23 déc. 2018

L'itinéraire lumineux de Christina Rosmini

(c) Franck Harscouet
Il y a quelques jours, le public parisien de l'Alhambra a pu applaudir Christina Rosmini dans le spectacle musical "Tio, itinéraire d'une enfant de Brassens" (créé en juillet  2017 au Festival off d'Avignon), habilement mis en scène par Marc Pistolesi. 
Dès les premières minutes, on la découvre une valise à la main, habillée comme un garçon. Accompagnée de deux solides musiciens Bruno Caviglia (guitares) et Xavier Sanchez (percussions) elle raconte l'arrivée en France de ses grands-parents italiens, espagnols et corses. 
Une histoire d'exil certes, mais aussi de découvertes qui passent par la musique et la poésie, "tricotée" (selon son expression) en puisant dans les textes, les chansons, les lettres, les interviews et le journal intime de Brassens. 
Pour illustrer son propos, Christina a réalisé un véritable travail d'orfèvre, un petit bijou dont les facettes nous révèlent tour à tour ses talents de chanteuse, de conteuse, de musicienne, de comédienne, sa grâce de danseuse...
On ne parlera pas d'hommage avec ce qu'il peut avoir de  compassé mais plutôt d'un clin d'oeil malicieux et joyeux à Tonton (Tio) Georges. Et il ne s'agit pas davantage de reprises car cette belle artiste emmène véritablement les chansons dans son univers, les habillant de mots en espagnol, de rythmiques métissées, du soleil de son enfance à Marseille. 
Le coeur léger et l'esprit curieux, on la suit à "La chasse aux papillons" au son du "Petit joueur de flûteau",  on se rafraîchit "Dans l'eau de la claire fontaine" avant un détour par "Saturne" ou "Gastibelza" avant de se laisser envoûter par sa version très inspirée de "Je vous salue Marie"...
(c) Paul Evrard
Un itinéraire lumineux pour cette enfant de Brassens. 
Une enfant espiègle, touchante, rieuse et tout-à-fait légitime pour mettre ses pas dans ceux de l'auteur de "J'ai rendez-vous avec vous".   

En tournée cet été au Festival d'Avignon,
du 5 au 30 juillet 2019, à 17 heures, au Théâtre Le Cabestan, 11 rue Collège de la Croix, 84000 Avignon. Tél.: 04.90.86.11.74. 

"The Opera Locos": des divas en roue libre

(c) Lighuen Desanto
Ces drôles de "prima donnas" sont issues de la compagnie espagnole Yllana qui, depuis 1991, a déjà produit près d'une trentaine de spectacles de théâtre visuel dans plus de 40 pays.
Après "Muu", "Pagagnini" ou encore "The Gag Fathers" (l'un des succès du off du Festival d'Avignon l'été dernier), voici "The Opera Locos".
Présenté pour la première fois à Paris, ce show reprend les recettes qui ont fait le succès de la compagnie: du mime, de la musique (ici sur une bande-son qui ne sert pas vraiment les chanteurs), des costumes extravagants, des situations burlesques et une belle dose d'énergie.
Dès les premières minutes, on comprend que les artistes, cinq chanteurs (et chanteuses) d'opéra, se retrouvent pour un récital. Mais rien ne se passe comme prévu...et l'ensemble part très vite en vrille.
Il y a là le ténor Alfredo (Antonio Comas) se noyant dans les vapeurs d'alcool pour tenter de revivre sa gloire passée, la tendre soprano Maria (Maria Rey Joly), la séductrice mezzo soprano Carmen (Mayca Teba), le viril baryton Ernesto (Enrique Sánchez Ramos) qui résiste difficilement au charme du sémillant contre ténor Txitxi (Jesús Garcia Gallera). On regrette d'ailleurs que ce dernier ne soit pas plus présent dans les tableaux car il est irrésistible.

