27 juil. 2019

"Barjac M'en Chante": moins de son et plus de sens

Jean-Claude Barens, directeur artistique de "Barjac M'en Chante" nous pardonnera d'avoir emprunté quelques mots de son édito pour titrer sur ce festival. On ne pouvait trouver plus pertinent !
Depuis 25 ans, sous différents noms, la ville de Barjac accueille en effet l'un des évènements les plus attendus des amateurs  de rimes bien tournées.
Des chansons "de caractère" qui se fichent bien des tendances du moment, des éphémères engouements ou de décibels qui ne parviennent pas toujours à compenser le manque d'inspiration !
 Une exigence qui n'empêche pas des artistes comme Anne Sylvestre ou Thomas Fersen de toucher un large public. Tandis que la "nouvelle génération" représentée ici par Lily Luca, Zoé Simpson, Lizzie, Mélanie Arnal... prouve, à coup sûr, que le répertoire peut encore s'enrichir de jolies partitions.
Pour cette édition 2019, les projecteurs mettent également en lumière des "duetti": Lili Cros & Thierry Chazelle, Annick Cisaruk et David Venitucci, Juliette Kapla et Claire Bellamy, Christian Camerlynck et Nathalie Fortin, David Sire et Cerf Badin...
Des duos à la ville comme à la scène ou des rencontres de circonstance, parce que la chanson est aussi et avant tout une histoire de partage.

Du 27 juillet au 1er août 2019 à Barjac (30430).
Infos sur le site http://www.barjacmenchante.org/

21 juil. 2019

150 000 personnes aux 35 ans des Francofolies de La Rochelle

35 ans déjà que les Francofolies font vibrer le parking Saint-Jean d'Acre (rebaptisé Scène Jean-Louis Foulquier), le port, les salles, les rues de La Rochelle...De ses débuts, le festival a conservé cet esprit à la fois frondeur et bon enfant, son goût pour la découverte et la chanson d'expression française. Un âge respectable, au regard des autres manifestations estivales, même s'il n'a pas pris une ride. Mieux, il semble avoir rajeuni !
M en ouverture du festival
(c) Antoine Monegier du Sorbier
Le mérite en revient évidemment à la programmation qui, tout en faisant une large place aux têtes d'affiche, propose chaque année de nouveaux talents, par le biais notamment du "Chantier des Francos" qui encourage les jeunes pousses tout en accompagnant leur développement.
Et l'édition 2019 à laquelle ont assisté pas moins de 150 000 personnes (dans 13 lieux), n'a pas échappé à la règle. Outre des artistes comme M, Christine & The Queens, The Blaze, IAM, Soprano, Zazie, Patrick Bruel, Jean-Louis Aubert, Alain Chamfort, La Grande Sophie... les plus jeunes ont accueilli avec ferveur Angèle, Radio Elvis, Aya Nakamura, Lomepal, Trois Cafés Gourmands ou encore Jérémy Frérot.
Quant aux curieux, ils ont pu apprécier la chanteuse Kimberose, considérée, à juste titre, comme la nouvelle voix de la soul, l'énergique performance du crooner britannique Hugh Coltman, installé en France, depuis la dissolution de son groupe de blues-rock The Hoax et qui, en compagnie d'une solide section de musiciens, a littéralement emballé les spectateurs avec les titres de son dernier album "Who's Happy ?".
Hubert Lenoir (c) Antoine Monegier du Sorbier

Heureux, nous l'étions également en découvrant le rap solaire et inspiré d'Hervé, l'intrigante formation féminine Canine ou le phénomène Hubert Lenoir.
Venu tout droit du Québéc ce dernier a littéralement pris d'assaut la scène de l'Horloge (et les cintres !) avec son glam-rock exalté. A 24 ans, cet auteur-compositeur est déjà très populaire au Canada où il a remporté quatre trophées au Gala de l'Adisq (l'équivalent de nos Victoires de la Musique) pour son disque-concept "Darlène".

