27 avr. 2022

"Stories" par la RB Dance Company: un show audacieux et original qui mêle claquettes et jazz urbain

(c) Alexinho Mougerolles

Finaliste en 2018 de la célèbre émission "La France à un incroyable talent", sur M6, la RB Dance Company multiplie les succès. Initialement prévu jusqu'au 30 avril, leur spectacle "Stories" joue les prolongations sur la scène du 13ème Art et, dans la foulée, il vient de décrocher 5 nominations aux prochains Trophées de la Comédie Musicale. Une tournée est également prévue en 2023 après une nouvelle résidence parisienne cet automne.
"En étant là ce soir, vous donnez du sens à ce qu'on fait" confiait Romain Rachline Borgeaud (metteur en scène, chorégraphe et producteur), il y a quelques jours. à l'issue d'une des représentations. 
Du sens, on en trouve dans chacun des tableaux de ce show original et audacieux, réglé avec une redoutable précision, dont le but avoué est de dépoussiérer  l'image parfois désuète des claquettes en y mêlant d'impressionnantes séquences de jazz urbain.  Et ça déménage ! 


(c) Alexinho Mougeolles


De la première scène, dans une salle de rédaction,  où la troupe apparait en tenue rétro, une cigarette à la main,  en passant par les courses-poursuites,  la fébrilité ambiante d'un plateau de tournage, les scènes de combat, les parties de cartes dans un cercle de jeux ou le ballet des grooms dans un hall d'hôtel,  les danseuses et danseurs ne ménagent pas les prouesses pour nous embarquer dans cette histoire dans paroles.  Une histoire mettant en scène Icare, un jeune acteur qui, après une dispute, se retrouve prisonnier du film le liant au réalisateur. 


(c) Florian Clairet



Clin d'oeil aux ballets des films musicaux des années 50, "Stories" nous fait constamment voyager entre hier et aujourd'hui. Rythmée par les décors mobiles (escaliers, tours, train...) et la scénographie inventive de Federica Mugnai, baignant dans les lumières en clair-obscur d'Alex Hardellet,  cette création originale,  conçue par Romain Rachline Borgeaud, joue également la carte d'un esthétisme, d'un langage chorégraphique, totalement dédiés à la narration.  L'occasion pour la RB Dance Company de démontrer qu'elle a indiscutablement un "incroyable talent"... 

Jusqu'au 20 mai 2022,  à 19h, le samedi à 15h et 19h,  au 13ème Art, Centre commercial Italie 2, Place d'Italie, 75013 Paris. Loc. points de vente habituels et sur le site www.le13emeart.com  

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21 avr. 2022

La jolie musique des mots de Gilles Vigneault

(c) Jean-Charles Labarre

Dans son Québec natal, il est un peu considéré comme le barde national. Il faut dire que depuis son premier enregistrement "Jack Monoloy", il y a tout juste 60 ans, Gilles Vigneault n'a cessé de faire entendre sa voix pour défendre et honorer la langue française. L'année précédente, il avait fondé les Editions de l'Arc pour publier "Etraves", son premier recueil de poèmes. Et personne n'a oublié des chansons comme "Mon pays", "Les îles de l'enfance", "J'ai mal à la terre", "Les gens de mon pays"...  ou les albums "Le chant du portageur", "C'est ainsi que j'arrive à toi", "Au bout du coeur", "Vivre debout".

Debout, le chanteur, conteur et poète l'est plus que jamais puisque, à 93 ans, il sort un nouvel opus intitulé "Comme une chanson d'amour". Dans un coffret qui ressemble à un livre, avec un prologue et un épilogue, il déclare son amour pour la langue, la terre, les saisons, la lumière....comme autant de messages à destination des générations d'aujourd'hui et de demain. "Les mots... ses habitants, font le tour de la terre. Si tu les reconnais, si ces mots sont les tiens, ils sont ton passeport... ce pays t'appartient !" écrit-il dans "Comme un prologue".



