14 nov. 2018

L'humour percutant de La Bajon

(c) Philippe Sospedra
"La Bajon est intégralement remboursée par la Sécurité sociale..." promet l'affiche. Une prescription largement suivie puisque la salle était comble lundi soir au Grand Point Virgule. Quant à sa dernière vidéo sur internet "La Bajon-Trésor Public", elle a atteint le chiffre impressionnant de plus de 13 millions de consultations !
Mais attendez-vous tout de même à un traitement de choc car La Bajon n'est pas franchement une adepte de la médecine douce.
Partageant la scène avec son co-auteur Laurent Leroy qui campe le personnage d'un reporter, la comédienne a notamment opté pour une spécialité quelque peu délaissée par ses consoeurs: la politique. Et ses arguments sont imparables. A droite, à gauche, au centre, tous les coups font mouche.
En robe d'avocat et affublée d'un gilet fluo, elle  balance sur Emmanuel Macron, Donald Trump, Jean-Luc Mélenchon, François Hollande, Laurent Wauquiez... et, parité oblige,  s'autorise quelques blagues sur Marine Le Pen, Cécilia Sarkozy ou Julie Gayet.
Elle va même jusqu'à interpeller Dieu et lui jure de faire désormais dans le lisse et le consensuel. Une promesse qu'elle s'empresse d'oublier. Le tout mené sur un rythme d'enfer.
Dotée d'un humour percutant, corrosif, voire franchement trash, elle endosse successivement une blouse de médecin, celle d'une femme de ménage ou encore le tailleur impeccable d'une directrice d'entreprise qui convoque ses employés, le matin de Noël, pour distribuer des licenciements.
Au passage, elle s'offre des apartés sur les végétariens, la corrida, les migrants, la police nationale ou les relations entre les couples, évoque sa phobie des gamins et de l'accouchement, livre des anecdotes sur les coulisses de l'Eysée...
En veine de confidences, elle propose même de répondre aux questions des spectateurs. Quant au titre du spectacle "Vous couperez", il est laissé à la libre interprétation du public.
On l'aura compris, La Bajon ne pratique pas l'humour courtois. Et on aime sa belle et salutaire insolence.

Les dimanches et lundis à 19h45 jusqu'au 30 décembre 2018,
séance exceptionnelle le 31 décembre 2018 à 18 h,
au Grand Point Virgule, 8 bis, rue de l'arrivée, 75015 Paris.
Tél. 01.42.78.67.03. http://www.legrandpointvirgule.com/
Et en tournée dans toute la France.

12 nov. 2018

Une exaltante "vie de pianiste"

(D.R.)
Faire ses premières gammes dans la Roumanie de Ceaucescu n'est pas forcément le plus sûr chemin pour intégrer le Conservatoire National de Paris !
Avec "Une vie de pianiste", joyeusement mise en scène par sa complice Agnès Boury, Paul Staïcu nous raconte, en musique, son parcours atypique.
"Bienvenue dans la Ceauceschool" proclame-t-il en ouverture de ce spectacle où humour et virtuosité se conjuguent sans fausse note.
En évoquant l'école classique sous un régime où la culture était loin d'être une priorité, son évasion rocambolesque, sa mère bloquée à Bucarest, sa découverte inavouée du jazz, l'obtention de l'asile politique... Paul Staïcu aurait pu nous tirer les larmes. Un peu comme un roman de Dickens, version roumaine ! Mais l'artiste se garde bien de jouer sur ce registre.
"Je kiffe" répète cet incorrigible optimiste tout au long de ce seul en scène. Et on kiffe avec lui tant sa passion et son énergie sont communicatives. Un maestro capable de jouer dans le noir complet et qui, entre deux confidences, interprète sur un double clavier des morceaux de Prokofiev, Elton John, Boney M, Eroll Garner, Oscar Peterson, Bobby Mc Ferrin, Led Zeppelin, Chopin...
Au passage, il nous régale aussi d'une séquence rap, imite la posture de Ray Charles, joue le générique de Dallas, une série qui lui a permis d'apprendre l'anglais ou se livre à de savants calculs sur le pourcentage de mélomanes qui abandonneront l'apprentissage en cours de route.
Le visage et le jeu de Paul Staïcu sont bien connus du public puisqu'il a tourné avec "Duel Opus 1 et 2" durant une quinzaine d'années. Un duo dans la veine frondeuse du Quatuor ou de La Framboise Frivole. Leur credo ? Mettre leur art (récompensé par de prestigieux diplômes) au service du rire et de la fantaisie. Le tout, sans partition, évidemment.
A l'issue de ce show (qui passe bien trop vite), plutôt que le sempiternel "si vous avez aimé dites le à vos amis.." Paul Staïcu invite les spectateurs à lui envoyer, via les réseaux sociaux,  une photo avec leur instrument préféré. Pas sûr que l'on retrouve la flûte remisée dans un placard depuis belle lurette, mais cette belle et exaltante vie d'artiste nous donne indiscutablement envie de (re)faire de la musique !

