour ceux qui ont raté cette perle brute à l’éclat magnétique, des séances de rattrapage sont prévues dès janvier.
Annie Grandjanin


A  partir du 14 janvier jusqu’au 1er juillet 2014, un mardi sur deux, à 22 heures, au Sentier des Halles, 50, rue d’Aboukir, 75002 Paris. Loc.  Fnac, Carrefour et par tél. au 08 92 68 36 22. http://www.sentierdeshalles.fr

11 déc. 2013

Jane Birkin: une autre lady au Châtelet


(c) Gabrielle Crawford
Alors que le Châtelet affiche actuellement « My Fair Lady », les spectateurs ont pu applaudir, lundi dernier, une autre lady : Jane Birkin. Le temps d’une ultime représentation d’« Arabesque ». Un spectacle qu’elle avait présenté en 2002 à l’Odéon avant de l’emmener dans 37 pays ! Pour ceux qui ont eu la chance de le découvrir à l’époque, l’émotion est intacte. « Je n’ai pas eu le temps de dire merci à Serge » confie Jane. Pourtant, en permettant à ses chansons de franchir les frontières, elle ne pouvait lui rendre un plus bel hommage. D’autant que, grâce aux arrangements orientaux du violoniste Djamel Benyelles, le répertoire de Gainsbourg semble animé d’une seconde vie. Vêtue de noir, chaussée de babouches, Jane se balade ainsi d’ « Elisa » à « Baby Alone in Babylone » en passant par « Couleur café » ou « la chanson de Prévert » qu’elle récite assise sur un coin de scène. Sans oublier le magnifique « Amours des feintes » que Serge lui avait offert, comme un ultime pied de nez au destin, avant de disparaître en 1991.
Avec ses fautes de syntaxe et son accent qu’elle n’a jamais pu (ou voulu) abandonner, la chanteuse poursuit ainsi une conversation jamais interrompue avec son pygmalion. Puis elle s’éclipse, le temps d’une composition personnelle du groupe Djam & Fam qui l’accompagne, avant de revenir habillée d’une longue robe rouge pour « Les dessous chics ». Et lorsqu’elle défait son chignon pour entamer une danse syncopée sur « Les clefs du paradis », on est touché par la grâce un peu maladroite de cette artiste sur qui les années passent sans jamais entamer sa générosité ni sa simplicité. « Merci d’avoir eu la curiosité de venir écouter ce qu’une vieille anglaise peut encore faire sur scène » dit-elle au public, manifestement émue. Après une version, a cappella, de  "La Javanaise », cette militante dans l'âme appelle à signer pour la campagne d’Amnesty International. Une vraie lady !
Annie Grandjanin

10 déc. 2013

News de décembre...


2ème Téléthon du Jazz. Le 14 décembre, à 20h, la salle des fêtes de la Mairie du 5ème va résonner au son des grands orchestres swing de l’après-guerre (Count Basie, Duke Ellington ou Glenn Miller) pour un grand bal animé par la chanteuse américaine Gilda Solve et les 14 musiciens de l’Esprit Jazz Big Band. La recette sera reversée au profit du téléthon.
Places : 8 € en prévente et 10 € sur place. Loc. Fnac, Ticketnet.. et points de vente habituels. 21, place du Panthéon.

Les 75 ans de Blue Note (1939-2014). De nombreuses manifestations sont prévues  pour célébrer l’anniversaire du légendaire label. Coup d’envoi, le 8 janvier prochain au Town Hall de New York avec un concert spécial « Winter Jazz Blue Note 75 » (featuring Robert Glasper et Jason Moran). Côté nouveautés : l’album du trompettiste Takuya Kuroda (dès février), celui de l’as du piston Ambrose Akinmusire (en mars), de Chris Dave…un All Stars réunissant Bobby Hutcherson, Davis Sanborn, Joey DeFrancesco et Billy Hart ou encore Wayne Shorter en deuxième partie d’année. A noter également la réédition d’une centaine de classiques et de raretés, sans oublier le «Festival Blue Note » à Paris (mi-novembre) avec expo, concerts et masterclass.  L’année 2014 sera manifestement placée sous le signe de la note bleue…
 
Des forfaits à offrir pour Noël.  A l’occasion des fêtes de fin d'année, deux festivals proposent des tarifs préférentiels : « Papillons de Nuit » (les 6, 7 et 8 juin à Saint-Laurent de Cuves en Normandie) : pass 2 jours à 51 € au lieu de 59 € et pass 3 jours à 61 € au lieu de 79 €. Mise en vente le 16 décembre. Et « Rock en Seine » (les 22, 23 et 24 août au Domaine national de Saint-Cloud) : pass 3 jours à 99 € au lieu de 119 €. Mise en vente le 10 décembre.


Jonasz et d'Angelo: unis vers l'intime

(c) Vincent Gramain

L’exercice est périlleux et rares sont les artistes qui se prêtent au jeu du « piano-voix ». Il faut dire qu’il ne s’agit pas de n’importe quel piano puisqu’il est ici entre les mains savantes et virtuoses de Jean-Yves d’Angelo. Michel Jonasz évoque d’ailleurs avec humour ses retrouvailles avec son vieux complice. Le complice de « Tristesse », « Unis vers l’uni », « Où est la source »…
Dès les premières notes de « Je descendrai la rivière » la connivence est évidente. Pour ce récital, le chanteur puise essentiellement dans son répertoire des années 70/80. On redécouvre ainsi des titres un peu oubliés comme « Les réussites » ou « Les odeurs d’éther » mais aussi des classiques tels que « Super nana », « Du blues, du blues, du blues », « Les fourmis rouges », « Guigui » « Je t’aimais tellement fort que j’t’aime encore »…
Entre deux retours dans le passé, il se livre à quelques imitations -celle du Général de Gaulle débarquant au Golf-Drouot est impayable-, ponctuant le spectacle d’anecdotes aussi délirantes que savoureuses. Contrairement à certains de ses confrères que l’on souhaiterait moins bavards sur scène,  les apartés de Jonasz sont toujours subtils et drôles. A son pianiste qui affirme préférer les rockers, il rappelle ses débuts avec le groupe « Vigon et les lemons » tout en déclamant une poésie inspirée par un titre des Chaussettes Noires. Facétieux, il apporte sa contribution à la rythmique en tapant sur deux micros dissimulés dans ses poches, histoire de prouver que « Mister Swing » n’est jamais loin !  Un piano, une voix, quelques éclairages et aucun temps mort, Michel Jonasz et Jean-Yves d’Angelo maîtrisent parfaitement cette formule intimiste. Et lorsque le public conquis reprend en chœur (et debout) les couplets de « La boîte de Jazz » ou de « Joueur de blues », on a presque envie de le contredire lorsqu'il chante « Y’a rien qui dure toujours »…
Annie Grandjanin
En tournée : le 19 décembre au Théâtre Romain Rolland de Villejuif, le 2O décembre à la Scène Nationale de Dieppe, le 25 janvier au Radiant (Lyon), le 31 janvier au Théâtre Olympe de Gouges de Montauban…

6 déc. 2013

Michel Hermon retrouve ses vingt ans


Certains puristes considèrent encore que l’on ne peut chanter Brassens après Brassens, Brel après Brel ou Ferré après Ferré… Mais, pour quelques reprises malheureuses, doit-on figer ces artistes dans le temps ? Courir le risque que leurs œuvres deviennent « poussiéreuses » et échappent aux plus jeunes ? En découvrant Michel Hermon sur la scène du Hall de la Chanson où il vient de « recréer » le récital de Léo Ferré à Bobino en 1969, les chansons nous semblent plus vivantes que jamais. « C’est mon Léo Ferré à moi, celui que j’ai découvert sur scène à ce moment là, j’avais vingt ans, j’aimais ses chansons depuis toujours et j’ai eu ce soir-là, un des chocs artistiques et émotionnels de ma vie » explique-t-il.
 Metteur en scène, acteur, chanteur de cabaret, artiste lyrique, Hermon ranime la flamme de ce souvenir de jeunesse en y ajoutant sa sensibilité, son intensité dramatique, sans jamais trahir ni copier Ferré. A peine saisit-on quelques fugaces clignements d’yeux sur le bouleversant « Pépée ». Il a ainsi conservé l’ordre des 26 chansons du récital, dont 16 furent créées à Bobino cet hiver là.  Accompagné au piano par son complice Christophe Brillaud, Michel Hermon offre de magnifiques versions de « Vingt ans », « Petite »,  « Les anarchistes »… jusqu’au vibrant « Ni Dieu ni maître ». Seule petite entorse à l’histoire, la chanson de rappel « Avec le temps » qui n’est sortie qu’en octobre 1970 mais dont l’absence aurait sans doute déçu le public.
Annie Grandjanin
Prochain concert, le 19 mars au Sorano Théâtre de Toulouse

2 déc. 2013

Pour les DéSAXés, souffler...c'est jouer !



