29 oct. 2015

"U2 Revolution", par Mat Snow

Sortie officielle aujourd'hui de cet ouvrage consacré au groupe formé il y a 40 ans par Paul Hewson dit Bono, Dave Evans ("The Edge"), Adam Clayton et Larry Mullen. Le journaliste musical anglais Mat Snow (qui fut notamment rédacteur en chef du Mojo Magazine) retrace ici les grandes étapes de la carrière de U2 depuis l'époque où la formation s'appelait encore Feedback  jusqu'au tollé provoqué par l'opération de marketing accompagnant le lancement du dernier album "Songs of Innocence". Accompagnée de plus de 200 photographies et de deux pages dépliables avec la biographie de chacun des membres, le livre décrypte le phénomène U2, ses engagements humanitaires, sa première vraie scène lors d'un concours pour jeunes talents organisé par une marque de bière et la filière irlandaise de la compagnie de disques américaine CBS, la reconnaissance planétaire avec l'album "War", le concert Live Aid à Wempley en juillet 1985, où Bono vole la vedette en se jetant dans le public....et devant 2 milliards de téléspectateurs ! Passionnante et riche d'illustrations, cette biographie sort à point nommé, quelques jours avant les concerts parisiens du quatuor irlandais, les 10, 11, 14 et 15 novembre, dans la salle rénovée de Bercy, rebaptisée AccorHôtels Arena.

Les Éditions de l'Homme, 240 pages, 29,90 €

Abd Al Malik et Laurent Garnier à la Fnac Bercy Village

Après "Château Rouge"qui mixait musique africaine et électro-rock, Abd Al Malik revient avec "Scarifications" (dans les bacs le 6 novembre prochain). Un cinquième album qui marque le début de sa collaboration avec le label Pias. A la croisée du rap et de l'électro, ce nouveau projet, réalisé et produit par Laurent Garnier contient notamment un titre en hommage au chanteur Daniel Darc.
Le rappeur et le DJ seront présents à la Fnac Bercy Village, le 10 novembre à 18 heures,  pour une rencontre suivie d'une séance de dédicaces. Entrée libre dans la limite des places disponibles.

Fnac Bercy Village, 
49/53, Cour Saint-Emilion, 75012 Paris

27 oct. 2015

"Presque Nous": un duo tendre et cocasse

(c) Pidz
"Quand on voit arriver sur scène un homme et une femme, on se dit: tiens, c'est un couple. Nous avons décidé de vous dire la vérité: nous ne sommes pas un couple, nous sommes un presque couple". Telle est la trame du spectacle de "Presque Nous". Elle, c'est Sophie Forte, connue pour ses chroniques sur France Inter dans "Rien à cirer" et ses one woman show. Lui, c'est Thibaud Defever, alias Presque Oui (voir article du 5 juin dernier sur ce blog).
Ensemble, ils ont imaginé ce duo qui s'interroge et s'interpelle sur les petits et grands mystères du sentiment amoureux. Cet instant fugace où tout bascule... ou pas !
Entre fantasmes et évidences, déclarations et pudique retenue, le tandem nous balade à la lisière de cette presque histoire d'amour.
Entre deux chansons et dialogues savoureux, ils vont même jusqu'à convoquer Lacan pour mettre fin à leur dilemme:  "aimer, c'est donner quelque chose qu'on n'a pas à quelqu'un qui n'en veut pas". Pour autant, ils ne se décident pas à trancher puisque, après l'énigmatique "On saura pas" ils reviennent avec la chanson "Aimons-nous (même vacillants". Alors, amour ou tendre complicité ? Ce qui est sûr, c'est que "Presque Nous" va donner naissance à un album attendu en février prochain...

Les 4 et 18 novembre, 2 et 16 décembre 2015 et les 13 et 27 janvier 2016, à 19h45, au Théâtre Essaion, 6, rue Pierre au Lard, 75004 Paris. Tél.:01.42.78.46.42.
 www.essaion-theatre.com

