23 nov. 2018

Le Cirque Plume fait ses adieux avec panache

(c) Yves Petit
"Par essence, l'éternité qui nous est donnée est celle de la lecture, la vision, le partage d'un poème..." écrit le co-fondateur de la compagnie Bernard Kudlak dans le programme de "La dernière saison" du Cirque Plume.
Dès leurs débuts, ces audacieux pionniers se sont démarqués du cirque traditionnel avec des spectacles décalés, drôles, poétiques et oniriques.
Au point qu'une trentaine d'années plus tard, ils ont durablement marqué cet art de leur griffe, pardon de leur plume !
Pour ces représentations à la Villette, le chapiteau abrite une forêt jurassienne peuplée d'étranges personnages, de poètes et de musiciens: un jongleur courant après une plume, une contorsionniste chaussée de skis, une équilibriste sur des bouteilles, une autre qui évolue avec une rare dextérité dans un cerceau aérien, un artiste zoomorphe...Car ici c'est l'homme qui imite l'animal !
Un spectacle rythmé par les saisons et les musiciens interprétant les compositions originales de Benoît Schick. Pas de piste évidemment mais une scène où les acteurs se livrent à des roulades, des compétitions d'abdominaux, des percussions sur des bidons, ramassent les feuilles mortes, la neige... et des sacs en plastique !
Une "dernière saison" célébrée dans la joie et le partage, tandis que l'orchestre, juché sur un kiosque tournant et entouré de parapluies multicolores et lumineux, entame une ultime valse.
(c) Benoit Dochy
Le bonheur est sous le chapiteau du Cirque Plume. Cours-y vite, cours-y vite, il va filer...

Jusqu'au 30 décembre 2018, du mer. au ven. à 20 h, le sam. à 19 h et matinée le dimanche à 15 h, à 'Espace Chapiteaux du Parc de la Villette, 211, avenue Jean-Jaurès, 75019 Paris.
Prix: 35 € et tarifs réduits à 16 et 25 €
Tél.: 01.40.03.75.75. Infos sur le site http://lavillette.com/

22 nov. 2018

Chanson Plus BIfluorée: les maîtres queux de la parodie

 Après une "Cuvée spéciale" qui flattait généreusement les papilles, ces joyeux épicuriens remettent le couvert et nous invitent à partager un truculent festin avec "Chanson Plus Bifluorée...passe à table".
Une table dressée et mise en scène par Marinette Maignan.
Pour l'occasion, ils ont mis les petits plats dans les grands !
Outre quelques spécialités qui, à l'instar de la daube (rien à voir évidemment avec le terme péjoratif !) sont encore plus goûteux réchauffés, la carte affiche de nouvelles saveurs.
Arborant toques et tabliers, Michel Puyau, Sylvain Richardot, et Xavier Cherrier nous régalent de solides plats de résistance comme l'énergique et jazzy "Repas Boogie Wouah",  le lyrique "Con te partirò",  le cocasse "Grosse chignole de mes amours" (clin d'oeil à Luis Mariano), vantent les mérites des producteurs de poulets bios et du chocolat qui guérit....
Entre deux services, ces maîtres queux de la parodie s'amusent de la mode vegan, de la cuisine politique ou de la popote fiscale.
Après une séquence publicitaire (il faut bien payer le personnel !) consacrée à l'indispensable Sopalin, sur l'air de "Avoir un bon copain"  le trio  rend hommage aux victimes de l'attentat contre le journal satirique Charlie Hebdo  avec une version bouleversante de la chanson de Brel "Quand on n'a que l'amour" qui devient "Quand on n'a que l'humour".
Une étape gastronomique qui se termine logiquement par l'un de leurs grands classiques "Moi je fais la vaisselle", détournement réussi du célèbre "J'ai encore rêvé d'elle" du groupe Il était une fois...
On ne va pas détailler ici toute la carte car elle est aussi généreuse que ces trois joyeux cuistots mais sachez tout de même que pour cet authentique repas de gala (avec apéro-gourmand offert à l'issue du spectacle) , la note est loin d'être salée puisque
(c) Armelle Périe
 la fourchette de prix se situe entre 24 et 34 € !
Il est donc vivement conseillé de réserver ses couverts ...

