26 sept. 2013

Peter Gabriel: "And I'll Scratch Yours"


(c) Michele Turiani
On attendait depuis trois ans la suite de “Scratch My Back” ! Il faut bien avouer qu’avec un casting pareil : Lou Reed, Paul Simon, Randy Newman, David Byrne, Arcade Fire… boucler le planning des séances d’enregistrement a dû relever du tour de force ! Depuis lundi, « And I’ll Scratch Yours » est enfin dans les bacs. Pour ce disque, Peter Gabriel a rassemblé la vieille garde et quelques « jeunots » comme Feist. « Plutôt qu’enregistrer un album de reprises traditionnels, j’ai pensé qu’il serait plus original de créer un nouveau genre de projet dans lequel des artistes communiquent entre eux en échangeant des chansons : si j’en fais une pour toi, tu en fais une pour moi. D’où le titre « Scratch My Back – And I’ll Scratch Yours » explique le fondateur de Génésis. Après avoir revisité en 2010 les titres d’autres artistes, ce sont les chansons de Peter Gabriel qui sont ici illustrées, selon l’inspiration de leurs interprètes. Cela donne de beaux moments comme Paul Simon dans « Biko » (l’hommage de Peter au leader de l’anti-apartheid Steve Biko),  la subtile relecture de la canadienne Feist pour « Don’t Give Up »,  la touche résolument rock de Lou Reed dans  « Solsbury Hill » et surtout le superbe éclairage apporté par Joseph sur « Shock The Monkey ». De quoi nous réconcilier avec les albums de reprises qui ne servent pas toujours les auteurs...  

Album “And I’ll Scratch Yours” (Label Real World).
Peter Gabriel est également  en concert à Bercy, le 15 octobre prochain, à l’occasion de la réédition de son album « So ».

22 sept. 2013

Anthony Strong: un crooner so British

(c) Thibault Stipal
« Great singer, great pianist ! » dit de lui son compatriote Jamie Cullum. Pas étonnant qu’il l’ait pris sous son aile. Mais, depuis que le public a découvert Anthony Strong au festival de Marciac et en première partie de BB King au Grand Rex, le jeune crooner a pris son envol. Pour preuve, le succès de ses récents passages au Duc des Lombards et l’accueil réservé à  « Stepping Out », sorti en France en mars dernier. Un disque enregistré avec la crème des musiciens, tels que le bassiste Tom Farmer (du groupe Empirical), le batteur Sebastian De Krom (qui joue aussi avec Cullum), le trompettiste James Morrison ou encore Nigel Hitchcock, la légende du sax britannique.
Nourri de comédies musicales dont il jouait les thèmes sur le piano de ses grands-parents, de jazz et de pop, le chanteur nous livre ici un cocktail réjuissant de titres de Cole Porter (« Too Darn Hot »), d’Irving Berlin (« Stepping out With Me Baby », de Stevie Wonder (« Overjoyed »)… qu’il mêle de compositions personnelles. « J’aime bien essayer d’écrire de nouveaux standards qui sonnent vintage » confesse-t-il.  En le découvrant sur scène, on songe à Harry Connick Jr (qu’il a beaucoup écouté alors qu’il était lycéen), à Peter Cincotti, à Kurt Elling…Son swing ravageur, son élégance décontractée, sa simplicité et son humour si british sont incontestablement la marque d'un artiste qui s'inscrit dans la lignée des grands jazz singers...
Annie Grandjanin

Album “Stepping Out” (Naïve)

18 sept. 2013

Jacques Brel - "L'aventure commence à l'aurore", par Fred Hidalgo


A l’issue d’un concert à Laon, alors qu’il avait machinalement doublé un couplet des « Vieux » Jacques Brel décidait d’arrêter la scène parce qu’il ne supportait pas de tricher.  Après des adieux mémorables à l’Olympia entre le 6 octobre et le 1er novembre 1966, le chanteur larguait le show-biz pour mettre le cap sur Les Marquises.
C’est cette période moins connue de la vie de l’homme que Fred Hidalgo évoque dans l’ouvrage « Jacques Brel, l’aventure commence à l’aurore ». Un récit construit comme un reportage et débordant d’anecdotes. Au fil des pages, on croise Charley Marouani, l’ami de toujours, le copain toubib Paul-Robert Thomas, Mère Rose la directrice du Collège Sainte-Anne, sa compagne Maddly, le pilote Michel Gauthier, son instructeur…On surprend le grand Jacques en cuisine, à la barre de l’Askoy ou aux commandes de son bimoteur « Jojo » avec lequel il transportait médicaments et malades, en régisseur d’un spectacle de variétés organisé pour les habitants d’Hiva Oa… On découvre également les conditions de l'écriture et de l’enregistrement de son ultime album sans titre mais communément baptisé « Les Marquises ». Alors que chacun de ses retours parisiens était accompagné par une meute de paparazzis, on sourit lorsque l’auteur nous raconte qu’à son arrivée, le préposé du bureau de poste d’Atuona lui demandera une pièce d’identité avant de lui remettre son courrier en instance !  Un ouvrage incroyablement documenté puisque Fred Hidalgo est parti dans le sillage de Brel à la rencontre de ceux qui ont partagé ses dernières années. Devenu célèbre en chantant Quand on n’a que l’amour » l’homme s'est finalement réalisé dans l'altruisme et la tendresse...


