31 oct. 2016

"Billie Holiday - Sunny Side": un hommage touchant à la diva du jazz

(c) Denis Rion
Pour ce spectacle qu'elle a écrit et mis en scène, Naïsiwon El Aniou s'est inspirée à la fois de l'autobiographie de Billie Holiday ("Lady sings the blues") et des textes de ses chansons. Un récit, assorti d'extraits d'enregistrements originaux.
Ici, le propos n'est pas de réinterpréter les succès de la chanteuse, mais de marcher (et danser) dans ses pas. Depuis son enfance cabossée, ses rapports avec une mère incapable de lui rendre son amour, sa quête du père, ses amours chaotiques avec des hommes souvent violents. Sans oublier les séjours en prison, le racisme, la drogue et l'alcool. "Une femme fatale dans le sens où la fatalité s'en était prise à elle dès le départ et ne l'avait jamais quittée..." écrira Françoise Sagan pour expliquer la douleur contenue dans cette voix qui demeure l'une des plus bouleversantes de l'histoire du jazz et du blues.
Quant au titre, il rappelle qu'à cette époque, le côté ensoleillé des rues était réservé aux noirs, les blancs bénéficiant du côté ombragé, plus rafraîchissant.
Entre deux pas de danse africaine, Naïssiwon prend la pose pour des séances photos, prépare un ragoût de haricots rouges, se pare de perles et de fleurs de gardénia, évoque cette tendre amitié avec le saxophoniste Leister Young qui la baptisera "Lady Day, la rencontre avec Orson Welles... Même si on se perd parfois dans la multitude d'accessoires sur scène, on se laisser emporter par cette évocation sensible et émouvante de la vie de Billie Holiday.

Jusqu'au 26 novembre 2016, les vendredis et samedis à 19 h 30 à la Folie Théâtre, 6, rue de la Folie Méricourt, 75011 Paris. 
Tél.; 01 43 55 14 80. Prix; 20 € et 15 € (tarif réduit). http://www.folietheatre.com/







28 oct. 2016

Des news, des news...

- Michael Bublé. Pour fêter la sortie de son nouvel album "Nobody But Me" (dans les bacs depuis le 21 octobre dernier), le crooner canadien donne rendez-vous à ses fans, le mercredi 2 novembre, à 14 heures, à la Fnac Saint-Lazare (Forum), pour une séance exceptionnelle de dédicaces.
Entrée gratuite, dans la limite des places disponibles, mais sur invitation à retirer à l'accueil du magasin, le jour même, à 10 heures.

Passage du Havre, 109, rue Saint-Lazare
75009 Paris.

- "Christmas" (Warner Music). Vous bûchez encore pour trouver le cadeau idéal afin de combler celui (ou celle) qui fond en écoutant des chants de Noël et de grands artistes anglo-saxons ? Ne cherchez plus  puisque le célèbre animateur Georges Lang et RTL proposent un coffret de 4 CD réunissant pas moins de 77 standards, interprétés par Ray Charles & Betty Carter ("Baby, It's Cold Outside"), Elvis Presley ("Blue Christmas"), Diana Krall ("Christmas Time Is Here"), Otis Redding ("White Christmas"), Willie Nelson ("Pretty Paper"), Tori Amos ("Winter"), Chicago ("Silent Night")... En bonus, un livret de 20 pages avec les notes de Georges Lang.

Disponible le 4 novembre prochain.

25 oct. 2016

Barbara et l'homme en Habit Rouge: une belle histoire d'amour.