(c) Frédéric Chapotat

Dans l’esprit du Quatuor qui a marqué le genre, les DéSAXés sont quatre musiciens  (Samuel Maingaud, Guy Rebreyend, Frédéric Saumagne, Michel Oberli) qui ont pris la définition du verbe jouer, au pied de la lettre !
 Tous premiers prix de conservatoire, ils ont  vite renoncé aux salles de concerts classiques et aux pupitres pour donner libre cours à leur fantaisie débridée. Avec leurs précédents spectacles « Sax Machine » ou « Sea, Sax & Fun », ces saltimbanques dans l’âme ont montré l’étendue de leur répertoire et de leur humour en revisitant à leur sauce des « standards » du lyrique, du jazz, du rock, de la variété ou de la pop. Cette fois, pour leur dernière création « Mystère Sax ou l’incroyable histoire de l’inventeur du saxophone », ils ont choisi de célébrer le bicentenaire de la naissance d’Adolphe Sax (en 2014). Un anniversaire mis en scène par Philippe Martz et orchestré à la manière d’un film muet et burlesque (avec des dialogues défilant sur un écran). L’histoire débute dans l’atelier du facteur d’instruments. Ce dernier, installé devant un bureau renversé, écrit à son ami Hector Berlioz, reçoit la visite d’un huissier puis de cambrioleurs. Les gags s’enchaînent alors à un rythme plus soutenu. On retiendra notamment une belle interprétation des « Feuilles mortes » tandis que les musiciens marchent sur des partitions éparpillées sur le sol, un délirant tour du monde en montgolfière,  un numéro détonnant de beuverie musicale, un concert de batterie sur saxophones…et des morceaux qui passent allègrement de « La Moldau » de Smetana à «Comme d’habitude », du «Vol du bourdon » de Rimski-Korsakov à « La danse des canards ».  Le tout sous l’œil bienveillant d’Adolphe Sax dont le portrait géant trône sur la scène. Assurément, pour ces virtuoses du saxophone, souffler… c’est jouer !
Annie Grandjanin

Jusqu’au 12 janvier 2014, du mercredi au samedi à 19h30, matinée le dimanche à 15 h, au Vingtième Théâtre, 7, rue des Plâtrières, 75020 Paris. Tél. : 01.48.65.97.90. www.vingtiemetheatre.com

29 nov. 2013

Magic Music: sans fausse note !


(c) Didier Pallages
A priori, Sylvie Fournier et Frédéric Deville qui forment le duo du spectacle Magic Music, avaient peu de chances de se rencontrer. Elle, a longtemps travaillé dans le graphisme avant de créer Macadam Tap, une compagnie de claquettes qui a arpenté les trottoirs de Paname avant de tourner un peu partout en France et à l’étranger. Lui, a récolté des prix de violoncelle et musique de chambre, étudié le chant grégorien et la musique indienne, fondé le Quatuor à cordes Brancusi, joué auprès d’Higelin, M, Alain Bashung, Thiéfaine…
Magie ? Hasard ? Ou tout simplement une envie commune de transmettre et partager ? Ce qui est sûr, c’est que ces deux complices ont imaginé un bien joli spectacle pour emmener les enfants à la découverte des musiques du monde. Des musiques qui vont du blues aux rythmes africains, des sonorités électroniques aux mélopées orientales. Le tout en mêlant sampling, effets visuels, violoncelle et instruments traditionnels (oud, kora, grelots de pieds, tambour…). Après une mise en place, peut-être un peu longue, les artistes enchaînent des saynètes drôles et poétiques. Invités à participer, les enfants doivent ainsi deviner le titre de morceaux classiques joués à partir de bruitages et numéros de claquettes, suivre les artistes au fil de leurs escales aux quatre coins de la planète…jusqu’au final où Sylvie feuillette un grand livre pour faire apparaître les noms des protagonistes de ce joyeux et onirique voyage musical…
Annie Grandjanin

Jusqu’au 4 janvier 2014, les samedis et tous les jours des vacances scolaires, à 18 heures, à l’Essaïon, 6, rue Pierre au Lard, 75004 Paris. Tél. : 01.42.78.46.42. www.essaion-theatre.com

28 nov. 2013

Et hop, dans la hotte !


En panne d’inspiration à l’approche de Noël ? Voici quelques albums et coffrets qui devraient trouver leur place au pied du sapin:

- Voulzy à Saint-Eustache. 1 DVD + 2 CD. 2 heures de concerts et d’histoires, avec en bonus un recueil de 124 pages  rassemblant les textes écrits par Laurent Voulzy au fil de la tournée « Lys & Love Tour ». (Columbia/Sony Music)
- La Petite Sirène. Par la grâce d’Anna Karina, le conte d’Andersen, mis en chansons par Philippe Eveno, est devenu un conte musical pop rock. On y parle toujours d’amour impossible mais aussi d’écologie ! Avec Jeanne Cherhal (la petite sirène), Philippe Katerine (le prince), Barbara Carlotti, Delphine Volange….(Naïve)
- Edith Piaf.  5 CD/100 chansons. Un coffret métal, en édition limitée, dont la sortie coïncide aussi avec le  cinquantième anniversaire de la disparition de la « Môme ». (Parlophone)
- IAM – Coffret collector 12 CD + 3 DVD. Pour la première fois l’ensemble de la discographie du groupe (à l’exception du dernier album « Arts Martiens »), accompagné d’un livret de 92 pages. Sortie le 2 décembre. (Parlophone)
- Coffret Higelin Essentiel. (14 CD) Au total 13 albums studios et 1 CD de 12 titres rares et duos tels que « Duel » avec Brigitte Fontaine, « Je voudrais dormir » avec Jeanne Cherhal, « Le destin du voyageur » avec Arthur H…En bonus, un livret de 192 pages avec les textes des chansons album par album, des photos, etc…(Parlophone)
- A Mary Christmas , Mary J. Blige. Enregistrer un album de chants de Noël est presque un exercice obligé Outre-Atlantique. La chanteuse est ici accompagnée par quelques invités comme Barbra Streisand, The Clark Sisters, Jessie J et Mark Anthony.  Une collaboration inédite avec le légendaire producteur David Foster (Verve).
- Pop Rock Station By Zégut vol.2.  (Warner) Après le succès du premier volume, le célèbre animateur d’RTL2 Francis Zégut revient avec un nouveau coffret de 4 CD (les classiques, les pépites, les reprises, les live) regroupant 54 titres remastérisés. (Warner). Egalement disponible en version 2 CD (28 titres).
- Zut, c’est Noël ! Le trio Zut a eu la bonne idée de mélanger reprises et inédits dans cet album qui navigue entre pop, rock, fanfare ska ou gospel. Avec la participation de Clarika, Luce et les Wampas. A écouter notamment, une version réussie de « La fille du Père Noël » de Jacques Dutronc. (En exclusivité chez Vente Privée)
- Chantal Goya l’intégrale.  Un coffret  de 21 CD avec tous les titres remastérisés (285) et les pochettes originales. L’occasion pour les petits, les parents et même les grands-parents, de  retrouver Marie-Rose et ses amis : Pandi Panda, le Chat Botté, Bécassine…(Sterne)

- Le Soldat Rose 2. Le conte musical écrit par Pierre-Dominique Burgaud, sur de nouvelles musiques composées par Francis Cabrel. Avec Tété, Laurent Voulzy, Thomas Dutronc, Renan Luce, Nolwenn Leroy, Helena Noguerra, Camélia Jordana, Gad Elmaleh, Ours et Pierre Souchon…(BMG/Sony Diffusion).
 - We love Disney.  Les chansons des grands classiques de Disney, de “Blanche-Neige et les 7 nains” jusqu’à  “La Reine des Neiges” revisitées par des artistes comme Thomas Dutronc, Christophe Willem, Elodie Frégé, Garou, Olympe… (Mercury/Universal). Disponible le 2 décembre.