Le Goujon Folichon : fantasque et licencieux

(c) Franck Faipot
Sur scène le décor est dépouillé: un tabouret pour l'accordéoniste Gérald Elliott et une petite table, genre coiffeuse, où trône notamment le portrait de Mémère Jeanine. Une maîtresse femme dont on apprend qu'elle dirigeait autrefois "Le Goujon Folichon".
Si le nom évoque une auberge des bords de Seine où les promeneurs du dimanche venaient taquiner le poisson... Julien Fanthou a vite fait de nous affranchir !
En quelques battements de cils et poses suggestives, ce chanteur baryton nous invite à suivre les personnages truculents et fantasques de ce "cabaret pour maison-close" mis en scène par Caroline Loeb.
Au hasard des refrains on croise "Le grand frisé", "La môme caoutchouc", "La vipère"... on découvre des perles comme "La purée", une des toutes premières chansons écrites par Serge Gainsbourg ou "On dit qu'il en est" de Fernandel. Au passage, ce charismatique maître de cérémonie puise dans le répertoire de Juliette pour des versions particulièrement réussies de "Remontrances" et de "Sur l'oreiller" , tout en nous régalant d'une facétieuse relecture du fameux "Tango stupéfiant" créé par Marie Dubas.
La gestuelle appuyée, la voix vibrante et l'oeillade assassine, Julien Fanthou qui a vite troqué ses chaussures bicolores et son pantalon de smoking contre une paire d'escarpins et des bas à jarretelles, ressuscite sur la scène du Théâtre du Marais, l'atmosphère licencieuse des cabarets expressionnistes allemands. Un excellent spectacle qui s'adresse à un public "averti"

Les dimanches 1er, 8, 22 et 29 novembre, à 19 heures, au Théâtre du Marais, 37, rue Volta, 75003 Paris. Loc. au 01.71.73.97.83. www.theatredumarais.fr

26 oct. 2015

Jean-Marie Périer: retour sur images

DR
Plus habitué à mettre les autres en lumière, Jean-Marie Périer se livre ici à un exercice inhabituel: affronter les feux de la rampe pour commenter, sur scène, les nombreux clichés pris au cours de sa carrière. Avec ce spectacle baptisé "Flashback", il revient donc sur ses débuts. A l'époque où Daniel Filipacchi lui colle un appareil entre les mains et lui demande d'aller photographier quelques artistes qui doivent atterrir sur le tarmac de Cannes. Il a tout juste 16 ans et reviendra avec des photos de Ray Charles, Ella Fitzgerald, Miles Davis... ou encore Dizzy Gillespie jouant de la trompette les pieds dans l'eau !
Plus tard, Filipacchi lui propose de le rejoindre à la rédaction de "Salut les Copains".  Jean-Marie en deviendra le photographe fétiche avec un seul mot d'ordre du patron : "faire des photos qui déplaisent aux parents" ! Toutes les idoles des années yé-yé défileront devant son objectif: Johnny Hallyday, Sylvie Vartan, Frank Alamo, Sheila, les Surfs, Dani, France Gall, Françoise Hardy (avec qui il vivra une histoire damour qu'il évoque avec tendresse), Michel Sardou, Jacques Dutronc, Richard Anthony, Eddy Mitchell, Michel Polnareff, Véronique Sanson... mais aussi Jimmy Hendrix, Petula Clark, Stevie Wonder, Vince Taylor, Bob Dylan, les Rolling Stones, Marianne Faithfull...et des comédiens tels que Steve McQueen ou Alain Delon (l'une de ses photos est d'ailleurs utilisée aujourd'hui pour la publicité d'un grand parfum).
Pour la plupart des clichés projetés sur un écran derrière lui et accompagnées de musiques de ces années là, Périer a une anecdote, un souvenir de tournée. Il évoque ainsi l'accident de voiture avec Hallyday qui a bien failli leur coûter la vie, sa rencontre avec Claude François lui demandant de trouver un nom et un logo pour la maison de disques qu'il souhaite créer, Chuck Berry recrutant ses musiciens dans la rue et n'acceptant de chanter que lorsqu'il avait son cachet en cash dans la poche, les Beatles sollicitant une rencontre avec Brigitte Bardot ou encore James Brown capable de faire chaque jour 2000 km en avion pour aller se faire raidir les cheveux avec de la graisse d'oie ! Difficile de parler de one man show car avec "Flasback" Jean-Marie ne prétend pas faire l'acteur. Il laisse cela à son "père" François Périer à qui il rend un bel hommage à la fin. Le prétexte est surtout de raconter le parcours inespéré d'un ado de 16 ans, pas très bien dans ses basketts (lorsqu'il découvre le secret de sa naissance) et qui, avec l'applomb de sa jeunesse, a cotoyé et immortalisé sur papier glacé un nombre incroyable d'artistes français et anglo-saxons. Un clin d'oeil aussi à Etienne Daho qui lui avait conseillé de ne pas laisser ses photos dans des boîtes...