 "On ne m'a jamais offert de participer à un geste aussi profondément actuel et artistique" confie Jim Corcoran qui a assuré la direction artistique et la réalisation. Quant aux mélodies, elles ont été composées avec la complicité de Philippe Noireault, Jean-François Groulx, Paolo Ramos et Julie Thériault. Alternant textes chantés et parlés, Vigneault est soutenu par un bel univers sonore (Violons, violoncelle, harpe, hautbois, cor anglais, piano, harmonica...). Bien sûr, le timbre est fragile, mais l'inspiration est toujours aussi vive. Il faut l'entendre louer "La terre", "Monsieur l'Air", "Madame l'Eau", le bâtisseur "Joreille" qui veille aussi sur le sommeil et la paix des gens du village...pour réaliser à quel point la jolie musique des mots du poète et conteur québécois nous apporte ce supplément d'humanité dont nous avons tant besoin...

- Album "Comme une chanson d'amour" (Tandem.mi/EPM/Universal), disponible le 22 avril 2022.

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18 avr. 2022

Mustii: le nouveau souffle pop-rock venu de Belgique


(c) Daniil Lavrovski

Acteur, metteur en scène, auteur, compositeur, chanteur.... ce natif de Bruxelles a décidément bien des talents. A un peu plus de trente ans, il affiche déjà un palmarès impressionnant : Prix Magritte du meilleur espoir masculin du cinéma belge, sous le nom de Thomas Mustin ,"révélation" de l'année lors des D6bels Music Awards, sous celui de Mustii, il a notamment incarné le rôle de Patrick Dils, aux côtés de Mathilde Seigner dans le film d'Yves Rénier "Je voulais juste rentrer chez moi", celui d'un jeune homme autiste dans la série "L'île aux trente cercueils", inspirée du roman de Maurice Leblanc,  diffusée récemment sur France 2.... 
Et il y a peu, le public belge applaudissait sa performance dans le costume d'"Hamlet" de William Shakespeare. Après un premier opus électro "21st Century Boy", sorti en 2018, il a enregistré "It's Happening Now". Un magnifique et bouleversant album dont on retiendra des titres comme "Give Me A Hand", "After Dark", "Midnight Angel", "Alien", "Suburbain King"... dans lesquels son timbre vibrant et puissant retrace le parcours chaotique de son oncle atteint de schizophrénie. Entre rock incandescent et ballades entêtantes, Mustii parle de solitude, du besoin de trouver sa place mais aussi et surtout d'amour. 

Rencontre avec un artiste aussi simple que brillant, avant son premier concert parisien à La Boule Noire, le 19 avril prochain. 

- Vous affirmez volontiers que vous êtes avant tout un acteur ?

C'était mon rêve d'enfant ! J'étais timide et mes parents m'ont inscrit à un cours de théâtre. Après une semaine de stage, c'est devenu une évidence. La musique m'a toujours accompagné mais elle est venue plus tard. Je me souviens que mon co-locataire avait des synthés dans le salon. J'ai commencé à faire des démos puis j'ai monté mon premier groupe de rock. Acteur et chanteur, c'est totalement assumé en Belgique. Je me suis toujours battu contre les étiquettes. Aujourd'hui, j'aimerais bien exporter un peu ma musique.

- D'où le choix d'écrire et chanter en anglais ?

J'ai baigné dans la culture anglo-saxonne. Et je trouve que ce que je propose colle mieux avec la langue anglaise. Je suis fan d'Alain Bashung et j'ai toujours trouvé que ce qu'il faisait sonnait très anglo-saxon.

- Tout comme David Bowie qui vous a notamment inspiré dans la chanson "Alien" ?

Mon grand regret est de ne l'avoir jamais vu sur scène. J'étais trop jeune. Je suis fan des années nonante de Bowie. Et c'est vrai qu'il m'inspire. Pour moi, c'est le personnage ultime. Tout comme Hamlet. Je trouve qu'ils ont beaucoup de liens dans la manière d'évoquer la mort, l'absurdité de la vie, la condition humaine... Ce sont des princes. Quand je vais en studio après avoir joué Hamlet, ça me nourrit.

