23 avr. 2018

Louis Arlette: "Pour moi, l'artiste à un rôle d'observateur"

(c) Laurent Seroussi
Rock dans la forme et chanson sur le fond, avec une bonne dose d'électro, "Sourire carnivore", le premier album de Louis Arlette dégage une énergie intense, rebelle à tout formatage. A 32 ans, cet auteur-compositeur, qui a suivi de classiques études de violon et piano, est loin d'être un novice. Il a multiplié les expériences et collaborations artistiques, notamment comme violoniste au sein d'un orchestre de musique de chambre ou avec Nicolas Godin et Jean-Benoît Dunckel, du groupe Air.
Féru de machines et de culture anglo-saxonne, il confesse également une véritable passion pour la chanson française et des auteurs comme Proust ou Victor Hugo.

Vous semblez baigner dans la musique depuis toujours. Pourquoi avez-vous attendu si longtemps pour sortir ce premier album ?
J'ai passé une dizaine d'années en studio à bosser pour les autres. J'avais besoin de m'abreuver, de me nourrir encore, même si j'avais déjà la volonté de m'enregistrer moi-même.
Outre les textes et les musiques, vous avez également assuré la réalisation, le mixage, les claviers, la programmation... C'était important pour vous ?
Même si je ne peux pas tout maîtriser, j'ai besoin d'avoir une vision globale, une liberté totale. C'est l'avantage d'être indépendant et de prendre son temps. Ma démarche pourrait s'apparenter à celle d'un peintre dans son atelier.
Un peintre dont la palette présente des couleurs assez sombres, voire engagées comme dans la chanson "Le naufrage"
C'est vrai que mes textes sont assez tourmentés, mais il y a quand même des portes de sorties ! Pour moi, l'artiste a un rôle d'observateur. Derrière un bon morceau, il doit y avoir un message.
Chanter en français, c'est une forme de résistance ?
Pas forcément, mais je trouve qu'il y a un vrai complexe vis-à-vis du français. Pour moi, cela a du sens de s'exprimer dans sa langue. D'autant plus que je la trouve très musicale. En ce qui me concerne, je vise davantage la sincérité qu'une possible carrière internationale...
En concert, vous reprenez d'ailleurs "Je suis un soir d'été" de Brel , un titre qui n'est pas le plus connu de son répertoire ?
Je n'avais pas envie de m'attaquer à quelque chose de vu et revu. J'aime bien l'idée que les gens puissent l'entendre pour la première fois. 

Il paraît que vous avez été bouleversé en écoutant Didier Lockwood ?
J'ai été violoniste dans un orchestre de musique de chambre. C'est un beau souvenir. Nous avons fait plusieurs tournées dans les pays d'Europe de l'Est. Mais j'avoue que lorsque j'ai vu Lockwood en concert, j'ai été fasciné par son violon électrique. Au point que j'en ai acheté un aussitôt.
Vous jonglez volontiers entre la modernité et une certaine forme de classicisme, non ?
On est héritier d'un passé. J'ai toujours eu un goût prononcé pour la littérature classique romantique. J'estime que les auteurs donnent souvent des clefs. Alors je prends des notes et peut-être qu'un jour jour, j'aurai le courage de m'isoler et d'en faire quelque chose....

Album "Sourire carnivore" (Le Bruit Blanc/Wagram)
En concert: le 3 mai 2018 au Pop-Up du Label (12 rue Abel, 75012 Paris), le 25 mai à Valenciennes, le 26 mai à Vincennes (Festival de la Jeunesse), le 29 mai à l'International, le 16 juin à Guyancourt...








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