9 déc. 2018

"J'ai des doutes": un spectacle pélillant d'intelligence et d'humour

 François Morel tient une place particulière dans le coeur de chacun d'entre nous. Un peu comme un grand frère que l'on suit les yeux fermés, parce qu'il nous promet toujours de belles et passionnantes aventures. Sa poésie, sa générosité et la clairvoyance de son regard sur la société en font l'un des comédiens et chroniqueurs les plus attachants du moment.
On le présente volontiers comme le digne héritier de Bourvil avec qui il partage le don de nous émouvoir et de nous faire rire.
Alors lorsqu'il met toutes ces qualités (et il n'a pas fini de nous surprendre !) au service d'un "monument" comme Raymond Devos, on peut s'attendre à tutoyer les sommets !
Avec "J'ai des doutes", François Morel nous invite à le suivre dans l'univers du maître de l'absurde, des paradoxes et des jeux de mots. Pas question pour autant d'endosser le fameux costume bleu ciel car si le comédien marche dans les pas du colosse franco-belge, il ne cherche jamais à l'imiter.
Une escapade, tendre et joyeuse, qui débute justement dans les cieux lorsqu'il campe Dieu pour interpeller Saint-Pierre sur un tonitruant : "Je m'ennuie, convoquez-moi Devos !"
(c) Giovanni Cittadini Cesi
L'occasion de retrouver des morceaux savoureux comme "Caen", "Sens dessus dessous", "Mon chien c'est quelqu'un", "J'ai des doutes"  ou "Je hais les haies" dont le texte défile sur un écran, en fond de scène. Entre deux sketches, il nous régale de chansons courtes, donne la réplique à son facétieux complice, le pianiste (et compositeur) Antoine Sahler, nous rejoue des séquences du fameux Grand Échiquier de Jacques Chancel, avec une marionnette...
Plus qu'un hommage à celui qui affirmait : "le rire est une chose sérieuse avec laquelle il ne faut pas plaisanter", François Morel propose ici un spectacle pétillant d'intelligence et d'humour.
Sans doute, l'un des plus réjouissants de cette fin d'année.

Jusqu'au 6 janvier 2019, à 18h30 (relâche les lundis, les 9 et 25 décembre et le 1er janvier et représentation du dimanche 6 janvier à 15h, au Théâtre du Rond-Point, salle Renaud-Barrault, 2 bis, avenue Franklin Roosevelt, 75008 Paris. Tél.: 01.44.95.98.21. Prix: 38 € et tarifs réduits de 12 à 28 € (sur justificatifs).
 http://www.theatredurondpoint.fr/

L'Ensemble National Virsky: époustouflant de virtuosité

(c)
Dernière chance aujourd'hui d'applaudir cette impressionnante troupe venue d'Ukraine !
Durant deux heures, avec un entracte de 20 minutes, histoire de souffler un peu...les 70 danseuses et danseurs offrent un énergique (et très coloré) florilège de danses traditionnelles (comme le fameux Hopak), de prouesses acrobatiques et de figures proches du hip hop.
Du grand art ...

Ce dimanche, à 16 heures, au Palais des Congrès, Place de la Porte Maillot, 75017 Paris.

5 déc. 2018

Exposition "Doisneau et la musique" à la Philharmonie de Paris

Il est entré dans bon nombre de foyers avec son fameux "Baiser de l'Hôtel de Ville", ses photos en noir et blanc de bistrots, de gamins  dans les rues de Paname et de banlieue, d'artisans, de bateleurs... Tendre, teinté d'humour et d'une certaine nostalgie, son regard lui a valu d'être considéré comme un "photographe humaniste".  Humaniste, Robert Doisneau l'était assurément, avec ce brin de malice que l'on retrouve dans l'exposition "Doisneau et la musique" conçue par sa petite-fille Clémentine Deroudille (commissaire des expositions Brassens et Barbara).
Une galerie de portraits (avec de nombreux inédits), dont la bande-son est composée par Moriarty et scénographiée par Stephan Zimmerli (musicien et graphiste du groupe).
Au hasard d'une joyeuse déambulation,  on trouve des photos présentées par thèmes: la rue, la chanson, les studios, Maurice Baquet et les années 80/90.
Un parcours qui se poursuit au coeur de l'exposition permanente du Musée de la Musique, comme une chasse au trésor, pour débusquer des clichés disséminés au milieu des instruments et des oeuvres d'art. On découvre ainsi les Rita Mitsouko devant l'Hôtel Chopin, Maurice Baquet revêtu d'un tee-shirt à l'effigie de Bach...
"Toute ma vie je me suis amusé, je me suis fabriqué un petit théâtre" disait Doisneau. Un petit théâtre que les visiteurs visitent avec le sentiment de partager un moment à la fois intime et rare avec le photographe.

Du 4 décembre 2018 au 28 avril 2019, du mardi au vendredi de 12h à 18h, le samedi de 10h à 20h et le dimanche de 10h à 18h (fermé le 25 décembre et le 1er janvier), à la Cité de la Musique-Philharmonie de Paris, 221, avenue Jean-Jaurès, 75019 Paris.
Tél.: 01.44.84.44.84. Prix: 9 € et tarif réduit à 5 €. Infos sur le site http://philharmoniedeparis.fr/

4 déc. 2018

Rendez-vous: Virsky Ensemble National d'Ukraine et le Ballet de l'Opéra National de Kiev

(D.R.)
- "L'ensemble folklorique le plus dynamique et palpitant que le monde ait jamais connu !" peut-on lire dans The Daily Telegraph au sujet de cette troupe fondée par deux chorégraphes de renom: Pavlo Virsky et Mykola Bolotov. Pour la première fois sur la scène du Palais des Congrès, les danseurs proposeront des tableaux aussi colorés que virtuoses, illustrant la richesse de leur culture. Une approche à la fois contemporaine et respectueuse des traditions qui devrait séduire un large public.


Du 5 au 9 décembre 2018, au Palais des Congrès de Paris, 2 Place de la Porte Maillot, 75017 Paris. Loc. points de vente habituels. Places: de 30 à 79 €. http://www.viparis.com/


- Après de longues années d'absence à Paris, le prestigieux Ballet de l'Opéra National de Kiev, dirigé par Aniko Rekhviashvili, revient dans la capitale pour une série de représentations, forcément exceptionnelles. Comptant 24 ballets à son répertoire, il présentera ici "Casse-Noisette" (musique de Piotr Illitch Tchaïkovski), oeuvre romanesque par excellence, dans une chorégraphie de Valeriy Kovtun, d'après la version originale de Marius Petipa.
 Et, pour se mettre au diapason du 150ème anniversaire de la troupe et de cette période festive, le Théâtre des Champs-Elysées affichera les couleurs d'un Noël ukrainien.

Du 23 décembre 2018 au 6 janvier 2019, au Théâtre des Champs-Elysées, 15, avenue Montaigne, 75008 Paris. Tél.:  01.49.52.50.50. Prix: de 15 à 89 € (le 31 déc. de 15 à 95 €). 
 http://www.theatrechampselysees.fr/

23 nov. 2018

Le Cirque Plume fait ses adieux avec panache

(c) Yves Petit
"Par essence, l'éternité qui nous est donnée est celle de la lecture, la vision, le partage d'un poème..." écrit le co-fondateur de la compagnie Bernard Kudlak dans le programme de "La dernière saison" du Cirque Plume.
Dès leurs débuts, ces audacieux pionniers se sont démarqués du cirque traditionnel avec des spectacles décalés, drôles, poétiques et oniriques.
Au point qu'une trentaine d'années plus tard, ils ont durablement marqué cet art de leur griffe, pardon de leur plume !
Pour ces représentations à la Villette, le chapiteau abrite une forêt jurassienne peuplée d'étranges personnages, de poètes et de musiciens: un jongleur courant après une plume, une contorsionniste chaussée de skis, une équilibriste sur des bouteilles, une autre qui évolue avec une rare dextérité dans un cerceau aérien, un artiste zoomorphe...Car ici c'est l'homme qui imite l'animal !
Un spectacle rythmé par les saisons et les musiciens interprétant les compositions originales de Benoît Schick. Pas de piste évidemment mais une scène où les acteurs se livrent à des roulades, des compétitions d'abdominaux, des percussions sur des bidons, ramassent les feuilles mortes, la neige... et des sacs en plastique !
Une "dernière saison" célébrée dans la joie et le partage, tandis que l'orchestre, juché sur un kiosque tournant et entouré de parapluies multicolores et lumineux, entame une ultime valse.
(c) Benoit Dochy
Le bonheur est sous le chapiteau du Cirque Plume. Cours-y vite, cours-y vite, il va filer...