- C'est-à-dire ?

Ça me met en jambes ! Je viens de jouer Hamlet durant deux mois et c'est du sport. Il faut travailler la respiration,  la rigueur... Lorsque je chante sur scène, je suis toujours très physique.



- Dans "It's Happening Now", vous parlez de votre oncle en utilisant la première personne ?

Cet album est un hommage mais l'idée n'était pas de raconter une histoire dont tout le monde se fout. Je n'utilise jamais le mot schizophrénie. J'aime bien quand les chansons ont dix interprétations possibles. Les textes pourraient s'appliquer aux tourments de l'adolescence, de la solitude, au manque de repère... La seule contrainte que je me suis imposée, c'est que cela ne devait pas être morbide.  Je me suis inspiré de mes souvenirs, de discussions avec mon père  mais il y a aussi une grande part d'imaginaire. Mon oncle a mis fin à ses souffrances lorsque j'étais ado. J'aime le voir comme un ange. 

- Vous avez parlé à votre père avant de vous lancer dans ce projet ?

Pas tout de suite. J'avais déjà bien avancé et cela posait un problème parce que, à un moment, il a bien fallu lui demander son accord. Lorsque je lui ai fait écouter les titres, il a eu l'air heureux. Même s'il n'était pas tabou, c'est un sujet que nous n'abordions pas ensemble. Du coup, pour la couverture, j'ai utilisé la photo des deux frères déguisés en indiens. Ils étaient les meilleurs amis au monde.

En tant qu'acteur, vous jouez souvent des personnages cabossés par la vie ?

Ce n'est pas un objectif que je m'étais fixé mais il faut croire que je projette  un peu cette image. En même temps, j'aime ces personnages avec des failles et qui ont un pied en dehors du monde. 

- Parlez-nous de votre collaboration avec Leo Abrahams qui a notamment travaillé aux côtés de Brian Eno, Editors, David Byrne ou Florence and The Machine ?

Je suis fan de ses textures de sons. Je suis allé voir tout ce qu'il avait fait. Sans trop y croire, j'ai envoyé des maquettes à son management et il a accepté. Comme il ne pouvait pas voyager, nous avons travaillé à distance. A chaque fois qu'il m'adressait quelque chose, il tombait dans le mille ! J'ai hâte d'aller à Londres pour lui remettre le vinyle en mains propres. En attendant, je suis impatient de me produire à la Boule Noire. Ce sera ma première scène à Paris !

- Album "Its Happening Now" (Warner).

- En concert le 19 avril 2022, à 20h, à la Boule Noire, 120, boulevard de Rochechouart, 75018 Paris. Loc. points de vente habituels et sur le site laboule-noire.fr Tarif: 20 Euros. 

- En tournée: le 21 avril 2022 à Londres (The Old Blue Last), le 23 avril à Ghent (Charlatan), le 24 avril au Luxembourg (La Rockhal), le 8 juin à Bruxelles (Ancienne Belgique), le 9 juin à Liège (La Caserne Fonck) le 1er juillet à Antwerp (Casa Blanca), le 3 juillet à Knokke-Heist (Kneistival), le 9 juillet à Bertrix (Baudet'stival), le 20 juillet aux Francofolies de Spa, le 31 juillet à Tournai (Les Gens d'ers), le 28 août à Thuin (Scène sur Sambre), le 2 septembre à Aywaille (Feel Good)...