27 nov. 2013

Des news, des news...


- A l’occasion du 50ème anniversaire de la mort du pianiste et compositeur Francis Poulenc, l’INA édite « Francis Poulenc, créations mondiales et inédits ». Un double CD réunissant des séquences musicales mais aussi des entretiens radiophoniques récemment retrouvés. Disponible dès le 28 novembre.

- Enghien-les-Bains a été labellisée « ville créative » dans le domaine des arts numériques par l’UNESCO, le 21 novembre dernier. Elle rejoint ainsi Sapporo (Japon) et Lyon.

- Vingtième édition du « Only French Festival » qui se tiendra à Paris (à la Boule Noire, au Pan Piper et à la Scène du Canal) du 28 novembre au 1er décembre. Un anniversaire qui se déroule dans le cadre du « Tandem Dakar-Paris ». Au programme : Khalid K , David Sire, Mustafa Naham, Marka, Lili Cros & Thierry Chazelle, Le Cirque des Mirages, Faada Freddy, Yoro Ndiaye, Nicolas Fraissinet…

- « Tout le monde chante contre le cancer » avec Yannick Noah, Serge Lama, Grégoire, BB Brunes, Sophie Tith, Keen V, Elisa Tovati, Nicolas Peyrac…Pas moins d’une trentaine d’artistes participent à l’opération « 100 Noëls dans 100 Hôpitaux ».
Le 10 décembre, à 20h30, au Cirque d’Hiver, 110, rue Amelot, 75011 Paris.
Places à partir de 45 €. http://www.toutlemondechante.net  billetterie :http://www.toutlemondechante.dspevent.com

26 nov. 2013

Grands Prix Sacem 2013: le palmarès

Hier soir à l’Olympia, quelques minutes avant le début de la cérémonie de remise des Grands Prix Sacem 2013, on pouvait lire sur un écran : «Les droits d’auteur font vivre ceux qui vous font rêver ». Au passage, on rappelait que « La Foule » n’était pas une chanson de Piaf mais que les paroles originales étaient d’Enrique Diezo et la musique d’Angel Cabral.
Rendre à César ce qui est à César … ou plutôt aux auteurs, compositeurs, réalisateurs…le fruit de leur travail, c’est l’immense tâche à laquelle la Sacem se consacre depuis de longues années en protégeant les créateurs.
L’édition 2013 a ainsi récompensé : Serge Lama (Prix spécial de la Sacem), Etienne Daho (Grand Prix de la chanson française-créateur-interprète), Charles Dumont (Grand Prix de la chanson française- créateur), Romane (Grand Prix du jazz), Anne Dörr (Grand Prix de l’auteur/réalisateur de l’audiovisuel), Gilberto Gil (Grand Prix des musiques du monde), Zaz (Grand Prix du répertoire Sacem à l’export), Liane Foly (Grand Prix de l’humour), Rover (Prix Francis Lemarque), Bruno Fontaine (Grand Prix de la musique pour l’image), Marc Lumbroso-Remark Music (Grand Prix de l’édition musicale), Alain Kremski (Grand Prix de la musique symphonique, carrière), Frédéric Verrières (Grand Prix de la musique symphonique, jeune compositeur), Wax Tailor (Grand Prix des musiques électroniques) et Stromae pour « Formidable » (Prix Rolf Marbot de la chanson de l’année).
Une soirée un peu bavarde, comme c’est souvent le cas… Alors qu’on s’attendait à entendre chanter Stromae, Zaz et Etienne Daho, ce sont les « anciens » comme Charles Dumont et Serge Lama qui ont pris le micro…et largement mérité l’ovation du public.

25 nov. 2013

Samy Daussat célèbre l'union du rock et du swing manouche

« J’ai découvert le rock’n’roll avant le jazz. C’est la musique de mes parents » confie Samy Daussat à propos de l’album  « Nouvelle Vague ». On ne compte plus les projets musicaux mis à la sauce manouche, avec plus ou moins de bonheur, mais celui-ci est franchement réussi ! Il faut dire que ce guitariste qui a notamment joué avec le Minor Swing Quartet, accompagné Raphaël Fays, Angelo Debarre, Stochelo Rosenberg, Romane…a eu la bonne idée d’inviter Tchavollo Schmitt et une jolie brochette de musiciens (Jean-Yves Dubanton, Benoît Lebrun, Fred de Charco, David Georgelet…) pour ce retour dans les années yé-yé. Manifestement très inspirée, la formation revisite ainsi des titres comme « Souvenirs, souvenirs », « Love me tender », « Be-bop-a-lula », "Tu parles trop", « Toujours un coin qui me rappelle »… en y ajoutant des compositions personnelles telles que « Sunday morning scopitone » (S. Daussat) ou « Ballade à Marie » (T. Schmitt). A noter également, une belle reprise de "La rua Madureira", une bossa de Nino Ferrer. Tchavollo s’affirme comme un vrai rockeur et l’ensemble swingue et "twiste" avec une énergie et un talent impressionnants. Enregistrée en trois jours, dans une ambiance live, cette « Nouvelle Vague » célèbre joyeusement les noces du rock’n’roll et du swing manouche.
Annie Grandjanin

«Nouvelle Vague » (label Ouest)

24 nov. 2013

Carla chante, Nicolas signe les autographes...


Hier, on pouvait légitimement se demander si les spectateurs qui se pressaient au Casino de Paris étaient là pour applaudir l’artiste ou l’ex-première Dame de France. Avec l’espoir d’apercevoir Nicolas Sarkozy dans la salle. Ils ne furent pas déçus ! Après des « Nicolas reviens » et une standing ovation saluant l'arrivée de son époux, Carla Bruni a enfin investi la scène, accompagnée par deux musiciens. Un tour de chant qui, outre l'incontournable "Quelqu'un m'a dit" faisait la part belle aux titres de ses deux derniers albums «Comme si de rien n’était » et « Little French Songs » qu’elle n’avait pu présenter sur scène. Pour les raisons que l’on imagine…
 Dans un décor sobre : une bibliothèque, un pupitre, quelques lampes posées par terre et un écran où défilent des vidéos, elle apparaît en pantalon de cuir et veste rouge.  Une « Amoureuse » qui ne se prive pas de multiplier les clins d’œil. Notamment lorsqu’elle reprend « Si la photo est bonne » de Barbara. L’histoire d’une femme implorant la grâce d’un voyou auprès de son mari : « le président qui m’aime bien, qui m’aime tant ».  Et il suffit qu’elle interprète les premières notes de « Mon Raymond » ou « J’arrive à toi » pour que le public (qui n’a plus grand-chose à voir avec celui de ses débuts), tape des mains. Un enthousiasme qui atteint son comble  avec « Le pingouin » que d’aucuns voient comme une satire à l’encontre de l’actuel président.  Du coup, on oublierait presque qu'elle a écrit sur d’autres thèmes comme  le touchant « Salut Marin », dédié à son frère.
Et, lorsque Carla quitte la scène, après un récital plutôt réussi, c’est Nicolas qui signe les autographes…
Annie Grandjanin

En tournée en France, en Belgique, en Suisse et en Allemagne jusqu’à fin mars avec une escale à l’Olympia, le 11 mars 2014.