Jusqu'au 30 décembre 2018, du mer. au ven. à 20 h, le sam. à 19 h et matinée le dimanche à 15 h, à 'Espace Chapiteaux du Parc de la Villette, 211, avenue Jean-Jaurès, 75019 Paris.
Prix: 35 € et tarifs réduits à 16 et 25 €
Tél.: 01.40.03.75.75. Infos sur le site http://lavillette.com/

22 nov. 2018

Chanson Plus BIfluorée: les maîtres queux de la parodie

 Après une "Cuvée spéciale" qui flattait généreusement les papilles, ces joyeux épicuriens remettent le couvert et nous invitent à partager un truculent festin avec "Chanson Plus Bifluorée...passe à table".
Une table dressée et mise en scène par Marinette Maignan.
Pour l'occasion, ils ont mis les petits plats dans les grands !
Outre quelques spécialités qui, à l'instar de la daube (rien à voir évidemment avec le terme péjoratif !) sont encore plus goûteux réchauffés, la carte affiche de nouvelles saveurs.
Arborant toques et tabliers, Michel Puyau, Sylvain Richardot, et Xavier Cherrier nous régalent de solides plats de résistance comme l'énergique et jazzy "Repas Boogie Wouah",  le lyrique "Con te partirò",  le cocasse "Grosse chignole de mes amours" (clin d'oeil à Luis Mariano), vantent les mérites des producteurs de poulets bios et du chocolat qui guérit....
Entre deux services, ces maîtres queux de la parodie s'amusent de la mode vegan, de la cuisine politique ou de la popote fiscale.
Après une séquence publicitaire (il faut bien payer le personnel !) consacrée à l'indispensable Sopalin, sur l'air de "Avoir un bon copain"  le trio  rend hommage aux victimes de l'attentat contre le journal satirique Charlie Hebdo  avec une version bouleversante de la chanson de Brel "Quand on n'a que l'amour" qui devient "Quand on n'a que l'humour".
Une étape gastronomique qui se termine logiquement par l'un de leurs grands classiques "Moi je fais la vaisselle", détournement réussi du célèbre "J'ai encore rêvé d'elle" du groupe Il était une fois...
On ne va pas détailler ici toute la carte car elle est aussi généreuse que ces trois joyeux cuistots mais sachez tout de même que pour cet authentique repas de gala (avec apéro-gourmand offert à l'issue du spectacle) , la note est loin d'être salée puisque
(c) Armelle Périe
 la fourchette de prix se situe entre 24 et 34 € !
Il est donc vivement conseillé de réserver ses couverts ...

Jusqu'au 7 janvier 2019, le dimanche à 16 heures et le lundi à 20h30 (séances supplémentaires les 8, 15, 22, 29 décembre 2018 et 5 janvier 2019 à 18 h, le 24 déc. à 19h, le 25 déc. à 16h, le 28 déc. à 18h30 et le 1er janvier 2019 à 16 h), au Théâtre La Bruyère, 
5, rue La Bruyère, 75009 Paris. 
Locations au 01.48.74.76.99. et points de vente habituels. http://www.theatrelabruyere.com/

20 nov. 2018

Les bonnes ondes d'Arthur de la Taille

(c) Seb Farges
Il y a quelques jours sur la scène parisienne des Trois Baudets, cet artiste bordelais interprétait, seul avec sa guitare, quelques titres extraits de son premier album "Ministère des ondes", déjà consacré "coup de coeur" par l'Académie Charles Cros.
Une riche palette musicale avec des couleurs folk et pop, un soupçon d'influences latines pour faire plus exotique...
Difficile de résister au charme intemporel et au timbre de ce jeune auteur-compositeur qui s'interroge avec sensibilité et une certaine désespérance sur "les anges", les dérives du monde  ("Sans visa","On ne verra pas tout"), les amis qui partent ("Pour que tu reviennes")...
On peut aussi préférer (ce qui est notre cas) les chansons d'amour comme "l'Or des jours","Ma belle", "Ellie's Song" (dédiée à sa fille) qui lui ont inspiré de jolies rimes.

Après la belle aventure du duo de guitares Gadgé, celui formé avec sa soeur Clémence (Calame), Arthur de la Taille se lance dans l'aventure en solitaire.
"Quand est-ce qu'on part, qu'on met les voiles ? Faut qu'on essaie de larguer les amarres" demande-t-il dans la chanson "Changer d'air". On a bien envie de le suivre...

- album "Ministère des ondes" (L'Autre Distribution), disponible depuis le 19 octobre dernier.
Prochain concert le 6 décembre 2018 à Bordeaux (Le Caillou du Jardin Botanique).

"Carnival" ou les tribulations d'un ogre à la triste mine

(c) Hervé Photograff
Chaque année, à l'approche des fêtes, la troupe du Cirque Électrique remise accessoires dangereux et coupants (tessons de bouteilles, agrafes, épingles...), talons aiguilles, tenues sexy et esprit trash, pour endosser des costumes et numéros plus traditionnels destinés au jeune public.
"Il était une fois ou bien deux fois plutôt qu'une... Il était une fois ou bien plusieurs..." annonce le récitant pour présenter "Carnival".
Il était une fois donc, un ogre ridicule, tout maigre et trouillard qui se nourrissait de choux-fleur et de salade... Bref, un looser, la honte de la famille !
Son rêve ? Faire du cirque. Mais devenir saltimbanque demande un certain talent. A l'instar du jongleur de feu, de la fildefériste ou de l'acrobate à la roue Cyr qui se succèdent sur la piste.
Des tableaux de facture assez classique dont on retiendra le poétique et esthétique numéro avec deux trapézistes, celui de l'équilibriste en chaussons de danse évoluant gracieusement sur des verres et des bouteilles, le hula hoop avec de multiples cerceaux... 
Quant à Ledru, l'ogre à la triste mine, même s'il tente de se mettre dans l'ambiance festive en rejoignant les pom- pom girls et s'essaye à quelques maladroites acrobaties  sur des bidons, il ne séduit décidément personne.
Et il n'affole pas davantage les enfants lorsqu'il court vers les gradins, en poussant des cris, le visage recouvert de pinces à linge. 
Écrit par Eugène Durif et mis en scène par Hervé Vallée, ce "Carnival" qui accueille les spectateurs à partir de 2 ans, se termine par une virée au bar à sirops pour une "free kids party", avec ballons et dégustation de crêpes.
(c) Hervé Photograff
Il manque peut-être au menu, ce singulier grain de folie que nous aimons tant au Cirque Électrique... 

Jusqu'au 23 décembre 2018, les sam. et dim. à 15 h (le 15 et le 22 décembre à 20 h) et les mer. 12 et 19 décembre à 15 h, 
au Cirque Électrique, Place du Maquis du Vercors, 75020 Paris. Tél.: 09.54.54.47.24. Prix: 16 € et tarif réduit à 11 €.
mailto:reservation@cirque-electrique.com
Infos sur  http://www.cirque-electrique.com/

19 nov. 2018

Noga : "Je crois que c'est dans la musique et la transition qu'on peut transcender"

(c)  Yann Zitouni
Dans son nouvel album "Next", enregistré notamment avec ses talentueux complices  Patrick Bebey (piano, claviers, senza, percussions, flûte pygmée...) et Olivier Koundono (cordes, basse, claviers...), Noga  s'est entourée de nouvelles plumes. Celles de Marie Nimier, Alexis HK, Patrice Guirao, Serge Lama... sans oublier Allain Leprest.
Des chansons qui parlent du temps qui passe, de la force de l'amour et de l'amitié, de l'absence...sur des mélodies métissées de jazz, de variétés et de world.
Un opus dense et vivifiant, traversé par un sentiment d'urgence mais qui, paradoxalement, invite à prendre une pause, à se ressourcer pour mieux repartir.
Rencontre avec une artiste qui se renouvelle sans se trahir.

