30 janv. 2018

Finale du Prix Ricard S.A. Live Music: 3 jours de concerts gratuits

C'est une grande première ! Dès ce soir, les dix finalistes du Prix Ricard S.A. Live music se produiront durant trois jours au cours d'un festival qui permettra au jury de professionnels et au public de désigner le successeur de Lysistrata.
Dix finalistes se succéderont sur la scène du Café de la Danse: Agape, Alice et moi, Charlotte&Magon, Claire Faravarjoo, Fang The Great, Laake, Luni, MNNQNS, Projections et Why Mud.
Considéré comme l'un des principaux activistes du live et de la scène émergente depuis 1988, Ricard S.A. Live Music a créé ce prix pour soutenir les artistes en développement. Le lauréat bénéficie ainsi d'un impressionnant dispositif d'accompagnement: participation à la tournée Ricard S.A. Live Music et à de grands festivals, production et promotion d'un EP et d'un clip vidéo, coaching (résidence au Chantier des Francos, formation personnalisée à l'IRMA...) ainsi qu'un soutien matériel de Yamaha Music et Line 6, à hauteur de 2000 €.
Pour cette édition 2018, pas moins de 1500 artistes et groupes ont posé leur candidature pour tenter de décrocher leur place au Café de la Danse.
Entrée gratuite sur invitation à réserver sur le site http://www.ricardsa-livemusic.com/

Les 30, 31 janvier et 1er février 2018, à partir de 19 h, au Café de la Danse, 5, Passage Louis-Philippe, 75011 Paris.

25 janv. 2018

Rencontre avec Melody Gardot

Pour célébrer son histoire d'amour avec l'Europe (et la France évidemment), la vocaliste de jazz américaine sortira le 9 février prochain son premier album live: "Live in Europe" réunissant ses succès comme "Baby I'm A Fool", The Rain", "Lisboa", "Morning Sun" ou encore "My One and Only Thrill". A cette occasion, elle viendra à la rencontre de son public, le samedi 10 février, à 16 heures, à la Fnac Ternes. Avant de retrouver la scène de l'Olympia, les 1er et 2 juillet 2018.
Entrée libre, dans la limite des places disponibles.

Forum des rencontres
26/30 avenue des Ternes
75017 Paris

"Enooormes": les joies et les affres de la maternité en chansons

(c) Nathalie Robin
Contre toute attente, trois copines qui n'ont rien programmé, se retrouvent enceintes en même temps ! Il y a Capucine, fervente catholique, naïve et touchante, convaincue qu'il ne faut pas s'opposer à la nature. Une adepte de l'accouchement "dans la douleur"... qui n'est pas forcément du goût de Barbara,  l'exubérante fashion victim. Cette dernière songe tout d'abord à avorter car cette grossesse ne s'inscrit évidemment pas dans son planning surchargé. Et enfin, il y a Mia, rebelle et fragile qui a fait un bébé toute seule.
Trois jeunes femmes que tout oppose mais qui se retrouvent dans les joies et les angoisses de ces neuf mois de préparation, entre les nausées, les envies incontrôlables, les contractions, l'inévitable prise de poids ou la recherche du prénom dans le calendrier des Dieux du Stade !
Entre deux interrogations existentielles, elles s'adonnent à la pâtisserie, devisent autour d'une tasse de thé, prennent des cours pour se familiariser avec le langage bébé et répètent les bons gestes pour changer les couches.
(c) Nathalie Robin


Des saynètes jouées et chantées par trois comédiennes en alternance. Jeudi dernier, c'est Cécilia Cara qui, dans un registre inhabituel pour elle, incarnait une Capucine confondante de naturel. Magali Bonfils était tout aussi convaincante dans les robes couture et les escarpins vertigineux de  Barbara. Et Claire Pérot, dans la salopette de Mia, a touché le public, en interprétant notamment "Baby blues avant l'heure". 
Au-delà du propos plutôt sympathique, ce qui séduit dans ce spectacle co-écrit par Emanuel Lenormand et Alyssa Landry, sur des compositions de Thierry Boulanger, ce sont les chanteuses ! Au point qu'on regrette presque que ces apprentis parturientes mettent de telles qualités vocales au service de gentilles bluettes vantant (ou non) les mérites de la péridurale, le supplice du lumbago ou le réconfort apporté par la dégustation intempestive de fraises !
Malgré un titre qui aurait mérité aussi un peu plus de subtilité, on passe une soirée joyeuse, parfois émouvante et sans aucun temps mort.