21 nov. 2013

Yanowski: sombre et fascinant



(c) Victor Quézada-Pérez
Dès qu’il arrive sur scène avec sa silhouette dégingandée,  l’œil charbonneux, Yanowski nous emporte, d’un coup de redingote, dans son univers halluciné et fantasque. Il y a chez cet artiste une intensité, une grandiloquence, une gestuelle théâtrale qui font songer à Brel.
Après une douzaine d’année au sein du Cirque des Mirages, avec son acolyte Fred Parker, un spectacle dans la veine des cabarets expressionnistes allemands, il a décidé de se lancer en solo avec « La Passe interdite », dont il a écrit et composé toutes les chansons.  Enfin pas tout-à-fait en solo puisqu’il a eu l’heureuse idée de s’entourer du grand pianiste Gustavo Beytelmann  (qui a notamment travaillé aux côtés d'Astor Piazolla, Catherine Ringer, Gotan Project…) et du virtuose violoniste Cyril Garac. Durant une heure trente, ce personnage aux allures de Méphisto nous invite à le suivre dans la chaleur moite et les odeurs de souffre des bouges de Buenos-Aires, nous guide au cœur d'un cabaret slave où, entre chien et loup, on donne un ultime concert, nous fait partager les angoisses d’un homme face à son miroir…
Doté d'un timbre puissant et prenant, il chante l’amour, la désillusion, la mort… mais s’envole aussi dans des pirouettes jubilatoires révélant cette dualité qui sommeille en chacun de nous. Une fascination pour l'ombre et la lumière qui nous fait passer, en un instant, de l'exaltation à la mélancolie. On sort de cette « Passe interdite », bousculé et transporté.
Annie Grandjanin

Les 29 et 30 janvier 2014, à 20 h 30, Salle Gaveau, 45-47, rue de la Boëtie, 75008 Paris. Tél.: 01.49.53.05.07 http://www.sallegaveau.com

20 nov. 2013

Le charme subtil et espiègle d'Enzo Enzo

(c) Martin Zayas
Depuis plus de vingt ans, cette artiste au timbre feutré et délicat nous emmène au gré de ses aventures musicales, de ses parenthèses d’actrice ou de conteuse pour les enfants…
 Il y a en effet belle lurette que l’ex-régisseuse du groupe Téléphone et bassiste du groupe Lili Drop a troqué sa panoplie de rockeuse contre une carrière solo consacrée à la chanson française. Un virage couronné  par deux Victoires de la Musique, en 1995, dans les catégories interprète et chanson de l’année, avec « Juste quelqu’un de bien » (écrit par Kent). « J’aime tenter de nouvelles expériences musicales mais j’ai définitivement renoncé à me lancer dans le rhythm’n’blues. Avec la voix que je trimbale, cela m’irait comme des moufles à une coccinelle » s’amusait-elle à l’époque. De coccinelles, il est d’ailleurs question dans la chanson « Fais-moi une fleur », mais aussi du « Goût de l’eau », de « Sablier » ….Des titres extraits du spectacle « Enzo Enzo chante Marie Nimier ». Hormis Art Mengo qui a composé l’essentiel des musiques (et la collaboration de Daniel Lavoie Jean Rouaud, Marc Estève…), ce cabaret littéraire est incontestablement une affaire de femmes ! Mise en scène par Isabelle de Botton, accompagnée par Delphine Gosseries (au violoncelle) et Hélène Weissenbacher (au piano), Enzo Enzo se balade avec une grâce subtile et espiègle dans les textes de Marie Nimier, alternant chansons et lecture d’extraits de romans. Ne prenez pas le risque de rater ce beau moment de poésie, à la fois moderne et intemporel, vous pourriez bien en rester « inconsolables »….
Annie Grandjanin

Le 29 novembre, à 20 heures, aux Trois Baudets, 64, boulevard de Clichy, 75018 Paris. Tél. :O1.42.62.33.33. www.lestroisbaudets.com. Et le 16 janvier 2014 au Jardin d’Acclimatation.

18 nov. 2013

Madeleine Besson: "je n'ai pas peur de me mettre à nu"



Son nom et son visage ne vous sont pas inconnus ? Madeleine est la fille de Benno Besson, metteur en scène, qui créa notamment le Berliner Ensemble avec Bertolt Brecht. Et elle a tenu le rôle de Marie dans  « 18 ans après » le film de sa maman Coline Serreau.
(c) Céline Sadonnet/Abacaba
Côté filiation musicale, en revanche, c’est le blues et le rock qui coulent dans ses veines. Qui bouillonne plutôt car, sur scène, cette artiste explose littéralement. Certains n’hésitent pas à évoquer Janis Joplin ou Aretha Franklin. Son timbre à la fois furieux et mélodieux, son incroyable énergie avaient déjà fait craquer le public des Musik’Elles où elle fut programmée en 2010 dans la catégorie « Coup de cœur ». Elle s’est également produite au Festival des Vieilles Charrues (où elle a croisé Lou Reed), a assuré les premières parties des BB Brunes ou encore de Cyndi Lauper à l’Olympia. « Voir mon nom sur le fronton de cette salle, c’était  magique » se souvient-elle. Alors, pourquoi Madeleine Besson n’a-t-elle pas encore les honneurs des grandes scènes en vedette ? Tout simplement parce que la demoiselle qui a beaucoup fréquenté les coulisses des théâtres et les plateaux de cinéma, connaît bien les pièges de ce métier. Fougueuse mais avisée, elle a travaillé « à l’ancienne », tout en écrivant et composant dans la solitude de sa chambre d’étudiante : formations à la Bill Evans Piano Academy, à l’école de Didier Lockwood, à la New York University for Jazz and Contemporary Music, concerts dans les bars, les clubs…… Bref, elle a cultivé ses atouts et enchaîné les expériences,  avant d’envisager l’enregistrement de ses chansons. « J’ai besoin d’avoir confiance. Aujourd’hui, je me sens plus mâture. Je n’ai pas peur de me mettre à nu. Les bases de ce métier, c’est d’essayer des choses et de gagner le respect de ses musiciens » confie-t-elle. En tout cas, elle a gagné celui de David Coulter (Arthur H, les Pogues, Tom Waits…) qui a réalisé « The Walker », un single sorti le 5 novembre dernier en attendant l’album prévu en mars prochain.  Des chansons essentiellement en anglais. « Je pense en français mais les mots sortent en anglais » explique Madeleine qui a passé son enfance à Los Angeles et revendique sa double culture. Cela dit, elle ne refuse pas l’idée de collaborer avec d’autres auteurs. « J’ai appris à être interprète. C’est un challenge qui me plaît. Comme de chanter devant des gens qui ne me connaissent pas et de les convaincre ».  Tout en confirmant un virage nettement rock-pop dans son répertoire, elle a eu la bonne idée de laisser tomber le perfecto pour une tenue plus glamour qui met en valeur les multiples facettes de son talent. Et du talent, elle en a à revendre !
Annie Grandjanin

« The Walker » (Abacaba). 