- On trouve une pléiade d'auteurs dans "Next", c'est une première pour toi ?
 J'ai suivi les suggestions de Danièle Molko (récemment disparue) qui a initié ce projet.
- Dans la chanson "N'écoute que ceux qui ne te disent rien", Patrice Guirao te fait chanter "l'amour n'est qu'une béquille pour boiter toute une vie". Tu te retrouves dans ces mots ?
C'est une vraie question. Je lui ai écrit pour lui dire que je ne savais pas si je pouvais défendre cette phrase. Il m'a expliqué qu'il ne fallait pas que je m'arrête à la béquille parce que lui parlait d'amour.
- Il y a aussi des titres plus légers comme "Mes amies" ?
Je pense que cette légèreté tient beaucoup à la signature musicale. Pour moi, cette chanson est un clin d'oeil à toutes ces femmes qui m'ont permis de "transitionner" ! Dans l'album précédent, je faisais déjà référence au côté libérateur des potins féminins.
- Dans le livret, tu parles de ta résistance au changement ?
Je sortais de l'accouchement de l'album "Laisser partir". Avec ces nouvelles collaborations, je me suis retrouvée dans une sorte de précipitation, dix mois à peine après la perte de mon mari. Olivier (Koundouno) qui me connaît bien m'a permis de me remettre en question. Je crois que c'est dans la musique et la transition qu'on peut transcender.
Le temps qui passe tient une place importante dans "Next" ?
C'est une thématique qui a toujours été là. Quand on commence à perdre des gens on a encore plus envie d'apprécier chaque instant, d'aller à l'essentiel. J'ai parfois une tendance naturelle à butiner, à m'égarer dans des situations qui ne me nourrissent pas.
- Dans la biographie qui accompagne l'album, tu évoques aussi ce "vase qui tient tout" ?
Avec ceux qui m'accompagnent, nous avons une telle complicité que nous n'avons plus besoin de  parler. Je me souviens qu'à la fin de l'enregistrement, nous nous sommes retrouvés dehors à minuit. C'était un moment fort. Nous évoluons dans une transparence qui fait que tout devient simple.
- Une simplicité que tu souhaites partager avec le public ?
Même si cela ne m'empêche pas d'aimer la musique électronique, j'ai choisi d'être dans une pulsation plus terrestre, plus organique. Nous vivons dans une époque dominée par la peur, la rigidité. Je suis de plus en plus convaincue que cette musique a besoin d'être entendue.
- Il paraît qu'à l'origine, l'album devait s'appeler "Léger la vie" ?
C'est vrai. Il faisait référence au texte de Serge Guirao qui est d'une profondeur incroyable. Il a notamment écrit :  "Un jour suffit pour se donner la vie quand tout le reste est dit..." .
Cette chanson est difficile car on est constamment sur le fil du rasoir. Il faut éviter de tomber dans le pathos. Mais le titre "Next" s'est imposé comme une évidence.
- Peux-tu nous parler de ces "Psaumes de minuit" que tu interprètes en hébreu ?
C'est une langue ancienne et je trouve qu'elle apporte une autre vibration. Elle touche plus profondément nos cellules parce que nous venons tous de quelque part. Dans ces psaumes, tu peux trouver la signification des lettres de ton prénom. Les miennes peuvent se traduire par "Je ne cesserai jamais de chanter"...

Les 27 et 28 novembre 2018, à 20 heures, au Théâtre de l'Atalante, 10, Place Charles Dullin, 75018 Paris. 
Loc. points de vente habituels. Prix: 15 €.
Album "Next" (Musique Sauvage/Pias), disponible depuis le 26 octobre 2018.

18 nov. 2018

Festival Aurores Montréal: sixième édition

Initié il y a une dizaine d'années par l'Association Kalima Productions, ce festival tisse un lien supplémentaire entre la France et nos cousins de la Belle Province. Notre idylle ne date pas d'hier, mais il n'est pas inutile de rappeler que la chanson québécoise ne se résume pas à Céline Dion, Garou ou Coeur de Pirate.
La scène québécoise et canadienne actuelle foisonne en effet de jeunes artistes atypiques et originaux qui partagent avec nous la passion du texte.
Pour cette nouvelle édition, les parisiens auront le choix entre 15 lieux de la capitale (Le Nouveau Casino, La Bellevilloise, l'Auguste Théâtre, le Centre Culturel Canadien, la Maroquinerie...) pour découvrir de jeunes talents ou retrouver des artistes déjà populaires chez nous.
Au programme: le duo Saratoga, Daran, Sarah Toussaint-Léveillé, Moran, Gazoline... ou encore Elisapie, ambassadrice de la culture inuit que le public a pu applaudir en première partie de Pierre Lapointe, salle Pleyel. On n'oubliera pas une halte à la Bibliothèque Historique de la Ville de Paris pour la lecture musicale autour de l'oeuvre de Dany Laferrière :"L'Art presque perdu de ne rien faire"... Un clin d'oeil pour marquer l'engagement du Festival Aurores Montréal qui lui, fait  beaucoup pour apporter un nouveau terreau sur nos racines communes ?

Du 3 au 9 décembre 2018, dans quinze lieux à Paris.
Toutes les infos sur le site http://www.auroresmontreal.com/

14 nov. 2018

L'humour percutant de La Bajon

(c) Philippe Sospedra
"La Bajon est intégralement remboursée par la Sécurité sociale..." promet l'affiche. Une prescription largement suivie puisque la salle était comble lundi soir au Grand Point Virgule. Quant à sa dernière vidéo sur internet "La Bajon-Trésor Public", elle a atteint le chiffre impressionnant de plus de 13 millions de consultations !
Mais attendez-vous tout de même à un traitement de choc car La Bajon n'est pas franchement une adepte de la médecine douce.
Partageant la scène avec son co-auteur Laurent Leroy qui campe le personnage d'un reporter, la comédienne a notamment opté pour une spécialité quelque peu délaissée par ses consoeurs: la politique. Et ses arguments sont imparables. A droite, à gauche, au centre, tous les coups font mouche.
En robe d'avocat et affublée d'un gilet fluo, elle  balance sur Emmanuel Macron, Donald Trump, Jean-Luc Mélenchon, François Hollande, Laurent Wauquiez... et, parité oblige,  s'autorise quelques blagues sur Marine Le Pen, Cécilia Sarkozy ou Julie Gayet.
Elle va même jusqu'à interpeller Dieu et lui jure de faire désormais dans le lisse et le consensuel. Une promesse qu'elle s'empresse d'oublier. Le tout mené sur un rythme d'enfer.
Dotée d'un humour percutant, corrosif, voire franchement trash, elle endosse successivement une blouse de médecin, celle d'une femme de ménage ou encore le tailleur impeccable d'une directrice d'entreprise qui convoque ses employés, le matin de Noël, pour distribuer des licenciements.
Au passage, elle s'offre des apartés sur les végétariens, la corrida, les migrants, la police nationale ou les relations entre les couples, évoque sa phobie des gamins et de l'accouchement, livre des anecdotes sur les coulisses de l'Eysée...
En veine de confidences, elle propose même de répondre aux questions des spectateurs. Quant au titre du spectacle "Vous couperez", il est laissé à la libre interprétation du public.
On l'aura compris, La Bajon ne pratique pas l'humour courtois. Et on aime sa belle et salutaire insolence.

Les dimanches et lundis à 19h45 jusqu'au 30 décembre 2018,
séance exceptionnelle le 31 décembre 2018 à 18 h,
au Grand Point Virgule, 8 bis, rue de l'arrivée, 75015 Paris.
Tél. 01.42.78.67.03. http://www.legrandpointvirgule.com/
Et en tournée dans toute la France.