(c) Alvaro Garcia
Outre les histoires d'amours contrariées et les batailles d'égo, ce qui séduit avant tout ce sont les voix, tout simplement impressionnantes lorsqu'elles revisitent des partitions populaires comme "Turandot" de Puccini, "Carmen" de Bizet, "La Flûte Enchantée" de Mozart...le tout ponctué de quelques accents pop.
Avec un tel potentiel, on imagine que la troupe pourrait aller encore un peu plus loin dans la folie...
"The Opera Locos" est assurément un divertissement qui devrait séduire un large public. D'ailleurs, lorsque cet excentrique quartet invite les spectateurs à chanter, ceux-ci ne se font pas prier en jouant les divas.

Jusqu'au 6 janvier 2019, du mercredi au lundi à 19h, le dimanche à 18h, à Bobino, 14-20, rue de la Gaité, 75014 Paris. 
Tél.: 01.43.27.24.24. Prix: de 20 à 52 €.
Infos sur le site http://www.bobino.fr/

11 déc. 2018

Bertrand Louis chante le spleen de Baudelaire

Derrière son allure de dandy flegmatique et un brin désabusé se cache en fait un amateur de sensations fortes, d'exercices périlleux !
En effet, après avoir électrisé la poésie contemporaine de Philippe Muray, avec l'album "Sans moi" (Coup de coeur de l'Académie Charles Cros), Bertrand Louis récidive cette fois avec Baudelaire.
Une dizaine de textes, extraits du recueil "Les fleurs du mal" qu'il a mis en musique, entre rythmiques rock et pop tendance new wave.
Avec pudeur, sensualité et un évident respect, l'artiste a posé sa patte musicale sur des poèmes comme "L'invitation au voyage", "À une passante", ""Harmonie du soir", "Chanson d'après-midi", "Le vin des amants", "Le chat" ou encore "L'Héautontimorouménos" dont le titre énigmatique,  signifie "bourreau de soi-même", en grec.
Et le résultat est on ne peut plus inspiré. Tout comme le concert qu'il a donné il y a quelques jours à l'Espace Dente à Paris, en compagnie du guitariste Jérôme Castel et de la violoncelliste Marion Elan Trigo. Lui-même s'installant aux claviers et aux boîtes à rythmes (pas toujours indispensables !)
Son timbre chaud et prenant, sa parfaite diction, ont apporté une nouvelle dimension, transcendé "La beauté" de ces oeuvres qui firent pourtant scandale lors de leur parution.
Un récital qui passe bien trop vite. Alors, quand l'artiste répond à l'enthousiasme du public avec une une répétition de la somptueuse et féline version de la chanson "Le chat", on ronronne littéralement de plaisir...


- Album "Baudelaire" (EPM/Universal).
En concert: le 15 décembre 2018 au Théâtre National de Nice, Le 19 janvier 2019 au Théâtre Jacques Coeur de Lattes-Montpellier, les 20 et 22 mars 2019 à l'Espace Christian Dente à Paris, les 3, 4 et 5 mai au Théâtre Belleville Gilgamesh d'Avignon, les 8, 9 et 10 mai au Théâtre des Vignes de Carcassonne, les 24 et 25 mai au Théâtre du Gymnase à Marseille... 

Benoit Schick: "Benny Joke "

Ses compositions vous sont sans doute plus familières que son patronyme ! Pianiste, chanteur et arrangeur Benoit Chick est en effet l'actuel directeur musical du Cirque Plume. Des circassiens qui ont choisi de ranger définitivement leur chapiteau à la Villette à la fin de l'année (voir sujet du 23 novembre sur ce blog).
Et il faut reconnaître que les partitions de Benoit habillent magnifiquement les performances de la troupe, leur apportant un souffle et une intensité qui changent des traditionnelles musiques de cirque !
Une atmosphère à la fois enlevée et envoûtante que l'on retrouve dans son premier album "Benny Joke" (sorti le 11 décembre dernier) composé en tournée.
Entre rock, blues, world et pop, Benoit Chick aborde les thèmes de la nostalgie, de l'amitié, des départs sans retour... Dix titres portés par la puissance de son timbre rocailleux  qui apparaissent comme une sorte de carnet de voyage et un hommage poétique aux saltimbanques qu'il a côtoyés.
Il sera sur scène ce soir, sur la scène du Cirque Plume, pour un concert gratuit, sur réservations.
Une nouvelle étape...