Un programme si riche que l'on risque parfois de passer à côté d'autres belles découvertes. Celles de du jeune rappeur quimpérois Di#se, de Cléa Vincent (Prix Félix Leclerc) ou encore d'Arthur Ely, récompensé par le Prix Coup de Coeur du Club Francos. Mais on se console un peu en songeant que leur talent prometteur leur permettra d'investir très prochainement d'autres scènes.

(c) Antoine Monegier du Sorbier
Bien évidemment, les chansons ont remplacé le gâteau pour ce 35ème anniversaire. Une "gourmandise" (concoctée avec la Sacem) et intitulée "Juillet 85". Dans le rôle de l'"historien", André Manoukian, très en verve, a raconté quelques anecdotes tandis qu'Elodie Frégé, Ben Mazué, Maissiat, Barbara Carlotti, Tim Dup et Cali (photo de droite) revisitaient des refrains qui ont marqué les précédentes éditions. L'occasion de réentendre "Le prélude de Bach", "Le Sud", "Formidable", "Marcia Baïla", "Mistral gagnant", "Jardin d'hiver", "Avec le temps".... jusqu'à "La Javanaise" reprise en choeur par les spectateurs.

Côté nouveautés: on notera une "Nuit Collective" métal, le Village Francocéan, Les Folies Littéraires, "Mes Francos Demain" avec la mise en place de bars à eau, de flux de tri de déchets, la présence d'éco-ambassadeurs...et la première édition de "J'ai la mémoire qui chante",  animée par Eric Fottorino, avec la participation cette année de François Hollande, Jean Teulé, Michel Houellebecq et Fanny Ardant.
Outre le traditionnel feu d'artifices, le 14 juillet a fêté une autre création: la "Confédération des Francofolies" regroupant les Francofolies de la Rochelle, les Francofolies de Montréal, les Francofolies de Spa, les Francofolies de Blagoevgrad, les Francofolies de La Réunion et les Francofolies de Nouvelle-Calédonie. Un réseau unique destiné à tisser des liens et organiser des échanges entre les artistes émergents de différents continents.
Parce que, les Francofolies, c'est aussi une famille !

Prochain rendez-vous du 10 au 14 juillet 2020. Infos sur le site http://www.francofolies.fr/

15 juil. 2019

"Siddhartha, l'Opéra Rock": dans les pas d'un guide pour l'humanité...

Inca
L'idée peut sembler ambitieuse, voire utopique. Mais, en ces temps tourmentés, le public devrait réserver un chaleureux accueil à ce spectacle qui prône des valeurs comme l'épanouissement de soi, la sagesse et l'amour de l'autre.
C'est en effet le propos de "Siddhartha, l'Opéra Rock" dont le livret, les paroles et les musiques sont signés David Clément- Bayard, sur une mise en scène de Magda Hadnagy.
Rencontre avec Fred Juarez (producteur musique) et Inca qui incarne Siddhartha, ce jeune prince qui fit le choix de fuir un destin tout tracé pour découvrir le monde et les hommes. Rendez-vous, à partir du 26 novembre prochain, au Palais des Sports (Dôme de Paris).

On imagine que pour se lancer dans une telle aventure, il faut être sensible à cette philosophie ?
- Fred Juarez: En fait, on ne s'est pas vraiment posé la question. Mais c'est vrai que si le sujet ne m'avait pas intéressé, je ne crois pas que j'aurais pu m'investir. J'ai toujours besoin de me nourrir.
Comment se prépare-t-on à endosser le costume de Siddhartha ?
- Inca : Cela passe par l'esprit et par le corps. J'ai fait du yoga, de la méditation et j'ai beaucoup travaillé sur l'endurance, la musculation pour assurer le rythme des représentations. Il y a également tout un processus psychologique pour cibler le personnage.
Un personnage qu'il sera sans doute compliqué de quitter ?
- Inca: Cela dépend. Par exemple, dans "La légende du Roi Arthur" où je jouais le Prince Méléagant, il a suffi que je me coupe les cheveux ! Nous avons tous nos méthodes. J'étais un méchant  alors que là, on va juste parler d'amour. C'est assez fédérateur. En fait, je ne crois pas que je vais jouer un rôle mais simplement le vivre. C'est toute la différence.
Être artiste, vous en rêviez depuis votre plus jeune âge ?
- Inca: J'ai commencé à étudier le chant et le théâtre à 9 ans et j'ai choisi d'arrêter l'école à 16 ans pour me consacrer à ce métier. J'ai eu une révélation alors que je participais au gala de fin d'année de mon école de chant. Un professeur m'a proposé d'interpréter "Lover Man" (une chanson qui a notamment été interprétée par Billie Holiday, Ella Fitzgerald...). C'est à ce moment là que j'ai compris que j'étais fait pour ça.  Mes fondements sont plutôt rock mais je me suis retrouvé dans un cursus variétés. Je me suis cherché longtemps. Lorsque je me suis présenté à "The Voice" et que le jury ne s'est pas retourné, j'ai trouvé ça très violent. C'est un métier qui demande des sacrifices et c'est parfois douloureux.
Vous allez mieux ?
- Inca: Tout-à-fait. Siddhartha est un personnage magnifique pour un artiste. C'est une vraie chance de l'incarner.
Où s'est déroulé le tournage du clip de la chanson "La vie m'attend" ?
 
