13 sept. 2016

Valéry Zeitoun :"Je me suis investi à 100 % dans "Un été 44"

La troupe d'Un été 44
Le 6 juin dernier, au Mémorial de Caen avait lieu la présentation d' "Un été 44". Un lieu symbolique puisque ce spectacle évoque le destin à la fois romanesque et tragique de six anonymes plongés dans la tourmente de cet été 44, entre le débarquement et la libération de Paris. Si le casting des six chanteurs et comédiens privilégie les jeunes talents, celui des auteurs-compositeurs réunit Charles Aznavour, Maxime Le Forestier, Jean-Jacques Goldman, Alain Chamfort,Yves Duteil, Jean Fauque, Claude Lemesle, François Bernheim... Des atouts incontestables pour cette fresque historique qui s'annonce comme l'un des événements de la rentrée.
Rencontre avec le producteur Valéry Zeitoun qui a notamment lancé la carrière de nombreux artistes au sein du label AZ et participé à l'aventure des "Vieilles Canailles".

Produire ce genre de spectacle, c'est une grande première pour toi ?
Habituellement, je ne suis pas friand des comédies musicales, hormis celles de Broadway. D'ailleurs pour "Un été 44", je préfère parler de spectacle musical car ici, contrairement à d'autres productions, les musiciens sont en live et il n'y a pas de danseurs. J'ai besoin qu'il y ait du fond, une histoire.
Et celle-ci te touche particulièrement ?
C'est vrai. J'ai un grand-père qui est mort en 1944. Il faisait partie de la D.B. Mais plutôt que de parler de la guerre et de ceux qui l'ont décidée, nous avons choisi d'évoquer les anonymes qui l'ont subie, de rappeler aussi des épisodes comme l'arrivée des pianos Steinway débarqués avec les soldats, l'importation de la culture américaine en Europe ou de saluer le courage des Rochambelles.
L'histoire de ces dernières est encore peu connue du public ?
J'aime m'appuyer sur des fondations. En Normandie, elles sont très populaires. A une époque où on parle de parité, de la place des femmes dans la société, je trouve que l'histoire de ces ambulancières qui ont sauvé de nombreuses vies a un panache extraordinaire.
Peut-on parler de devoir de mémoire ?
Je ne peux pas m'exprimer au nom de toute l'équipe mais moi, en tant que producteur, je l'assume totalement.
Dans "Un été 44", les caractères des personnages sont volontairement nuancés, non ?
Je pense que l'histoire n'est jamais noire ou blanche. L'homme n'est jamais totalement bon ou mauvais. C'est ce que l'on a essayé de faire ressortir dans cette histoire.
On ne trouve pas de noms connus dans la troupe, c'est également volontaire ?
Alice Raucoules a participé à la Star Ac' il y a une dizaine d'années mais nous avons en effet évité de puiser dans les candidats de The Voice ou de Nouvelle Star pour réaliser le casting ! Nicolas Laurent qui joue le rôle de Petit René a tout juste 17 ans et il vient d'un village de 400 habitants. Le seul qui a un peu de "bouteille", c'est Tomislav Matosin (le soldat américain Willy O'Brien). Il a tourné dans les bars. Ici, les artistes sont au service du spectacle et non l'inverse.
Pourquoi as-tu choisi de présenter le spectacle en avant-première à Caen plutôt qu'à Paris ?
Au-delà du symbole, il était vital pour moi que ce projet soit adoubé par les normands.
On connaît ta passion pour le poker. Quels sont à ton avis les atouts d'"Un été 44" ?
Hormis la solide équipe qui est à mes côtés (Anthony Souchet, Sylvain Lebel, Erick Benzi...), le talent des artistes, des auteurs et compositeurs, l'histoire... je me suis investi à 100 % dans ce spectacle, avec passion et sincérité.  A 40 ans, mon but était de réussir dans la vie. A 50 ans, j'aspire à réussir ma vie. Ce projet correspond à mon état d'esprit aujourd'hui...

Du 4 novembre 2016 au 26 février 2017 au Comédia, 4 boulevard de Strasbourg, 75010 Paris. Tél.:01.42.38.22.22. Places: de 30 à 79 €.
http://www.lecomedia.fr/

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