Chaque mardi, à 21 heures, jusqu'au 18 décembre 2018, à la Comédie Bastille, 5, rue Nicolas Appert, 75011 Paris. 
Tél.: 01.48.07.52.07. Prix: 27 et 32 € (- de 26 ans à 10 €).
http://www.comedie-bastille.com/

9 nov. 2018

"More Of The Good", Lisa Ekdahl

Le titre de l'album qui sort aujourd'hui,  est déjà engageant ! Comme une invitation à se laisser bercer par la douceur et la sensualité du timbre si singulier de la chanteuse suédoise. A profiter de ces instants de grâce que la vie nous réserve parfois.
 A l'image de ce nouvel album en anglais, enregistré à Stockholm. Sans doute le plus réussi, même si en vingt ans de carrière, Lisa Ekdahl n'a cessé de nous surprendre en flirtant joliment avec le jazz, la bossa nova, la pop, la soul... 
Parmi les dix chansons dont elle a signé tous les textes, on retiendra des titres comme "Let's Go To Sleep" qui ouvre l'opus,"Thorn in My Heart", "Sweet Feeling Of Freedom" (avec le talentueux Nils Törnqvist à la batterie) ou encore "I Know You Love Me", porté par la trompette magique d'Ibrahim Maalouf.
Depuis "When Did You Leave Heaven ?" et "Back to Earth", deux albums de reprises jazz qui l'ont fait connaître chez nous, Lisa  n'a jamais raté ses rendez-vous avec le public français. Et "More Of The Good" est une fois encore à la hauteur de notre attente.

- "More Of The Good" (Okeh/Sony Music), sortie officielle le 9 novembre 2018.

8 nov. 2018

Charlotte Valandrey: "L'important, c'est d'avoir de belles partitions".

On se souvient de son pétillant minois dans "Rouge baiser", le film de de Véra Belmont. A l'époque, elle a tout juste 16 ans et les rêves d'une jeune fille de son âge. Comédienne pour le cinéma, la télévision et le théâtre, auteur de plusieurs ouvrages évoquant son long et douloureux combat contre la maladie et un coeur trop fragile, Charlotte Valandrey s'est toujours accrochée à ses rêves... Celui d'être chanteuse notamment, qu'elle concrétise avec un premier EP aux sonorités pop, dont elle fêtera la sortie officielle, le 29 novembre prochain, au Zèbre de Belleville, le jour de ses cinquante ans !
Des chansons graves et légères qui parlent de la Bretagne de son enfance, de cinéma, de ses luttes quotidiennes et de ces petits et grands bonheurs qu'il faut prendre le temps de savourer.
Rencontre avec une artiste sensible et émouvante, impatiente de retrouver la scène.