Fred Juarez
- Fred Juarez: Au départ, nous voulions le faire en Inde mais c'était assez compliqué à mettre en place. Il a donc été tourné en Andalousie, à Alméria et à Séville.
- Vous avez fait le choix de privilégier la musique plutôt que les dialogues ?
- Fred Juarez: Oui. Il y aura une cinquantaine de chansons. Nous voulions faire un opéra rock dans l'esprit de Starmania. Le casting s'est fait sur les voix.
Il n'y aura donc pas de chorégraphe à la mode ?
- Fred Juarez : Non. Ce sera un vrai spectacle, pas un show.
Un spectacle destiné à révéler ce qu'il y a de plus beau en nous, comme le suggère le dossier de presse ?
- Fred Juarez: C'est un peu l'idée.  A la sortie, le public doit pouvoir se dire : tiens, ça m'intéresse et chercher ce qu'il pourrait faire pour s'améliorer.
- Inca: C'est aussi mon challenge: donner le meilleur de moi-même.
L'histoire débute par une rébellion ?
- Inca: Oui. Le prince était destiné à reprendre le flambeau de son père le Roi Suddodhana qui l'enferme dans le palais pour lui imposer ses choix. Mais il se rebelle et s'échappe. Cela passera par plusieurs étapes qui sont illustrées par les chansons.
- Fred Juarez: Siddhartha est un homme qui a connu toutes les souffrances et qui parvient à les dépasser. C'est ce qui lui permettra d'arriver à une pleine conscience. Ce qu'on appelle l'éveil.
Ce qui fait la valeur de cette production c'est qu'elle met l'humain en premier.

(c) Philippe Fretault

Du 26 novembre 2019 au 5 janvier 2020, du mardi au vendredi à 20h, le samedi à 15h et 20h et le dimanche à 20h, au Palais des Sports - Le Dôme de Paris, 34, bd Victor, 75015 Paris. 
Tél.:08 25 03 80 39. Places: de 25 à 79 €. http://www.ledomedeparis.com/