Jusqu'au 7 janvier 2019, le dimanche à 16 heures et le lundi à 20h30 (séances supplémentaires les 8, 15, 22, 29 décembre 2018 et 5 janvier 2019 à 18 h, le 24 déc. à 19h, le 25 déc. à 16h, le 28 déc. à 18h30 et le 1er janvier 2019 à 16 h), au Théâtre La Bruyère, 
5, rue La Bruyère, 75009 Paris. 
Locations au 01.48.74.76.99. et points de vente habituels. http://www.theatrelabruyere.com/

20 nov. 2018

Les bonnes ondes d'Arthur de la Taille

(c) Seb Farges
Il y a quelques jours sur la scène parisienne des Trois Baudets, cet artiste bordelais interprétait, seul avec sa guitare, quelques titres extraits de son premier album "Ministère des ondes", déjà consacré "coup de coeur" par l'Académie Charles Cros.
Une riche palette musicale avec des couleurs folk et pop, un soupçon d'influences latines pour faire plus exotique...
Difficile de résister au charme intemporel et au timbre de ce jeune auteur-compositeur qui s'interroge avec sensibilité et une certaine désespérance sur "les anges", les dérives du monde  ("Sans visa","On ne verra pas tout"), les amis qui partent ("Pour que tu reviennes")...
On peut aussi préférer (ce qui est notre cas) les chansons d'amour comme "l'Or des jours","Ma belle", "Ellie's Song" (dédiée à sa fille) qui lui ont inspiré de jolies rimes.

Après la belle aventure du duo de guitares Gadgé, celui formé avec sa soeur Clémence (Calame), Arthur de la Taille se lance dans l'aventure en solitaire.
"Quand est-ce qu'on part, qu'on met les voiles ? Faut qu'on essaie de larguer les amarres" demande-t-il dans la chanson "Changer d'air". On a bien envie de le suivre...

- album "Ministère des ondes" (L'Autre Distribution), disponible depuis le 19 octobre dernier.
Prochain concert le 6 décembre 2018 à Bordeaux (Le Caillou du Jardin Botanique).

"Carnival" ou les tribulations d'un ogre à la triste mine

(c) Hervé Photograff
Chaque année, à l'approche des fêtes, la troupe du Cirque Électrique remise accessoires dangereux et coupants (tessons de bouteilles, agrafes, épingles...), talons aiguilles, tenues sexy et esprit trash, pour endosser des costumes et numéros plus traditionnels destinés au jeune public.
"Il était une fois ou bien deux fois plutôt qu'une... Il était une fois ou bien plusieurs..." annonce le récitant pour présenter "Carnival".
Il était une fois donc, un ogre ridicule, tout maigre et trouillard qui se nourrissait de choux-fleur et de salade... Bref, un looser, la honte de la famille !
Son rêve ? Faire du cirque. Mais devenir saltimbanque demande un certain talent. A l'instar du jongleur de feu, de la fildefériste ou de l'acrobate à la roue Cyr qui se succèdent sur la piste.
Des tableaux de facture assez classique dont on retiendra le poétique et esthétique numéro avec deux trapézistes, celui de l'équilibriste en chaussons de danse évoluant gracieusement sur des verres et des bouteilles, le hula hoop avec de multiples cerceaux... 
Quant à Ledru, l'ogre à la triste mine, même s'il tente de se mettre dans l'ambiance festive en rejoignant les pom- pom girls et s'essaye à quelques maladroites acrobaties  sur des bidons, il ne séduit décidément personne.
Et il n'affole pas davantage les enfants lorsqu'il court vers les gradins, en poussant des cris, le visage recouvert de pinces à linge. 
Écrit par Eugène Durif et mis en scène par Hervé Vallée, ce "Carnival" qui accueille les spectateurs à partir de 2 ans, se termine par une virée au bar à sirops pour une "free kids party", avec ballons et dégustation de crêpes.
(c) Hervé Photograff
Il manque peut-être au menu, ce singulier grain de folie que nous aimons tant au Cirque Électrique... 