12 nov. 2018

Une exaltante "vie de pianiste"

(D.R.)
Faire ses premières gammes dans la Roumanie de Ceaucescu n'est pas forcément le plus sûr chemin pour intégrer le Conservatoire National de Paris !
Avec "Une vie de pianiste", joyeusement mise en scène par sa complice Agnès Boury, Paul Staïcu nous raconte, en musique, son parcours atypique.
"Bienvenue dans la Ceauceschool" proclame-t-il en ouverture de ce spectacle où humour et virtuosité se conjuguent sans fausse note.
En évoquant l'école classique sous un régime où la culture était loin d'être une priorité, son évasion rocambolesque, sa mère bloquée à Bucarest, sa découverte inavouée du jazz, l'obtention de l'asile politique... Paul Staïcu aurait pu nous tirer les larmes. Un peu comme un roman de Dickens, version roumaine ! Mais l'artiste se garde bien de jouer sur ce registre.
"Je kiffe" répète cet incorrigible optimiste tout au long de ce seul en scène. Et on kiffe avec lui tant sa passion et son énergie sont communicatives. Un maestro capable de jouer dans le noir complet et qui, entre deux confidences, interprète sur un double clavier des morceaux de Prokofiev, Elton John, Boney M, Eroll Garner, Oscar Peterson, Bobby Mc Ferrin, Led Zeppelin, Chopin...
Au passage, il nous régale aussi d'une séquence rap, imite la posture de Ray Charles, joue le générique de Dallas, une série qui lui a permis d'apprendre l'anglais ou se livre à de savants calculs sur le pourcentage de mélomanes qui abandonneront l'apprentissage en cours de route.
Le visage et le jeu de Paul Staïcu sont bien connus du public puisqu'il a tourné avec "Duel Opus 1 et 2" durant une quinzaine d'années. Un duo dans la veine frondeuse du Quatuor ou de La Framboise Frivole. Leur credo ? Mettre leur art (récompensé par de prestigieux diplômes) au service du rire et de la fantaisie. Le tout, sans partition, évidemment.
A l'issue de ce show (qui passe bien trop vite), plutôt que le sempiternel "si vous avez aimé dites le à vos amis.." Paul Staïcu invite les spectateurs à lui envoyer, via les réseaux sociaux,  une photo avec leur instrument préféré. Pas sûr que l'on retrouve la flûte remisée dans un placard depuis belle lurette, mais cette belle et exaltante vie d'artiste nous donne indiscutablement envie de (re)faire de la musique !

Chaque mardi, à 21 heures, jusqu'au 18 décembre 2018, à la Comédie Bastille, 5, rue Nicolas Appert, 75011 Paris. 
Tél.: 01.48.07.52.07. Prix: 27 et 32 € (- de 26 ans à 10 €).
http://www.comedie-bastille.com/

9 nov. 2018

"More Of The Good", Lisa Ekdahl

Le titre de l'album qui sort aujourd'hui,  est déjà engageant ! Comme une invitation à se laisser bercer par la douceur et la sensualité du timbre si singulier de la chanteuse suédoise. A profiter de ces instants de grâce que la vie nous réserve parfois.
 A l'image de ce nouvel album en anglais, enregistré à Stockholm. Sans doute le plus réussi, même si en vingt ans de carrière, Lisa Ekdahl n'a cessé de nous surprendre en flirtant joliment avec le jazz, la bossa nova, la pop, la soul... 
Parmi les dix chansons dont elle a signé tous les textes, on retiendra des titres comme "Let's Go To Sleep" qui ouvre l'opus,"Thorn in My Heart", "Sweet Feeling Of Freedom" (avec le talentueux Nils Törnqvist à la batterie) ou encore "I Know You Love Me", porté par la trompette magique d'Ibrahim Maalouf.
Depuis "When Did You Leave Heaven ?" et "Back to Earth", deux albums de reprises jazz qui l'ont fait connaître chez nous, Lisa  n'a jamais raté ses rendez-vous avec le public français. Et "More Of The Good" est une fois encore à la hauteur de notre attente.

- "More Of The Good" (Okeh/Sony Music), sortie officielle le 9 novembre 2018.

8 nov. 2018

Charlotte Valandrey: "L'important, c'est d'avoir de belles partitions".

On se souvient de son pétillant minois dans "Rouge baiser", le film de de Véra Belmont. A l'époque, elle a tout juste 16 ans et les rêves d'une jeune fille de son âge. Comédienne pour le cinéma, la télévision et le théâtre, auteur de plusieurs ouvrages évoquant son long et douloureux combat contre la maladie et un coeur trop fragile, Charlotte Valandrey s'est toujours accrochée à ses rêves... Celui d'être chanteuse notamment, qu'elle concrétise avec un premier EP aux sonorités pop, dont elle fêtera la sortie officielle, le 29 novembre prochain, au Zèbre de Belleville, le jour de ses cinquante ans !
Des chansons graves et légères qui parlent de la Bretagne de son enfance, de cinéma, de ses luttes quotidiennes et de ces petits et grands bonheurs qu'il faut prendre le temps de savourer.
Rencontre avec une artiste sensible et émouvante, impatiente de retrouver la scène.

Lors d'une interview, vous avez confié que si le cinéma n'était pas venu vous chercher, vous auriez été chanteuse ?
C'est vrai que c'était mon rêve lorsque j'étais adolescente. A l'époque, dans ma famille, le projet était de faire polytechnique. J'ai fait du cinéma pour échapper à cela.
On a parfois oublié votre présence dans le clip "As The World Falls Down" de David Bowie ?
Sans doute parce qu'il n'est quasiment pas connu en France. Il m'avait remarquée dans le film "Rouge Baiser". Je suis allée à Londres pour le tournage. Et je suis vite rentrée à Paris pour retrouver mon amoureux. Mais je peux dire que j'ai fait un clip avec David Bowie !
C'est aussi par amour que vous avez laissé passer l'occasion de travailler avec Serge Gainsbourg ?
En fait, lorsqu'il a proposé de m'écrire des chansons, je ne le connaissais pas bien. Je ne savais pas vraiment ce qu'il représentait. Avec le recul, je me dis qu'il avait peut-être décelé quelque chose en moi. Et que  j'aurais pu enregistrer l'album de Vanessa Paradis !
Vous n'avez pas de regrets ?
C'était une période où j'étais un peu livrée à moi-même. Je me souviens qu'à 20 ans, je rêvais d'en avoir 50. Je suis bien plus sereine aujourd'hui.
Vous avez écrit plusieurs ouvrages. Pourquoi pas les textes de vos chansons ?
Ce n'était pas ma priorité. Je me considère comme une interprète. J'ai eu la chance de croiser quelqu'un qui m'a cernée au point que les gens sont persuadés que les mots viennent de moi ! L'important, c'est d'avoir de belles partitions. Avec la musique, je me fais plaisir. J'ai passé 15 ans à me sortir de l'enfer. Quand les gens viennent me voir après un concert je me sens portée par leur bienveillance. J'ai débuté au Nez Rouge (une péniche amarrée Quai de l'Oise, dans le 19e) et, avec mes trois musiciens, nous avons déjà assuré une quinzaine de dates. Lorsque je chante, je ne joue pas un rôle. S'il y a une chose qu'on ne peut pas m'enlever, c'est ma spontanéité ! Je n'ai jamais pris de cours de chant mais j'apprends chaque soir, je trouve mes marques. Mon rêve serait de partir en tournée et de me produire dans des petites salles un peu partout en France.
En parlant de vous produire, c'est vous qui assurez le financement de ce disque, non ?
C'est vrai.Ce serait flatteur de trouver quelqu'un qui souhaite partager la production. Être sa propre productrice, c'est prendre des risques mais c'est aussi une grande liberté.
Celle peut-être de vous mettre un soir au piano ?
Ma mère était pianiste et, si l'aventure continue, je pourrais bien me laisser tenter.
Vous envisagez d'abandonner votre carrière de comédienne ?
Pour l'instant, je ne me pose pas la question. Je profite de l'instant présent...

Le 29 novembre 2018, à 20h30, au Zèbre de Belleville, 63, boulevard de Belleville, 75011 Paris. Tél.: 01.43.55.55.55. Prix des places: 20 €. www.lezebre.com

Rencontre avec Louis Bertignac

Le co-fondateur du groupe Téléphone n'a jamais caché sa passion pour le rock et les artistes qui ont bercé ses jeunes années. Après le succès des deux concerts donnés avec les Insus au Stade de France à l'automne dernier, Louis Bertignac revient avec un nouvel album solo logiquement baptisé "Origines". Des titres de Bob Dylan, The Police, The Rolling Stones, Éric Clapton, Rod Stewart... dont il a écrit toutes les adaptations françaises.
Rendez-vous le 17 novembre 2018, à 16 heures, à la Fnac Ternes pour une rencontre et une séance de dédicaces. Évènement gratuit, dans la limite des places disponibles.

Forum des rencontres, niveau 4
26/30, avenue des Ternes
75017 Paris

30 oct. 2018

"Origines" par la Compagnie Alexis Gruss: 250 ans d'histoire !