Jusqu'au 28 avril 2018, les jeu. et ven. à 21 h, le samedi à 17 h et 21 h, au Théâtre Trévise, 14, rue de Trévise, 75009 Paris. Tél.: 01.48.65.97.90. http://theatre-trevise.com/


22 janv. 2018

Lou Casa: chapeau bas !

(c) Virginie Hellot
Dans la lignée des nombreux hommages rendus à Barbara, pour célébrer le vingtième anniversaire de sa disparition, il y a ceux qu'on oubliera très vite, ceux qui marquent et ceux qui... se démarquent ! Lou Casa, fait partie de cette dernière catégorie. Tout d'abord parce qu'il s'agit ici d'un trio masculin -Marc Casa au chant, son frère Fred au piano et à l'orgue, Julien Aellion à la basse - , qu'ils sont trentenaires et que, non contents de s'attaquer à un répertoire qui porte l'empreinte quasiment indélébile de la Dame Brune, ils ont fait le choix de s'éloigner des titres "incontournables" pour s'aventurer dans une relecture de titres moins connus.  Les cinéphiles ont pu découvrir ce collectif (à géométrie variable) dans une interprétation de "Perlimpinpin" pour le film "Barbara" de Mathieu Almaric. Ajoutez à cela des arrangements épurés qui donnent une jolie touche de modernité à l'ensemble.
Quant au chanteur, Marc, il est indiscutablement "habité". Une énergie fiévreuse, le verbe chargé de fêlures mais le timbre sûr, sa longue silhouette se ballade dans l'univers de Barbara avec une rare sensibilité. Le geste ample, les mains toujours tendues, il semble prendre le public à témoin, lorsqu'il chante "Rien avoir mais passionnément, ne rien se dire éperdument, mais tout donner avec ivresse...". 
Sur scène, l'atmosphère est presque confidentielle, comme dans les cabarets où la chanteuse fit ses débuts. La plupart des titres choisis comme "Le bel âge", "Tous les passants" ou "Sur la place" (une chanson de Brel reprise en 1961 par Barbara) font d'ailleurs référence à cette période.  Il y a aussi des moments plus légers et dansants comme  "La plus bath des javas"  et son petit air de guinguette.
Quitte à s'éloigner encore des sentiers battus, on souhaiterait presque que Marc Casa s'affranchisse d'une certaine théâtralité pour nous emporter totalement. Mais, malgré cette petite réserve, on s'incline "Chapeau bas"...

EP "Chansons de Barbara - A ce jour", sorti en 2016 (Musicast Distribution). 
En concert les 10 et 13 février 2018, à 20 heures, au Café de la Danse, 5, Passage Louis-Philippe, 75011 Paris. Tél.: 01.47.00.57.59. Places: 15 et 20 €. http://www.cafedeladanse.com/