Les lundis 26 octobre et 2 novembre, à 20 h 30, au Théâtre de la Michodière, 4 bis, rue de la Michodière, 75002 Paris. Tél. 01.47.42.95.22. www.michodiere.com

23 oct. 2015

Les joyeuses tribulations de Julie Victor

"Julie Victor fait ce qu'elle veut" annonce l'affiche. Et elle ne s'en prive pas ! Au point de se laisser aller parfois à quelques blagues un peu douteuses. Mais incontestablement, Julie sait tout faire: chanter, danser, pasticher quelques artistes, jouer la comédie... Avec ce one woman show musical, elle raconte l'histoire (la sienne ?) d'une jeune femme qui débarque de sa Normandie natale pour conquérir Paris et gagner ses galons de chanteuse.
L'occasion de croquer en quelques traits bien sentis les portraits d'un professeur de chant tyrannique, d'une volubile copine québécoise, d'une autre qui ne finit jamais ses phrases... Et de nous faire partager par le menu les délirantes tribulations de ses emplois "alimentaires" de serveuse-chanteuse ou de "voix" pour les publicités.
Tour à tour rockeuse, vocaliste de jazz allemand ou d'opéra, chanteuse à texte... elle joue sur tous les registres avec de solides qualités vocales. On s'amuse avec elle lorsqu'elle nous offre un medlay de tubes populaires traduits en anglais... et inversement. Entre deux sketches,  elle aspire à la paille l'eau d'un vase ou d'un aquarium "parce que c'est bio !". Energique et fantasque, sexy en diable, elle prend un malin plaisir à interpeller le public tout en s'interrogeant sur l'utilité des doubles appellations comme tourneur-fraiseur ou charcutier-traiteur... Du coup, même si la demoiselle est dotée d'un sacré sens de l'humour et de la scène, on avoue une nette préférence pour ses talents de chanteuse. Surtout lorsqu'elle nous régale d'une bien jolie version de "La tendresse" de Bourvil.

Jusqu'au 13 décembre 2015, le sam. à 15 h et 20 h 30 et le dim. à 17 h, au Théâtre Les Etoiles, 61, rue du Château d'Eau, 75010 Paris.  Loc. points de vente habituels.

21 oct. 2015

Le charme flamboyant de Judith Owen

(c) Alessia Laudoni
Ceux qui ont eu la bonne idée de répondre à son rendez-vous parisien en novembre dernier, dans le cadre intime du Zèbre de Belleville, sont littéralement tombés sous le charme! Un charme aussi flamboyant que la chevelure de cette chanteuse et pianiste galloise. Etrangement, son nom n'est pas encore familier chez nous, alors que Judith Owen a déjà sorti une dizaine d'albums.
"Ebb & Flow",  arrivé dans les bacs français en mars dernier nous replonge avec une vivifiante nostalgie dans la Californie des années 70. Certains n'hésitent pas à la comparer à Carole King... et c'est loin d'être exagéré !
Pour ce nouveau concert, elle sera accompagnée de deux légendes vivantes de la musique américaine: le bassiste Leland Sklar (Toto, Véronique Sanson, Bill Cobham...) et le batteur Russell Kunkel (James Taylor, Carole King, Crosby, Stills & Nash, Joni Mitchell...).
Installée au piano, posant son timbre puissant et mélodieux sur des morceaux aussi imparables que "You're Not Here Anymore" ou "Train out of Hollywood", elle revisite également le fameux "In The Summertime" de Mungo Jerry. Et que dire de sa version de "Hey Mister, That's Me Up On The Jukebox" qui éclipse presque celle de James Taylor !
Bref, s'il y a un concert à ne pas rater ce mois-ci c'est bien celui de Judith Owen. D'autant qu'elle devrait offrir au public parisien la primeur de quelques chansons de son nouvel opus à paraître en mars prochain.

Le 28 octobre, à 20 h 30, au Zèbre de Belleville, 63, boulevard de Belleville, 75011 Paris. Loc. 01.43.55.55.55 et points de vente habituels. www.lezebre.com

16 oct. 2015

Des news, des news...