(c) F. Rappeneau
"Ce spectacle, je le lui devais. Il est le reflet de ce que j'ai vécu auprès d'elle" confie Roland Romanelli. Accordéoniste, pianiste et compositeur, il a accompagné Barbara "20 ans sur scène et 8 ans dans la vie" comme il le rappelle au début de ce récital, mis en scène par Eric-Emmanuel Schmitt.
Quant au titre, il fait référence au fameux parfum de Guerlain que lui offrit la chanteuse, ce soir de mai 1967... avant de l'inviter à franchir le seuil de sa chambre. Un parfum grisant, nostalgique et chargé d'émotion qui imprègne tout le spectacle. En une vingtaine de chansons, entrecoupées d'anecdotes et d'extraits d'interviews, Romanelli nous fait partager ses instants complices avec la dame brune. Une dame tourmentée certes, mais plus lumineuse et drôle que nous l'imaginions. Avec ses fous rires, ses coups de gueule, ses caprices... mais aussi ses petits travers touchants comme cette fâcheuse manie de piquer des produits dans les rayons cosmétiques des magasins, ce besoin de toujours réinventer l'amour en glissant quotidiennement des lettres sous la porte de son amant ou ce tee-shirt, offert après une houleuse séance de travail, portant cette citation de Miles Davis "Pourquoi faire autant de notes, alors qu'il suffit de jouer les plus belles".
Outre les "classiques": "Nantes", "Göttingen", "Vienne", "La petite cantate", "Dis, quand reviendras-tu ?", "L'aigle noir" (dans une magnifique version portée par des choeurs)... on découvre une chanteuse amoureuse et presque frivole dans des titres moins connus comme "Hop-là", "Je t'aime" ou "Toi". C'est Rébecca Mai qui se glisse avec talent et une grâce de danseuse, dans le rôle de Barbara, sans jamais tomber dans le piège de l'imitation.
Pudeur ou timidité, on regrette juste le ton parfois monocorde de Roland Romanelli lorsqu'il évoque celle qui demeure, sans doute, sa plus belle histoire d'amour...

Jusqu'au 16 décembre, à 19 heures, matinées les dimanches à 17 h, au Théâtre Rive Gauche, 6, rue de la Gaîté, 75014 Paris. Tél.: 01.43.35.32.31. http://www.theatre-rive-gauche.com/

24 oct. 2016

Emma Solal et Gatane jouent les prolongations...


Emma Solal. Il faut bien l'avouer, depuis que Françoise Hardy a choisi de se retirer de la scène, c'est un peu notre jeunesse qui a foutu l'camp avec elle ! D'autant plus que la nouvelle génération semblait peu inspirée par ses refrains. Une injustice qu'Emma Solal répare bien joliment avec son spectacle "Messages personnels" (voir sur ce blog le 16 janvier 2015). Entourée de deux musiciens (guitares et percussions), la chanteuse nous emmène dans ce répertoire de chansons connues et moins connues, avec une rare élégance. L'occasion de (re)découvrir, dans le cadre intimiste de la salle La Bohème, des titres intemporels comme "Rêver le nez en l'air", "Mon amie la rose" ou "Le premier bonheur du jour".

Du 5 novembre au 21 décembre 2016, les mercredis et samedis, à 21h30, au Théâtre Les Déchargeurs, 3, rue des Déchargeurs, 75001 Paris. 
Tél.: 01.42.36.00.50. Tarifs: de 10 à 18 €. http://www.lesdechargeurs.fr/


Gatane. Vous souffrez d'une baisse de régime à l'approche de l'hiver ? D'un petit coup de blues ? Ne ratez pas la "Live Therapy" de cet artiste qui promet une véritable cure de chansons vitaminées (voir sur ce blog, le 15 avril 2014). Auteur-compositeur, il a délivré ses premières prescriptions dans les clubs de jazz de la capitale, avant d'ouvrir sa salle d'attente au Sentier des Halles. Une salle qui affichait complet lors de ses précédentes consultations. Il est donc conseillé de prendre rapidement rendez-vous...

Les mercredis 23 novembre 2016 et 14 décembre 2016, à 20 h, au Sentier des Halles, 50, rue d'Aboukir, 75002 Paris. Tél.: 01.42.61.89.95. 
Tarif unique à 13 €. http://www.lesentierdeshalles.fr/




21 oct. 2016

Quand Matthieu rencontre Martin...


