20 nov. 2017

"Carnet de notes": récréatif !

Plébiscité cet été au Festival d'Avignon, ce spectacle musical, habilement mis en scène par Mariline Gourdon Devaud et Isabelle Turschwell s'installe à Paris.
Après avoir évoqué le couple ("De la bouche à l'oreille") et la famille ("Album de famille", la Compagnie du Sans Souci invite le public à se replonger ici dans ses souvenirs d'école avec ce "Carnet de notes" qui mérite largement un tableau d'honneur !
De la primaire au bac, du tableau noir au portable, ce sont des pans entiers de notre enfance, de notre adolescence et de celles des gamins d'aujourd'hui qui défilent sur la scène du Lucernaire.
Pas de cours magistral ni de grandes tirades mais des saynètes drôles, tendres et émouvantes sur l'éducation, la transmission, l'évolution des rapports entre les élèves et les enseignants.
Le tout accompagné de chansons qui mêlent également passé et présent, comme "Rosa" de Brel, "L'interrogation écrite" de Gilbert Lafaille", "A la récré" d'Anne Sylvestre, "Le blues de l'instituteur" de Grand Corps Malade, "La cantine" de Pascal Parisot ou  "La maîtresse d'école" de Thomas Pitiot.
Difficile de résister au charme pétillant de ces énergiques (et bien talentueux) garnements (4 filles et 3 garçons) qui nous transportent allègrement des bancs de l'école, à la cour de récré, en passant par la cantine, le traditionnel spectacle de fin d'année ou un hilarant cours d'éducation sexuelle.
Un "Carnet de notes" à applaudir... sans retenue !

Jusqu'au 21 janvier 2018, du mardi au samedi à 19 h, le dimanche à 16 h, au Lucernaire, 53, rue Notre-Dame-des-Champs, 75006 Paris. Tél.: 01.45.44.57.34. http://www.lucernaire.fr/

19 nov. 2017

Académie Charles Cros: 70ème palmarès

Le 16 novembre dernier, à la Maison de la Radio, avait lieu la cérémonie annuelle de  remise des Grands Prix décernés par l'Académie Charles Cros. Une académie créée au lendemain de la guerre, qui affiche l'âge respectable de 70 ans. Une soirée un peu longue certes, dont on retiendra quelques moments divertissants comme le message de Jane Birkin en compagnie de son facétieux bouledogue anglais qui lui a quelque peu volé la vedette !  Autres moments forts, la solaire présence d'Angélique Kidjo (honorée pour l'ensemble de sa carrière), Camille interprétant un poème de Charles Cros ("Aux femmes") ou François Morel affirmant en chanson "Y'a pas plus chic qu'une chanson populaire..."
Voici le palmarès 2017:
- Prix du Président de la République: Michaël Levinas, pour l'ensemble de son oeuvre
Dans la catégorie "In Honorem Interprètes":
- Musique contemporaine: Irvine Arditti, violoniste et fondateur de l'Arditti String Quartet
- Musique du Monde: Angélique Kidjo, à l'occasion de la publication en français de "La voix est le miroir de l'âme: mémoires d'une diva engagée" (Fayard)
- Jazz: Fred Hersch
- Chanson: Jane Birkin
Prix Filleul: la soprano Anaïs Constans
Dans la catégorie Grands Prix Internationaux du disque et du DVD:
- soliste instrumental: Jérôme Comte (clarinette) et Denis Pascal (piano) pour "Berg et Brahms"
- soliste lyrique: la soprano Gaëlle Arquez pour"Ardente flamme" 
- Opéra-Prix DVD: "Mozart: Mitridate" (enregistré au Théâtre des Champs-Elysées)
- musique contemporaine: "Oeuvres orchestrales", Marc Monnet
Angélique Kidjo
(c) David Desreumaux
- jazz: "Princess" par Suzanne Abbuehl, Stephan Oliva, Øyvind Hegg-Lunde
- blues:  "Memphis...Yes, I'm Ready", Dee Dee Bridgewater
- disques pour enfants: "Icibalao", Presque Oui
- chanson: "Ouï", Camille, "La vie (titre provisoire)", François Morel et "Crève-silence", Nicolas Jules.
- musiques du monde: "Danse mémoire, danse", A Filetta, Paolo Fresu, Daniele di Bonaventura
- parole enregistrée: "Les voyageurs de l'espace", Didier Petit, Claudia Solal et Philippe Foch
et "Born to run, Bruce Springsteen", Jacques Frantz
Dans la catégorie Grand Prix Charles Cros Scène (avec la Fédération des festivals de chanson francophone)
- grand prix scène: Loïc Lantoine
- prix révélation scène: Camille Hardouin

A l'occasion de la parution du coffret "Thelenious Monk, Les Liaisons Dangereuses 1960" (musique du film de Roger Vadim, auquel il avait participé, un hommage a été rendu à Alain Tercinet, disparu en juin dernier.