21 janv. 2018

Les Caramels Fous font leur cirque

A l'origine, cette troupe d'artistes non professionnels s'est distinguée en détournant des oeuvres célèbres. Ils ont ainsi proposé des spectacles aussi loufoques que "Les Dindes Galantes", "Les Aventures de l'Archevêque perdu", "La Chose pourpre du Caire", "La Bête au Bois Dormant", "Madame Mouchabeurre"...
Après le succès de "Il était une fois complètement à l'Ouest" (voir sur ce blog, le 26 janvier 2015), les chanteurs, danseurs et comédiens se remettent en piste avec "Cirque plein d'airs". L'histoire d'un chapiteau, au bord de la faillite, après le décès de sa vedette la femme à barbe. Fabio, son héritier tente d'entretenir la flamme en composant avec Enzo, le clown dépressif, l'atrabilaire Monsieur Victor ou  l'incontrôlable dompteuse. L'arrivée d'une troupe de tziganes va donner un nouveau souffle au cirque tout en exacerbant les tensions.
 L'occasion pour le collectif, qui lutte contre toutes les formes de discriminations, d'aborder un tournant plus "politique" que par le passé.
Est-ce la première collaboration avec le metteur en scène Stéphan Druet ou celle du directeur musical et arrangeur vocal David Jean ? Les magnifiques costumes et maquillages créés par Denis Evrard ou les efficaces chorégraphies imaginées par Alma de Villalobos ?  Cette nouvelle aventure des Caramels Fous est une réussite. Le délire est toujours présent avec les parodies de chansons de Prince, Donna Summer, Claude François, Indochine, Bourvil, France Gall, David Bowie et Madonna. Sans oublier quelques incursions dans des partitions signées Rossini, Bizet ou Donizetti. Mais, alors que les premiers spectacles dégageaient parfois un joyeux parfum d'amateurisme, cette dernière production est impressionnante de précision dans les danses ("La parade des clones" notamment) et le chant.
On passe du rire à l'émotion avec un égal bonheur, tout en s'attachant aux personnages qui évoluent sur la piste.
Nul besoin d'emprunter la boule de cristal de la mystérieuse diseuse de bonne aventure, pour prédire que Les Caramels Fous n'ont pas fini de nous enchanter...

Jusqu'au 4 mars 2018, au 13ème Art, Centre Commercial Italie 2, Place d'Italie, 75013 Paris. 
Tél.: 01.53.31.13.13. Tarif unique à 35 € et carré or à 50 €.
Infos pour les dates et horaires des représentations sur le site http://www.le13emeart.com/ 

Familie Flöz - Hôtel Paradiso: un mimodrame insolite

(c) Michael Vogel
Avec ce nouveau spectacle, imaginé par un collectif berlinois, on entre dans un univers à la fois trash, burlesque et poétique. Un monde à mi-chemin entre le théâtre visuel, le mime et l'art du masque. Les premières minutes sont déroutantes car le propos laisse une large place à l'imagination.
Un homme se tient derrière la réception d'un hôtel qui n'a pas de paradisiaque que le nom. Décor vieillot et poussiéreux, fleurs en plastiques, rideaux à fleurs aux couleurs délavées.... L'établissement est tenu par une vieille femme acariâtre, entourée de ses enfants et d'un inquiétant cuistot. L'aïeule mène son petit monde à la baguette ou plutôt à coups de canne dans les mollets de ses rejetons.
Entre deux querelles, ils époussettent le portait d'un
(c) Michael Vogel
homme (le défunt mari et père ?) avant de lui rendre un hommage muet. La force de ce spectacle est en effet qu'aucune parole n'est échangée, tout se jouant sur la gestuelle. On ne parlera pas davantage de  mimiques expressives puisque les personnages sont affublés de masques.
L'action s'emballe avec l'arrivée de clients multipliant les situations rocambolesques, voire dramatiques. Le quatuor endosse tous les rôles annexes: une femme de ménage kleptomane, deux policiers pas très malins, un voleur, un inspecteur venu supprimer les étoiles de l'Hôtel Paradiso... L'occasion d'une scène assez touchante lorsque la vieille dame effondrée quitte la scène pour réapparaître dans le tableau.
Une performance indiscutable pour cette insolite et talentueuse Familie Flöz qui sillonne la planète depuis plus de vingt ans.