Actuellement présentée au Musée de la Musique de la Villette, l'exposition "-MMM-" propose d'associer l'univers de Matthieu Chedid à celui de Martin Parr.
Commandée en 2015 par les Rencontres d'Arles (pour l'Église des Frères Pêcheurs), "-MMM-" (comprenez Matthieu Aime Martin) prend ici une autre dimension. Bénéficiant de plusieurs espaces, identifiés chacun par un instrument, elle permet de découvrir près de 500 clichés du photographe britannique, accompagnés par des pistes sonores composées par le chanteur et musicien. "Le piano est associé au côté classique de Parr, la guitare électrique à son côté rock.... La basse, c'est le coeur. Ce qui est le plus souterrain" explique Matthieu dans un entretien diffusé dans des casques. Au passage, il interroge son nouveau complice sur son rapport particulier avec l'Asie, la religion ou sur l'importance d'expliquer son oeuvre.
Une oeuvre parfois décriée car Martin Parr, connu pour son goût du kitsch et des couleurs criardes, porte un regard sans concessions, mais non dénué d'humour, sur les vanités de la mode, le tourisme de masse, les excès de la consommation...
Au hasard de sa déambulation, le visiteur est invité à se poser sur des transats imprimés ou des podiums vibrants afin de s'immerger totalement dans cette saisissante expérience sensorielle. Une expérience à prolonger en écoutant le vinyle de la bande son composée par Matthieu Chedid pour l'occasion.

Jusqu'au 29 janvier 2017, du mardi au samedi de 12 h à 18 h et les samedis et dimanches de 10 h à 18 h, au Musée de la Musique - Cité de la Musique, 221, avenue Jean-Jaurès, 75019 Paris. Tél.: 01.44.84.44.84. Tarif: 7 €. www.philharmoniedeparis.fr

19 oct. 2016

Les Primeurs: 19ème récolte !

C'est l'un des rendez-vous que l'on affectionne particulièrement car ici, une fois n'est pas coutume, on ne mise pas sur les têtes d'affiche pour attirer le public, mais sur les découvertes. Et, depuis leur création, en 1998, Les Primeurs ne se sont pas trop plantées !
Awa Ly (c) Bernard Benant
Camille, Vincent Delerm, Olivia Ruiz Sanseverino, Lilly Wood & The Prick, Tryo, Rover, Faada Freddy ou encore Mickey 3D ont déjà bénéficié de ce tremplin ouvert aux artistes ayant enregistré leur premier album dans l'année.
Enraciné à Massy, le festival a essaimé puisque, pour la deuxième année consécutive, il se déroulera également (durant trois jours) dans la ville de Castres. 
La moisson 2016 devrait séduire curieux et professionnels: Acid Arab, Cabaret Contemporain, Orkesta Mendoza, Sages Comme Des Sauvages, Broken Back, Samba De La Muerte, Awa Ly, Nicolas Michaux, Adrien Soleiman, PAPOOZ, Rocky, Baptiste W. Hamon.... sans oublier Radio Elvis, récompensé, le 11 octobre dernier, par le Prix des Indés, dans la catégorie "Album Révélation" pour "Les Conquêtes".

Radio Elvis
(c) Nicolas Despis
Du 26 au 29 octobre 2016, au Centre Culturel Paul Bailliard (Paul B.), 
6, allée de Québec à Massy (91300).
Tél.: 01.69.75.12.80. Infos sur http://www.lesprimeursdemassy.fr/. et les 27, 28 et 29 octobre 2016 à la Scène ouverte & musiques actuelles "Lo Bolegason", Passage Claude Nougaro à Castres (81100). 
Tél.: 05.63.62.15.61. http://www.lesprimeursdecastres.fr/ 