Astley-Stephan Gruss
Pour sa 44ème création intitulée "Origines",  la Compagnie Alexis Gruss nous invite à partager un épique voyage dans le temps !
Nous sommes en 1765... Alors qu'il quitte l'armée, Philip Astley, cavalier émérite, reçoit en cadeau un cheval prénommé Gibraltar. Trois ans plus tard, ce dernier deviendra la vedette d'un show que l'ancien soldat présente à Londres.
Chez nous, c'est l'italien Antonio Franconi, considéré comme le père spirituel du cirque français qui développera l'idée de spectacles présentant principalement des numéros équestres. Tandis qu'Outre-Manche Andrew Ducrow créait le fameux numéro de La Poste qui devait devenir un classique des arts de la piste...
250 d'histoire racontés en 5 actes et 29 scènes, c'est le défi lancé ici par la quinzaine d'artistes évoluant sous le chapiteau. Et c'est loin d'être le seul ! Car, une fois de plus, dans ce spectacle mis en scène par Stephan Gruss, les numéros rivalisent de virtuosité et de créativité.
Le tout rythmé par la grâce et la beauté des quarante chevaux. Des animaux dont on dit qu'ils sont les meilleurs amis de l'homme. Et, à coup sûr, ceux de la Compagnie Alexis Gruss...

Romuald Gruss
Après une première partie consacrée aux "Origines", avec des cavaliers et des écuyères en costumes d'époque, des saltimbanques, des dresseurs d'animaux, des jongleurs, un orchestre live de dix musiciens, une chanteuse et narratrice...place au cirque contemporain en seconde partie.
Nous sommes de retour en 2018 et les jeans, baskets et justaucorps ont remplacé les uniformes et les robes longues. Des tenues sans doute plus appropriées pour effectuer voltiges et autres acrobaties !
Et, puisqu'il faut bien faire un choix... on retiendra des tableaux comme celui de La Poste qui bat largement le record détenu par Andrew Ducrow,  celui du fildefériste évoluant sur deux niveaux, les sauts au-dessus de 6 chevaux alignés, les superbes ballets équestres...
Svetlana et Firmin Gruss
Et enfin celui qui met en scène la gracieuse Svetlana et son audacieux partenaire Firmin. Un numéro qui conjugue à lui tout seul la prouesse, la poésie, la tendresse et la complicité. Comme une rayonnante parade amoureuse...
Au final, on ne peut que s'incliner à notre tour devant le savoir-faire de la troupe qui revient, à cheval, saluer le public.

Jusqu'au 10 mars 2019, Porte de Passy, Carrefour des Cascades, 75016 Paris (navette gratuite à la sortie du métro Porte d'Auteuil). Prix: de 22 à 81 €. 
Renseignements et réservations au 01.45.01.71.26 et sur le site http://www.alexis-gruss.com/
Tournée des Zénith dès le printemps 2019: les 23 et 24 mars à Toulouse, les 30 et 31 mars à Lyon (Halle Tony Garnier), les 6 et 7 avril à Bordeaux (Metropole Arena), les 13 et 14 avril à Toulon, les 27 et 28 avril à Strasbourg, les 4 et 5 mai à Lille, les 11 et 12 mai à Caen, les 18 et 19 mai à Nantes, les 25 et 26 mai à Dijon...

29 oct. 2018

Mary Poppins en ciné-concert, avec l'Orchestre Philharmonique de Strasbourg

Vous cherchez une idée de sortie pour vos bambins ? Pourquoi pas une virée dans la campagne anglaise avec Mary Poppins ?
Le célèbre film de Robert Stevenson est en effet programmé à la Philharmonie de Paris, pour la première fois, en version ciné-concert.
Dirigé par Franck Strobel, l'Orchestre Philharmonique de Strasbourg interprétera les thèmes musicaux de Richard M. Shermann & Robert B. Sherman dont le célèbre "Chem Cheminée" mais aussi la danse des pingouins, celle des ramoneurs...
Les parents retrouveront avec plaisir la délicieuse Julie Andrews et le facétieux Dick Van Dyke dans ce classique des films Disney, qui n'a pas pris une ride.
Quant aux plus jeunes, on prend le pari qu'ils trouveront l'idée "Supercalifragilisticexpialidocious "!

Le samedi 3 novembre 2010 à 14h30 et 20h30 et le dimanche 4 novembre 2018 à 16h30,
à la Philharmonie de Paris, grande salle Pierre Boulez, 221, avenue Jean-Jaurès, 75019 Paris.
Tarifs: de 30 à 60 €. Tél.: 01.44.84.44.84. http://www.philharmoniedeparis.fr/

26 oct. 2018

Foé: un artiste en phase avec son époque

(c) Louis Canadas
Depuis la sortie de son premier album "Îl", au printemps dernier, Foé ne cesse d'alimenter les pronostics des médias.
Son flow qui le situe entre Stromae et Gaël Faye, son timbre étonnamment grave, capable de s'épanouir dans des envolées vocales quasiment lyriques sont déjà impressionnants. Ajoutez à cela une densité et une maturité dans l'écriture et la composition assez inattendues chez un garçon de tout juste 21 ans... et il n'en faut pas davantage pour ouvrir les paris sur son avenir artistique. Et, histoire de nourrir encore un peu le personnage, son nom de scène lui aurait été inspiré par Daniel Defoe, l'auteur britannique de "Robinson Crusoé".
Quant à son répertoire, bien malin celui qui aurait l'idée saugrenue de le faire entrer dans une case !
Pop, chanson, hip hop, électro ? Foé picore dans les multiples inspirations qui passent à sa portée. "Je m'arrive pas à m'inscrire dans un style. Je pense que c'est ça qui fait que différentes personnes arrivent à aimer mes chansons. Cette caractéristique peut faire ma différence aujourd'hui" expliquait-il récemment dans une interview.
Pour sa première date parisienne, le 17 octobre dernier, au Café de la Danse, le public a eu une sacrée surprise en découvrant Vianney, venu seul avec sa guitare pour interpréter quelques titres, en début de soirée ! "Je suis honoré d'assurer sa première partie" a confié l'auteur de "Je m'en vais".
Dans un décor stylisé, sensé représenter la chambre dans laquelle il a concocté les chansons de l'album, Foé évolue sur scène avec l'énergie de sa jeunesse. Entre rythmiques digitales et mélodies sophistiquées jouées sur son drôle de piano (rapporté de Toulouse), il passe des accents protecteurs de "Bouquet de fleurs", une chanson écrite pour sa petite soeur, au touchant "Mommy", au lyrisme envoûtant, entre rap et mélopées orientales, de "Nuria", aux interrogations de "Alors Lise", l'histoire d'un garçon qui s'est fait larguer pour une fille...
En rappel, il offre également une relecture inspirée du "Coup de soleil" de Richard Cocciante. De quoi faire encore grimper la température dans la salle... qui était pourtant à son maximum !
A l'instar de Tim Dup ou Eddy de Pretto, Foé semble rallumer, auprès des jeunes, une certaine flamme pour la chanson française.

En concert le 17 novembre 2018 au Cargo de Nuit à Arles, le 27 novembre à Cebazat (Le
Sémaphore), le 1er décembre au Charabia Festival de Reims, le 6 décembre au Trianon Transatlantique de Rouen, le 7 décembre au Café de La Marine de Sotteville-Lès-Rouen... 

"On l'appelait Roda", un film de Charlotte Silvera

Dès les premières images, on entre de plain-pied dans l'univers d'Etienne Roda-Gil. Sa belle crinière blanche auréolée de fumée (la cigarette n'est jamais loin) penchée sur une machine à écrire, il tape avec deux doigts ce qui deviendra sans doute un succès.  "J'ai écrit 747 chansons. Elles sont toutes enregistrées. Il n'y a pas de fond de tiroir" confie celui qui se définissait lui-même comme "un poète industriel".
Un poète qui a prêté sa plume à  Julien Clerc, Juliette Gréco, Barbara, Johnny Hallyday, Françoise Hardy, Christophe, Claude François, Vanessa Paradis,  Louis Bertignac,  Alain Chamfort, Pascal Obispo, Mort Schuman, Roger Waters...
Un parcours artistique semé de tubes populaires et de belles rencontres, que Charlotte Silvera nous invite à suivre, de la rue Cassendi à La Closerie des Lilas "sa maison secondaire" !
Entre deux déclarations parfois péremptoires mais chargées
d' humanisme, ce fils d'un anarchiste catalan, laisse parfois échapper des blessures aussi profondes que les eaux du Lac Majeur...
Outre la richesse des témoignages d'artistes et des documents présentés, la puissance de ce film tient à la complicité que Charlotte Silvera a su établir avec cet énigmatique visionnaire. Au fil des images, on (re)découvre un homme dont les plus belles chansons  s'adressaient en fait à sa femme Nadine. C'est d'ailleurs lors de sa disparition que Roda et Julien Clerc, son interprète fétiche, mettent un terme à leur brouille pour enregistrer l'album "Utile".
"Roda, c'était une vision triomphante de l'amour" explique Julien.