Paru le 4 septembre aux Editions de l’Archipel. 384 pages. 21 €

Des D3E contre une place de concert

Non, il ne s’agit pas d’une formule cabalistique ou d’un nouveau code pour geek accompli ! Derrière ces trois lettres se cachent ou plutôt ne devraient plus se cacher les Déchets d’Equipements Electriques et Electroniques. Le principe ? Au lieu de conserver dans vos tiroirs ou votre cave de vieux fers à lisser, des téléphones ou baladeurs passés de mode, un robot ménager acheté sur un coup de tête mais qui dépasse largement vos ambitions culinaires…vous pouvez l’échanger, le 19 octobre prochain à la Cigale, contre une place pour assister à la « Recycling Party » présentée par Thomas VDB, avec l’humoriste Artus et le groupe Puggy. Bien sûr, si vous songez à vous débarrasser enfin de votre  frigo, de votre téléviseur… l’entreprise est plus compliquée, on vous conseille alors d’en faire don à une association, de le rapporter en magasin ou encore de le déposer à la déchèterie proche de votre domicile.
Au final, un appareil électrique, même hors d’usage, contre une place de concert, c’est assurément une manière utile de sensibiliser les jeunes au recyclage…et au spectacle vivant ! Alors, on court à la Cigale et on n’oublie pas son grille-pain ou son fer à repasser…
Annie Grandjanin

Le 19 octobre, à partir de 19 h 30, à la Cigale, 120, bd Rochechouart 75018 Paris. Tél. : 01.49.25.89.99. http://www.lacigale.fr

16 sept. 2013

Jazz pour tous


Cela fait quelques années déjà que le jazz s’est « démocratisé » en investissant des scènes plus populaires. Pourtant, le grand public éprouve encore une certaine frilosité à franchir les portes des clubs. Un constat qui a conduit  l’Association Paris Jazz Club à s’ouvrir au plus grand nombre en créant en octobre 2010 le festival « Jazz sur Seine » (clin d’œil au fameux album du saxophoniste Barney Wilen). Pour cette nouvelle édition qui se tiendra du 12 au 24 octobre 2013, pas moins de 450 musiciens donneront 115 concerts dans 18 clubs à Paris et en Ile de France (Sunset-Sunside, Baiser Salé, Duc des Lombards, Caveau de la Huchette, Petit Journal Saint-Michel et Montparnasse, le Triton aux Lilas, la Dynamo de Banlieues Bleues à Pantin, l’Espace Daniel Sorano de Vincennes…). Outre les concerts, des showcases de 45 minutes donneront un coup de projecteur sur des artistes émergents tandis que des ateliers de sensibilisation (histoire du jazz, écoute musicale, pratique du chant ou de percussions) permettront de toucher les jeunes de quartiers prioritaires. Quant à l’affiche, elle joue à fond la carte de l’éclectisme et de la richesse du jazz francilien
: Daniel Humair, Mario Canonge & Michel Zenino, Marc Laferrière, Etienne M’Bappé, Eric Barret & Alain Jean-Marie, Jean-Loup Longnon…
Et les tarifs sont au diapason de cette belle initiative : pass 3 concerts à 40 € et pass découverte à 10€.
Annie Grandjanin

Infos et programme détaillé sur www.jazzsurseine.fr


13 sept. 2013

Et si on parlait d'Amou...