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17 avr. 2022

Une "Truite" savoureuse et facétieuse

 

(c) Anaelle Trumka

Cette oeuvre populaire de Schubert a été mise à tant de sauces que l'on redoute parfois l'indigestion. 
Pas de crainte avec "La Truite" mise en scène par le talentueux Eric Bouvron sur les arrangements inventifs d'Accordzéâm (une formation remarquée notamment dans "La Boîte à Musique" de Jean-François Zygel).
Dès l'arrivée des cinq musiciens (batterie, percussion, accordéon, violon, hautbois, guitare, contrebasse, tambour...), on devine que ce spectacle musical va nous offrir une éclatante palette de sons et de couleurs. Une véritable truite arc-en-ciel, frétillante de malice et de créativité. Une voyageuse aussi qui remonte tous les courants : du jazz au rock, en passant par la country, la musique orientale, le reggae, le blues,  le rap, les polyphonies corses...
Car, non content de maîtriser ses instruments avec une rare virtuosité, le quintette possède aussi un beau filet... de voix ! A l'occasion, le violoniste joue aussi les narrateurs en régalant le public d'histoires et anecdotes, nous rappelant au passage que "la truite respire avec l'ouïe". 


(c) Sabine Trensz

Histoire de vous donner l'eau à la bouche, on citera quelques variations (il y en a pas moins d'une soixantaine !)  comme l'épique et inégal combat entre le brochet-contrebasse et la truite-violon, le sensuel tango, l'asticot s'époumonant sur l'air de "Mexico", l'énergique gigue irlandaise, la profession de foi d'un groupe "engagé" appelant à libérer la truite ou encore l'archet qui s'élève dans les airs pour se transformer en fil de canne à pêche.

Le spectacle est sous-titré "Mordez à l'âme son !" et, franchement, on ne décroche pas une seule seconde.

- Jusqu'au 11 juin 2022, les jeudis, vendredis et samedis à 19h, au Théâtre du Gymnase Marie Bell, 38 Boulevard de Bonne Nouvelle, 75010 Paris. Tél.;01.42.46.79.79. Prix: 26 et 33 Euros. Tarifs préférentiels pour les spectateurs de "Lawrence d'Arabie", également mis en scène par Eric Bouvron (sur cette même scène à 20h45): 14 Euros au lieu de 26 Euros en catégorie 1.

- En tournée: le 24 juin à Sainte-Foy-lès-Lyon (69) et du 7 au 31 juillet au Festival Off d'Avignon (Théâtre du Petit Louvre, Chapelle des Templiers)

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16 avr. 2022

Rouquine: un duo électro-pop décoiffant !



(c) Bastien Burger

Heureux lauréats de l'émission "The Artist", le télé-crochet de Nagui diffusé sur France 2, avec le titre "Mortel", Nino Vella et Sébastien Rousselet, réunis sous le nom de Rouquine, ont fait une entrée remarquée sur la scène électro-pop, les réseaux sociaux et les plateformes de streaming. Le premier compose des mélodies qui accrochent dès la première écoute tandis que le second signe des textes d'une ironie décapante. Anciens membres du groupe Babel, ces électrons libres ont également pris des chemins buissonniers: Nino a notamment collaboré avec le rappeur Boostee, Yseult, Igit... De son côté, Sébastian a travaillé avec Barbara Pravi ou Patrick Bruel. Ensemble, ils ont déjà enregistré quatre titres ("Cyborg", "Mortel", "Tombé" et "Les enfants sont des enfoirés") et peaufinent leur premier album dont la sortie est très attendue en août prochain.
Rencontre dans leur studio, avant la sortie du single "Première fois" le 22 avril prochain et leur concert au Printemps de Bourges, le lendemain.

- Lorsqu'on s'interroge sur l'origine de votre nom de scène, vous bottez en touche en citant "Un automne à Pékin" de Boris Vian ?
Sébastien: Un livre dont l'histoire ne se déroule ni en automne, ni à Pékin  ! De plus, nous sommes bruns tous les deux. La sonorité nous plaisait et nous aimons bien cultiver le côté absurde. Au final, le nom est bien reçu et les gens ne se posent pas vraiment la question.

- Pour rester dans les références littéraires, le titre "Mortel" raconte le dernier jour d'un condamné ? Se présenter à un concours avec un tel sujet, c'était un peu gonflé, non ?
Nino : la musique est assez solaire et prend le contrepied du texte. Nous étions déjà en promo et nous avions de bons retours sur ce titre.
Sébastien: C'est vrai que la chanson parle d'un type qui apprend qu'il a un cancer et qu'il n'a plus qu'un jour à vivre. Mais c'est surtout une célébration de la vie dans ce qu'elle a de fragile et de précieux  Parler de la mort, c'est une manière de l'apprivoiser. 