Impétueux, écorché, marqué par ses premières années dans un camp de réfugiés à Montauban où on le surnommait "le muet", Roda faisait aussi preuve d'une infinie tendresse. A l'image des séquences avec Vanessa Paradis où ce militant acharné semble déposer les armes, le temps de rendez-vous complices.
Etienne Roda-Gil est parti le 28 mai 2004, mais il laisse en héritage quelques-unes des plus belles déclarations d'amour de la chanson française...

- "On l'appelait Roda", de Charlotte Silvera. Sortie le 31 octobre 2018.

23 oct. 2018

L'univers fantasque de Fabrice Petithuguenin

Il nous aura prévenus : "C'est compliqué" annonce l'affiche de Fabrice Petithuguenin, dans ce seul en scène traversé...par une pléiade de personnages.
Des hommes et des femmes tour à tour burlesques, touchants, gentiment barrés ou complètement déjantés. Voire tout cela en même temps ! On comprend que les visites chez la  psychothérapeute Michèle ponctuent de manière récurrente ce spectacle, mis en scène par Mikaël Chirinian.
Le public, quant à lui, adhère aux interrogations de ce garçon sensible et survolté qui évoque avec la même verve ses petites névroses, les dîners familiaux, ses boîtes a secrets, les mérites du flan de poisson, les branchés de la communication, la mode des légumes oubliés sur lesquels il ne faut pas oublier de remettre de la terre ou la visite qui s'éternise un peu chez le proctologue...
Au passage, il nous offre même quelques pas de danse contemporaine et des couplets plutôt bien chantés sur des musiques composées par Alex Beaupain.
Nouveau venu sur la scène des humoristes, cet ancien graphiste confie : "Ça a été une sorte d'urgence. Dans la vraie vie, je fais rire mon entourage alors pourquoi pas ouvrir le cercle de mes amis ?". 
Des amis qui devront faire quelques calculs pour inscrire son spectacle dans leurs agendas car, même pour les dates des représentations... c'est compliqué !

Chaque 1er, 3ème et 5ème jeudi du mois, jusqu'au 31 janvier 2019, à 21h15, au Théâtre Le Bout, 6, rue Frochot, 75009 Paris. 
Tél.: 01.42.85.11.88. Prix: 20 € et tarifs réduits à 12 €. 
http://www.lebout.com/

22 oct. 2018

Tamino en showcase au Forum des Halles

"Lorsque j'écris, les différentes composantes de mon identité ne se manifestent pas consciemment. Je laisse les choses se faire naturellement..." confie celui que l'on surnomme déjà le prince d'Anvers. Porté par le succès du titre "Habibi", Tamino, jeune auteur-compositeur flamand, d'origine égyptienne, vient de sortir son premier album "Amir" (son 2ème prénom), unanimement salué par les critiques.
Ses fans, et ils sont nombreux, ont rendez-vous  le vendredi 26 octobre, à 18 heures, à la Fnac Forum des Halles, pour un mini-concert suivi d'une séance de dédicaces.
Évènement gratuit et ouvert au public, dans la limite des places disponibles

Forum des Halles- Portes Berger/Lescot
75001 Paris



21 oct. 2018

Maurane: un émouvant hommage à Brel

Sur la pochette, pas de nom d'album ni d'artiste, mais deux visages: ceux de Brel et de Maurane. Une illustration réalisée par Lou Villafranca, la fille de la chanteuse. Un peu comme si les mots étaient devenus superflus.
Après deux ans d'absence, l'inoubliable interprète de "Toutes les mamas" , "Sur un prélude de Bach", "Tout pour un seul homme", "Pas gaie la pagaille", "Tu es mon autre" (en duo avec Lara Fabian)... avait repris le chemin des studios. Plus exactement celui du fameux ICP à Bruxelles pour un projet qui lui tenait à coeur: un hommage à Jacques Brel. 
Hasards de la vie, c'est avec des reprises de son compatriote qu'elle avait débuté dans la rue et sur les terrasses des cafés en Belgique. Et c'est en allant une nouvelle fois à la rencontre de ce répertoire qu'elle s'est éteinte le 7 mai dernier.
Avec l'aide de Philippe Decock, le pianiste de sa mère et entourée de ses musiciens, Lou s'est totalement investie pour que ce beau projet voit le jour."Merci à toi... d'avoir vécu une vie qui me permette de te garder près de moi"  peut-on lire sur le livret.
Sorti le 12 octobre dernier (Label Polydor), cet album était évidemment attendu. Sur les 14 maquettes enregistrées, 12 ont été gravées. De "Je ne sais pas" à "Ne me quitte pas" en passant par "La chanson des vieux amants",  "Voir un ami pleurer", "Quand on n'a que l'amour" ou "Une île", une chanson moins connue de Brel. Si la voix semble parfois un peu bridée, l'émotion traverse chaque note, chaque mot. Une interprétation à l'image de Maurane: sobre, émouvante, d'une incroyable musicalité et exempte de toute démonstration. Depuis depuis son premier 45 tours 'J'me roule en boule", ce qui touche chez cette artiste, c'est ce mélange de force et de fragilité, de mélancolie, de joie aussi parce que comme elle le chantait si bien :" la vie c'est fait pour danser..."
Comme sur "Vesoul" qui n'est pas forcément notre chanson préférée de Brel mais qui, par la grâce de Maurane, nous emporte dans un grisant tourbillon.
Et lorsque dans "La quête" (extrait de "L'homme de la Mancha") elle chante "Rêver un impossible rêve, porter le chagrin des départs, brûler d'une possible fièvre, partir où personne ne part...", ces mots prennent une bouleversante résonance.
Maurane est partie, mais Lou a fait en sorte que ce rêve-là soit possible... 


18 oct. 2018

Nina Papa: "sans mes musiciens, je n'existerais pas".

(c) Jc Pouget
Elle est brésilienne mais cela fait quelques années déjà qu'elle a choisi de poser ses pénates dans la ville de Nice. C'est d'ailleurs dans les clubs de la Côte d'Azur que les amoureux de la bossa-nova ont pu apprécier cette belle interprète dans des reprises de Tom Jobim,  Gilberto Gil ou Vinicius de Moraes.
Après un premier album dans lequel elle rendait hommage à ses illustres aînés, Nina Papa vient de sortir "Evidência" dont elle a signé la plupart des textes. Douze titres qui balancent entre jazz et sonorités brésiliennes,  enregistrés avec un solide combo de musiciens (Marc Peillon à la contrebasse, Cédric Le Donne et Alain Ruard à la batterie, Franck Le Donne aux percussions), et la complicité de la compositrice et pianiste Béatrice Alunni, de l'inventif saxophoniste alto Baptiste Herbin et du grand batteur André "Dédé" Ceccarelli.
Outre "Evidência" qui donne son titre à l'opus, on craque littéralement pour le bienfaisant "Vento", le tourbillonnant "Férias", "Agora"... sans oublier une version aussi enlevée qu'originale de "La Javanaise" de Gainsbourg.
Rencontre avec une artiste solaire, quelques jours avant son concert parisien au Studio de l'Ermitage, le 24 octobre prochain.

Ton premier album est sorti en 2005 et celui-ci il y a quelques jours. Pourquoi avoir attendu si longtemps ?
En fait, je n'ai jamais cru que c'était important de faire un album ! Il fallait que je rencontre les bonnes personnes et que je me sente prête.
Que cela apparaisse comme... une évidence ?
Tout-à-fait. C'était le bon moment pour moi.
Peux-tu nous parler de ta rencontre avec Béatrice Alunni ?
Elle était ma prof de solfège il y a deux ou trois ans. Avec elle, je me suis tout de suite sentie à l'aise. Elle a composé quasiment toutes les musiques des chansons originales de l'album (sauf "Easy Road", musique de Marc Peillon et "Brincar de amor"musique de Nina). La veille de l'enregistrement en studio, elle est arrivée avec la chanson "Ces mots pour toi" qu'elle a écrite en pensant à son amoureux ! C'est aussi elle qui a imaginé les arrangements sur "La Javanaise".
As-tu songé à d'autres reprises en français ?
Sur l'album, j'interprète également "Plus fort que nous" de Francis Lai, une chanson extraite du film "Un homme et une femme" de Claude Lelouch. Et, dans mon premier album il y avait "De t'avoir aimé" de Charles Aznavour. Mais j'avoue que chanter du Gainsbourg me faisait un peu peur. "La Javanaise" est une chanson tellement sensuelle et marquée par son auteur. J'aime la chanson française et des artistes comme Brel, Nougaro... Mais j'adore aussi "Happy" de Pharrell Williams.