Jusqu'au 23 décembre 2018, les sam. et dim. à 15 h (le 15 et le 22 décembre à 20 h) et les mer. 12 et 19 décembre à 15 h, 
au Cirque Électrique, Place du Maquis du Vercors, 75020 Paris. Tél.: 09.54.54.47.24. Prix: 16 € et tarif réduit à 11 €.
mailto:reservation@cirque-electrique.com
Infos sur  http://www.cirque-electrique.com/

19 nov. 2018

Noga : "Je crois que c'est dans la musique et la transition qu'on peut transcender"

(c)  Yann Zitouni
Dans son nouvel album "Next", enregistré notamment avec ses talentueux complices  Patrick Bebey (piano, claviers, senza, percussions, flûte pygmée...) et Olivier Koundono (cordes, basse, claviers...), Noga  s'est entourée de nouvelles plumes. Celles de Marie Nimier, Alexis HK, Patrice Guirao, Serge Lama... sans oublier Allain Leprest.
Des chansons qui parlent du temps qui passe, de la force de l'amour et de l'amitié, de l'absence...sur des mélodies métissées de jazz, de variétés et de world.
Un opus dense et vivifiant, traversé par un sentiment d'urgence mais qui, paradoxalement, invite à prendre une pause, à se ressourcer pour mieux repartir.
Rencontre avec une artiste qui se renouvelle sans se trahir.

- On trouve une pléiade d'auteurs dans "Next", c'est une première pour toi ?
 J'ai suivi les suggestions de Danièle Molko (récemment disparue) qui a initié ce projet.
- Dans la chanson "N'écoute que ceux qui ne te disent rien", Patrice Guirao te fait chanter "l'amour n'est qu'une béquille pour boiter toute une vie". Tu te retrouves dans ces mots ?
C'est une vraie question. Je lui ai écrit pour lui dire que je ne savais pas si je pouvais défendre cette phrase. Il m'a expliqué qu'il ne fallait pas que je m'arrête à la béquille parce que lui parlait d'amour.
- Il y a aussi des titres plus légers comme "Mes amies" ?
Je pense que cette légèreté tient beaucoup à la signature musicale. Pour moi, cette chanson est un clin d'oeil à toutes ces femmes qui m'ont permis de "transitionner" ! Dans l'album précédent, je faisais déjà référence au côté libérateur des potins féminins.
- Dans le livret, tu parles de ta résistance au changement ?
Je sortais de l'accouchement de l'album "Laisser partir". Avec ces nouvelles collaborations, je me suis retrouvée dans une sorte de précipitation, dix mois à peine après la perte de mon mari. Olivier (Koundouno) qui me connaît bien m'a permis de me remettre en question. Je crois que c'est dans la musique et la transition qu'on peut transcender.
Le temps qui passe tient une place importante dans "Next" ?
C'est une thématique qui a toujours été là. Quand on commence à perdre des gens on a encore plus envie d'apprécier chaque instant, d'aller à l'essentiel. J'ai parfois une tendance naturelle à butiner, à m'égarer dans des situations qui ne me nourrissent pas.
- Dans la biographie qui accompagne l'album, tu évoques aussi ce "vase qui tient tout" ?
Avec ceux qui m'accompagnent, nous avons une telle complicité que nous n'avons plus besoin de  parler. Je me souviens qu'à la fin de l'enregistrement, nous nous sommes retrouvés dehors à minuit. C'était un moment fort. Nous évoluons dans une transparence qui fait que tout devient simple.
- Une simplicité que tu souhaites partager avec le public ?
Même si cela ne m'empêche pas d'aimer la musique électronique, j'ai choisi d'être dans une pulsation plus terrestre, plus organique. Nous vivons dans une époque dominée par la peur, la rigidité. Je suis de plus en plus convaincue que cette musique a besoin d'être entendue.
- Il paraît qu'à l'origine, l'album devait s'appeler "Léger la vie" ?
C'est vrai. Il faisait référence au texte de Serge Guirao qui est d'une profondeur incroyable. Il a notamment écrit :  "Un jour suffit pour se donner la vie quand tout le reste est dit..." .
Cette chanson est difficile car on est constamment sur le fil du rasoir. Il faut éviter de tomber dans le pathos. Mais le titre "Next" s'est imposé comme une évidence.
- Peux-tu nous parler de ces "Psaumes de minuit" que tu interprètes en hébreu ?
C'est une langue ancienne et je trouve qu'elle apporte une autre vibration. Elle touche plus profondément nos cellules parce que nous venons tous de quelque part. Dans ces psaumes, tu peux trouver la signification des lettres de ton prénom. Les miennes peuvent se traduire par "Je ne cesserai jamais de chanter"...

Les 27 et 28 novembre 2018, à 20 heures, au Théâtre de l'Atalante, 10, Place Charles Dullin, 75018 Paris. 
Loc. points de vente habituels. Prix: 15 €.
Album "Next" (Musique Sauvage/Pias), disponible depuis le 26 octobre 2018.