Lors d'une interview, vous avez confié que si le cinéma n'était pas venu vous chercher, vous auriez été chanteuse ?
C'est vrai que c'était mon rêve lorsque j'étais adolescente. A l'époque, dans ma famille, le projet était de faire polytechnique. J'ai fait du cinéma pour échapper à cela.
On a parfois oublié votre présence dans le clip "As The World Falls Down" de David Bowie ?
Sans doute parce qu'il n'est quasiment pas connu en France. Il m'avait remarquée dans le film "Rouge Baiser". Je suis allée à Londres pour le tournage. Et je suis vite rentrée à Paris pour retrouver mon amoureux. Mais je peux dire que j'ai fait un clip avec David Bowie !
C'est aussi par amour que vous avez laissé passer l'occasion de travailler avec Serge Gainsbourg ?
En fait, lorsqu'il a proposé de m'écrire des chansons, je ne le connaissais pas bien. Je ne savais pas vraiment ce qu'il représentait. Avec le recul, je me dis qu'il avait peut-être décelé quelque chose en moi. Et que  j'aurais pu enregistrer l'album de Vanessa Paradis !
Vous n'avez pas de regrets ?
C'était une période où j'étais un peu livrée à moi-même. Je me souviens qu'à 20 ans, je rêvais d'en avoir 50. Je suis bien plus sereine aujourd'hui.
Vous avez écrit plusieurs ouvrages. Pourquoi pas les textes de vos chansons ?
Ce n'était pas ma priorité. Je me considère comme une interprète. J'ai eu la chance de croiser quelqu'un qui m'a cernée au point que les gens sont persuadés que les mots viennent de moi ! L'important, c'est d'avoir de belles partitions. Avec la musique, je me fais plaisir. J'ai passé 15 ans à me sortir de l'enfer. Quand les gens viennent me voir après un concert je me sens portée par leur bienveillance. J'ai débuté au Nez Rouge (une péniche amarrée Quai de l'Oise, dans le 19e) et, avec mes trois musiciens, nous avons déjà assuré une quinzaine de dates. Lorsque je chante, je ne joue pas un rôle. S'il y a une chose qu'on ne peut pas m'enlever, c'est ma spontanéité ! Je n'ai jamais pris de cours de chant mais j'apprends chaque soir, je trouve mes marques. Mon rêve serait de partir en tournée et de me produire dans des petites salles un peu partout en France.
En parlant de vous produire, c'est vous qui assurez le financement de ce disque, non ?
C'est vrai.Ce serait flatteur de trouver quelqu'un qui souhaite partager la production. Être sa propre productrice, c'est prendre des risques mais c'est aussi une grande liberté.
Celle peut-être de vous mettre un soir au piano ?
Ma mère était pianiste et, si l'aventure continue, je pourrais bien me laisser tenter.
Vous envisagez d'abandonner votre carrière de comédienne ?
Pour l'instant, je ne me pose pas la question. Je profite de l'instant présent...

Le 29 novembre 2018, à 20h30, au Zèbre de Belleville, 63, boulevard de Belleville, 75011 Paris. Tél.: 01.43.55.55.55. Prix des places: 20 €. www.lezebre.com

Rencontre avec Louis Bertignac

Le co-fondateur du groupe Téléphone n'a jamais caché sa passion pour le rock et les artistes qui ont bercé ses jeunes années. Après le succès des deux concerts donnés avec les Insus au Stade de France à l'automne dernier, Louis Bertignac revient avec un nouvel album solo logiquement baptisé "Origines". Des titres de Bob Dylan, The Police, The Rolling Stones, Éric Clapton, Rod Stewart... dont il a écrit toutes les adaptations françaises.
Rendez-vous le 17 novembre 2018, à 16 heures, à la Fnac Ternes pour une rencontre et une séance de dédicaces. Évènement gratuit, dans la limite des places disponibles.

Forum des rencontres, niveau 4
26/30, avenue des Ternes
75017 Paris