20 févr. 2019

"Cabaret Décadent- Revue Electrique n° 69": forcément érotique...

(c) Francis Beddok
Se retrouver un soir de la Saint-Valentin au Cirque Électrique pour découvrir la nouvelle revue portant le numéro 69 était déjà un signe...
Il règne sous le petit chapiteau une ambiance de cabaret expressionniste avec son univers  sulfureux, ses personnages jouant à fond la carte de l'ambiguïté et cette manière décalée et  théâtrale de présenter des numéros de cirque. Le tout accompagné de musiciens et d'une chanteuse, en live, dont l'inspiration est plutôt rock'n'roll, voire hard rock.
Mais si cette approche des arts circassiens peut sembler déroutante, ce n'est jamais au détriment de la performance !
Présentés par un extravagant (et très volubile) Monsieur Loyal, les artistes qui portent ici bustiers, corsets, talons aiguilles et autres accessoires féminins, proposent des tableaux saisissants de virtuosité et d'originalité.
(c) Hervé Photograff
Comme cette demoiselle (Amélie Kourim) qui, lorsqu'elle ne voltige pas sur un trapèze, s'amuse à arpenter les cintres la tête en bas, cet l'équilibriste  à la roue Cyr ou cet autre qui déambule revêtu d'une robe de bonne soeur. On aime aussi cette jeune femme aux allures de gavroche, une casquette vissée sur la tête, qui arpente le mât chinois avec une facilité déconcertante.
Mais il faut bien l'avouer, notre coup de coeur revient à Quentin Dée, l'invité de la semaine. Imaginez un éphèbe, de plus d'un mètre 90 (avec talons !) tout en muscles, en grâce et couvert de tatouages (dont certains affichent sa passion pour Marilyn Manson) dans une étourdissante et très sensuelle exhibition de pole dance.
Et, comme si l'atmosphère n'était pas suffisamment incandescente, ce performer prouve qu'il sait aussi jouer avec le feu !

(c) Francis Beddok
Du mercredi au samedi à 21 heures, jusqu'au 30 mars 2019,  
au Cirque Electrique, Place du Maquis du Vercors, 75020 Paris. 
Prix: 20 € et 15 € (tarif réduit).http://www.cirque-electrique.com/
Possibilité de dîner autour de la piste. Réservation indispensable au 09.54.54.47.24 et sur mailto:reservation@cirque-electrique.com

19 févr. 2019

Mariane Alzi "Insula"

Il y a un peu plus de trois ans,  son premier album éponyme (voir interview du 20 octobre 2015 sur ce blog) l'inscrivait d'emblée comme une artiste dont la source d'inspiration puisait à la fois dans l'intime et l'universel.
Des chansons dont elle avait signé paroles et musiques et qui parlaient d'amour, d'espoir mais aussi de ses indignations.
Avec "Insula", enregistré entre Paris et Bruxelles, le timbre sensuel de Mariane Alzi vibre toujours pour déplorer les errements dévastateurs de notre société ("Olympie", "Les îles", " Au loin", "Des cendres d'utopie"...), prend des accents lancinants pour l'addictif "Naviguer". Mais il sait aussi se faire plus doux pour des ballades comme "La lune bleue" ou encore "Oyasuminasai" (en français et en corse) qui invite à garder le gouvernail sur les mers de corail...
Un cap que cette jeune auteur-compositeur originaire de l'Ile de Beauté a conservé tout en abordant des rivages plus lointains comme le Grand Nord, la Mésopotamie ou les collines de Miyajima  dans cet hymne éloquent à la liberté.
Et même si, en ouverture de ce nouvel opus, Mariane chante "Je ne viendrai pas" on prend le pari qu'elle ne ratera pas son rendez-vous avec le public, sur la scène du Café de la Danse...

album "Insula" (Soleil Oblique Records), disponible depuis le 18 janvier 2019)
En concert le 20 février 2019, à 20 heures, au Café de la Danse, 5, Passage Louis-Philippe, 75011 Paris. Loc. points de vente habituels. Prixx: 18 €. http://www.cafedeladanse.com/

18 févr. 2019

Joachim Horsley: un virtuose sans partitions

(D.R)
Avec son look de premier de la classe, on l'imagine mal empruntant des chemins buissonniers ! Pourtant, le parcours de Joachim Horsley n'a rien d'académique. Formé au piano dès l'âge de 5 ans, il n'intégrera jamais le conservatoire.
A l'adolescence, alors que les futurs concertistes préparent sagement les concours pour décrocher des premiers prix, Joachim s'entoure de professeurs tels que Chris Brubeck (le fils de Dave) et Samuel Adler qui lui permettront d'assouvir sa passion pour le jazz et l'improvisation.
Au fil des années, cet insatiable curieux ira également butiner du côté de la pop, du rock et des musiques latines.
Après des collaborations avec des artistes comme John Legend ou pour des longs métrages ("Ouija", "The Possession", "Rabbit Hole"...) et documentaires ("Great Migrations", diffusé sur la chaîne National Geographic), ce multi-instrumentiste (claviers, percussions, guitares...) vient d'enregistrer un premier album intitulé "Via Havana" (dont il a assuré la production, le mixage et l'essentiel des arrangements). 
Un projet audacieux et captivant, dans lequel il célèbre le mariage inattendu entre compositions classiques (Beethoven, Mozart, Shostakovitch, Mahler...) et musique cubaine. Avec des titres aussi exotiques que "Amadeus Guanguanco", "Vodou Moldau", "Scheherazade in Cape Verde", "Mahler's Resurrection Rumba"...
Et le succès est à la hauteur du défi puisque sa version du 2ème mouvement de la 7ème symphonie de Beethoven, à la sauce cubaine, a été vue par près de dix millions d'internautes.
Lors de son passage au Café de la Danse, le 24 janvier dernier, le public a réservé un accueil enthousiaste à ce virtuose qui joue évidemment sans partitions.