Tu retournes parfois au Brésil ?
Je suis partie à l'âge de 19 ans mais j'essaie d'y retourner au moins une fois par an. Mes frères et mon oncle sont musiciens. J'ai débuté au Brésil dans une chorale. J'ai commencé à chanter des oeuvres de Villa-Lobos ou des airs d'opéra comme "La Bohème" de Puccini.
Sur scène, tu présentes tes musiciens en affirmant que, sans eux, tu n'existerais pas ?
Je ne suis pas musicienne. Je me vois plus comme une interprète et j'aime ça. Alors, sur scène, j'ai vraiment besoin d'eux. Ils sont devenus ma famille.
Une famille qui s'est agrandie avec l'arrivée du saxophoniste alto Baptiste Herbin ?
Je l'ai rencontré grâce à un docteur qui vit à Nice. Il aide les musiciens en les invitant régulièrement chez lui. J'y ai croisé Baptiste un dimanche... et le lundi, il était en studio avec nous ! C'est un artiste qui a vraiment quelque chose en plus. Il respire la musique...

- Album "Evidência" (Distribution Socadisc), disponible depuis le 28 septembre 2018
En concert le 24 octobre 2018, à 20h30, au Studio de l'Ermitage, 8, rue de l'Ermitage, 75020 Paris.
Tél.: 01.44.62.02.86. Prix: 15 € (13 € en prévente). http://www.studio-ermitage.com/

15 oct. 2018

Collection "Music Legend": 25 LP indispensables !

Tout mélomane averti possède au moins un ouvrage dont l'ambition est de vous permettre de constituer "la" discothèque idéale !
A coup sûr, la collection lancée par Wagram Music et justement intitulée "Music Legend" devrait trouver une place de choix sur vos étagères. Même une petite, puisque ces 25 LP sont vendus séparément. Mais il serait vraiment dommage de se priver, chacune de ces pépites étant accessible pour la modique somme de 10 €.
Des pépites rassemblant près de 500 morceaux de chanteurs et musiciens qui se sont illustrés dans le rock'n'roll, la soul, le jazz,  la variété, le blues, le rhythm & blues... tels que Ray Charles, James Brown, Nina Simone, Elvis Presley, Jon Lee Hooker, Gene Vincent, Eddie Cochran, Chuck Berry, Little Richard, Buddy Holly, Bill Haley, Sam Cooke, Fats Domino, The Driffters, Ben E King, The Platters, Jerry Lee Lewis, Carl Perkins, Roy Orbison, Johnny Cash, The Everly Brothers, Ritchie Valens, Cliff Richard, Serge Gainsbourg et enfin Johnny Hallyday.



C'est le journaliste Lionel Eskenazi (Jazz Magazine/Jazzman, Muziq, France Musique...) qui a rédigé la cinquantaine de textes accompagnant chaque compilation (biographie et notice explicative sur le choix des morceaux).
Ces disques sont disponibles chez tous les disquaires de l'hexagone et à l'étranger avec des traductions en anglais.
Si vous n'avez pas conservé votre vieille platine ou cédé à la tendance revival de ces dernières années, sachez tout de même que la série "Music Legend" n'est éditée qu'en LP. Un format qui permet de mettre en valeur le formidable travail graphique.
Couvrant plus de deux décennies (1950 et 1960), les titres choisis ne vont pas au-delà de 1962, pour des raisons de droits.
Mais, on ne s'avancera pas trop en affirmant que cette collection réunit des artistes qui ont écrit quelques-unes des plus belles pages de l'histoire de la musique.

12 oct. 2018

Exposition "Comédies Musicaaaales" à la Philharmonie de Paris

"Le musical vous embarque dans un monde magique où vous pouvez faire des choses qu'aucune autre forme cinématographique n'accepterait... Cela vous donne comme  artiste une très grande liberté" explique Woody Allen.
Et même si le genre,  est parfois critiqué, la comédie musicale a fait rêver plusieurs générations avec des productions telles que "Un jour à New York", "Chantons sous la pluie", "West Side Story", "Les demoiselles de Rochefort", "Chicago", "La Belle et la Bête"... ou plus récemment "La La Land".
Sous-titrée "la joie de vivre au cinéma", l'exposition proposera aux visiteurs une véritable immersion dans les films avec des projections géantes, accompagnées de photographies et de documents rares, un espace ouvert animé par des personnages qui dansent: Fred Astaire, John Travolta, Cyd Charisse...
Vous pourrez également découvrir les coulisses et les grandes étapes de la conception de ces oeuvres cinématographiques dont les budgets sont souvent très coûteux: écriture du scénario, composition de la musique, création des costumes, des décors, des chorégraphies ou des effets spéciaux.
"Chantons sous la pluie"réal. Gene Kelly
et Stanley Donen (1952)
affiche Alexis Oussenko.
Collection La Cinémathèque Française

Familiale par excellence, elle n'oublie pas les plus jeunes en leur proposant de se glisser dans le costume de leurs personnages préférés, d'assister à la projection d'extraits de films sélectionnés pour eux ou  encore de participer à un quiz.
Et, parce que la danse tient évidemment une place de choix dans ces "Comédies Musicaaaales", c'est Fabien Ruiz (coach et chorégraphe pour le film aux 5 Oscars"The Artist") qui guidera vos premiers pas de claquettes tout en vous invitant à réaliser une chorégraphie sur le thème "Il love Paris", de Cole Porter.

Du 19 octobre 2018 au 27 janvier 2019, du mardi au jeudi de 12h à 18h, le vendredi de 12h à 20h et les sam. et dim. de 10h à 20h, à la Cité de la Musique-Philharmonie de Paris, 211, avenue Jean-Jaurès, 75019 Paris.
Tél.: 01.44.84.44.84. http://www.philharmoniedeparis.fr/
Prix: 11 € et 6 € (tarif réduit). 
Gratuit pour les enfants de - de 6 ans, les personnes handicapées et leurs accompagnateurs.

10 oct. 2018

"Abbé Road# 5" et "Le Concert des Coccinelles", deux rendez-vous à ne pas manquer

La rentrée est parfois l'occasion de noter quelques bonnes résolutions, dans un beau cahier tout neuf !
Alors, quand la Fondation de l'Abbé Pierre et l'ANR proposent des concerts qui font rimer musique et solidarité, on n'hésite pas davantage à inscrire ces deux rendez-vous dans son agenda...

- Abbé Road #. Faisant écho à la journée mondiale du refus de la misère, la Fondation Abbé Pierre organise depuis 4 ans un concert contre le mal-logement.
Après Nekfeu, Bigflo & Oli, Georgio, Disiz, Mokobé, Youssoupha... La Cigale accueillera encore une fois des artistes populaires auprès de la jeune génération, particulièrement touchée par ce fléau.
A l'affiche autour de Rim'K, parrain de cette cinquième édition, Ninho, VALD et Sadek. Une initiative qui s'ajoute à près de 900 projets mis en place par la Fondation pour lutter contre l'exclusion.

Le 17 octobre, à 19 h, à la Cigale, 120 Boulevard de Rochechouart, 75018 Paris. www.lacigale.fr
Loc. points de vente habituels. 
http://www.fondation-abbe-pierre.fr/



- Le Concert des Coccinelles. Depuis quelques années déjà Ours et Ben Ricour soutiennent l'Association Neurofibromatoses et Recklinghausen (ANR) avec un festival qui se déroule à Fournès, dans le Gard.
Ils assureront donc évidemment la direction artistique de ce concert exceptionnel, sur la scène du Casino de Paris, destiné à recueillir des fonds pour la recherche.
De nombreux artistes ont d'ores et déjà répondu présents: Alain Souchon, Maxime Le Forestier, Zazie, Hugues Aufray, Renan Luce, Clarika, Aldebert, Gaël Faure, Benoît Dorémus...