18 oct. 2016

"Duo sur Nougaro": une célébration tendre et loufoque

(c) Charlotte Spillemaecker
Depuis "Du Vian dans mon crâne", Laurent Conoir et Mehdi Bourayou se produisent sous le nom des Demi-Frères pour créer des spectacles mêlant théâtre, chanson, sketches, magie, imitations et cabaret.
A la ville, ils n'ont aucun lien de parenté mais, sur scène, ils sont incontestablement de la même famille !
Avec ce "Duo sur Nougaro", mis en scène par Renaud Maurin, on ne parlera pas d'hommage mais plutôt d'une joyeuse célébration. Celle d'un artiste dont Audiberti disait qu'il pouvait "donner aux mots une résonance concrète non encore entendue chez les poètes du papier...".
Sans le trahir, les deux  complices ont choisi de revisiter son répertoire en y apportant un grain de folie qui n'était pas forcément l'apanage de Nougaro ! Le swing est toujours présent  mais les chansons sont accompagnées ici d'effets et d'accessoires insolites, comme dans "Île de Ré" où Laurent Conoir, transformé en phare tourne sur lui-même en agitant des poupées Barbie ou lorsqu'il endosse la soutane pour offrir une belle version gospel d'"Armstrong".
De "Cinéma" à "Dansez sur moi" en passant par "Tu verras", "Le coq et la pendule", "Toulouse", "La pluie fait des claquettes"... sans oublier "Chanson pour Marilyn", un titre interprété avec les intonations et la gestuelle d'Yves Montand, on replonge avec bonheur dans l'oeuvre de "L'homme aux semelles de swing". Une oeuvre dans laquelle les Demi-frères évoluent en toute liberté, avec humour et tendresse.

Les jeudis et vendredis à 19 h et les samedis à 16h30, au Théâtre de l'Archipel, 17, boulevard de Strasbourg, 75010 Paris. Prix: de 12 à 18 €. Loc. au 01.73.54.79.79 et sur billetterie@larchipel.net/www.larchipel.net



15 oct. 2016

"Déshabillez-moi !": les costumes de la pop et de la chanson

"Si cette exposition s'intitule "Déshabillez-moi !", c'est parce que son ambition est de mettre à nu le costume..." explique Stéphane Malfettes, directeur de l'auditorium du Musée du Louvre et Commissaire de cette exposition qui marque le dixième anniversaire du Centre National du Costume de Scène à Moulins.
Un lieu unique dans le domaine du patrimoine artistique puisqu'il conserve pas moins de 10 000 costumes de théâtre, de danse et d'opéra, du XIXe siècle à nos jours (en provenance de la Bibliothèque Nationale de France, la Comédie Française, l'Opéra National de Paris, de dons de compagnies, d'artistes et de théâtres).
A travers 13 salles thématiques célébrant cent ans de chansons ( music-hall, opérette, pop-culture...), le visiteur est invité à découvrir des accessoires emblématiques comme le blouson de cuir et le bandana de Renaud, les robes Carven chantées et portées par Jacqueline François, le costume Yves Saint-Laurent porté par Etienne Daho lors du "Diskönoir Tour" 2014/2015, les créations de Jean-Paul Gaultier pour Madonna, les collaborations et collections capsules lancées par Rihanna, Kanye West ou Pharrell Williams...
Un parcours qui se termine par une salle consacrée à Matthieu Chedid, un artiste qui a créé le personnage de M., immédiatement identifiable grâce à ses tenues de scène.

Du 15 octobre 2016 au 5 mars 2017, tous les jours de 10 h à 18 h (fermetures exceptionnelles les 25 décembre et 1er janvier), au Centre National du Costume de Scène, Quartier Villars, Route de Montilly, 03000 Moulins. Tél.: 04.70.20.76.20. Tarifs: 6 € et 3 € (réduit). Gratuit pour les - 12 ans.
http://www.cncs.fr/