Jusqu'au 4 février 2018, du mardi au samedi à 19 h, le samedi à 16 h 30, à Bobino, 14-20, rue de la Gaîté, 75014 Paris. 
Loc. points de vente habituels. Places: de 22 à 51 €.
 http://www.bobino.fr/

18 janv. 2018

Les 20 ans du "Chantier des Francos"


"Le Chantier des Francos va avoir 20 ans et renouvelle l'expérience", promet le communiqué distribué lors de la présentation de la sélection 2018, qui s'est tenue lundi dernier à Paris.
Depuis deux décennies en effet, le Chantier des Francos  propose un solide dispositif d'accompagnement au service des artistes en développement et de la filière musicale.
Au programme: formation, perfectionnement scénique, promotion, diffusion, ainsi que trois parcours adaptés.
Le parcours "Artiste Révélation", d'une durée de 7 mois, réunissant cette année, des artistes comme Aloïse Sauvage, Shelmi, Foé, Blow, Catastrophe, Hyacinthe, Adam Naas, Malik Djoudi, Voyou et Hoshi. Le parcours "Artiste Résident", sur deux ans, destiné à travailler le répertoire, le live et la recherche de partenaires pour Thé Vanille, Jaune, Hervé, Dampa et Nouvelle Frontière.
Et enfin, un accompagnement sur mesure intitulé parcours "Artiste Parrainé", s'adressant à des chanteurs et groupes ayant déjà participé au Chantier des Francos.
Si vous souhaitez participer à la prochaine sélection, réalisée par un comité d'écoute et de repérage du Festival des Francofolies de La Rochelle, les conditions sont les suivantes: justifier d'une expérience scénique de 15 concerts, au minimum, sur les dix derniers mois, avoir une maquette ou un premier album réalisé dans des conditions professionnelles, disposer d'un premier entourage professionnel (éditeur, tourneur, producteur, etc...) et chanter de préférence dans une langue francophone.

Infos sur le site http://www.franfolies.fr/

15 janv. 2018

"Au Fil des Voix": 11ème édition

Au fil... des années, ce festival est devenu le grand rendez-vous des musiques du monde. Une sorte d'amplificateur pour entendre des voix venues du Brésil, de Tunisie, d'Algérie, de Guadeloupe, du Portugal, du Bénin, d'Australie... et, plus près de nous, de Corse ou  du Pays Basque.
A l'affiche: pas moins de 23 pays représentés pour les 28 concerts programmés à l'Alhambra et au Studio de l'Ermitage. Des chants mystiques algériens d'Houria Aïchi à Anne Etchegoyen incarnant la nouvelle génération du chant basque en passant par Mze Shina dans un répertoire profane et sacré de Géorgie, la rumba congolaise de Bumba Massa ou encore la jeune chanteuse et guitariste franco-brésilienne Agathe Iracema,  c'est un véritable tour des cultures du monde qui sera proposé au public, durant deux semaines. Avec en prime, le 31 janvier (à l'Alhambra) la découverte des lauréats du Premier Prix des Musiques d'Ici -Diaspora "Music Awards".

Du 29 janvier au 14 février 2018, à l'Alhambra, 21, rue Yves Toudic, 75010 Paris et au Studio de l'Ermitage, 8, rue de l'Ermitage, 75020 Paris.
Infos sur le site http://www.aufildesvoix.com/


9 janv. 2018

Jacob Banks en showcase à la Fnac des Halles

Très remarqué lors de sa prestation dans l'émission Taratata (sur France 2) ce charismatique crooner est incontestablement l'une des révélations de 2017. Grâce notamment à son dernier EP "The Boy Who Cried Freedom", porté par le tube "Chainsmoking". De la soul et un groove mâtiné de sonorités africaines à découvrir, en live, le mardi 16 janvier, à 18 heures, à la Fnac du Forum des Halles.
Un showcase forcément exceptionnel puisque les concerts de ce chanteur et guitariste, né au Nigeria et élevé à Londres,  affichent généralement "sold out".
Entrée libre dans la limite des places disponibles.