15 nov. 2017

La pop lyrique de Fraissinet


Dès son premier album "Courants d'air", sorti en 2008, Fraissinet a apporté un joli souffle dans la chanson francophone. Une chanson mâtinée d'influences pop-rock, à l'instar de son quatrième opus "Voyeurs", qu'il a présenté en octobre dernier sur la scène de l'Auguste Théâtre.
Dans une formule intimiste (avec la complicité de Germain Umdenstock à la guitare et au clavier) qui mettait en valeur les textes ciselés, les lyriques mélodies et la fougue communicative de cet auteur-compositeur.
Originaire de Morges, près de Lausanne, cela fait quelques années déjà qu'il a quitté les bords du lac Léman pour poser son piano en France.
Un instrument avec lequel il fait totalement corps pour accompagner des chansons qui parlent principalement du regard. Celui que l'on porte sur soi, sur l'autre ou sur le monde qui nous entoure. Une vision parfois obscurcie, même si l'artiste se garde bien de jouer les donneurs de leçon : "je ne me considère pas comme un chanteur engagé mais comme un chanteur impliqué... Je préfère poser des questions qu'apporter des réponses" confiait-il récemment dans une interview.
De ses études cinématographiques, il a conservé le don de raconter des histoires qu'il déroule comme des petits films. Que ce soit pour parler d'écologie  ("Les mutants"), des déracinés ("Notre ressemblance"), du temps qui passe ("Nos jeux d'enfants")... ou encore de "La mémoire de nos pères".
Et lorsqu'il propose sa version sobre et touchante de "Quand reviendras-tu ?" de Barbara, on se dit que Fraissinet a décidément bien du talent.

Le 28 novembre, à 20 heures, au Flow, 4 Port des Invalides, 75007 Paris.
Infos et réservations sur le site http://www.fraissinet.net/

14 nov. 2017

Laura Clauzel "Paria(h)"

Après son spectacle "Cabaret d'amour" dans lequel elle revisitait des titres peu connus de Piaf (voir le 10 novembre 2015 sur ce blog), on pressentait que Laura Clauzel, qui a fréquenté les cours de la Sorbonne (section histoire culturelle), de l'école Martha Graham à New York ou du Cours Florent, raccrocherait un jour son costume d'interprète pour exprimer ses propres émotions.
C'est maintenant chose faite avec ce premier EP en anglais, écrit et composé avec la complicité de sa petite soeur Fanny et d'Olivier Bostvironnois.
Dès les premières mesures on est littéralement happé par son timbre envoûtant, d'une rare intensité, qui s'insinue au plus près de notre conscience. Que ce soit pour nous interpeller sur le quotidien d'une fille de joie ("Female"), celui des migrants enfermés dans la jungle de Calais ("The Face of Shame") ou celui d'un "Golden Boy". Le dernier titre "You and Me" arrivant comme une respiration, un point d'orgue pour nous rappeler qu'il faut beaucoup aimer...
Accompagnée d'une efficace section de musiciens, dont le fameux contrebassiste américain Alex Blake, Laura aborde des univers musicaux qui vont du trip-hop au gospel en passant par des ambiances world, jazzy et soul. Un disque dense, vibrant, dont elle fêtera la sortie le 7 décembre prochain à La Chapelle des Lombards. On regrette juste qu'il ne comporte que quatre morceaux...

"Paria(h)" (Cantrix Production), sorti le 10 novembre dernier.
En showcase le 7 décembre, à 19h30, à La Chapelle des Lombards, 19, rue de Lappe, 75011 Paris. Tél.: 01.43.57.24.24. http://www.la-chapelle-des-lombards.com/