- Pour revenir au télé-crochet, on ne vous imagine pas vraiment dans un esprit de compétition ?
Nino: C'est justement ce qui nous a fait hésiter au début car la compétition dans la musique, ce n'est pas vraiment pas notre truc. Ce qui l'a emporté, c'est que Nagui est quelqu'un qui aime la musique et les artistes et qu'on nous offrait l'opportunité de faire un titre à nous.

- Gaëtan Roussel vous a également offert un beau cadeau ?
Sébastien: Il faisait partie du jury et nous a invité à faire sa première partie à l'Olympia. Nous allons repartir avec lui au mois de mai.

(c) Bastien Burger


- Un journaliste a évoqué à votre sujet un mariage entre Orelsan et Renaud. Vous consentez ?
- Nino et Sébastien (en choeur) Oui ! Cela nous va très bien car ces deux artistes figurent parmi nos références.

Vous avez fait partie du groupe Babel durant 8 ans. Comment s'est passée la rupture ?
Sébastien: A l'époque, nous formions déjà un duo à l'intérieur du groupe. Dans un esprit de loyauté, nous avons attendu que le groupe s'arrête de manière naturelle pour nous lancer.

- Sébastien, vous êtes papa je crois ? Ecrire une chanson intitulée  "Les enfants sont des enfoirés", c'est perçu comment à la maison ?
 Ça fait marrer mes enfants. Ils me connaissent bien et ne sont pas les derniers à pratiquer ce genre d'humour. Evidemment qu'on aime les enfants mais ça n'empêche pas de dire qu'ils sont aussi capables de nous emmerder ! J'ai remarqué que, d'une manière générale, cette chanson plaisait surtout aux parents.

- Quels sont les autres thèmes choisis dans l'album à venir ?
Sébastien: L'amour toxique, la question du genre... Nous sommes encore en studio mais l'album n'est pas loin d'être terminé. Il devrait sortit en août. D'ici là, nous avons déjà des dates en tournée et nous serons à la Cigale le 9 novembre.
Nino:  Normalement, nous sommes deux sur scène mais on aimerait bien ajouter un quatuor à cordes.

- Votre public se situe dans quelle tranche d'âge ?
Sébastien: Il est assez large. Les jeunes se retrouvent dans les thèmes de nos morceaux et notre manière de les aborder. Les plus âgés aiment bien le format chanson française.


- En tournée: le 23 avril 2022 au Printemps de Bourges, le 29 avril à Beaucouzé, le 4 mai à Saint-Brieuc, le 6 mai à Villerupt, le 19 mai à Saint-Etienne, le 20 mai à Laval, le 4 juin à Toul, le 19 juin à Arras, le 1er juillet à Bobital, le 6 juillet à Saint Malo Du Bois, le 9 juillet à Thiers et le 9 novembre à La Cigale à Paris
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Une balade intemporelle dans l'univers de Jean-Loup Dabadie

Emmanuel Noblet, Maissiat et Clarika (c) Sarah Bastin
                                                                 

Sur une idée originale de la chanteuse Clarika, le spectacle "Dabadie ou les choses de nos vies", mis en scène par Emmanuel Noblet,  aurait pu s'appeler "on a tous en nous quelque chose de Dabadie". Disparu il y a deux ans (le 24 mai 2020, l'écrivain, dialoguiste et parolier a en effet marqué le monde du cinéma et de la chanson d'une empreinte indélébile. Après avoir publié le roman "Les yeux secs" alors qu'il a tout juste 19 ans, Jean-Loup Dabadie, de retour du service militaire, envoie ses premiers sketches ('Bonne fête Paulette" et "Le boxeur") à Guy Bedos qui les interprètera sur scène quelques mois plus tard. Puis il écrit le texte de la chanson "l'Italien" pour Serge Reggiani (en 1967) et entame une longue collaboration avec Claude Sautet en signant le scénario du film "Les choses de la vie". Il travaillera ensuite aux côtés de Claude Pinoteau, François Truffaut, Jean-Paul Rappeneau, Jean Becker... Côté chansons, on lui doit de nombreux succès interprétés notamment par Michel Polnareff, Julien Clerc, Johnny Hallyday, Yves Montand, Régine, Jacques Dutronc... Une plume prolifique à laquelle il était grand temps de rendre hommage.