Galerie commerciale Forum des Halles
Portes Berger/Lescot, 1/7 rue Pierre Lescot
75001 Paris


6 janv. 2018

Francofolies de la Rochelle et Main Square Festival: les premiers noms

- Francofolies de la Rochelle 2018. Pour sa nouvelle édition, plus de 80 artistes et groupes sont d'ores et déjà programmés. Parmi les premiers noms annoncés:  Calogero, Véronique Sanson, Shaka Ponk, Bigflo & Oli, MC Solaar, Jain, Orelsan... De nombreuses surprises sont attendues comme le grand retour de SUPREME NTM, formé par le duo JoeyStarr et Kool Shen, dont le dernier concert à la Rochelle remonte à 1996 !
Durant cinq jours, le célèbre festival initié par Jean-Louis Foulquier devrait rassembler de nombreux spectateurs et battre le record de 150 000 festivaliers comptabilisés l'an dernier.

Du 11 au 15 juillet 2018. Esplanade Saint-Jean d'Acre et dans de nombreux lieux de la Rochelle (17000) . Places à partir de 37 €. Loc. points de vente habituels et sur http://www.francofolies.fr/ / http://www.fnac.com/

- Main Square Festival.  Depuis 14 ans déjà, la ville d'Arras est devenue le théâtre d'un rassemblement impressionnant. Il faut dire que les programmateurs ont mis les petits plats dans les grands en invitant des artistes comme Muse, Coldplay, Radiohead, Placebo... Un succès tel que le festival a du quitter la fameuse Grand'Place pour investir la Citadelle Vauban qui permet d'accueillir les nombreux festivaliers. A l'affiche de cette nouvelle édition : Queenstone Age, Nekfeu, The Breeders, Depeche Mode, Liam Gallagher, The Blaze, BB Brunes, Orelsan, IAM, Girls in Hawaii, Jamiroquai...
Les 6, 7 et 8 juillet 2018, à Arras (Pas-de-Calais).  Pass jour 1 à 54 €, Jour 2 à 69 € et Jour 3 à 54 €. Pass 3 jours à 129 €. Loc. points de vente habituels et sur le site http://www.mainsquarefestival.fr/

5 janv. 2018

Slimane: showcase à la Fnac Bercy-Village

Après le succès de son premier album "A bout de rêves" (certifié double platine avec plus de 200 000 exemplaires vendus), le vainqueur de la saison 5 de l'émission The Voice, annonce la sortie de son nouvel opus "Solune", le 26 janvier prochain.
Dans la foulée, il donne rendez-vous à ses fans, pour un showcase exceptionnel  le 27 janvier, à 16 heures, à la Fnac Bercy-Village. Entrée libre, dans la limite des places disponibles.
Le public pourra ensuite l'applaudir au Zénith de Lille le 16 mars et au Zénith de Paris, le 7 avril... avant de découvrir Slimane en comédien dans le premier long métrage de Marc Fouchard, au printemps 2019.

Forum des rencontres
49/53, Cour Saint Emilion, 75012 Paris


Stéphane Corbin : "j'aime les artistes qui poétisent le réel"

(c) Vanessa Buhring
Il a décroché son premier contrat à Paris comme pianiste sur la comédie musicale "Chance" d'Hervé Devolder, joué et chanté dans "La vie parisienne" d'Offenbach, mise en scène par Alain Sachs, composé des musiques pour le cinéma et le théâtre, enregistré deux albums sous son nom ("Optimiste" et "Les Murmures du temps"), assuré les premières parties de Juliette, Thomas Fersen, Dick Annegarn et pas moins de 500 concerts en tournées et sur des festivals...
Depuis quelques années Stéphane Corbin s'est lancé dans la belle aventure des Funambules, un collectif qui lutte, en chansons, contre l'homophobie. Il manquait encore une casquette à l'accomplissement de cet artiste, celle de l'écrivain. Une lacune brillamment comblée avec "Nos années parallèles" (Éditions LamaO). Un ouvrage émouvant, d'une tendresse rare qui se présente un peu comme un double journal. "Lui" parle de son enfance solitaire, de ses premiers émois amoureux, de ses débuts dans la musique... "Elle", sa mère, se souvient de ses nuits à refaire le monde en écoutant du rock'n'roll, de ses rêves de devenir Anna Karénine ou Manon Lescaut, de sa maladie...
Entretien avec un homme apaisé qui répond aux préjugés en composant des chansons comme "J'ai rien demandé", "Nos différences","Histoires d'amour"...