- "La Marseillaise de Serge Gainsbourg, anatomie d'un scandale", par Laurent Balandras. On garde tous en tête l'image de Gainsbourg, le poing levé, entonnant a cappella sa version reggae de l'hymne national.A partir de documents (articles de presse, lettres d'insultes ou de soutien...) retrouvés au domicile du chanteur (rue de Verneuil), Laurent Balandras décortique les réactions provoquées par ce titre, extrait de "Aux armes et caetera", Un album, enregistré  à Kinston, qui fut l'un des premiers gros succès discographiques de Gainsbourg et lui a permis de toucher un public plus jeune qui lui restera fidèle.
Rappelons pour la petite histoire que l'artiste s'était également porté acquéreur du manuscrit original de Rouget de l'Isle, ce qui a attisé les critiques virulentes de ses détracteurs.

Editions Textuel, 160 pages. Disponible depuis le 14 octobre dernier.


- Grand Corps Malade. Quelques jours après la sortie, chez Believe Recordings, de l'album  "Il nous restera ça" (le 23 octobre) Grand Corps Malade sera présent à la Fnac des Ternes, le 31 octobre, à 16 heures pour une rencontre et une séance de dédicaces. Un projet original pour lequel le slameur a demandé à une dizaine d'artistes parmi lesquels Charles Aznavour, Jeanne Cherhal, Richard Bohringer, Hubert-Félix Thiéfaine, Renaud, Fred Pellerin... d'écrire un texte inédit comportant la phrase "Il nous restera ça".
Entrée libre dans la limite des places disponibles.

Forum des rencontres,
26/30, avenue des Ternes, 75017 Paris

15 oct. 2015

Grands Prix Sacem 2015: Les lauréats

Chaque année, la Sacem honore ses auteurs, compositeurs, éditeurs, humoristes... au cours d'une cérémonie (sur invitation) qui se déroulera, pour cette 7ème édition hors les murs, sur la scène des Folies Bergère, le 30 novembre prochain.
Les lauréats sont...
Prix spécial de la Sacem: Véronique Sanson
Grand Prix de la chanson française (créateur-interprète); Alain Chamfort
Grand Prix de la chanson française (créateur): Alice Dona
Grand Prix du jazz: Biréli Lagrène
Grand Prix de l'auteur-réalisateur de l'audiovisuel: François Goetghebeur
Grand Prix des musiques du monde: Magic System
Grand Prix du répertoire Sacem à l'export: Alexandre Desplat
Grand Prix de l'humour: Le Quatuor
Prix Francis Lemarque: Vianney
Grand Prix de la musique pour l'image: Pierre Adenot
Grand Prix de l'édition musicale: Caroline Molko - Warner Chappell Music France
Grad Prix de la musique électronique (carrière): Richard Dubugnon
Grand Prix de la musique symphonique: (jeune compositeur): Camille Pépin
Grand Prix des musiques électroniques: Bob Sinclar
Prix Rolf Marbot de la chanson de l'année: Christine - Christine and The Queens


Véronique Sanson: rayonnante !