16 nov. 2013

La Famille Semianyki: une loufoque smala russe



Ils ont débarqué pour la première fois en France, en 2003, au Festival Off d’Avignon avant de tenir l’affiche pour une cinquantaine de dates au Théâtre du Rond-Point en 2011. Cette fois, c’est sur la scène du Palace que ces six clowns issus du fameux teatr Licedei de Leningrad, installent leur décor de bric-à-brac. Sans paroles, jouant essentiellement sur la gestuelle et le comique de situation, le spectacle donne l’image d’une famille ubuesque, totalement frappadingue : la mère enceinte jusqu’au cou joue de ses charmes volumineux pour retenir un mari picoleur qui menace constamment de faire sa valise, tandis que le passe-temps favori de leur marmaille (3 filles et 1 garçon) consiste à imaginer comment tuer le père tout en faisant tourner la mère en bourrique ! Avec sa couche-culotte et sa tétine, la petite dernière rappelle un peu Maggie Simpson. Au début, on a un peu de mal à entrer dans l’univers absurde de cette loufoque smala russe. Mais très vite, on se laisse emporter par l’enchaînement de gags de haute volée comme le numéro de chef d’orchestre du fils échevelé, celui du père, les bras immobilisés par un bâton de ski, tentant de boire sa vodka ou d’allumer une cigarette, la fille armée d’une lampe torche qui cherche son père dans la salle… jusqu’à la scène finale qui part totalement en vrille. Du grand art burlesque !
Annie Grandjanin
Jusqu’au 5 janvier au Palace, 8, rue du Faubourg Montmartre, 75009 Paris. Du mar. au sam. à 19 h 30, mat. sam. et dim. à 16 h. Tél. : 01.40.22.60.00. www.theatrelepalace.fr

15 nov. 2013

Parade Fauve: entre rire et émotion


(c) Pascal Lafay

Parmi toutes les commémorations qui entourent le centenaire de la Grande Guerre, cette « Parade Fauve » apparaît comme un témoignage rare puisqu’elle donne notamment la parole aux Poilus. Serge Hureau et ses complices du Hall de la Chanson, ont en effet effectué un véritable travail d’historien en sortant de l’anonymat des textes comme « Dans les tranchées de Lagny », sur l’air de « Sous les ponts de Paris » de Vincent Scotto. Dans un décor de camouflage dont on apprend que les motifs ont été inventés par les peintres d’avant-garde de 14-18, le spectacle démarre par des couplets revanchards : « Le rêve passe », « Ce que c’est qu’un drapeau », « le violon brisé »…
 Sur scène, Serge qui endosse aussi les rôles du narrateur ou du fameux comique-troupier, est accompagné par deux artistes talentueux : Manon Landowski et Olivier Hussenet. Au fil d’une revue qui passe de l’émotion au rire, du patriotisme au désespoir, on découvre des interprétations inédites de succès comme «Lied eines jungen wachtpostens », la version d’origine de Lili Marleen ou «  Quand Madelon », qui prend ici les accents d’une complainte. Soutenus par deux musiciens Cyrille Lehn (piano) et Lionel Privat (guitares et percussions) qui utilisent également des instruments de poilus, dont un reconstruit pour l’occasion, les artistes revisitent le répertoire de l’époque : « Au bois le Prêtre », «Avec Bidasse »… sans oublier le surprenant « Hanging on the Old Barbed Wire », d’un anonyme britannique, sur l’air de « The British Grenadiers » (dans la version textuelle du groupe Chumbawamba, 1988). 
Au-delà du spectacle, c’est toute une page de l’histoire qui est illustrée ici par le biais de chansons dont quelques-unes ont survécu au temps pour s’inscrire dans la mémoire collective.
Une parade qui se termine par le poème « Bleuet » de Guillaume Apollinaire (datant de 1917 et mis en musique par Francis Poulenc en 1939). Un clin d’œil, sans doute, à ces combattants qui sont peut-être partis « la fleur au fusil » mais qui, après quelques mois dans les tranchées, parlent aussi de la peur, du sacrifice et de la solitude.
Annie Grandjanin

Le 23 novembre à 20 h 30 et le 24 novembre, à 16 h, Hall de la Chanson, Pavillon du Charolais, 211, avenue Jean-Jaurès, 75019 Paris. Tél. : 01.53.72.43.01. www.lehall.com
(ce spectacle a reçu le label "centenaire" délivré par la Mission du Centenaire de la Première Guerre Mondiale).

8 nov. 2013

Bertrand Louis électrise la poésie de Philippe Muray

(c) Thibaut Derien

Dans ses précédents albums, Bertrand Louis nous régalait volontiers de citations littéraires. Avec « Sans moi », il s’est plongé dans l’univers de l’essayiste Philippe Muray. Douze textes extraits du recueil « Minimum Respect », paru en 2003, peu de temps avant la mort de l’auteur. Un auteur qui toute sa vie a porté un regard perçant, désabusé et ironique sur le monde et ses contemporains.
Étrangement, le premier roman de Muray s’intitulait « Chant pluriel »...Le résultat de cette œuvre commune puisque Bertrand a composé toutes les musiques est d’une rare et belle intensité. Sur scène, entre ballades envoûtantes et envolées très électriques, grâce à la complicité de l’excellent guitariste Jérôme Castel, le timbre prenant du chanteur, imprégné par la rage et l’humour grinçant de Muray,  nous embarque d’emblée dans des morceaux comme « Ce que j’aime », « Lâche-moi tout », « Sans moi » ou encore « Futur éternel de substitution ». L’heure est grave, mais pas vraiment désespérée ! En effet, les accents rock et énergiques que Bertrand Louis apporte aux sentences sombres de Muray donnent à l'ensemble un côté jubilatoire. A noter également, la lumineuse présence de la chanteuse Lisa Portelli. Petite facétie de l’artiste,  la doublure léopard de sa veste noire qu’il laisse entrevoir entre deux accords au piano. On n’est pas à l’abri d’un beau succès…
Annie Grandjanin

Ce soir, à 20h30 et les 13 et 15 Janvier 2014, à l’Espace Christian Dente/Manufacture de la Chanson, 124, avenue de la République 75011 Paris. Tél. : 01.43.58.19.94. www.manufacturechanson.org
Album « Sans moi » (MVS Records)

Frédéric Zeitoun : une belle et joyeuse leçon de vie

Il a baptisé son spectacle (coécrit avec François d’Epenoux)  « L’histoire enchantée du petit juif à roulettes ». Pas grand-chose à voir avec un conte pour enfants. Parce que, franchement, le jour de la naissance de Frédéric Zeitoun, les bonnes fées ont surtout brillé par leur absence !
On pense au fameux « je suis noir, juif et borgne » attribué à Sammy Davis Jr. Frédéric lui est fils d’immigrés tunisiens, juif, myope, bègue et dans un fauteuil roulant ! Pour le bégaiement, cela s’est manifestement arrangé…
 Après un début un peu déroutant, on entre rapidement au cœur du sujet : un spectacle sur la différence. Et, même si le chroniqueur musical balaye les embûches rencontrées d’un tour de roue parfois grinçant, le ton est le plus souvent celui de l’humour, de la tendresse. Que ce soit pour évoquer ses années d’écolier pas comme les autres, ses premiers émois d’adolescent où il jouait surtout le rôle du confident ou ses débuts à la télévision grâce à Jacques Martin. Entrecoupé de séquences d’actualités, de chansons drôles et touchantes comme « Mes vacances chez Franco », ce spectacle, mis en scène par Alain Sachs, nous interpelle, entre deux éclats de rire, sur le handicap, la religion, l’ignorance, le libre arbitre…
Accompagné par la violoncelliste Cécile Girard (qui incarne également Madame la Vie) et l’accordéoniste Anthony Doux,  Frédéric nous émeut et nous fait rire. Notamment  lorsqu’il raconte les vendredis soir en famille, les parfums épicés de son enfance ou encore l’arrivée d’un bébé à la maison, malgré la démission des cigognes. Une belle et joyeuse leçon de vie...
Annie Grandjanin

Jusqu’au 30 décembre, les dim. à 19h et les lun. à 21h, à la Gaîté Montparnasse, 26, rue de la Gaîté, 75014 Paris. Tél. : 01.43.22.16.18. www.gaite.fr

6 nov. 2013

News de novembre...

