23 mars 2021

Pierre Chérèze: "J'aime quand la musique me rend à la fois joyeux et mélancolique"


(c) Abl Studio - Lucky & M.Marteau
& S. Paulinet
Depuis les années 70, Pierre Chérèze a notamment accompagné Renaud, Bernard Lavilliers, Diane Dufresne, Louis Chedid, Brigitte Fontaine, Catherine Ringer, Jacques Higelin ou encore Gérard Manset. 
Lors du premier confinement, ce virtuose de la guitare s'est amusé à improviser, seul avec son ampli, sur des titres de Glenn Frey, John Fogerty, Arthur Smith, Peter Frampton, Martin Gore ou encore Bob Dylan. 
Des morceaux mythiques tels que  "Hotel California", "Lodi", "Guitar Boogie", "Show Me The Way", "Personal Jesus" ou encore "I'll Be Your Baby Tonight" qu'il postait chaque jour sur la toile et que l'on retrouve (avec deux compositions originales) sur "On Route 66". 
Un premier album solo instrumental, enregistré au fameux Studio Piccolo, avec Eric Lafont (guitare basse /batterie) et Jean-Luc Léonardon (claviers).  
Dès les premières notes de ce brillant opus, on a des envies de prendre le volant (d'une vieille américaine 
de préférence !) pour se lancer sur les traces des guitar heroes.

- Sortir un premier album instrumental en improvisant sur des titres quasiment mythiques, c'était un sacré pari ?

Il ne faut pas voir cela de cette manière mais en se plaçant de l'autre côté du miroir . Je l'ai fait en étant désarmé, en me jetant du haut de la falaise comme disait Higelin. A partir du moment où vous improvisez, cela signifie que vous n'avez pas peur de la mort et de la vie non plus. C'est dans cet esprit là que j'ai enregistré l'album. J'ai choisi des titres qui sont connus pour de bonnes raisons et dont la suite d'accords se prêtait à l'improvisation. 

- Il paraît que vous êtes un guitariste autodidacte ?

 En fait, depuis que je suis né, je n'ai rien décidé du tout. J'aurais aimé faire de la trompette puis de la scie musicale. J'ai commencé à jouer de la batterie dans un groupe et je me suis finalement retrouvé à la guitare ! 

- La plupart des titres de "On Route 66" datent des années 60/70. L'âge d'or des guitar heroes pour vous ?

Bien sûr. La seule différence, c'est que dans les années 60, la musique avait un côté bon enfant.  On avait juste envie de s'amuser et de faire la fête. Alors que les années 70 ont été récupérées par le business. Django Reinhardt par exemple, jouait pour le plaisir. A l'époque on ne parlait pas de groove mais de swing. Aujourd'hui, j'ai le sentiment que la technique a pris le pas sur le côté spontané.

- De "Over the Rainbow" à "Personal Jesus", la palette est large, non ?

Ce que j'aime avant tout c'est quand la musique me rend à la fois joyeux et mélancolique.  Comme lorsque j'écoute B.B. King ou "La quête". Pour moi, la chanson de Brel est un gospel français. J'ai le même genre d'émotion avec Gabriel Fauré. Je trouve que ce compositeur était plus humain que musicien.

- Quels souvenirs gardez-vous de votre collaboration avec Higelin ?

Il avait un don impressionnant pour l'improvisation. J'étais fan de Jacques. J'ai côtoyé bon nombre d'artistes talentueux mais, au final,  ce qui fait la différence, c'est la générosité. 

- Album "On Route 66"(Williamsong Music), à paraître début avril.

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