(c) Christian Meilhan

Il y a des instants de grâce dans cette drôle de vie, des moments où l'on se souvient du fameux "T'es pas cap !" de notre enfance. Ce défi lancé avec insolence et que l'on se promettait de relever, un peu fébrile quand même. Cette même fébrilité que l'on ressent lorsque Véronique Sanson attaque son spectacle avec "Vancouver" a cappella. Le timbre semble encore un peu fragile. Le trac sans doute... Pourtant après 11 concerts sold out à l'Olympia au printemps dernier, une dizaine de festivals et deux magnifiques soirées il y a quelques jours au Palais des Sports, la chanteuse a prouvé qu'elle était cap ! Cap de terrasser ses vieux démons et de reprendre la route comme un petit soldat. Arborant son éternel uniforme: veste à franges et pantalon en cuir, elle nous ramène dans ses "Années Américaines". Des années qui furent incroyablement fécondes avec des titres tels que "Le Maudit", "Monsieur Dupont", "Je suis la seule", "Tu sais que je t'aime bien", "Bernard's Song (il est de nulle part)", "On m'attend là-bas", "Étrange Comédie", "Alia Souza", "Bahia"... 
A ses côtés 2 choristes et 8 musiciens, parmi lesquels les fidèles : Basile Leroux à la guitare, Dominique Bertram à la basse, le trompettiste Steve Madaio...
Dès le morceau "Féminin", la chanteuse retrouve ce vibrato particulier, cette capacité de nous toucher avec des morceaux nostalgiques et de nous emporter, comme en apesanteur, dans des refrains plus joyeux. Et on lui pardonne évidemment de prendre quelques libertés avec le thème des années américaines, rien que pour le plaisir d'entendre "Besoin de personne" ou "Drôle de vie".
Rayonnante,  pratiquant un humour que l'on devine salvateur, Véronique Sanson raconte l'histoire de certaines chansons. Notamment celle qu'elle reprend avec son fils Christopher Stills (qui assure sa première partie) et qui parle du papa !
Puis l'émotion s'installe lorsqu'elle se pose au piano pour plaquer les premiers accords de "Ma révérence" avant d'atteindre des sommets avec "Je me suis tellement manquée".  L'interprétation est bouleversante de vérité, de pudeur aussi. Difficile d'ignorer la larme qui menace de perler à l'écoute de sa voix, à la fois puissante et vibrante, qui confesse: "Dommage qu'il faille qu'on triche avec tous nos chagrins. Je m'étais tellement trahie...".
 Durant plus de deux heures, "Véro" porte le spectacle de bout en bout, avec une énergie époustouflante, comme un boxeur qui reprend possession du ring. Et elle nous laisse tout simplement K.O !

En tournée: au Zénith de Montpellier (le 15/10), au Zénith de Pau (le 17/10), au Zénith de Dijon (le 4/11), au Zénith de Saint-Etienne (le 5/11), Salle 3000 à Lyon (le 6/11), au Théâtre de Beausobre (le 7/11), au Micropolis de Besançon (le 12/11), à l'Axone de Montbéliard (le 13/11),....au Zénith de Nancy (le 20/11), au Palais des Congrès de Strasbourg (le 21/11)... Forest National de Bruxelles (27/11)...

12 oct. 2015

Cyril Mokaiesh: un bel hommage aux poètes de la chanson

(c) Léonce Barbezieux
Ancien joueur de tennis (il a été champion de France Junior), ancien rockeur... Cyril Mokaiesh a trouvé sa "voix" dans la chanson française. Après deux albums solo intitulés "Du rouge et des passions" puis "L'amour qui s'invente" il a sorti en septembre dernier "Naufragés" dans lequel il revisite des titres de Philippe Léotard, Allain Leprest, Mano Solo, Bernard Dimey...
Un hommage puissant et bouleversant à ces artistes dont la carrière s'est achevée bien trop tôt. Sur scène, accompagné par le talentueux pianiste de jazz Giovanni Mirabassi, Cyril attaque son tour de chant par un texte approprié: "Ecoutez, vous n'm'écoutez pas" de Jacques Debronckart.
"Le défaut de ce projet, c'est qu'on vous parle de morts du début à la fin, alors que le but est de vous faire passer un bon moment", plaisante Cyril. Est-il utile de le rassurer en affirmant que (re)découvrir des chansons aussi belles que "Nu" d'Allain Leprest, "Les enfants rouges" de Mano Solo, "Bonne figure" de Stephan Reggiani, " Parler aux anges" de Pierre Vassiliu, "Des idiots comme moi" de Daniel Darc, "Chanson pour terminer" de Bernard Dimey...sans oublier "Plus rien ne va" de Vladimir Vyssotvski (dont les disques se vendaient sous le manteau !) est un moment rare.
Il offre aussi, en bonus, une jolie version de "La Rua Madureira" de Nino Ferrer, qui ne figure pas sur l'album.
Entre deux morceaux, il raconte des anecdotes, cite Cocteau pour qui la poésie éclairait la nuit. De nuit, il est ici beaucoup question. De mal de vivre aussi, d'errances, de destins fracassés...
Cyril Mokaiesh peut sembler un peu jeune pour exprimer le vécu de ces artistes. Mais, c'est justement la fougue avec laquelle il ressuscite pour nous ces grands poètes de la chanson qui le rend si attachant...

Jusqu'au 17 octobre, à 21 heures, au Châtelet, salle Nijinski, 1, place du Châtelet, 75001 Paris.
Tél.: 01.40.28.28.40.  www.chatelet-theatre.com
Album "Naufragés" (Un Plan Simple)

11 oct. 2015

Percujam: quand la musique donne ....