14 oct. 2016

"Tara sur la lune": un conte moderne et poétique

"Quand on est petit, on voit les choses autrement" rappelle Olivia Algazi qui prête sa belle énergie au personnage de Tara. Nous sommes dans les années 60 et le monde vit à l'heure de l'espace. La fillette rêve de devenir astronaute, encouragée par les savoureuses histoires de son grand-père. Ce dernier s'est auto-proclamé B.A.B.A.R. (Brigadier Amiral de la Brigade Astrale de Reconnaissance) et lui communique son engouement pour les satellites et les étoiles. Emmené par une escouade d'oies, il lui d'ailleurs confie son départ imminent pour la lune.  Une manière de la préparer, en douceur, à sa disparition prochaine.
S'intégrant parfaitement dans le décor: un film d'animation projeté en fond de scène et un ingénieux système de panneaux et tiroirs, Tara nous embarque dans ses rêveries de petite fille. Un été, son grand-père, n'est pas au-rendez-vous à la ferme.... Tara imagine qu'il a enfin réalisé son grand projet et met tout en oeuvre pour le rejoindre.
Écrit par Cynthia Miranda et Daniel Garcia, ce conte aborde, avec délicatesse, le thème de la mort. Comme souvent, dans ce genre d'exercice périlleux, "Tara sur la lune" offre plusieurs niveaux de lecture. Les adultes y verront peut-être une piste pour évoquer ce sujet douloureux auprès de leurs enfants. Et les plus jeunes applaudiront les mille et une facéties de l'héroïne. Les scènes d'entraînement des oies sont sans doute un peu longues... et les moments de joyeuse complicité avec le grand-père méritaient d'être plus approfondies. Mais, avec ce conte moderne et poétique, le temps file comme une météorite. Et on n'oubliera pas de suivre les judicieux conseils de Tara: "Imaginez le monde dans lequel vous voulez vivre.. et y vivre !"

Du 15 octobre au 31 décembre 2016, à 14 h 30, les mercredis, samedis et dimanches et tous les jours pendant les vacances scolaires (relâche les lundis), à la Grande Comédie, 40, rue de Clichy, 75009 Paris. A partir de 3 ans. Tél.:01.48.74.03.65. Loc. points de vente habituels. Prix: 19 € http://www.tarasurlalune.com/

12 oct. 2016

Prix des Indés 2016: le palmarès

Pas de smokings ni de longs discours, hier soir à la Cigale, mais une ambiance décontractée, tendance jeans baskets, pour la première édition du "Prix des Indés", initiée par la SPPF, sous la présidence d'Emmanuel de Buretel. Une soirée présentée par Leïla Kaddour-Boudadi et Didier Varrod, avec la participation de Yaël Naim & David Donatien, Franck Annese, Joachim Roncin... et des lauréats. Seule absente, Héloïse Letissier alias Christine and The Queens qui, depuis les States où elle est en tournée, a adressé un message aux spectateurs et acteurs de cette initiative qui récompense la vitalité des labels indépendants, tant en France qu'à l'international.

Quatre prix ont été décernés par un jury de professionnels, présidé par Didier Varrod:
- Meilleur album: "Be Sensational", Jeanne Added (Naïve)
- album révélation: "Les conquêtes", Radio Elvis (Pias)
- album audacieux: "Ya Balad", Bachar Mar-Khalifé (InFine)
- vidéo-clip de l'année: "Bouche à lèvres", Odezenne (Tôt ou Tard)

Quatre ont été attribués par la SPPF:
- Titre le plus streamé: "Amnesia", Jul (D'Or et de Platine/Musicast)
- meilleur album à l'export: "Christine and The Queens", Christine and The Queens  (Because Music)
- Prix du meilleur petit label: Ed Banger Records
et enfin le "Prix d'honneur à une personnalité" remis à Jack Lang.
Une évidence quand on sait que la Loi Lang demeure un texte fondateur pour la défense des droits des artistes interprètes et les producteurs de phonogrammes.







Les Franglaises font leur "viens-retour" !