18 nov. 2018

Festival Aurores Montréal: sixième édition

Initié il y a une dizaine d'années par l'Association Kalima Productions, ce festival tisse un lien supplémentaire entre la France et nos cousins de la Belle Province. Notre idylle ne date pas d'hier, mais il n'est pas inutile de rappeler que la chanson québécoise ne se résume pas à Céline Dion, Garou ou Coeur de Pirate.
La scène québécoise et canadienne actuelle foisonne en effet de jeunes artistes atypiques et originaux qui partagent avec nous la passion du texte.
Pour cette nouvelle édition, les parisiens auront le choix entre 15 lieux de la capitale (Le Nouveau Casino, La Bellevilloise, l'Auguste Théâtre, le Centre Culturel Canadien, la Maroquinerie...) pour découvrir de jeunes talents ou retrouver des artistes déjà populaires chez nous.
Au programme: le duo Saratoga, Daran, Sarah Toussaint-Léveillé, Moran, Gazoline... ou encore Elisapie, ambassadrice de la culture inuit que le public a pu applaudir en première partie de Pierre Lapointe, salle Pleyel. On n'oubliera pas une halte à la Bibliothèque Historique de la Ville de Paris pour la lecture musicale autour de l'oeuvre de Dany Laferrière :"L'Art presque perdu de ne rien faire"... Un clin d'oeil pour marquer l'engagement du Festival Aurores Montréal qui lui, fait  beaucoup pour apporter un nouveau terreau sur nos racines communes ?

Du 3 au 9 décembre 2018, dans quinze lieux à Paris.
Toutes les infos sur le site http://www.auroresmontreal.com/

14 nov. 2018

L'humour percutant de La Bajon

(c) Philippe Sospedra
"La Bajon est intégralement remboursée par la Sécurité sociale..." promet l'affiche. Une prescription largement suivie puisque la salle était comble lundi soir au Grand Point Virgule. Quant à sa dernière vidéo sur internet "La Bajon-Trésor Public", elle a atteint le chiffre impressionnant de plus de 13 millions de consultations !
Mais attendez-vous tout de même à un traitement de choc car La Bajon n'est pas franchement une adepte de la médecine douce.
Partageant la scène avec son co-auteur Laurent Leroy qui campe le personnage d'un reporter, la comédienne a notamment opté pour une spécialité quelque peu délaissée par ses consoeurs: la politique. Et ses arguments sont imparables. A droite, à gauche, au centre, tous les coups font mouche.
En robe d'avocat et affublée d'un gilet fluo, elle  balance sur Emmanuel Macron, Donald Trump, Jean-Luc Mélenchon, François Hollande, Laurent Wauquiez... et, parité oblige,  s'autorise quelques blagues sur Marine Le Pen, Cécilia Sarkozy ou Julie Gayet.
Elle va même jusqu'à interpeller Dieu et lui jure de faire désormais dans le lisse et le consensuel. Une promesse qu'elle s'empresse d'oublier. Le tout mené sur un rythme d'enfer.
Dotée d'un humour percutant, corrosif, voire franchement trash, elle endosse successivement une blouse de médecin, celle d'une femme de ménage ou encore le tailleur impeccable d'une directrice d'entreprise qui convoque ses employés, le matin de Noël, pour distribuer des licenciements.
Au passage, elle s'offre des apartés sur les végétariens, la corrida, les migrants, la police nationale ou les relations entre les couples, évoque sa phobie des gamins et de l'accouchement, livre des anecdotes sur les coulisses de l'Eysée...
En veine de confidences, elle propose même de répondre aux questions des spectateurs. Quant au titre du spectacle "Vous couperez", il est laissé à la libre interprétation du public.
On l'aura compris, La Bajon ne pratique pas l'humour courtois. Et on aime sa belle et salutaire insolence.

Les dimanches et lundis à 19h45 jusqu'au 30 décembre 2018,
séance exceptionnelle le 31 décembre 2018 à 18 h,
au Grand Point Virgule, 8 bis, rue de l'arrivée, 75015 Paris.
Tél. 01.42.78.67.03. http://www.legrandpointvirgule.com/
Et en tournée dans toute la France.