9 juil. 2019

"Michel For Ever": un enchantement

"C'est une déclaration ! Une marque d'amour et de plaisir pour quelqu'un qui a bercé notre enfance, notre adolescence, et qui continue de le faire au-delà des âges..." explique Stéphan Druet à propos de "Michel For Ever", qu'il a conçu et mis en scène avec Daphné Tesson.
L'amour est palpable dans le jeu des musiciens en live: Benoit de Mesmay au piano et Jean-Luc Arramy à la contrebasse, celui du swing, du jazz... Et dans celui des quatre chanteurs, danseurs et comédiens (Gaétan Borg, Sébastiàn Galeota ou Julien Alluguette, Emmanuelle Goizé et Mathilde Hennekinne) qui font revivre sur scène quelques-unes des plus belles partitions de Michel Legrand.
Quant au plaisir, il suffit de voir l'engouement du public à l'écoute de titres comme "Quand on s'aime", "La chanson des soeurs jumelles" (du film "Les Demoiselles de Rochefort"), "Un été 42", du medley de "Peau d'Âne" ou  "Les moulins de mon coeur" (extrait du film "L'affaire Thomas Crown"), une chanson  récompensée par un Oscar, en 1969.
Afin que le spectacle n'apparaisse pas comme un "best of", les créateurs ont imaginé une rencontre entre un journaliste chargé de rédiger un portrait du célèbre compositeur, chef d'orchestre, chanteur...et trois fans. Les filles sont de véritables groupies, tandis que le garçon est intarissable lorsqu'il s'agit de fournir des anecdotes. On apprend ainsi que Michel Legrand a découvert sa vocation lors d'un concert de Dizzy Gillespie à Pleyel ou qu'il a assuré les premières parties de Maurice Chevalier... sous les sifflets !
"Le secret, c'est d'être un débutant" affirmait celui qui conservera toute sa vie une fraîcheur, un enthousiasme et un don évident pour s'émerveiller de choses simples. Des qualités que l'on retrouve dans ce "Michel For Ever". Un enchantement qui aurait sans doute mérité une mise en scène plus enlevée.
L'émotion est présente aussi lorsqu'on entend la voix de Michel Legrand confiant son rêve un peu fou de vivre centenaire. Il est parti le 26 janvier, à 86 ans, en nous laissant des oeuvres immortelles...

Jusqu'au 14 juillet 2019, du jeudi au samedi à 21h15, le dimanche à 17h30, au Théâtre de Poche Montparnasse, 75, bd du Montparnasse, 75006 Paris. Tél.: 01.45.44.50.21. Tarifs à partir de 28 € et 10 € (- 26 ans). http://www.theatredepoche-montparnasse.com/ 

8 juil. 2019

"Parade" pour la réouverture du Théâtre du Châtelet

Après deux ans et demi de travaux, le Théâtre du Châtelet annonce sa réouverture à la rentrée, avec "Parade", un spectacle créé en 1917 dans cette même salle. Un hommage à la création de Diaghilev qui réunissait à l'époque les noms de Satie (musique), Cocteau (poème), Picasso (décors, costumes et rideau de scène) et Léonide Massine (chorégraphie).
Les festivités se dérouleront en trois parties: des ateliers gratuits sur le thème du cirque et une parade sur le parvis de l'Hôtel de Ville, une immersion dans le monde Éric Satie dans les foyers du théâtre (en accès libre) et enfin le spectacle présenté dans la grande salle avec l'Ensemble Intercontemporain dirigé par Matthias Pintscher, les Marionetas Gigantes de moçambique et leurs percussionnistes, les artistes de Cirque de Boîte Noire, le groupe ukrainien DakahaBrahka, les acrobates de la troupe d'Eliabeth Streb... 

Les 13, 14 et 15 septembre 2019 sur le Parvis de l'Hôtel de Ville et au Théâtre du Châtelet, Place du Châtelet, 75001 Paris. 
Tarifs pour la grande salle : de 10 à 89 €. 
Infos sur le site http://www.chatelet.com/

Judy Garland "Splendeurs et chute d'une légende"