(c) Victor Delfim
Forte du succès de ses précédentes représentations, récompensées par le Molière du meilleur spectacle musical en 2015, la troupe des Franglaises réinvestit la scène de Bobino pour un show, agrémenté de nouvelles pépites, intitulé le "Viens-retour".
A l'évidence, on ne change pas une recette qui a largement fait ses preuves. "Savez-vous ce que vous chantez ?" interroge le turbulent Maître de Cérémonie qui, fiches en main, lance quelques phrases en français avant d'inviter les spectateurs à deviner de quel tube anglo-saxon elles sont extraites et traduites, mot à mot. Des refrains que nous avons tous fredonnés un jour, sans aucune culpabilité.
Le titre dévoilé, accompagné d'une mise en scène débridée, est alors interprété par les chanteurs, danseurs, comédiens et musiciens. Et le moins qu'on puisse dire, c'est que les artistes se prêtent au jeu avec autant de plaisir que la salle ! Des Beatles à Prince en passant par Michael Jackson, Queen, les Spice Girls ou les Beach Boys, c'est tout un pan de la pop culture qui est ainsi "égratigné", dans un esprit gentiment potache.
Décomplexé, le public, tous âges confondus, s'enthousiasme pour les performances de ces joyeux trublions. Des agitateurs qui qui vont même jusqu'à saboter décors et projecteurs, le temps d'entonner un tonitruant "le spectacle doit continuer", référence au fameux "The show must go on".
Au final, certains n'hésitent pas à se lever pour une standing ovation, largement méritée.
Pardon, une ovation debout...

Jusqu'au 14 janvier 2017, du mercredi au vendredi à 21 h et le samedi à 16 h 30 et 21 h, à Bobino, 14-20, rue de la Gaîté, 75014 Paris. Loc. au 08 2000 9000 et points de vente habituels.
Prix: de 24 à 54 €.http://www.bobino.fr/

11 oct. 2016

Des news, des news...

Tété. Le chanteur interprétera quelques chansons, extraites de son nouvel album "Les chroniques de Pierrot Lunaire" (dans les bacs depuis le 7 octobre), à la Fnac Saint-Lazare, le mercredi 12 octobre, à 18 heures.
Un 6ème opus aux sonorités blues et folk, qu'il a lui-même produit et dont il a écrit et composé la totalité des titres. Un Pierrot lunaire et humaniste qui apprend à changer son regard sur le monde...
Entrée libre dans la limite des places disponibles

Passage du Havre, 
109, rue Saint-Lazare, 75009 Paris

- Inside The Beatles - Dans l'intimité des Fab Four
Toute la carrière des Beatles en 300 photos, depuis le Margate en 1963 jusqu'aux sessions d'enregistrement pour "Revolution à Abbey Road" en 1968. Des clichés tirés des archives de "The Beatles Book", pris par Leslie Bryce, photographe officiel du célèbre magazine (la seule publication validée par le groupe). Une bible pour les fans qui, au fil des 216 pages, pourront suivre les Fab Four en voyages officiels, dans les chambres d'hôtels, les coulisses des concerts, en vacances...ou encore découvrir George s'essayant à la basse, Ringo aux échecs...

Éditions Hugo Image. En librairie, le 20 octobre 2016. 40 €




10 oct. 2016

Les Divalala: la fièvre du lundi soir...