Le 3 novembre 2018, à 20h30, au Casino de Paris, 
16, rue de Clichy, 75009 Paris. http://www.casinodeparis.fr/
Tél.: 08 926 98 926. Tarifs: de 40 à 100 €.
Site de l'association: http://www.anrfrance.fr/


4 oct. 2018

Dominique A en showcase à la Fnac Forum des Halles

Actualité chargée cette semaine pour Dominique A puisque, dans la foulée de son livre "Ma vie en morceaux" (Éditions Flammarion), disponible depuis hier, son nouvel album, intitulé "Fragilité" (Label Cinq7) arrive dans les bacs demain 5 octobre.
Le même jour, à 18 heures, il sera présent à la Fnac Forum des Halles pour interpréter quelques extraits de cet opus intimiste et acoustique, enregistré chez lui et en une prise, pour la plupart des titres. Ce showcase sera suivi d'une séance de dédicaces.
Entrée libre, dans la limite des places disponibles.

Forum des Halles-Portes Berger/Lescot
75001 Paris

Jazz s/Seine : 7ème édition

Richard Galliano
(c) Braunschweig
C'est l'un des rendez-vous les plus attendus des amoureux du jazz...et des néophytes. En effet, depuis sa création, le festival "Jazz s/Seine" oeuvre activement pour permettre au plus grand nombre de franchir les portes des clubs et des salles de concerts. "Parce qu'il n'y a pas d'âge pour découvrir le jazz !" affirme Vincent Bessières, Président de l'Association Paris Jazz Club. Une association qui, avec le réseau des lieux de jazz de Paris & Île-de-France, est à l'origine de cette belle initiative.
Une "démocratisation" qui passe évidemment par l'éclectisme et la richesse de la programmation (plus de 400 musiciens et 180 concerts), une volonté de proposer des tarifs accessibles (Pass 3 concerts à 40 € et offre découverte à 10 €) et enfin une démarche pédagogique avec des master-classes, un atelier de Musicothérapie par le jazz (auprès de patients d'une Maison d'Accueil Spécialisée du Nord Est parisien) et des ateliers de sensibilisation des jeunes au sein de leurs établissements scolaires.
Une édition symbolique, la septième, qui s'inscrit dans le cadre du centième anniversaire de l'arrivée du jazz en France. Durant une quinzaine de jours, 25 lieux accueilleront ainsi des artistes comme Carla Bley, Térez Montcalm, Roy Hargrove, Sansévérino, Richard Galliano, Sylvain Boeuf, Thierry Fanfant, Jeanne Added, Vigon & The Dominos, China Moses, Jean-Pierre Bertrand, Roberto Fonseca...
Sanseverino
 (c) Patrick Martineau
Et bien sûr, la désormais traditionnelle soirée showcases, présentée le 16 octobre, dès 20 heures, dans six clubs du quartier des Halles (Duc des Lombards, Baiser Salé, Sunset-unside, Klub et Guinness Tavern), en partenariat avec l'ADAMI et Arte Concert.
Au menu: des projets présentés en avant-première, des sorties d'albums, des collaborations inédites... et la jeune garde de la scène jazz française (avec quelques invités de renom) réunissant Fiona Monbet, Ourim Toumim qui invite Cheick Tidiane Seck, Jean-Pierre Como, Romain Pilon, Florian Pellissier Quartet, The Greenwich Session by Luigi Grasso (avec son invité Alain Jean-Marie), Stéphane Kerecki ou encore Arnaud Fradin & his Roots Combo.

Du 12 au 27 octobre 2018, à Paris et en Île-de-France. Infos et programme complet sur le site http://www.parisjazzclub.net/

La fête des Labels Indépendants

Créé en 2016, cet événement célèbre, à juste titre, l'incroyable vitalité des labels indépendants (français et européens) qui occupent une part essentielle dans l'industrie musicale.
L'occasion pour les mélomanes et les collectionneurs de faire leur marché en dénichant des vinyles rares, des exclusivités, tout en assistant à des performances en live, des dédicaces et des DJ sets.
Et surtout de découvrir les catalogues et artistes de labels comme Believe, Pias, Because, On The Corner...
Entrée libre et gratuite.

Le 6 octobre 2018, de 11h à 20h
Halle des Blancs Manteaux, 75004 Paris.
Site officiel www.facebook.com

30 sept. 2018

Pierre-Yves Duchesne: "Plus jeune, je rêvais d'un lieu comme AICOM"

Pierre-Yves Duchesne
En 2004, il avait créé avec quelques amis et artistes l'Académie Internationale de Comédie Musicale (AICOM), la première école en France permettant à des jeunes de se former, dans un même lieu,  au chant, à la danse et au théâtre.
Des élèves (Les Aicomiens) dont certains intégreront des productions à succès comme "Le Roi Lion", "Cabaret", "Grease", "Un Violon sur le toit", "Résiste", "Mamma Mia !"... La renommée des cours dispensés est telle que Pierre-Yves Duchesne doit songer à déménager. C'est maintenant chose faite puisque le Campus AICOM (d'une superficie de 1500 m2) vient d'ouvrir ses portes à Créteil, dans le quartier où a été donné le coup d'envoi officiel du Grand Paris.
Rencontre avec un homme passionné...et pressé puisque, entre deux répétitions d"Il était une fois... Broadway" ( bientôt à l'affiche du Palais des Congrès), Pierre-Yves Duchesne s'envole pour l'Australie où il met en scène la version anglophone de "Madiba".

Le terme académie, c'est une référence à vos origines belges ?
Tout-à-fait. Cela n'a rien de pompeux; Chez moi, en Belgique, c'est ainsi qu'on désigne l'espace où on apprend les bases de la musique.
Lors de la présentation, vous avez dit que, lorsque vous étiez plus jeune, vous auriez rêvé d'un lieu comme AICOM ?
A l'époque, tout était plus compliqué. Les disciplines comme la danse, le théâtre et le chant étaient enseignées séparément, dans des endroits différents. Et, hormis, le temps passé à courir de l'un à l'autre, cela coûtait évidemment plus cher. J'ai vite réalisé que le bon réflexe était de se polyformer avant l'heure.
Pourquoi à Paris ?
J'avais commencé à faire quelques trucs en Belgique et je rêvais de conquérir la capitale !
Vous avez débuté dans l'opérette, non ?
J'ai toujours considéré que lorsque je chantais dans la "Veuve Joyeuse" ou "La Vie Parisienne", c'était déjà de la comédie musicale !
Vous avez aussi été le premier artiste francophone à obtenir le rôle-titre du "Fantôme de l'Opéra" ?
Oui, c'était à Hambourg. J'ai aussi chanté dans "Les Misérables"à Mogador et à l'Opéra de Bonn, dans "Titanic" (Opéra de Liège et Avignon), "Cats" (à Mogador)... J'aime l'idée de transmettre ce que j'ai appris.  Quand je pense que je vais être prochainement sur scène avec mes poulains, je suis très fier !
Pouvez-vous nous parler de ces deux spectacles dont vous assurerez la direction artistique ?
Il s'agit de "Il était une fois...Broadway" qui reprend des classiques de la comédie musicale (Les Misérables, Grease, West Side Story, Cabaret,  Le Fantôme de l'Opéra...), avec 100 choristes, 60 musiciens et des invités comme Liane Foly et Hélène Ségara. Et aussi "Clémenceau, le musical".
Trois représentations seulement, ce n'est pas un peu frustrant ?
Pas du tout. Quand j'ai "accouché" d'un spectacle, que ce soit pour 2 ou 100 représentations, je ressens toujours le même plaisir.
Ce ne sont pas vos seuls projets ?
En effet. Je pars à l'autre bout du monde pour la mise en scène de "Madiba" qui sera en tournée en Australie pour 150 dates. D'autres sont prévues en Afrique du Sud, à Londres... Outre des partenariats d'AICOM avec l'Allemagne, l'Italie et le Canada, nous allons ouvrir une antenne au Québec avec le soutien de Lara Fabian. Et enfin, je sors d'un tournage de 10 jours pour une émission de télévision qui passera sur une chaîne nationale. Mais je ne peux pas encore vous confier son nom...

Campus AICOM, 10, rue Albert Einstein, 94000 Créteil. Tél.:01.45.23.52.69. site: http://www.aicomparis.com/
- "Il était une fois... Broadway", le 6 octobre à 16h et 20h30 et le 7 octobre 2018, à 16h, au Palais des Congrès, 2, Place de la Porte Maillot, 75017 Paris. Places: de 39 à 115 €. Réservation au 08.92.05.00.50.  et sur http://www.viparis.com/
Pour cause de succès, une date supplémentaire est d'ores et déjà prévue le 25 janvier 2019 !
- "Clémenceau", le 10 novembre à 16h et 20h30 et le 11 novembre 2018 à 15h. Places: de 39 à 78 €.