"Artistes, autistes, une lettre d'écart, une note d'espoir" peut-on lire sur l'affiche du concert proposé par le groupe Percujam. Cette note d'espoir, ces seize jeunes adultes autistes et leurs éducateurs (du Centre Alternance) l'ont trouvée dans la musique !
On songe à ces paroles de Jean-Jacques Goldman: "quand la musique est bonne, quand la musique, donne... quand elle ne triche pas". Car au-delà de la démarche thérapeutique, ce projet est aussi l'occasion de développer et valoriser leurs talents artistiques. Ceux qui ont pu assister aux précédents concerts au Cabaret Sauvage ou au Casino de Paris peuvent témoigner de leur capacité à faire danser le public avec un répertoire qui mêle chansons, rock, musiques antillaises...
La troupe a déjà répété et joué avec Marc Lavoine, Sanseverino Calogero, Tryo, Sergent Garcia, Yvan Le Bolloc, Ben l'Oncle Soul... Invitée par la Fondation J.M. Bajen et le Futur Composé (avec le soutien du groupe RATP pour l'affichage), Percujam fêtera la sortie de son troisième album en compagnie des parrains de cette soirée exceptionnelle: Anne-Sophie Lapix et Raphaël Mizrahi. En première partie: "Astéréotypie".
Finalement, le rêve de Percujam rejoint celui de tout artiste: communiquer et partager...

Le 12 octobre, à 20 heures, au Théâtre des Variétés, 7 boulevard Montmartre, 75002 Paris. 
Tél.: 01.42.33.09.92 www.theatredesvarietes.fr

Rendez-vous

- The Misfits "Go Western Swing". Ces musiciens passionnés écument les salles et les cafés parisiens depuis quelques années déjà avec des standards de Bill Monroe, des complaintes d'Irving Berlin...
Cette fois, les Misfits ont choisi de revisiter les répertoires d'Asleep at The Wheel,le fameux groupe d'Austin, de Bob Wills, l'un fondateurs du style western swing et de Willie Nelson, l'une des voix les plus populaires du country-folk..
 Le Stetson et les bottes ne sont pas exigés avant d'embarquer !

Le 16 octobre, à 20h30, sur le bateau El Alamein, Quai François Mauriac, 75013 Paris. www.bateauelalamein.com


(c) Vincent Copyloff
- Do Montebello.   Avec son premier opus "Adamah", la chanteuse nous avait offert un intense plaidoyer humaniste, mettant harmonieusement l'accent sur la beauté de la nature... et l'urgence de veiller à sa survie (article du 4 mai 2014 sur ce blog). Elle retrouve sur scène les complices qui l'ont accompagnée dans ce beau projet: Patrick Favre (piano), Ricardo Feijao (baixolao), Christophe de Oliveira (batterie), le guitariste Sergio Farias venu spécialement du Brési. Seul absent, le percussionniste Julio Gonçalves (en tournée aux Etats-Unis) remplacé par Xavier Desandre Navarre. Un concert qui préfigure symboliquement la COP21 (Conférence des Nations Unies sur les Changements Climatiques).

Le 10 novembre, à 21 heures, au Studio de l'Ermitage,
8 rue de l'Ermitage, 75020 Paris. Tél.: 01.44.62.02.86.
www.studio-ermitage.com