(c) Franck Harscouet
Nous avions déjà succombé au charme des demoiselles lors de leur premier spectacle "Chansons d'amour traficotées" (voir sur ce blog, le 23 janvier 2013), mais avec "Femme Femme Femme", les Divalala montent encore d'un cran (et même davantage !)  dans la virtuosité vocale et l'humour.
Gabrielle Laurens, Angélique Fridblatt et Marion Lépine affichent leur féminité jusqu'au bout de leurs escarpins. Des femmes pétillantes, délurées et libérées qui s'interrogent sur la vie en revisitant des tubes des années 70 et 80, avec quelques incursions dans un répertoire plus actuel comme "Tous les mêmes" de Stromae ou "La fessée" de Luce. Arborant des robes en lamé, un CD fiché dans les cheveux, les Divalala démarrent le show avec l'entraînant "Laissez-nous danser". Permission accordée... car les Divala ont bien d'autres atouts dans leurs manches. Chanteuses, comédiennes, musiciennes,  elles apportent un sacré grain de folie à des titres comme "Casser la voix"de Bruel, "Conne" de Brigitte Fontaine ou encore "Au bout de mes rêves" de Goldman. Tout en s'aventurant dans les succès anglo-saxons avec "Chandelier" de Sia.
Plus sérieuses, elles remisent les gags, le temps d'interpeller le public avec une approche quasiment lyrique de "Foule sentimentale" de Souchon et une interprétation émouvante d' "Avec le temps" de Léo Ferré.
Mais la fièvre délirante reprend vite le dessus lorsqu'elles offrent une version totalement hallucinée de "Voyage, voyage" de Désireless ou se métamorphosent en adoratrices d' Herbert Léonard, photo à l'appui, pour rappeler que "C'est beau une femme de 40 ans" !
Belles, les Divalala le sont assurément. Pétillantes et terriblement talentueuses aussi...

Chaque lundi, à 19h30, au Théâtre Trévise, 14, rue de Trévise, 75009 Paris. 
Loc. et informations au 01.48.65.97.90, sur http://www.srcspectacles.com/ et points de vente habituels. Prix: 24 €, 19 € (pour les groupes) et 16 € (tarif réduit).

6 oct. 2016

Cirque Le Roux: des virtuoses hors normes

Dès les premières minutes, le public est averti par un bandeau défilant en fond de scène: "toute ressemblance avec un spectacle existant ou ayant existé ne serait que pure coïncidence..."
De fait, avec cette création baptisée "The Elephant in The Room", le Cirque Le Roux bouscule tous les stéréotypes du genre. Point de piste, de M. Loyal, de trapèze ou de clown mais un décor qui semble tout droit sorti d'un film noir des années 30. Et une intrigue qui met en scène Miss Betty (Lolita Costet), le jour de son mariage, son mari Mr Barack (Yannick Thomas), un serveur loufoque (Grégory Arsenal) et un dandy pique-assiette (Philip Rosenberg).
Réunis dans un salon à l'atmosphère sombre et feutrée, le quatuor devise (en anglais et en français), flirte, intrigue, s'amuse, tout en buvant du champagne. Puis les acrobaties commencent et on retient son souffle devant ces corps qui se frôlent, s'entremêlent dans une esthétique glamour, voire terriblement sexy.
(c) Francesca Torracchi
Sur des musiques originales d'Alexandra Streliski, le quatuor se livre à une succession de performances de haut vol: claquettes, main à main, échafaudage humain, figures acrobatiques sur un canapé... Seule concession au monde circassien, un mât dressé sur scène, sur lequel ils effectuent des numéros vertigineux.
Il flotte aussi dans l'air une histoire de poison... mais on ne vous en dira pas plus car il faut absolument découvrir ce spectacle qui fusionne avec une audace rare les arts visuels, le cirque et le cinéma.


Du mardi au samedi, à 19 heures, jusqu'au 31 décembre 2016, à Bobino, 14-20, rue de la Gaîté, 75014 Paris. Tél.: 01.43.27.24.24. Tarifs: de 23 à 53 €. http://www.bobino.fr/ 