A l'instar de Shirley Temple, elle était considérée comme la petite fiancée de l'Amérique. Mais, poussée sur scène dès l'âge de 3 ans par une mère qui avait reporté sur elle ses rêves de gloire, Judy Garland alternera amphétamines et somnifères pour suivre le rythme infernal imposé par les studios de la MGM. Une addiction qui la conduira à une mort prématurée le 22 juin 1969. Elle a alors 47 ans.
Pour célébrer le cinquantième anniversaire de la disparition de l'inoubliable Dorothy du "Magicien d'Oz", le journaliste, auteur et réalisateur Bertrand Tessier revient avec "Splendeurs et chute d'une légende" sur le destin chaotique de celle qui avait incarné le rêve hollywoodien dans "Une étoile est née".
Depuis "le cinéma de papa" jusqu'aux "derniers mois" en passant par "Le pays d'Oz", "sa première cure", "New York New York", "Je t'aime moi non plus" ou encore "le trou noir en Australie", on suit le parcours de l'artiste au travers d'anecdotes, de témoignages inédits et de clichés immortalisant des moments-clefs: une représentation avec ses deux soeurs aînées à l'époque des "Gumm Sisters", en compagnie de son complice Mickey Rooney, de sa mère Ethel, de son premier mari David Rose, de Vincente Minnelli avec leur fille Liza ou lors de sa prestation dans "Jugement à Nuremberg" de Stanley Kramer pour laquelle elle obtiendra une nomination pour l'Oscar du meilleur second rôle.
On apprend également que Frances Gumm (son vrai nom) voulait plus que tout être aimée de ses parents alors qu'elle ne fut pas une enfant désirée. Anéantie par la mort de son père Frank, elle cherchera toute sa vie un père de substitution. Des hommes qu'elle épousera ou avec lesquels elle entretiendra des liaisons passagères comme David Rose, Joseph L. Mankiewicz, Vincente Minnelli, Sid Luft...
Bertrand Tessier évoque aussi sa complicité avec Betty Asher, son attachée de presse, qui oeuvrait en coulisses pour le compte de la MGM afin de surveiller les agissements de leur jeune protégée.
Les studios useront d'ailleurs de stratagèmes pour saborder l'idylle naissante entre Judy et  l'acteur Tyrone Power.
Manifestement, l'auteur connaît bien son sujet puisqu'il a réalisé parallèlement un documentaire "Judy Garland et Vincente Minnelli", dans la série "Couples mythiques au cinéma".
Une biographie qui se lit comme un roman à la fois exaltant et tragique. L'histoire d'une enfant-star, dont la vie ne s'est pas toujours déroulée sous les radieuses couleurs d'un arc-en-ciel...

- "Splendeurs et chute d'une légende", Éditions l'Archipel, disponible depuis le 22 mai 2019.

3 juil. 2019

"Opérapiécé": un joyeux et lyrique délire

Aurore Bouston et Marion Lépine sont un peu les héritières de ces formations capables de surfer, avec humour, sur tous les répertoires.
Des petites soeurs turbulentes et fantasques, bien décidées à conquérir Paris ... et le statut d'intermittentes !
Tel est le fil rouge de cet "Opérapiécé", mis en scène par William Mesguich qui, au fil de tableaux intitulés "Opérassedic", "Opératp" ou "Opérapelle-toi", raconte les rocambolesques aventures de deux artistes en quête de cachets pour obtenir les indispensables 507 heures.
L'occasion aussi pour ces pétillantes interprètes de montrer l'étendue de leur registre. Et il est particulièrement élastique puisque, non contentes d'endosser successivement un perfecto, des tenues de chanteuses lyriques ou des robes imprimées avec le plan du métro, les demoiselles passent tout aussi allègrement de Moussorgsky à Sardou, Tchaïkovsky, Souchon, Rossini, Bach, Gounod, Gainsbourg, Ferré, Sheller ou encore Bécaud.
L'autre belle idée est d'avoir fait appel à l'accordéoniste Marion Buisset pour accompagner leur délirante plongée dans les"tubes" de la chanson et de la musique classique. Un instrument que l'on a pas forcément l'habitude d'entendre dans "L'ouverture de Guillaume Tell", "la "Valse des fleurs" ou "Une nuit sur le Mont Chauve !
On leur donnerait volontiers ces fameuses 507 heures pour qu'elles puissent encore nous enchanter...

Jusqu'au 26 juillet 2019, les jeudis et vendredis à 19h30, au Théâtre de l'Essaïon salle Cabaret) 
6, rue Pierre au Lard, 75004 Paris. Tél.: 01.42.78.46.42. 
Prix: 20 € et 15 € (tarif réduit). http://www.essaion.com/


2 juil. 2019

Rotterdames: entre rock sombre et pop aérienne

(c) Waap.fr
Le nom de l'album est un clin d'oeil à la chanson de Christophe, mais au singulier.
Et singulier, le trio pop-rock Rotterdames (Antoine Boisseau au chant et à la guitare, Louis Le Peltier à la batterie et Valentin Lisotti à la basse) l'est à plus d'un titre.
A contre-courant des tendances de ces dernières années, il chante en français et a enchaîné une bonne centaine de concerts avant d'entrer en studio avec Thierry Chassang (Tryo, Oxmo Puccino...) pour enregistrer les dix morceaux de "Paradis Perdu".
Un premier opus pop-rock qui sonne déjà comme un "classique", tout en affichant une évidente modernité.
Rencontre avec Antoine Boisseau, chanteur et auteur de ces histoires d'amour... qui finissent mal en général.