8 oct. 2015

"Ma vie, mes chansons, mes films...", par Charles Aznavour et Vincent Perrot

 On connaît bien le chanteur qui, il y a quelques jours encore, se produisait sur la scène du Palais des Sports pour six concerts exceptionnels. Peut-être moins le comédien qui a débuté comme figurant dans "La guerre des gosses" ou encore "Les disparus de Saint-Agil" de Christian Jaque avant de s'illustrer avec des réalisateurs comme Jean-Pierre Mocky, François Truffaut, Claude Chabrol, Denys de La Patellière, Sergio Gobbi, Volker Schlöndorff, Michael Winner...
Inspirée du documentaire que lui a consacré le journaliste et animateur Vincent Perrot ("Aznavour, viens voir le comédien"), cette biographie intitulée "Ma vie, mes chansons, mes films...",  se présente principalement sous la forme d'une interview, accompagnée de photographies, d'affiches de films, de pochettes de disques, de propos de réalisateurs et de textes de Philippe Durant pour la partie historique des films.
Avec Jean Cocteau et Yul Brynner
durant le tournage du "Testament d'Orphée
coll. Ch. Aznavour/DR
Charles Aznavour évoque ses amitiés avec Edith Piaf, Jean Cocteau, Lino Ventura, Michel Serrault, Peter Sellers, James Coburn... Il revient également sur ses débuts de chanteur. Des débuts difficiles face aux critiques de journalistes qui ne lui prédisaient pas une grande carrière dans la chanson...Une grande partie de ce livre est également consacrée à sa carrière d'acteur, ses tournages en Italie et aux Etats-Unis et sa passion pour le 7ème Art. Une passion qui remonte à l'enfance, à l'époque où, avec sa sœur Aïda, il faisait l'école buissonnière pour aller au cinéma avec l'argent de la cantine !
Avec Lino Ventura sur un plateau de
télévision. Coll. Ch. Aznavour DR
Au hasard des questions de Perrot, on apprend ainsi qu'Aznavour a vécu durant huit ans chez Edith Piaf dans une chambre, exacte réplique de celle de Marie-Antoinette, délaissée par la Môme qui la jugeait trop sophistiquée. Qu'il a décliné l'offre de Jean-Luc Godard de jouer dans "A bout de souffle". Un rôle qui reviendra à Jean-Paul Belmondo. Ou encore qu'il a poursuivi une sorte de tradition familiale en incarnant un fakir dans "La métamorphose des cloportes" puisque le cousin de sa mère n'était autre que le fakir Tarabet, très populaire en son temps.
Dans le rôle du facteur Thibon
dans "Le facteur s'en va-t-en guerre
coll. Ch. Aznavour/DR
Au passage,celui qui croule sous les distinctions (Victoire de la Musique, Légion d'Honneur, César...) confie que sa grande fierté serait de recevoir le Mérite Agricole pour sa production d'huile d'olive !
Un ouvrage passionnant, rempli d'anecdotes, dans lequel l'artiste se livre avec humour. Et se termine par une reproduction de la partition de la chanson "Hier encore"...

"Ma vie, mes chansons, mes films..." (Editions de La Martinière), 240 pages, 32 €. Sortie aujourd'hui, le 8 octobre 2015.

7 oct. 2015

Tous les titres des Enfoirés dès aujourd'hui sur Deezer !

En marge des 30 ans des Restos du Cœur, l'association fondée par Coluche, Deezer annonce l'intégration de toute la discographie des Enfoirés dans son catalogue. Soit 25 albums et 5 best of !
Le service de streaming proposera également des contenus éditoriaux spécifiques, comme des playlists thématiques sur sa page artiste "Les Enfoirés": http://www.deezer.com/artist/5196
Deezer précise également sur son site que la totalité des revenus issus des écoutes sera reversée à l'Association des Restos du Cœur ; l'équivalent d'un repas toutes les 300 écoutes !
A noter que les prochains concerts des Enfoirés seront enregistrés du 20 au 25 janvier 2016 dans la salle rénovée de Bercy, rebaptisée Bercy Arena.
Pour aider l'association rendez-vous également www.restosducoeur.org

3 oct. 2015

Des news, des news...

Affiche créée par Eric Puech
- Festival Tribus Polar. Coup d'envoi aujourd'hui de la deuxième édition de cette manifestation qui met à l'honneur la littérature policière mais aussi la BD, la musique, le cinéma, les livres pour la jeunesse....Une quarantaine d'auteurs (Danielle Thiéry, Pascale Fonteneau, Dominique Forma, Jean-Jacques Reboux, Patrick Lorphelin, Nicolas Jaillet, Jacques-Edmond Machefert...) seront présents dans les Salons du Parc (derrière le casino) pour dédicacer leurs ouvrages.
Au programme également: des rencontres, des débats, des expositions, des concerts, la reconstitution de scènes de crime...Et la venue exceptionnelle de Gérald Forton, le petit-fils de Louis Forton (Bibi Fricotin), qui vit aujourd'hui aux Etats-Unis et fera une escale sur le festival.
Située à quelques encablures de La Rochelle, la jolie presqu'île de Fouras-les-Bains promet d'être animée ce week-end !

Les 3 et 4 octobre, de 10 h à 19 h
à Fouras-les-Bains (Charente Maritime). Entrée libre.