"Paris capitale underground", un livre de Jean Claude Lagrèze

Disparu en 1994, le photographe Jean Claude Lagrèze fut l'un des témoins privilégiés des foisonnantes années 80. Une décennie traversée par des courants comme le hip hop, la new wave, la techno, l'électro, le punk...
et qui vit émerger bon nombre de chanteurs, de créateurs, d'acteurs ou de personnages emblématiques du monde de la nuit.
Pacadis et Gainsbourg
(c) Jean Claude Lagrèze
Au fil des pages, illustrées par des clichés, majoritairement en noir et blanc, on croise Bryan Ferry, Mick Jagger, Klaus Nomi (photo de couverture) David Bowie (de passage au Pavillon de Paris en 1976 ou à La Locomotive en 1987), Serge Gainsbourg et Bambou, Iggy Pop déambulant sur l'avenue George V, Nina Hagen avec son fils Otis, Alain Bashung, Madonna aux côtés de Jean-Paul Gaultier, Keith Haring posant devant l'une de ses oeuvres lors de l'exposition "L'époque, la mode, la morale, la passion" au Centre Georges Pompidou en 1987...
Divine (c) Jean Claude Lagrèze
"Jean Claude était toujours là avec son appareil photo pendant cette période folle à Paris. Ces photos me rappellent d'excellents souvenirs de défilés de mode un peu dingues, des afters et des excès des années 80.." confie Boy George dans le livre.
Julie Delpy, Béatrice Dalle, Arielle Dombasle, Nicolas Sirkis,
Stéphane Ferrara ou encore Jean-Claude Dreyfus se souviennent également de leur rencontre avec le photographe.
Un superbe ouvrage, préfacé par Ariel Wizman,  qui s'adresse évidemment aux nostalgiques de ces années marquées par l'insouciance et l'extravagance, mais aussi aux plus jeunes, curieux d'une époque où la créativité s'exprimait dans tous les domaines: la musique, la mode, la peinture, le cinéma...

Éditions de La Martinière, 240 pages, 42 €. Disponible depuis le 29 septembre dernier.

3 oct. 2016

Kandace Springs "Soul Eyes"

(c) Mathieu Biton
Après un premier EP de R&B, sorti en 2014, la jeune Kandace Springs, originaire de Nashville, a choisi de creuser son sillon dans un répertoire soul, mâtiné de jazz et de pop. On s'attarde volontiers sur des titres comme "Place to Hide", "Neither Old Nor Young", The World Is A Ghetto", "Novocaine Heart"... Mais de "Soul Eyes", une superbe reprise du standard de Mal Waldron qui ouvre l'album jusqu'à "Rain Falling", une composition originale de Kandace, ce sont les onze titres que l'on écoute en boucle. Un premier opus, sorti sur le prestigieux label Blue Note et produit par Carl Sturken et Evan Rogers.
Au Duc des Lombards, le 12 septembre dernier, où elle fêtait la sortie de "Soul Eyes", Kandace a notamment répondu à une courte interview, le temps de livrer quelques anecdotes. Elle raconte ainsi que son père, choriste à Nashville, lui a fait découvrir des artistes comme Aretha Franklin, Nina Simone ou Roberta Flack, que, consignée dans sa chambre pour y faire du ménage, elle se motivait en écoutant Nora Jones et que sa passion pour les voitures l'a amenée à mettre, plus d'une fois, ses mains dans le cambouis. Elle a d'ailleurs travaillé quelques temps dans ce domaine. Au passage, elle évoque les circonstances de sa rencontre avec Prince. Ce dernier, séduit par sa reprise de "Stay With Me" de Sam Smith, postée sur la toile, l'a en effet invitée à le rejoindre sur scène lors d'un concert à Paisley Park, célébrant le 30ème anniversaire de la sortie de "Purple Rain". C'est même lui qui l'aurait encouragée à revenir à une musique plus organique. Un conseil que la demoiselle s'est empressée de suivre en enregistrant "Soul Eyes". "C'est l'album que j'ai toujours voulu faire" confie la chanteuse et musicienne qui s'est entourée d'une solide équipe : le trompettiste Terence Blanchard, les guitaristes Dean Parks et Jesse Harris, le batteur Vinnie Colaiuta, le bassiste Dan Lutz, l'organiste Pete Kuzma et le percussionniste Pete Korpela.
A défaut de se pencher sur les rugissements de moteurs capricieux, Kandace Springs nous fait entendre son timbre suave et mélodieux... Et l'on ne peut que s'en réjouir car "Soul Eyes" est l'une des belles surprises de cette rentrée discographique.

"Soul Eyes" (Blue Note/Decca/Universal), disponible depuis le 30 septembre dernier. En concert le 16 novembre prochain au Jazz Club Étoile.