Le 11 décembre, à 19h15, sous le chapiteau du Cirque Plume, Parc de la Villette, 75019 Paris. Réservations sur le site: http://www.bennyjoke.com/

9 déc. 2018

"J'ai des doutes": un spectacle pélillant d'intelligence et d'humour

 François Morel tient une place particulière dans le coeur de chacun d'entre nous. Un peu comme un grand frère que l'on suit les yeux fermés, parce qu'il nous promet toujours de belles et passionnantes aventures. Sa poésie, sa générosité et la clairvoyance de son regard sur la société en font l'un des comédiens et chroniqueurs les plus attachants du moment.
On le présente volontiers comme le digne héritier de Bourvil avec qui il partage le don de nous émouvoir et de nous faire rire.
Alors lorsqu'il met toutes ces qualités (et il n'a pas fini de nous surprendre !) au service d'un "monument" comme Raymond Devos, on peut s'attendre à tutoyer les sommets !
Avec "J'ai des doutes", François Morel nous invite à le suivre dans l'univers du maître de l'absurde, des paradoxes et des jeux de mots. Pas question pour autant d'endosser le fameux costume bleu ciel car si le comédien marche dans les pas du colosse franco-belge, il ne cherche jamais à l'imiter.
Une escapade, tendre et joyeuse, qui débute justement dans les cieux lorsqu'il campe Dieu pour interpeller Saint-Pierre sur un tonitruant : "Je m'ennuie, convoquez-moi Devos !"
(c) Giovanni Cittadini Cesi
L'occasion de retrouver des morceaux savoureux comme "Caen", "Sens dessus dessous", "Mon chien c'est quelqu'un", "J'ai des doutes"  ou "Je hais les haies" dont le texte défile sur un écran, en fond de scène. Entre deux sketches, il nous régale de chansons courtes, donne la réplique à son facétieux complice, le pianiste (et compositeur) Antoine Sahler, nous rejoue des séquences du fameux Grand Échiquier de Jacques Chancel, avec une marionnette...
Plus qu'un hommage à celui qui affirmait : "le rire est une chose sérieuse avec laquelle il ne faut pas plaisanter", François Morel propose ici un spectacle pétillant d'intelligence et d'humour.
Sans doute, l'un des plus réjouissants de cette fin d'année.

Jusqu'au 6 janvier 2019, à 18h30 (relâche les lundis, les 9 et 25 décembre et le 1er janvier et représentation du dimanche 6 janvier à 15h, au Théâtre du Rond-Point, salle Renaud-Barrault, 2 bis, avenue Franklin Roosevelt, 75008 Paris. Tél.: 01.44.95.98.21. Prix: 38 € et tarifs réduits de 12 à 28 € (sur justificatifs).
 http://www.theatredurondpoint.fr/

L'Ensemble National Virsky: époustouflant de virtuosité

(c)
Dernière chance aujourd'hui d'applaudir cette impressionnante troupe venue d'Ukraine !
Durant deux heures, avec un entracte de 20 minutes, histoire de souffler un peu...les 70 danseuses et danseurs offrent un énergique (et très coloré) florilège de danses traditionnelles (comme le fameux Hopak), de prouesses acrobatiques et de figures proches du hip hop.
Du grand art ...

Ce dimanche, à 16 heures, au Palais des Congrès, Place de la Porte Maillot, 75017 Paris.