- Nancy Jazz Pulsations. L'affiche fait rêver: Ibrahim Maalouf, Otis Taylor, Avishai Cohen Trio, Brad Meldhau, Maceo Parker, Marcus Miller, Eric Bibb & Jean-Jacques Milteau... mais aussi Yael Naim, Faada Freddy, Jean-Louis Murat, Jeanne Added, The Do, Cerrone, Izia, Sinsémilia, Superpoze, Pink Martini, Hugh Coltman, Feu! Chatterton, entre autres.
Vous l'aurez compris, le jazz ne sera pas le seul à pulser à Nancy, à partir du 7 octobre prochain ! En bonus: des apéros jazz, des expos, des conférences, un programme jeune public... sans oublier des concerts sauvages dans des lieux insolites.

Du 7 au 17 octobre. Infos et programme complet sur www.nancyjazzzpulsations.com/programme/
Réservation en ligne sur digitick.com

2 oct. 2015

Mariane Alzi : "J'ai appris le mot espoir en plusieurs langues !"


Son premier album éponyme sort aujourd'hui ! Mais le clip "Des roses", illustré par quelques grandes figures qui ont marqué le siècle dernier a déjà suscité l'intérêt sur la toile. Réalisées par l'américain Bob Coke (Ben Harper, Noir Désir, Moriarty...) les chansons dont Mariane a écrit textes et musiques parlent d'amour, de rêves brisés  mais aussi d'espoir. Le tout porté par une voix chaude et vibrante. Rencontre dans un jardin, au soleil, avec une jeune femme lumineuse, à quelques jours de son premier concert à la Boule Noire.
Votre disque est la première production d'un jeune label (Soleil Oblique Records). C'est une situation confortable ?
J'ai une grande liberté et je me sens vraiment accompagnée. L'atmosphère est familiale.Je viens du classique et les gens qui m'entourent parlent le même langage que moi. Ils connaissent bien la musique ! C'est très rassurant.
Vous enseignez toujours le piano ?
Depuis six ans. Sur scène, je le lâche un peu car je me suis aperçue que j'aimais bien être chanteuse et pas seulement instrumentiste. Mais je compose toujours sur mon clavier.
Il paraît que vous avez écrit votre première chanson à 7 ans ?
Même avant ! Je traçais des lignes et quand on me demandait ce que je faisais, je répondais que j'écrivais des choses... Pour la première fois de ma vie, cela fait six mois que je n'ai pas écrit une seule ligne.
On parle de chansons d'amour et de combat dans le texte biographique qui accompagne votre album.
Je suis tentée de dire que c'est un peu la même chose, non ? Notamment quand on a entre 20 et 30 ans ! Ce n'est pas forcément naturel d'être avec quelqu'un au quotidien.
Vous évoquez d'autres combats, notamment dans la chanson "Des bouts d'identités" qui prend une étrange résonance aujourd'hui ?
C'est vrai et c'est assez déprimant. J'ai écrit cette chanson en 2013 et je ne pensais pas qu'en parlant de "Bouts d'identités qui sont allés se noyer au loin, si loin" je collerais autant à l'actualité. Le texte m'a été inspiré par l'exposition d'une photographe palestinienne au Jeu de Paume. Elle avait fait un travail sur les orphelinats, les combattants oubliés.
En parlant d'identité, sans pour autant les renier, vous ne revendiquez pas vos origines corses ?
Je ne suis pas une chanteuse corse. D'autres artistes le font bien mieux que moi. Je me sens avant tout européenne. Un individu sur la planète...
Un individu qui a débuté dans le rap plutôt que dans les polyphonies traditionnelles ?
C'est vrai. J'ai commencé dans un collectif rap et j'ai passé des années dans ce milieu.  Aujourd'hui encore, mes potes dans le métier font du rap.
Pouvez-nous parler du clip "Des roses" ?
Je me suis beaucoup amusée à le faire. J'ai passé des nuits blanches dans la recherche d'images. J'ai étudié l'histoire de l'art et ce travail m'a passionnée. J'ai tout fait. C'est mon clip et j'en suis fière. J'ai appris le mot espoir en plusieurs langues ! Je souhaitais une représentation assez vaste des femmes et des hommes qui, à un certain moment, ont représenté un idéal...

Le 28 octobre, à 20 heures,
à La Boule Noire, 120, boulevard de Rochechouart, 75018 Paris
Tél.: 01.49.25.81.75. www.laboulenoire.fr