12 nov. 2018

Une exaltante "vie de pianiste"

(D.R.)
Faire ses premières gammes dans la Roumanie de Ceaucescu n'est pas forcément le plus sûr chemin pour intégrer le Conservatoire National de Paris !
Avec "Une vie de pianiste", joyeusement mise en scène par sa complice Agnès Boury, Paul Staïcu nous raconte, en musique, son parcours atypique.
"Bienvenue dans la Ceauceschool" proclame-t-il en ouverture de ce spectacle où humour et virtuosité se conjuguent sans fausse note.
En évoquant l'école classique sous un régime où la culture était loin d'être une priorité, son évasion rocambolesque, sa mère bloquée à Bucarest, sa découverte inavouée du jazz, l'obtention de l'asile politique... Paul Staïcu aurait pu nous tirer les larmes. Un peu comme un roman de Dickens, version roumaine ! Mais l'artiste se garde bien de jouer sur ce registre.
"Je kiffe" répète cet incorrigible optimiste tout au long de ce seul en scène. Et on kiffe avec lui tant sa passion et son énergie sont communicatives. Un maestro capable de jouer dans le noir complet et qui, entre deux confidences, interprète sur un double clavier des morceaux de Prokofiev, Elton John, Boney M, Eroll Garner, Oscar Peterson, Bobby Mc Ferrin, Led Zeppelin, Chopin...
Au passage, il nous régale aussi d'une séquence rap, imite la posture de Ray Charles, joue le générique de Dallas, une série qui lui a permis d'apprendre l'anglais ou se livre à de savants calculs sur le pourcentage de mélomanes qui abandonneront l'apprentissage en cours de route.
Le visage et le jeu de Paul Staïcu sont bien connus du public puisqu'il a tourné avec "Duel Opus 1 et 2" durant une quinzaine d'années. Un duo dans la veine frondeuse du Quatuor ou de La Framboise Frivole. Leur credo ? Mettre leur art (récompensé par de prestigieux diplômes) au service du rire et de la fantaisie. Le tout, sans partition, évidemment.
A l'issue de ce show (qui passe bien trop vite), plutôt que le sempiternel "si vous avez aimé dites le à vos amis.." Paul Staïcu invite les spectateurs à lui envoyer, via les réseaux sociaux,  une photo avec leur instrument préféré. Pas sûr que l'on retrouve la flûte remisée dans un placard depuis belle lurette, mais cette belle et exaltante vie d'artiste nous donne indiscutablement envie de (re)faire de la musique !

Chaque mardi, à 21 heures, jusqu'au 18 décembre 2018, à la Comédie Bastille, 5, rue Nicolas Appert, 75011 Paris. 
Tél.: 01.48.07.52.07. Prix: 27 et 32 € (- de 26 ans à 10 €).
http://www.comedie-bastille.com/

9 nov. 2018

"More Of The Good", Lisa Ekdahl

Le titre de l'album qui sort aujourd'hui,  est déjà engageant ! Comme une invitation à se laisser bercer par la douceur et la sensualité du timbre si singulier de la chanteuse suédoise. A profiter de ces instants de grâce que la vie nous réserve parfois.
 A l'image de ce nouvel album en anglais, enregistré à Stockholm. Sans doute le plus réussi, même si en vingt ans de carrière, Lisa Ekdahl n'a cessé de nous surprendre en flirtant joliment avec le jazz, la bossa nova, la pop, la soul... 
Parmi les dix chansons dont elle a signé tous les textes, on retiendra des titres comme "Let's Go To Sleep" qui ouvre l'opus,"Thorn in My Heart", "Sweet Feeling Of Freedom" (avec le talentueux Nils Törnqvist à la batterie) ou encore "I Know You Love Me", porté par la trompette magique d'Ibrahim Maalouf.
Depuis "When Did You Leave Heaven ?" et "Back to Earth", deux albums de reprises jazz qui l'ont fait connaître chez nous, Lisa  n'a jamais raté ses rendez-vous avec le public français. Et "More Of The Good" est une fois encore à la hauteur de notre attente.

- "More Of The Good" (Okeh/Sony Music), sortie officielle le 9 novembre 2018.

8 nov. 2018

Charlotte Valandrey: "L'important, c'est d'avoir de belles partitions".

