5 juil. 2021

Le rock envoûtant de Belfour

 
(c) Jean-François Robert

Leur EP auto-produit "Si la rivière coule" est arrivé comme une belle promesse, dans le paysage musical français. Outre l'hymne à la liberté et à l'amitié qui donne son titre à l'opus, on se laisse littéralement happer par la poésie onirique et l'esthétisme rock-folk de "Un coup ou deux", "On verra bien", "Les corolles", "Juste une seconde"... Des chansons qui parlent de montagnes éternelles, de l'usure du manque d'amour mais aussi d'espoir, du jour qui passe entre les fissures. Réunis sous le nom de Belfour, Lucie Mena chante et écrit tandis que Michael Sacchetti compose et joue de la guitare. Une osmose parfaite pour ce duo originaire de Clermont-Ferrand qui a notamment assuré les premières parties de Bertrand Cantat en 2018.  
Entretien dans un café de Montreuil, l'autre point d'ancrage de Belfour, quelques jours après leur concert parisien aux Trois Baudets. Le temps d'évoquer un parcours jalonné de fructueuses rencontres et de belles histoires...

-  Quel est le lien entre votre duo et Robert "Wolfman" Belfour, un bluesman du Mississippi, disparu en 2015 ?
M.S. J'étais parti aux Etat-Unis avec ma guitare. A l'époque, je me cherchais musicalement. Un soir, dans un magasin de disques, un mec m'a fait écouter Belfour en m'indiquant qu'il se produisait pas très loin, dans une petite salle.  J'ai tout de suite été fasciné par ce mélange entre l'Afrique et la musique américaine. J'ai décidé d'aller l'écouter. Lorsque j'ai poussé la porte, je suis tombé sur lui et il m'a invité à venir jouer quelques notes. De retour en France, je l'ai fait découvrir à Lucie.
L.M. Michael a fait le voyage de mes rêves ! J'ai toujours écouté du blues et là, j'ai vraiment adoré. Nous chantions encore en anglais à ce moment là et nous cherchions un nom de groupe. Belfour est venu tout naturellement...
- Pourquoi avez-vous opté pour le français ?
L.M. En fait, j'avais des difficultés avec l'anglais et cela faisait un moment que nous songions à aller vers le français. Le déclic est venu avec Laurent Benitah, un musicien que nous avons hébergé en Auvergne. Il nous a complètement coachés et nous a convaincus de chanter en français. 
- Et comment avez-vous décroché la première partie de Bertrand Cantat ?
L.M. C'est grâce à Pascal Humbert (ex-Détroit et 16 Horsepower), l'acolyte de Cantat. Il était venu nous voir et il lui a parlé de nous.
- L'annulation de certains concerts a dû vous couper dans vote élan, non ?
L.M. Oui et non. Nous n'étions pas prêts. Mais j'avoue que j'ai été déçue d'apprendre que nous ne passerions pas à l'Olympia. J'avais travaillé au service merchandising de cette salle et y revenir à l'affiche était l'un de mes rêves.
-  "Si la rivière coule" est une oeuvre collective ?
L.M. C'est surtout nous deux mais il y a des participations (Laurent Benitah, Pascal Humbert, Toma Milteau, Nicolas Couret). Nous avons besoin de collaborer pour éviter d'être trop enfermés sur nous-mêmes ! Quand j'écris, je montre mes textes à Michael. Il m'apporte son  regard masculin.
M.S. J'ai une double casquette de musicien et d'ingénieur du son. Nous sommes complémentaires.
(c) Jean-François Robert

- Vous avez fait d'autres belles rencontres pour ce EP ?
L.M. Notre histoire est faite de rencontres et d' aventures humaines. Nous avions 2 clips mais nous trouvions que le résultat ne nous correspondait pas. J'avais aimé le travail de la réalisatrice Elizabeth Marre sur "Manon sur le bitume". Lorsque j'ai appelé Walter Films pour demander son contact, je suis tombée sur le directeur qui a fait le lien. Nous avons tourné au coeur des volcans d'Auvergne et le clip a été sélectionné pour des festivals dont celui du court-métrage de Clermont-Ferrand. Pour le graphiste Jérôme Witz qui a notamment fait la pochette de "Bleu Pétrole" pour Alain Bashung, nous lui avons juste parlé au téléphone et il a donné son accord. Quant au photographe Jean-François Robert, il habite à 100 mètres de chez nous ! 
- "Si la rivière coule" a été enregistré dans plusieurs lieux ?
 Oui. La première session, par exemple,  a été faite dans les dépendances de la maison de Nino Ferrer, dans le Lot. Sa femme et son fils sont d'une incroyable gentillesse. Ils nous ont accueillis dans une sorte de home-studio où nous avons croisé Arthur H, Jean Fauque...
- Sur scène, vous évoquez l'idée de laisser des traces comme votre arrière-grand-père qui plantait des arbres ?
L.M. Il a notamment reboisé le plateau de Millevaches et écrit, je pense, le premier ouvrage d'écologie en France. Il s'appelle "Le manuel de l'arbre" et a été distribué dans les écoles. 
- Mettre une citation de Sénèque dans le livret de votre disque n'est pas banal ?
L.M. J'ai toujours aimé cette phrase : "La vie ce n'est pas d'attendre que l'orage passe, c'est d'apprendre à danser sous la pluie". Quand tu décides de vivre de tes rêves, tu n'es pas à l'abri des mauvaises rencontres. Avec Michael, on aurait pu arrêter 1000 fois de faire de la musique, mais nous sommes des battants !


- album "Si la rivière coule", disponible depuis le 4 juin 2021.

En tournée: Le 8 juillet 2021 à La Bourboule (63), le 17 juillet au Festival Art'Air - Château de la Batisse (63), le 22 juillet à Mazeyrat d'Allier (43), le 23 juillet à Lavoûte-Chilhac (43), le 20 août à l'Oasis de Clairette - Moustiers Ste-Marie (04), le 21 août à la Ferme Marine des Aresquiers - Vic La Gardiole (34), le 17 septembre à Albi (81), le 18 septembre au Festival Détour de Chant à Toulouse (31), le 19 septembre au Festival Pignol'Arts de Pardines (63), le 9 novembre à Cébazet, avec Miossec et Dani pour Sémaphore en chanson (63), le 13 novembre à Ceyssat (63)...





 

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