Katia et Marielle Labèque (c) Umberto Nicoletti
- « C’est pas classique ». Un bien joli nom pour ce festival qui propose un riche programme, entièrement gratuit ! Au menu, pas moins de 70 spectacles en 3 jours : les sœurs Katia et Marielle Labèque, « Bouquet final », la tournée d’adieu du fameux Quatuor, un hommage à Gainsbourg inspiré par Chopin, le Requiem de Mozart par le Chœur Philharmonique de Nice,  le Quatuor Ludwig, « Petit Violon deviendra grand » (conte musical pour enfants de 3 à 10 ans)…
Du 8 au 10 novembre, au Palais Acropolis de Nice. Programme complet sur http://www.cpasclassique-cg06.f

- Chanson française en Sorbonne. Le 21 novembre prochain, à 20 h 30, la chanson et la poésie sont à l’honneur, à l’Amphithéâtre Richelieu avec un plateau réunissant Francis Lalanne, Jil Caplan, Bertrand Burgalat, Jean Fauque, Benoît Carré, Emilie Marsh et les poètes Thierry Renard et Matthias Vincenot. Les artistes seront accompagnés par l’Ensemble DécOUVRIR. Comme toujours, l’entrée est libre mais il est prudent de réserver au 01.40.46.33.72 ou sur agenda-culturel@paris-sorbonne.fr
La Sorbonne, Amphithéâtre Richelieu, 17, rue de la Sorbonne 75005 Paris.

Prix Chorus 2014. Pour la 5ème édition du dispositif de repérage des jeunes talents, le Conseil général des Hauts-de-Seine lance un appel à candidature pour les groupes ou artistes qui souhaitent participer à ce concours. Le lauréat recevra une aide professionnelle de 15 000 € et bénéficiera d’un solide soutien pour développer sa carrière. Dossiers d’inscriptions et modalités disponibles sur blogchorus.hauts-de-seine.net et par téléphone au 01.47.29.30.48.
Attention, les dossiers sont à retourner au plus tard le 10 janvier 2014 !
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4 nov. 2013

Manu Katché: "mon destin est incroyable !"


Sa créativité, son groove, le son particulier de ses drums ont fait de Manu Katché l’un des batteurs les plus polyvalents et recherchés de sa génération. Il a accompagné les grands noms de la pop internationale et du jazz, de Peter Gabriel à Sting en passant par Marcus Miller, Herbie Hancock, Jan Garbarek… Des rencontres, qu’il évoque dans  « Road Book », un ouvrage sorti il y a quelques jours….
Comment qualifier ce livre : mémoires, souvenirs ?
- S’il s’agissait de mémoires, il ferait 600 pages ! Ce sont juste des anecdotes avec des artistes internationaux et une récapitulation très succincte de mes années françaises. L’idée était de témoigner de mon parcours. Celui d’un môme de banlieue qui a joué avec des dinosaures de la musique.
Vous n’avez pas la réputation de « brosser les gens dans le sens du poil ». Pourtant, ici, vous ne parlez que de gens que vous aimez ?
Généralement, quand vous évoquez vos souvenirs, ce sont les jolies choses qui vous reviennent. Même avec Mark Knopfler, un mec difficile d’accès, mais cela s’est arrangé à la fin…
On découvre notamment que vous avez refusé de travailler avec Mick Jagger ?
J’étais évidemment flatté qu’il m’appelle et je me souviens que lorsque j’ai dit non, il y a eu un blanc au bout du fil. J’ai beaucoup aimé les Stones. Mick est quelqu’un d’élégant et de sympathique mais, à l’écoute de la cassette, je ne voyais pas ce que je pouvais apporter de plus avec mon style. Nous aurions été frustrés tous les deux. Il faut connaître ses limites. C’est  d’ailleurs pour ça que je suis resté en France.
C’est-à-dire ?
Parce que je ne serais peut-être pas allé à l’essentiel. Je me serais banalisé.
Vous ne tarissez pas d’éloges sur Peter Gabriel en affirmant qu’il a déclenché ce que vous alliez devenir ?
J’ai eu la chance de suivre une formation classique. J’ai appris les rudiments de la musique avec une approche complètement neutre. J’avais quelques références dans le jazz et la soul mais, au début, je lisais les partitions. En séance d’enregistrement, on me disait de jouer comme untel. Lorsque j’ai rencontré Peter, il m’a demandé de jouer comme je le sentais. Cela m’a un peu paniqué car c’était la première fois qu’on me tenait ce discours. Il m’a fait confiance et est allé chercher chez moi ce qui était en gestation. C’est à partir de là que j’ai vraiment développé mon style. Peter est un humaniste, à l’écoute des autres.
Vous lui avez pourtant raccroché au nez deux fois ?
C’est vrai. Il m’a téléphoné alors que j’étais au ski avec des copains et j’ai cru à une blague de leur part. Ce n’est qu’au troisième appel que j’ai réalisé que l’accent de mon interlocuteur était vraiment très british. Je n’ai jamais su comment il avait trouvé le numéro de mon hôtel à l’Alpe d’Huez !
Vous terminez « Road Book » sur Herbie Hancock, que vous appelez le patron ?
Herbie, c’est toute mon enfance. Je suis dingue de lui depuis toujours. Mon destin est incroyable et le rencontrer, ce fut la cerise sur le gâteau.
Vous n’avez jamais raté de rendez-vous ?
Si, bien sûr. L’une de mes frustrations est de ne pas avoir joué avec Miles Davis !
Peut-on dire que ce livre prouve qu’on n’est pas forcément né du mauvais côté de la Manche ou de l’Atlantique ?
C’est en effet l’idée. Même si, dans le jazz, les musiciens européens n'ont rien à envier aux américains ! Bien au-delà de la bonne étoile, j'ai voulu montrer qu’il y a des rencontres qui doivent se faire. C’est la force du milieu artistique. Quand j’étais jeune, on ne parlait pas d’intégration. Si j'ai un message à faire passer, c'est qu'il faut bosser, se donner les moyens. Il n’y a pas de gens inaccessibles…
Propos recueillis par Annie Grandjanin

« Road Book » (Ed. Le Cherche Midi), 224 pages, 16,50 €.





31 oct. 2013

Serge Hureau : "la chanson est un objet qui rassemble"



(c) Pascal Lafay
On se souvient de ses excellents spectacles « Gueules de Piaf », « Au bon petit Charles » « Les habits du dimanche »…Des habits, Serge Hureau en a endossé quelques-uns depuis ses débuts : chanteur, comédien, professeur au Conservatoire National d’Art Dramatique où il enseigne la chanson, metteur en scène, fondateur en 1990 du « Hall de la Chanson »… Depuis que ce dernier s’est installé, au printemps, dans le Pavillon du Charolais à la Villette, il est devenu le dirlo, comme il se nomme lui-même, de ce théâtre de 140 places consacré à la chanson, du Moyen Âge à nos jours. Au programme : spectacles, concerts, installations sonores, conférences chantées… mais aussi des stages de formation, en partenariat avec l’Education Nationale. « Les musiques actuelles ont un avenir et un passé » confie-t-il. « Il y a quelques jours, nous avons proposé un spectacle sur  la chanson et Jean Cocteau, qui était fou de jazz. Il a écrit pour Marianne Oswald, « l’ancêtre » des slameurs ! ». Et ce sont toutes ces références et anecdotes sur le patrimoine qu’il connaît si bien qui font le régal des jeunes de l’Ecole Supérieure de Musique qui viennent ici. A découvrir, dès le 11 novembre,  « Parade Fauve », une création sur les chansons de la Grande Guerre. « Des textes intimes des poilus qui parlent du manque d’hygiène et d’amour, du désir, de la peur… ». Toujours en novembre, Mona Heftre et Michel Hermon interpréteront en alternance des titres de Léo Ferré. Des spectacles appelés à tourner dans toute la France.
« Nous, ce que l’on veut, c’est apporter un point de vue, un angle, un regard » ajoute Serge Hureau. Ainsi, il rappelle le sort peu enviable des femmes dans les chansons réalistes, la récupération par le folklore enfantin de morceaux pour adultes comme « Ah, vous dirais-je maman » ou encore le fameux «  Malbrough s’en va-t-en guerre ». «Une chanson adorée des enfants, qui parle de mort et de deuil. Mais qui a, en ce sens, une fonction éducative ». Et d’ajouter : «  la chanson est un objet qui rassemble. Elle est l’illustration d’une époque, d’une génération. D’ailleurs,  les anglais ne disent pas patrimoine, mais héritage ! »
(c) Pascal Lafay
Un héritage qu’il s’attache à transmettre et partager, avec une esthétique contemporaine, en insistant sur l’importance du métissage « Plus nous sommes mélangés, plus nous sommes cultivés !  Il faut des Peter Gabriel à la chanson française ! »
Annie Grandjanin

Le Hall de la Chanson, Pavillon du Charolais, Parc de la Villette, 211, av. Jean-Jaurès 75019 Paris. Infos et réservations : 01.53.72.43.01. Par mail : reservation@lehall.com 
site : www.lehall.com 

30 oct. 2013

Dernières news d'octobre...