- Album "Via Havana" (Wagram Music), disponible depuis le 15 février 2019.
- En concert les 20 et 21 mars 2019, à 20 heures, 
au Café de la Danse, 5, Passage Louis-Philippe, 75011 Paris. 
Tél.: 01.47.00.57.59. Loc. points de vente habituels. Prix: 25 € 
 http://www.cafedeladanse.com/


Roman Roses: "J'adore jouer et faire plaisir aux gens !"

Si vous êtes des habitués des stations République ou Place d'Italie, vous l'avez sûrement entendu dans "SOS d'un terrien en détresse" (extrait de Starmania) ou "Comme ils disent" de Charles Aznavour.
Difficile en effet de ne pas s'attarder le temps de quelques refrains,  pour écouter ce jeune artiste à l'impressionnante tessiture vocale que les plus curieux ont pu découvrir dans l'émission télévisée "Nouvelle Star".
Une heureuse parenthèse dans le parcours de Roman Roses qui a repris sa guitare pour retrouver son public le plus fidèle: les usagers du métro ! Un public généreux aussi puisqu'il lui a permis de financer son second album "Queen Of Stars", disponible depuis le 5 février dernier.
Pas de relecture de succès passés et actuels, cette fois, mais des chansons dont il a signé paroles et musiques comme "Mister Badaboum", "Parisiens Parisiennes", "Paradise Bobo Artist" ou encore "Presque célèbre"...

Depuis combien de temps chantez-vous dans le métro ?
Cela fera deux ans en mai prochain. Mais je fais de la musique depuis l'âge de 16 ans. J'ai sorti un premier single à 17 ans sur un label basé à Annecy, ma ville natale. J'ai adoré l'ambiance du studio d'enregistrement. Du coup, à 20 ans, j'ai créé ma propre société avec ma prof de droit. Durant trois ans, j'ai pu enregistrer et accompagner de jeunes talents locaux dans mon studio. Après, j'ai préparé (et réussi) un concours pour une école d'ingénieur du son à Paris.
Vos influences musicales sont assez variées, non ?
J'aime en effet la pop anglo-saxonne, le rock, la chanson française, le rap... Et, du côté de mon père qui est d'origine portugaise, j'ai été bercé par le fado. Mais mon idole demeure Freddie Mercury.
Quel souvenir gardez-vous de votre passage dans l'émission Nouvelle Star ?
C'est une vitrine incroyable. Cela m'a apporté une belle visibilité car les gens me reconnaissent dans la rue alors que cela remonte à un an et demi et que je ne suis même pas allé en finale ! J'ai eu un bon contact avec Nathalie Noennec qui faisait partie du jury (avec Benjamin Biolay, Coeur de Pirate et Dany Synthé). C'est une grande directrice artistique et une femme adorable. Je l'ai revue dans le métro. Elle était sortie de la rame en reconnaissant me voix.
On peut vraiment gagner sa vie et financer un album en se produisant dans le métro ?
En ce qui me concerne, oui. Et comme je suis mon propre producteur, je vends mon disque sur place et les bénéfices sont pour moi. Dès que j'ai débuté dans le métro, j'ai fait des tableaux Excel pour savoir où j'allais.
Comme pour une petite entreprise ?
Je suis issu d'une famille d'entrepreneurs. C'était important pour moi de cibler les créneaux horaires, les bonnes stations...
Et quelles conclusions en avez-vous tiré ?
J'ai abandonné le début d'après-midi car il y a un moment de creux entre 14h et 16h. Je joue tous les jours entre 16h à 19h. Et, pour capter l'attention, il faut faire des reprises. Dans ce domaine, il y a  des best-sellers: en ce moment c'est "SOS d'un terrien en détresse". L'an dernier, c'était "Perfect" d'Ed Sheeran. Il suffit d'accrocher une personne pour en attirer d'autres.
Et les stations les plus favorables ?
Il faut choisir celles qui ont des correspondances. Dans la rue c'est au Trocadéro ou devant Notre-Dame. C'est parfois compliqué au niveau de l'amplification et des mesures de sécurité. Mais une fois, un policier ma reconnu et il m'a même acheté un album !
Il  y a aussi des inconvénients ?
Bien sûr. Les courants d'air, la pénibilité pour transporter son matériel, les vols, les agressions... Récemment, je me suis retrouvé avec un oeil au beurre noir et deux dents cassées. Depuis, j'ai évidemment une certaine appréhension, mais j'adore jouer et faire plaisir aux gens. Même si j'aspire à sortir bientôt du métro...