Niché au cœur de la Chalosse (Landes), le joli village d’Amou accueille depuis l’an dernier un festival baptisé « Chansons & mots d’Amou ». L’évènement qui s’est tenu les 9 et 10 août derniers a indiscutablement tenu les promesses de la première édition en rassemblant 2000 amoureux de la chanson et de la poésie. Un pari ambitieux et exigeant puisque les festivités ont débuté par une conférence passionnante de Stéphane Hirschi évoquant l’anticonformisme consensuel de Brassens ! Quelques heures plus tard, c’est la comédienne et chanteuse Céline Caussimon (accompagnée par son complice l’accordéoniste Thierry Bretonnet)  qui a donné le coup d’envoi des concerts avec un récital dans lequel elle évoquait, avec tendresse et un humour corrosif, l’amour bio, ses amis sur facebook,  les affres de la ménagère de moins de 50 ans… Avant de céder la scène à « La Fontaine & Brassens », un spectacle créé au Studio Raspail (voir papier du 2 juillet) qui prend ici une nouvelle dimension dans le cadre ludique des arènes d’Amou. Le samedi, Maurice Baud et sa violoncelliste Marie-Claude Douvrain ont fait frissonner et rire petits et grands avec le conte « Un roman de Renart », adapté par Bruno Cosson. Tout à tour récitant, mime, chanteur… le comédien a offert une époustouflante prestation qui donnait envie de réviser ses classiques en se replongeant dans la lecture des aventures de Tibert, Chantecler, Ysengrin, Hermelin…
Quant à la soirée de clôture, elle présentait, en première partie l’enfant du pays Daguerre (et sa violoniste Bertille), avant de résonner aux accents musette, chansons, jazz ou flamenco du tandem Yves Jamait et Daniel Fernandez. L’un s’invitant dans l’univers de l’autre pour de généreux et énergiques échanges musicaux. Un moment magique qui s’est prolongé jusqu’aux premières heures de la nuit.
Désormais, si vous passez dans cette belle région, il faudra écrire sur vos cartes postales : Amou,  son château, sa belle église Saint-Pierre des Luys, ses platanes centenaires… et son festival !
Annie Grandjanin




9 sept. 2013

Jean-Paul Farré en campagne

On connaît l’acteur de théâtre et de télévision, l’auteur, le pianiste, le créateur de spectacles musicaux comme « Les douze pianos d’Hercule » (Molière en 2010)…Cette fois, Jean-Paul Farré brigue une nouvelle casquette : celle de président de la chanson poélitique !

(c) Didier Pallagès
Pour présenter son programme intitulé « Ferré, Ferrat, Farré » il donc a imaginé une campagne qui conjuguerait politique et poésie. Et logiquement puisé dans le répertoire de Léo Ferré et Jean Ferrat pour incarner l’esprit de ce drôle de meeting musical, habilement mis en scène et éclairé par Ghislaine Lenoir. Accompagné sur scène par deux solides acolytes, Florence Hennequin au violoncelle et Benoît Urbain au piano et à l’accordéon, Farré revisite ainsi « Les anarchistes », « Monsieur tout blanc », « C’est extra », « Madame la misère », « Nuit et brouillard », «On ne voit pas passer le temps »… Le tout entrecoupé de compositions personnelles comme « Les comiques se recyclent », « L’heure d’été » ou encore « Un train pas comme les autres ». L’histoire loufoque d’un président de la république égaré sur le ballast en pyjama de soie. Bien sûr, le fil conducteur s’emmêle parfois en empruntant des détours fantaisistes mais c’est aussi la force de ce tribun facétieux qui refuse de se prendre au sérieux. Avec un phrasé à rendre envieux certains hommes politiques, Jean-Paul Farré distille ainsi  un peu plus d’une heure de poésie, de tendresse, de gravité, de révolte,  avant de terminer sur  « L'âge d’or » de Léo Ferré. Farré président ? On vote pour...
Annie Grandjanin

Jusqu’au 13 octobre, du mer. au sam à 20 h 30, mat. dim. à 15 h, au Vingtième Théâtre, 7, rue des Plâtrières, 75020 Paris. Tél. : 01.43.66.01.34.

8 sept. 2013

Edith Piaf, Théo Sarapo, Christie Laume


A quelques jours du cinquantième anniversaire de la disparition de la Môme ((le 10 octobre 1963) ce coffret rassemble en 3 CD les répertoires de l’inoubliable interprète de « l’Hymne à l’amour »,  de son compagnon Théo Sarapo et de Christie Laume, la sœur de Théo. Au total, pas moins de 64 titres dont 20 grands standards d’Edith (Mon Dieu, Non, je ne regrette rien, La Foule, l’Accordéoniste, Milord, La vie en rose, l'Homme à la moto…), l’intégralité du récital donné à Bobino en 1963, comportant notamment le célèbre duo avec Théo Sarapo sur le titre « A quoi ça sert l’amour », des chansons de Théo Sarapo (Qu’est-ce que j’attends, La vie continue, A tort ou à raison…) et de Christie Laume (Quant on s’est dit tu, Une fille libre…). Un coffret qui réunit pour la première fois des artistes qui ont partagé les dernières années de Piaf.


Sorti le 2 septembre (Parlophone/Warner)