Comment est née l'idée de ce livre à deux voix ?
Ma mère est morte il y a déjà 17 ans et je me suis rendu compte qu'il y avait des choses dont on ne parlait plus, que j'avais peur d'oublier. C'est un livre très intime et cela n'était pas évident pour moi mais j'ai ressenti une certaine urgence à le faire. J'ai eu besoin et envie de parler de son enfance à elle. De cette femme pleine de folie qu'elle était plus jeune et que je n'ai pas connue. C'était une chercheuse renommée. J'ai consigné tout ce qui me revenait. Plus tard, après une rupture amoureuse, je suis parti seul à Saint-Malo avec mon ordinateur et j'ai commencé à retranscrire mes notes. Le deuil amoureux m'a permis de me reconnecter. "Nos années parallèles" est une histoire à la fois personnelle et universelle.
Il y a notamment ce moment à la fois drôle et émouvant où tu penses faire ton "coming out" ?
Lorsque j'ai essayé de lui faire cette confidence, elle m'a répondu qu'elle le savait déjà. Et elle a enchaîné en me demandant si je préférais manger des frites ou de la blanquette ! Ou peut-être aussi une tarte aux pommes...
Tu as demandé conseil à ton père et à ton frère ?
Non mais je leur ai fait lire le livre avant d'entamer les démarches pour sa publication. Mon père a apporté quelques précisions sur leur rencontre. C'était important de lui faire honneur à elle mais aussi à eux.
Tu évoques aussi ce "truc injuste qui s'appelle l'enfance" ?
C'est une période durant laquelle on n'a pas de pouvoir, pas de libre arbitre. Les enfants sont impitoyables entre eux. Je n'ai aucune nostalgie de cette période. Aujourd'hui, j'ai 40 ans et ce qui m'obsède, c'est de lutter contre le déterminisme.
D'où l'idée de créer la troupe des Funambules ?
Elle m'est venue pendant les manifestations contre le mariage pour tous. J'ai été tellement choqué par ce qui se passait. C'était la première fois que des gens défilaient dans la rue pour dire qu'ils ne voulaient pas qu'une catégorie d'hommes et de femmes aient les mêmes droits que les autres. J'ai réfléchi à ce que je pouvais faire et le déclic est venu lorsque j'ai regardé le documentaire "Les invisibles" (écrit et réalisé par Sébastien Lifshitz). Moi, j'ai choisi de m'exprimer en musique parce que ce que je sais faire, ce sont des chansons. Aujourd'hui, nous sommes une troupe de 400 personnes.
 Pourquoi ce nom de Funambules ?
Je ne voulais pas choisir un nom stigmatisant. J'aimais bien cette image qui conjugue les notions de danger, de grâce et de détermination qui sont nécessaires pour se déplacer sur un fil.
Le prochain déplacement parisien aura lieu à l'Alhambra ?
Oui. Nous tournons avec deux types de spectacles. Il y a la formule réduite que nous avons présentée dernièrement au Studio Hébertot et une plus importante qui réunit 50 à 60 personnes sur scène. C'est cette dernière qui sera à l'affiche de l'Alhambra en juin prochain. Toutes les chansons sont mises en scène, comme un concert théâtralisé. Chacun raconte une histoire très personnelle sur l'homosexualité.
Contrairement à la violence de certains discours, ta démarche semble plus ouverte, moins revendicatrice ?
Je ne sais faire que dans la douceur. Je suis pour l'inclusion et non pas l'exclusion. Ce que j'aime avant tout, ce sont les artistes qui poétisent le réel. C'est ce que j'essaie de faire...

"Nos années parallèles", Editions LamaO, disponible depuis le 7 novembre 2017
En concert : les 11 et 12 juin 2018, à 20 heures, à l'Alhambra, 21, rue Yves Toudic, 75010 Paris. 
Tél.: 01.40.20.40.25. Places: 25 et 28 €, carré or à 35 €. http://www.alhambra-paris.com/