14 févr. 2019

"Piano Paradiso": les nouvelles facéties musicales d'Alain Bernard

(c) Shérif Scouri
Après le succès de "Piano Rigoletto" dont le propos était de nous conter, à sa manière farfelue, une histoire de la musique (voir le 20 janvier 2013 sur ce blog), Alain Bernard était revenu avec "Piano Paradiso" qui joue ici les prolongations.
Sur les conseils de Pascal Légitimus (metteur en sccène de son précédent spectacle) il a travaillé cette fois avec Gil Galliot pour orchestrer ses nouvelles pérégrinations dans les coulisses de la musique.
Des pérégrinations dont le point d'orgue est un hommage aux grands compositeurs du 7ème Art: d'Ennio Morricone à Nino Rota en passant par Michel Legrand, Francis Lai, John Williams ou Maurice Jarre.
Mais très vite le facétieux musicien et humoriste nous entraîne dans des digressions plus personnelles sur son histoire d'amour avec le piano. Une histoire qui prend ainsi les traits de la redoutable Mademoiselle Ducoulombier, un professeur à la main leste, qui ne goûte guère ses improvisations sur Mozart !  Frustré mais toujours accro au clavier, le jeune Alain décide donc d'affiner son doigté en reproduisant les tubes entendus à la radio ou les génériques de séries télévisées.
Le public est alors invité à reconnaître, en quelques notes, les succès de Fugain, Jonasz, Berger, Sardou, Delpech mais aussi des Mystères de l'Ouest, des Brigades du Tigre, du célèbre
Commissaire Maigret.
Au passage, il évoque avec humour et une pointe de nostalgie ses années de piano-bar, d'animateur de soirées, les aléas d'un compositeur de jingle pour la publicité qui, cent fois sur le clavier doit remettre son ouvrage pour trouver les accords d'une petite valse mélancolique.
"Le travail des compositeurs, c'est de mettre des notes sur les émotions" explique Alain Bernard. Et ce dernier s'y entend pour faire passer toute une gamme d'émotions dans la salle.

Chaque lundi à 19h30, jusqu'au 1er avril 2019, au Théâtre des Déchargeurs, 3, rue des Déchargeurs, 75001 Paris.
Tél.: 01.42.36.00.50. http://www.lesdechargeurs.fr/

12 févr. 2019

Rencontre avec Stephan Eicher

Six ans après "L'Envolée", le chanteur revient, le 15 février prochain, avec "Hüh!".
Pas vraiment un nouvel album puisque, outre trois inédits, il revisite quelques-uns de ses succès comme "Combien de temps", "Pas d'amis (comme toi)"..., mais en version fanfare avec les 12 musiciens suisses du Traktorkestar.
Actuellement en tournée,  il fera une escale parisienne, le jeudi 21 février, à 18 heures, à la Fnac Saint-Lazare, le temps d'une rencontre-dédicace avec ses fidèles.
Évènement gratuit et en libre accès, dans la limite des places disponibles.

Passage du Havre
109, rue Saint-Lazare
75009 Paris



Festival Paris Music: 4ème édition


Né en 2016 d'une union entre les organisateurs du Disquaire Day et la Mairie de Paris (et en collaboration avec Polybrid Production), le Festival Paris Music connaît un succès grandissant.
Le concept original propose en effet de découvrir un artiste ou un groupe dans un musée, une cathédrale, un hôtel ou encore une crypte.
De quoi réunir les passionnés d'histoire, d'architecture, de peinture... et de musique (contemporaine, jazz, pop, blues, funk, chanson française, électro...) qui n'ont pas toujours l'occasion de se croiser.
Andréa Vizzini
Pour cette quatrième édition, vous aurez le choix entre Barbara Carlotti, Sandra Nkaké, Dom La Nena ou Hugh Coltman au Petit Palais, Bertrand Burgalat au Musée des Arts Décoratifs, l'Armée Mexicaine - Hommage à Rachid Taha au FGO-Barbara, Gaël Faure au Musée National des Arts Asiatiques-Guimet, Rubin Steiner à la Crypte Archéologique de l'Ile de la Cité, Zombie Zombie à la Cathédrale Américaine, le chanteur et trompettiste Boney Fields à la Bibliothèque Historique de la Ville de Paris, Zaza Fournier à l'Hôtel de Lauzun...
Vous pourrez même participer à une expérience inédite (en partenariat avec Yamaha) pour "Silent Piano", avec Andréa Vizzini : un concert de piano silencieux, audible avec un casque (le 14 mars, à 19h30, au Musée des Arts Décoratifs).
Et tout cela pour un tarif unique de 10 € par concert.

Les 14, 15 et 16 mars 2019. Infos et programme complet sur le site http://www.paris-music.com/