- "Paradis Perdu" joue beaucoup sur les contrastes, non ?
C'est vrai qu'il y a une alternance de moments très rock et de passages plus légers. Cela permet de montrer d'autres facettes du groupe.
Comme la chanson "Le train" qui sort un peu des rails, si on peut dire ?
Elle apparaît en effet comme un OVNI. Nous nous sommes d'ailleurs demandé si nous allions la garder. Elle fait penser à l'univers du fabuleux destin d'Amélie Poulain. J'aimais bien cette idée de voyage pour clore l'album.
Et celle de mélanger les genres en ajoutant du violoncelle ?
Quand nous avons commencé les prises avec Annie Le Prev qui joue du violoncelle sur "Le train", nous n'avions plus aucun doute, c'était tellement beau. Elle travaille au Conservatoire du Mans et elle est arrivée avec ses partitions. Au bout d'un moment, elle les a mises de côté et la magie s'est installée dans le studio.
Faire du rock en français, c'est un acte de résistance ?
Même si j'apprécie le répertoire anglo-saxon, j'ai toujours aimé écrire en français. Cela me permet de jouer avec le texte.
Certains médias ont évoqué un côté vintage à propos de vos chansons. Vous êtes d'accord ?
J'aime le rock et la pop des années 60/70. On a essayé de recréer cette ambiance là. En même temps, on a fait en sorte que cela ne fasse pas poussiéreux.
Enchaîner les concerts avant d'enregistrer un album, c'est aussi une manière de travailler "à l'ancienne"?
Nous avons donné beaucoup de concerts dans notre ville, au Mans. Nous avions déjà sorti deux EP dont l'un était plus une démo. Lorsque nous avons contacté des labels, on nous a parfois reproché un manque de réalisation, de parti-pris. Pour ce projet d'album, il nous paraissait essentiel de roder les titres sur scène. Cela nous a amené à revoir certains arrangements comme ceux de la chanson "Paradis perdu" qui, au départ, étaient plutôt groovy tendance disco.
C'est vrai que le groupe est né sur les bancs d'un lycée ?
Tout-à-fait. Au début nous étions quatre. L'un des musiciens est parti faire médecine et nous nous sommes retrouvés en trio. Puis la question s'est posée de rester amateurs ou d'aborder ce métier de manière plus professionnelle. Du coup, il y a eu des changements et je suis le dernier des mousquetaires d'origine !
Vos parents étaient d'accord ?
Avant, les parents disaient "passe ton bac d'abord". La barre est plus haute aujourd'hui ! Moi, j'ai obtenu un master d'assurances et finances. C'était le deal.
Vous avez signé les textes des chansons mais les musiques ont été composées par le groupe ?
Cela m'a semblé cohérent d'écrire seul les textes que je dois défendre sur scène. Pour les musiques, j'ai donné quelques idées mais, au final, c'est un travail collégial.
Apparemment vos histoires d'amour sont souvent contrariées ?
Lorsque tout va bien, je n'ai pas vraiment envie d'en parler. La douleur présente plus d'aspérités.
Qui est le musicien qui vous rejoint parfois sur scène ?
C'est Sullivane Albertini qui joue les parties pianos, orgues et violons sur l'album. C'est un peu notre quatrième membre...

- Album "Paradis perdu" (ALV/Syncope Prod/Socadisc/Believe), disponible depuis le 11 janvier 2019. 
En tournée: concert: le 6 juilet 2019, Festival Rocka'Vib, à Vibraye, le 22 novembre à Tours (Les 3 Orfèvres), le 1er décembre à Colombes (SMAC Caf'Muz)...