- Etienne Daho. Sa tournée initialement prévue au printemps 2014 est décalée à l’automne, avec une escale à l’Olympia du 3 au 6 novembre 2014. Par ailleurs, le Domaine Privé qui devait lui être consacré à la Cité de la Musique et salle Pleyel, intitulé « Une jeunesse moderne » est également reporté. Que les fans se rassurent, il sera présenté dans le cadre du Festival « Days Off » dont le chanteur sera l’invité d’honneur les 1er, 5 et 8 juillet prochains.Les billets achetés pour les dates initiales restent valables ou peuvent être remboursées auprès du point de vente.

- « Un sourire, svp ». On le sait, que ce soit dans le métro ou dans la rue, les sollicitations des sans-abris n’interpellent plus grand monde. En partenariat avec la Fondation Abbé Pierre, deux artistes, Luigi Li et Thinh Souva ont donc proposé de remplacer les habituels « je suis sans logis, aidez-moi » ou « 1 € pour manger » par des phrases décalées et humoristiques, telles que « Avec la ½ du salaire de Benzema, je vous jure que moi je marquerais des buts !». Il serait dommage de passer à côté…
Jusqu’au 17 novembre, de 14 h à 19 h, au Point Ephémère, 200 Quai de Valmy 75010 Paris. Tél. : 01.40.34.02.48. www.pointephemere.org

- Abd Al Malik. Au carrefour du rap, de la poésie et du jazz, cet artiste qui a reçu 4 Victoires de la Musique et le Prix littéraire Edgar Faure présentera au Châtelet  « L’art et la révolte », une création librement inspirée de l’œuvre d’Albert Camus.
Le 16 décembre, à 20 h, au Châtelet, 1 place du Châtelet, 75001 Paris. Tél. : 01.40.28.28.40. www.chatelet-theatre.com

Joséphine ose...toutes les audaces !

Son père fut le batteur d’Alain Bashung, d’où le clin d’œil de Joséphine Draï pour le titre de son one-woman-show. En poussant un peu plus loin, elle aurait même pu l’appeler  « L’imprudence » ! Car imprudente, elle l’est jusqu’au bout de son diadème pour s’affubler d’une tenue de princesse qui cache si peu ses rondeurs. Ajoutez à cela un chapelet de mots crûs et un penchant assez naturel pour évoquer ses problèmes digestifs et vous comprendrez que son personnage est plus proche de l’univers de Shrek que des héroïnes de Disney. Dans ce spectacle, qui mêle sketchs et chansons, Joséphine feuillette son journal intime. Celui d’une fille de son époque qui lutte contre les kilos et la solitude, envoie des textos de détresse groupés à ses copines, tente de trouver sa place dans une famille recomposée… Et se console de ses déboires amoureux en se jetant sur les sucreries. Une Bridget Jones mais dans le genre guerrière qui affirme qu’elle n’hésiterait pas à se battre avec Tsonga, à la boulangerie, pour le dernier Kinder Bueno ! Et son féroce appétit ne s’arrête pas aux barres chocolatées : « j’ai balayé tout le panel des handicapés sexuels » confesse-t-elle. Truculente, insolente, volubile, Joséphine s’autorise toutes les audaces… mais aussi quelques moments de tendresse, notamment lorsqu’elle regrette que, côté féminin, le rire ne soit pas toujours une arme de séduction : « J’ai déjà envisagé d’arrêter d’être drôle parce que je veux des gosses ». On lui souhaite évidemment une joyeuse marmaille mais  son humour dévastateur  manquerait sans doute dans le paysage…
Annie Grandjanin

Jusqu’au 29 décembre, le dimanche à 18 heures, au Petit Hébertot, 78 bis, boulevard des Batignolles 75017 Paris. Tél. : 01.42.93.13.04. http://www.petithebertot.com
A noter que les chansons du spectacle sont également disponibles sur l’album « Joséphine Ose !».

26 oct. 2013

La scène française (et francophone !) aime les chansons de Disney



L’idée est fameuse, on peut même dire « Supercalifragilistic » et l’on se demande bien pourquoi personne n’y avait pensé avant ! Le concept ? Faire appel à un collectif d’artistes-interprètes pour revisiter 75 ans d’histoire musicale, depuis « Blanche-Neige et les 7 nains », (premier long métrage de 1937) jusqu’à « La Reine des Neiges » (en salle le 4 décembre prochain). Et dans la foulée, réunir sur cet album baptisé « We Love Disney »  artistes « consacrés » et jeunes talents. Ainsi, au hasard des titres extraits des grands classiques de Disney, on pourra entendre Elodie Frégé (« Un jour mon prince viendra »), Nolwenn Leroy (« Quand on prie la bonne étoile »), Thomas Dutronc et Laura Smet swinguant sur « Tout le monde veut devenir un cat » des Aristochats, Ben l’Oncle Soul ( « Etre un homme comme vous » du Livre de la Jungle), Joyce Jonathan et Olympe se donnant la réplique sur « Ce rêve bleu » d’Aladdin, Christophe Willem («  L’amour brille sous les étoiles » du Roi Lion) ou encore Garou et Camille Lou réunis sur « La belle et la bête »...Vous cherchez encore une idée de cadeau pour Noël ?
Annie Grandjanin
« We love Disney » (Mercury/Universal), disponible le 2 décembre.

Yodelice sort les riffs...


(c) Yann Orhan
Toujours coiffé d’un chapeau melon surmonté d’une plume, barbu et arborant un maquillage sur la joue, le chanteur semble tout droit sorti d’un film de Tim Burton, genre Johnny Depp dans « Charlie et la chocolaterie ». Un accoutrement singulier qui n’est pas la moindre des particularités du chanteur qui, à ses débuts, a notamment composé pour Jenifer et les L5 ! Quant à ce patronyme prometteur de voluptés ? « J’ai composé en Espagne, dans une maison qui s’appelait Yodelice. J’ai gardé ce nom qui me plaisait » expliquait Maxim Nucci  (son vrai nom) lors de la sortie de l’album « Three of Life », consacré par une Victoire de la Musique en 2010. Ancien étudiant (guitare et piano) du Music Institute of Technology de Londres, l’artiste affiche volontiers son goût pour la culture anglo-saxonne. « J’ai grandi avec elle. Chanter en anglais s’est imposé à moi, sans calcul. Je fais de la pop décomplexée ! » confiait-il alors. Après le réussi « Cardioid » Yodelice revient avec « Square Eyes »,  enregistré à New York avec son vieux complice  Xavier Caux (ingénieur du son) et le batteur Patrice Renson (Salif Keita, M…). Un nouvel opus dont les mélodies pop s’enrichissent cette fois de solides riffs rock avec des titres comme « Fade Away » ou « I Workship You ».
Annie Grandjanin

Album “Square Eyes” (Mercury /Universal), sorti le 21 octobre
En concert les 20, 21 et 22 janvier 2014 à la Cigale, 120 boulevard Rochechouart, 75018 Paris. Tél. : 01.49.25.89.99. http://www.lacigale.fr/