On se souvient de son pétillant minois dans "Rouge baiser", le film de de Véra Belmont. A l'époque, elle a tout juste 16 ans et les rêves d'une jeune fille de son âge. Comédienne pour le cinéma, la télévision et le théâtre, auteur de plusieurs ouvrages évoquant son long et douloureux combat contre la maladie et un coeur trop fragile, Charlotte Valandrey s'est toujours accrochée à ses rêves... Celui d'être chanteuse notamment, qu'elle concrétise avec un premier EP aux sonorités pop, dont elle fêtera la sortie officielle, le 29 novembre prochain, au Zèbre de Belleville, le jour de ses cinquante ans !
Des chansons graves et légères qui parlent de la Bretagne de son enfance, de cinéma, de ses luttes quotidiennes et de ces petits et grands bonheurs qu'il faut prendre le temps de savourer.
Rencontre avec une artiste sensible et émouvante, impatiente de retrouver la scène.

Lors d'une interview, vous avez confié que si le cinéma n'était pas venu vous chercher, vous auriez été chanteuse ?
C'est vrai que c'était mon rêve lorsque j'étais adolescente. A l'époque, dans ma famille, le projet était de faire polytechnique. J'ai fait du cinéma pour échapper à cela.
On a parfois oublié votre présence dans le clip "As The World Falls Down" de David Bowie ?
Sans doute parce qu'il n'est quasiment pas connu en France. Il m'avait remarquée dans le film "Rouge Baiser". Je suis allée à Londres pour le tournage. Et je suis vite rentrée à Paris pour retrouver mon amoureux. Mais je peux dire que j'ai fait un clip avec David Bowie !
C'est aussi par amour que vous avez laissé passer l'occasion de travailler avec Serge Gainsbourg ?
En fait, lorsqu'il a proposé de m'écrire des chansons, je ne le connaissais pas bien. Je ne savais pas vraiment ce qu'il représentait. Avec le recul, je me dis qu'il avait peut-être décelé quelque chose en moi. Et que  j'aurais pu enregistrer l'album de Vanessa Paradis !
Vous n'avez pas de regrets ?
C'était une période où j'étais un peu livrée à moi-même. Je me souviens qu'à 20 ans, je rêvais d'en avoir 50. Je suis bien plus sereine aujourd'hui.
Vous avez écrit plusieurs ouvrages. Pourquoi pas les textes de vos chansons ?
Ce n'était pas ma priorité. Je me considère comme une interprète. J'ai eu la chance de croiser quelqu'un qui m'a cernée au point que les gens sont persuadés que les mots viennent de moi ! L'important, c'est d'avoir de belles partitions. Avec la musique, je me fais plaisir. J'ai passé 15 ans à me sortir de l'enfer. Quand les gens viennent me voir après un concert je me sens portée par leur bienveillance. J'ai débuté au Nez Rouge (une péniche amarrée Quai de l'Oise, dans le 19e) et, avec mes trois musiciens, nous avons déjà assuré une quinzaine de dates. Lorsque je chante, je ne joue pas un rôle. S'il y a une chose qu'on ne peut pas m'enlever, c'est ma spontanéité ! Je n'ai jamais pris de cours de chant mais j'apprends chaque soir, je trouve mes marques. Mon rêve serait de partir en tournée et de me produire dans des petites salles un peu partout en France.
En parlant de vous produire, c'est vous qui assurez le financement de ce disque, non ?
C'est vrai.Ce serait flatteur de trouver quelqu'un qui souhaite partager la production. Être sa propre productrice, c'est prendre des risques mais c'est aussi une grande liberté.
Celle peut-être de vous mettre un soir au piano ?
Ma mère était pianiste et, si l'aventure continue, je pourrais bien me laisser tenter.
Vous envisagez d'abandonner votre carrière de comédienne ?
Pour l'instant, je ne me pose pas la question. Je profite de l'instant présent...

Le 29 novembre 2018, à 20h30, au Zèbre de Belleville, 63, boulevard de Belleville, 75011 Paris. Tél.: 01.43.55.55.55. Prix des places: 20 €. www.lezebre.com

Rencontre avec Louis Bertignac

Le co-fondateur du groupe Téléphone n'a jamais caché sa passion pour le rock et les artistes qui ont bercé ses jeunes années. Après le succès des deux concerts donnés avec les Insus au Stade de France à l'automne dernier, Louis Bertignac revient avec un nouvel album solo logiquement baptisé "Origines". Des titres de Bob Dylan, The Police, The Rolling Stones, Éric Clapton, Rod Stewart... dont il a écrit toutes les adaptations françaises.
Rendez-vous le 17 novembre 2018, à 16 heures, à la Fnac Ternes pour une rencontre et une séance de dédicaces. Évènement gratuit, dans la limite des places disponibles.

Forum des rencontres, niveau 4
26/30, avenue des Ternes
75017 Paris