5 déc. 2018

Exposition "Doisneau et la musique" à la Philharmonie de Paris

Il est entré dans bon nombre de foyers avec son fameux "Baiser de l'Hôtel de Ville", ses photos en noir et blanc de bistrots, de gamins  dans les rues de Paname et de banlieue, d'artisans, de bateleurs... Tendre, teinté d'humour et d'une certaine nostalgie, son regard lui a valu d'être considéré comme un "photographe humaniste".  Humaniste, Robert Doisneau l'était assurément, avec ce brin de malice que l'on retrouve dans l'exposition "Doisneau et la musique" conçue par sa petite-fille Clémentine Deroudille (commissaire des expositions Brassens et Barbara).
Une galerie de portraits (avec de nombreux inédits), dont la bande-son est composée par Moriarty et scénographiée par Stephan Zimmerli (musicien et graphiste du groupe).
Au hasard d'une joyeuse déambulation,  on trouve des photos présentées par thèmes: la rue, la chanson, les studios, Maurice Baquet et les années 80/90.
Un parcours qui se poursuit au coeur de l'exposition permanente du Musée de la Musique, comme une chasse au trésor, pour débusquer des clichés disséminés au milieu des instruments et des oeuvres d'art. On découvre ainsi les Rita Mitsouko devant l'Hôtel Chopin, Maurice Baquet revêtu d'un tee-shirt à l'effigie de Bach...
"Toute ma vie je me suis amusé, je me suis fabriqué un petit théâtre" disait Doisneau. Un petit théâtre que les visiteurs visitent avec le sentiment de partager un moment à la fois intime et rare avec le photographe.

Du 4 décembre 2018 au 28 avril 2019, du mardi au vendredi de 12h à 18h, le samedi de 10h à 20h et le dimanche de 10h à 18h (fermé le 25 décembre et le 1er janvier), à la Cité de la Musique-Philharmonie de Paris, 221, avenue Jean-Jaurès, 75019 Paris.
Tél.: 01.44.84.44.84. Prix: 9 € et tarif réduit à 5 €. Infos sur le site http://philharmoniedeparis.fr/

4 déc. 2018

Rendez-vous: Virsky Ensemble National d'Ukraine et le Ballet de l'Opéra National de Kiev

(D.R.)
- "L'ensemble folklorique le plus dynamique et palpitant que le monde ait jamais connu !" peut-on lire dans The Daily Telegraph au sujet de cette troupe fondée par deux chorégraphes de renom: Pavlo Virsky et Mykola Bolotov. Pour la première fois sur la scène du Palais des Congrès, les danseurs proposeront des tableaux aussi colorés que virtuoses, illustrant la richesse de leur culture. Une approche à la fois contemporaine et respectueuse des traditions qui devrait séduire un large public.


Du 5 au 9 décembre 2018, au Palais des Congrès de Paris, 2 Place de la Porte Maillot, 75017 Paris. Loc. points de vente habituels. Places: de 30 à 79 €. http://www.viparis.com/


- Après de longues années d'absence à Paris, le prestigieux Ballet de l'Opéra National de Kiev, dirigé par Aniko Rekhviashvili, revient dans la capitale pour une série de représentations, forcément exceptionnelles. Comptant 24 ballets à son répertoire, il présentera ici "Casse-Noisette" (musique de Piotr Illitch Tchaïkovski), oeuvre romanesque par excellence, dans une chorégraphie de Valeriy Kovtun, d'après la version originale de Marius Petipa.
 Et, pour se mettre au diapason du 150ème anniversaire de la troupe et de cette période festive, le Théâtre des Champs-Elysées affichera les couleurs d'un Noël ukrainien.

Du 23 décembre 2018 au 6 janvier 2019, au Théâtre des Champs-Elysées, 15, avenue Montaigne, 75008 Paris. Tél.:  01.49.52.50.50. Prix: de 15 à 89 € (le 31 déc. de 15 à 95 €). 
 http://www.theatrechampselysees.fr/