13 nov. 2017

Didier Gustin: un clin d'oeil inspiré au répertoire de Nougaro

Habitués à pratiquer une intense gymnastique avec leurs cordes vocales, bon nombre d'imitateurs auraient pu prétendre à  une très honorable carrière de chanteur.
A l'instar de Laurent Gerra, Patrick Adler, Michaël Gregorio, Véronic DiCaire... Et bien sûr Didier Gustin qui s'était quelque peu éloigné des scènes parisiennes.
Avec "Ah tu verras !", un spectacle écrit avec la complicité d'Hubert Drac (également metteur en scène) et Jacques Pessis, il revient en force (et avec talent) en empruntant la tessiture et la gestuelle d'une cinquantaine d'artistes. Autre bonne nouvelle, il a choisi de rendre hommage au répertoire de Claude Nougaro, trop peu revendiqué par les nouvelles générations.
Accompagné sur scène par deux solides musiciens: Hugo Dessauge (claviers) et Laurent Roubach (guitares), et des images diffusées sur écran, Didier Gustin, promu factotum d'une visite organisée dans la maison de l'auteur de "Dansez sur moi", où coule une fontaine miraculeuse, reçoit des personnalités du monde de la musique, du théâtre, du cinéma et de la télévision.
Au fil de ce pèlerinage aux sources de l'inspiration du troubadour toulousain, auxquelles chacun souhaite s'abreuver, on croise ainsi Johnny Hallyday, Eddy Mitchell, Julien Clerc, Renaud (plus en voix qu'à l'ordinaire !), Aznavour, Raphaël,Vincent Delerm, Maître Gim's, Joey Starr, Grand Corps Malade, Michel Polnareff, Francis Cabrel... mais aussi Michel Drucker, Stéphane Bern, Gérard Depardieu, Michel Galabru, Albert Dupontel ou encore Jean-Claude Van Damme.
Hormis quelques prénoms lâchés au hasard, nul besoin pour Didier Gustin d'identifier les visiteurs tant ses imitations sont excellentes. Notamment Serge Gainsbourg dans "Nougayork", Alain Bashung dans "Le cinéma", Bernard Lavilliers dans "Bidonville" ou Fabrice Luchini, inénarrable dans une relecture de la chanson "Le coq et la pendule".
Un spectacle drôle, tendre et inspiré, à voir... et à revoir.

Jusqu'au 11 janvier 2018, le mercredi à 21 h et le jeudi à 19 h, au Théâtre l'Archipel, 17, boulevard de Strasbourg, 75010 Paris. Tél.: 01.73.54.79.79. http://www.larchipel.net/

Rencontre avec Etienne Daho

Quatre ans après "Les chansons de l'innocence retrouvée", le chef de file de la pop française revient avec  "Blitz" (sortie officielle le 17 novembre prochain).
Un nouvel opus composé et enregistré à Londres dont la pochette rétro est signée par le célèbre photographe Pari Dukovic.
Douze titres, entre new wave et électro, portés par le succès du single "Les flocons de l'été", qu'Etienne Daho évoquera, lors d'une rencontre exceptionnelle, à la Fnac Ternes, le 18 novembre à 16 heures.
Entrée libre, dans la limite des places disponibles.

Forum des Rencontres, niveau 4
26-30, avenue des Ternes
75017 Paris.

12 nov. 2017

"Jésus - de Nazareth à Jérusalem": un spectacle en manque d'âme

Malgré un battage médiatique qui nous promettait une fresque musicale "inspirée des plus grands péplums hollywoodiens", il faut avouer que ce "Jésus" mis en scène par Christophe Barratier (également auteur du livret) et en musique par Pascal Obispo, manque singulièrement... d'inspiration.
Tout d'abord dans le choix du rôle-titre car Mike Massy (artiste populaire au Liban) semble figé dans un costume trop grand pour lui.
Heureusement, Solal (Ponce Pilate), Olivier Blackstone (Pierre) et Clément Verzi (Judas) sont nettement plus convaincants. Et puis il y a Anne Sila,  dans le personnage de Marie, assez bouleversante, notamment lorsqu'elle interprète "L'adieu".
Parasité par des noirs trop nombreux et des tableaux statiques, l'ensemble pèche également au niveau du rythme. Pourtant, lorsque la troupe entonne joyeusement  "La bonne nouvelle", on sent poindre un léger emballement qui retombe hélas trop vite.
A leur décharge, les chanteurs, danseurs et comédiens sont desservis par des dialogues souvent légers, une pâle scénographie et des décors jouant manifestement l'économie de moyens (comme la scène du bateau de pêcheurs qui frise le ridicule). Quant aux chansons, elles ne resteront sans doute pas dans les mémoires. Celle baptisée "Mon père", sonne étrangement comme "Mon frère" (des "Dix Commandements"), l'émotion en moins.
Cette évocation des trois dernières années de Jésus, présentée comme l'un des plus grands récits de l'humanité, aurait mérité un supplément d'âme...

Jusqu'au 10 décembre 2017, mardi, jeudi et vendredi à 20 h, le samedi à 15 h et 21 h et le dimanche à 15 h (relâche les 20, 21, 22 et 23 novembre), au Dôme de Paris-Palais des Sports, 34, bd Victor, 75015 Paris. Loc. points de vente habituels. Tarifs en semaine (mardi et jeudi) de 25 à 67 €, carré or à 79 € et le week-end (vendredi, samedi et dimanche) de 25 à 77 €, carré or à 89 e.
http://www.ledomedeparis.com/