17 oct. 2013

Punk attitude


Plus qu’un style musical, le mouvement Punk fut avant tout une attitude. Une posture contre l’ordre établi qui préconisait d’abolir le passé, sans vraiment envisager l’avenir. On se souvient du fameux « No Future » braillé par Johnny Rotten dans la chanson « God Save The Queen » des Sex Pistols, groupe emblématique de l’époque avec les Clash. Longtemps marginal aux Etats-Unis, ce courant alternatif explosera en Angleterre à la fin des années 70. Ses émules affichent le look « destroy » : tee-shirts lacérés, épingles à nourrice, jean troué, teint blafard… Pour la première fois, l’esthétique punk a les honneurs d’un musée ! Celui de la Musique a la Villette, sous le titre d’ « Europunk ». « Le premier principe de l’exposition est justement de ne pas considérer les objets comme des documents, mais comme des œuvres, dont le statut peut d’ailleurs être très variable, cela va des petits flyers aux tee-shirts, des disques aux affiches, d’objets extrêmement rares à d’autres ayant connu une dimension massive » confie Eric de Chassey, commissaire de l’exposition. Ainsi, la première partie du parcours met en lumière des graphistes comme Jamie Reid, des stylistes tels que Vivienne Westwood ou Malcolm McLaren. Au total, 6 sections permettent de découvrir des vidéos de l’époque, des pochettes de disques, des photos, des fanzines du collectif Bazooka emmené par Kiki Picasso…La présentation se poursuit au sous-sol avec un espace d’écoute et de projection (interviews des principaux protagonistes, extraits de concerts…). A noter également, un atelier en accès libre avec mise à disposition de guitares, basses, claviers et batterie pour « vivre le son punk ».Une visite obligatoire pour les fans et les curieux de ce courant dont le succès commercial a aussi causé la perte…
Annie Grandjanin

Jusqu’au 19 janvier 2014, du mar. au jeu. de 12h à 18h, nocturne les ven. et sam. jusqu’à 22h, dim. de 10h à 18h, à la Cité de la Musique, 221, avenue Jean-Jaurès 75019 Paris. www.citedelamusique.fr 

15 oct. 2013

Les promesses de La Jeanne

Non, il ne s’agit pas de la chanson de Brassens mais d’une jeune femme dont le cœur a longtemps balancé entre théâtre et chanson. En 2007, alors qu’elle jouait « De vos à moi », un spectacle en hommage à Raymond Devos au Festival off d’Avignon, elle rencontre le musicien et compositeur Robert Baccherini qui a notamment travaillé avec Mama Béa. La conception d’un album commence à voir le jour, mais la gestation durera cinq ans ! Sorti en août dernier, ce premier disque éponyme fait déjà le buzz. Il y a quelques jours, le concert de La Jeanne au Sentier des Halles affichait complet. Il faut avouer que la demoiselle swingue et flirte joliment du côté de la world, du jazz manouche et de la chanson française. Le timbre, légèrement voilé, est mélodieux et puissant. Le contraste avec les textes réalistes et un peu désuets est d’autant plus dérangeant. Gageons qu’avec des auteurs qui sauront  lui tailler des chansons à la mesure de ses promesses, La Jeanne devrait rapidement s’imposer. Pourvu qu’elle ne mette pas cinq ans à peaufiner son prochain opus !
Annie Grandjanin
En tournée : le 29 octobre  à l’Amphithéâtre de la Sorbonne (entrée libre sur réservation au 01.40.46.33.72), le 19 novembre au Théâtre de la Reine Blanche, le 1er novembre à Lutry (Suisse), le 22 novembre à Beaucourt (MPT Georges Brassens), le 15 février au Festival Voix d’Hiver, Théâtre Jean Vilar à Saint-Quentin…

14 oct. 2013

Jazz en matinée au Sunset-Sunside

Le Sunset avait déjà innové en lançant le fameux rendez-vous « Jazz & Goûter » invitant les jeunes mélomanes (et leurs parents !), à découvrir de manière ludique quelques grandes pages de l’histoire du jazz, chaque dimanche à 16h (entrée 10 €). La sixième saison reprend d’ailleurs, dès le  3 novembre par une fête Halloween avec Manu Le Prince, pour un hommage à Ella Fitzgerald.
Le Sunside, quant à lui, a décidé de revoir ses copies en s’intéressant aux couche-tôt. Ceux pour qui, en-deçà de 8 heures de sommeil, point de salut  et surtout, point de concerts ! Ainsi, les amoureux du jazz, soucieux d’afficher une mine reposée (et réjouie) le matin au bureau pourront désormais investir le fameux club de jazz pour des sets qui ne s’adressent pas forcément aux bonnets de nuit ! Coup d’envoi les 9 et 10 novembre, à 18 heures, avec le saxophoniste altiste de Porto Rico Miguel Zenon, en quartet, avec la participation du pianiste Luis  Perdromo. Et le 24 novembre, à 16 h, dans le cadre des concerts thématiques de Jacques Vidal, « Hommage à Carlos Jobim – Jazz & Bossa Nova » (présenté par Lionel Eskenazi). Des concerts sur-mesure pour les angoissés du dernier métro…
Annie Grandjanin

60, Rue des Lombards, 75001  Paris. Tél. : 01.40.26.46.60. Infoline : 01.40.26.25.25. www.sunset-sunside.com

7 oct. 2013

Tout est bon chez Juliette !


Qu’elle nous invite à partager son « festin »,  nous ouvre sa boîte à « Bijoux & Babioles » ou nous embarque dans la Fantaisie Héroïque de « Mutatis mutandis », on a toujours eu pour Juliette les yeux de Chimène. Alors, quand elle lève le voile sur « Nour », on déchire l’enveloppe de ce nouvel opus avec la fébrilité d’un gamin le soir de Noël. Et, une fois de plus, la chanteuse est à la hauteur de notre attente. De la petite valse nostalgique d’« Au  petit Musée » qui présente ces collections qui ne valent pas un rond au tonitruant « Belle et Rebelle » en passant par les vaines tentatives de la  « Veuve Noire » pour se débarrasser d’un encombrant mari, les accents hard-rock de  « l’Eternel féminin » ou l’émouvante « Petite robe noire » qui dénonce en filigrane les violences conjugales, Juliette nous bouscule et nous transporte dans son univers fantasque, féroce et tendre. On s’amuse aussi lorsqu’elle tord le cou aux comptines enfantines avec «  La légende » (écrite par Jacques Faizant) ou revisite le chant marin dans « Jean-Marie de Kervadec » sur un texte signé François Morel. Insolente, elle s’autorise même un exercice assez scabreux en vantant les délices des « Doigts dans le nez ». « Cela faisait longtemps que j’avais envie de donner à un album mon nom de famille. Parce que je ne suis « connue » que par un prénom » confie-t-elle. Nour qui signifie Lumière de la religion est la première partie de Noureddine, un nom hérité d’un grand-père kabyle. Il est aussi et surtout, le titre phare de l’album. Une chanson qui irradie l’humanité et la tolérance pour ceux qui, lorsque la petite flamme devient vacillante, demandent le droit d’éteindre eux-mêmes la lumière…
Annie Grandjanin

« Nour » (Polydor/Universal)



P.O.P.B. : fermeture pour travaux

C'est officiel, le Palais Omnisports de Paris Bercy va fermer plusieurs mois pour se refaire une beauté... et revenir en 2015 sous le nom de Bercy Arena ! Au programme de ce "lifting", nécessaire après trente années d'activités: une deuxième entrée, un hall plus vaste, une jauge qui passera de 17 000 places à plus de 20 000 places, un parvis en pente douce remplaçant les marches (difficilement accessibles pour les spectateurs handicapés), la création de balcons suspendus et de salons de prestige.... Premier coup de bistouri, pardon de pioche, en février 2014 ! Le montant de cette rénovation est estimé à environ 100 millions d'Euros et la fermeture devrait durer 18 mois, avec une interruption d'octobre à décembre 2014. Cette mise aux normes internationales permettra à Bercy Arena de rivaliser avec Londres ou Berlin.

Infos et réservations: 08.92.39.04.90. www.bercy.fr