8 nov. 2018

Charlotte Valandrey: "L'important, c'est d'avoir de belles partitions".

On se souvient de son pétillant minois dans "Rouge baiser", le film de de Véra Belmont. A l'époque, elle a tout juste 16 ans et les rêves d'une jeune fille de son âge. Comédienne pour le cinéma, la télévision et le théâtre, auteur de plusieurs ouvrages évoquant son long et douloureux combat contre la maladie et un coeur trop fragile, Charlotte Valandrey s'est toujours accrochée à ses rêves... Celui d'être chanteuse notamment, qu'elle concrétise avec un premier EP aux sonorités pop, dont elle fêtera la sortie officielle, le 29 novembre prochain, au Zèbre de Belleville, le jour de ses cinquante ans !
Des chansons graves et légères qui parlent de la Bretagne de son enfance, de cinéma, de ses luttes quotidiennes et de ces petits et grands bonheurs qu'il faut prendre le temps de savourer.
Rencontre avec une artiste sensible et émouvante, impatiente de retrouver la scène.

Lors d'une interview, vous avez confié que si le cinéma n'était pas venu vous chercher, vous auriez été chanteuse ?
C'est vrai que c'était mon rêve lorsque j'étais adolescente. A l'époque, dans ma famille, le projet était de faire polytechnique. J'ai fait du cinéma pour échapper à cela.
On a parfois oublié votre présence dans le clip "As The World Falls Down" de David Bowie ?
Sans doute parce qu'il n'est quasiment pas connu en France. Il m'avait remarquée dans le film "Rouge Baiser". Je suis allée à Londres pour le tournage. Et je suis vite rentrée à Paris pour retrouver mon amoureux. Mais je peux dire que j'ai fait un clip avec David Bowie !
C'est aussi par amour que vous avez laissé passer l'occasion de travailler avec Serge Gainsbourg ?
En fait, lorsqu'il a proposé de m'écrire des chansons, je ne le connaissais pas bien. Je ne savais pas vraiment ce qu'il représentait. Avec le recul, je me dis qu'il avait peut-être décelé quelque chose en moi. Et que  j'aurais pu enregistrer l'album de Vanessa Paradis !
Vous n'avez pas de regrets ?
C'était une période où j'étais un peu livrée à moi-même. Je me souviens qu'à 20 ans, je rêvais d'en avoir 50. Je suis bien plus sereine aujourd'hui.
Vous avez écrit plusieurs ouvrages. Pourquoi pas les textes de vos chansons ?
Ce n'était pas ma priorité. Je me considère comme une interprète. J'ai eu la chance de croiser quelqu'un qui m'a cernée au point que les gens sont persuadés que les mots viennent de moi ! L'important, c'est d'avoir de belles partitions. Avec la musique, je me fais plaisir. J'ai passé 15 ans à me sortir de l'enfer. Quand les gens viennent me voir après un concert je me sens portée par leur bienveillance. J'ai débuté au Nez Rouge (une péniche amarrée Quai de l'Oise, dans le 19e) et, avec mes trois musiciens, nous avons déjà assuré une quinzaine de dates. Lorsque je chante, je ne joue pas un rôle. S'il y a une chose qu'on ne peut pas m'enlever, c'est ma spontanéité ! Je n'ai jamais pris de cours de chant mais j'apprends chaque soir, je trouve mes marques. Mon rêve serait de partir en tournée et de me produire dans des petites salles un peu partout en France.
En parlant de vous produire, c'est vous qui assurez le financement de ce disque, non ?
C'est vrai.Ce serait flatteur de trouver quelqu'un qui souhaite partager la production. Être sa propre productrice, c'est prendre des risques mais c'est aussi une grande liberté.
Celle peut-être de vous mettre un soir au piano ?
Ma mère était pianiste et, si l'aventure continue, je pourrais bien me laisser tenter.
Vous envisagez d'abandonner votre carrière de comédienne ?
Pour l'instant, je ne me pose pas la question. Je profite de l'instant présent...

Le 29 novembre 2018, à 20h30, au Zèbre de Belleville, 63, boulevard de Belleville, 75011 Paris. Tél.: 01.43.55.55.55. Prix des places: 20 €. www.lezebre.com

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