(c) Olympe Petrou

 C'est chose faite, et de poétique manière avec "Dabadie ou les choses de nos vies", un spectacle présenté il y a quelques jours au Théâtre de l'Oeuvre à Paris. Avec pour seul décor une toile de cinéma,   accompagnés par Mathieu Geghre (piano-claviers et arrangements), Clarika, Maissiat et Emmanuel Noblet nous emmènent par la main pour une balade intemporelle parmi les mots de l'homme de lettres. Comédiens, le temps de quelques dialogues empruntés à "César et Rosalie", "Clérambard", "Un éléphant ça trompe énormément", "Nous irons tous au paradis" ou "Salut l'artiste", les complices prennent aussi le micro pour interpréter (en solo, duo ou trio) "Lettre à France", "Tous les bateaux, tous les oiseaux", "Rêves immoraux", "La chanson d'Hélène", "Ma préférence", "Le petit garçon","Partir"...  On souhaiterait presque que la partie chantée rythme davantage l'évocation de ces oeuvres qui ont bercé  plusieurs générations.

"Chacun a revu tous les films, réécouté ses chansons. On a gardé nos passages favoris, ceux qui nous font vibrer" confiait récemment Maissiat, lors d'une interview. A l'évidence, le public vibre à l'unisson... 

- En tournée: le 10 septembre 2022 à Saint-Louis (68), le 17 septembre à Courbevoie (92), le 18 novembre à Montigny-Les-Cormeilles (95). En 2023: le 21 janvier à Trébeurden (22), le 23 février à Villenave d'orion (33), le 25 février à Veauche (42), le 5 avril à Beaupreau en Mauge (49), le 7 avril à Tergnier (02)...  A noter que de nouvelles dates à Paris sont à confirmer pour la fin de l'année.

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13 avr. 2022

Isabelle Olivier: une harpiste virtuose qui se joue des frontières

(c) Piero Ottaviano

Il y a quelques jours, Isabelle Olivier fêtait sur la scène du Café de la Danse à Paris ses 30 ans de carrière et la sortie de "Smile". Un superbe album dans lequel elle joue des compositions originales mais aussi des reprises de Nat Adderley ("One For Daddy Oh"), James Blake ("You're Too Precious") et deux versions du fameux "Smile" de Charlie Chaplin. 
Outre sa virtuosité, ce qui séduit chez cette audacieuse harpiste, c'est quelle n'hésite pas à emmener son encombrant instrument sur des terrains rarement empruntés comme l'électro ou la world. A ses côtés: le pianiste et accordéoniste Tom Olivier-Beuf, Ernie Adams à la batterie, son fils Raphaël Olivier (guitare et production électro) et la chanteuse germano-américaine Kristiana Roemer dont le timbre met en lumière un texte de la poétesse Emily Dickinson dans le titre "Hope".
Rencontre avec une artiste qui navigue depuis une dizaine d'années entre Paris et Chicago.

- Comment est venue l'idée de ce nouvel album ?
En fait, pendant le confinement, j'ai revu le film "Les Temps Modernes" de Charlie Chaplin et j'ai été littéralement transpercée par le thème de "Smile".  Cet homme était un incroyable visionnaire.

- Il n'aurait sans doute pas désavoué la version électro de sa composition ?
C'est mon fils Raphaël qui m'a soufflé cette idée. Du coup, j'ai enregistré deux versions sur le même thème.

- Pourquoi avez-vous choisi la harpe dont l'image demeure assez classique ?
Là encore, c'est parti d'un film ! Lorsque j'étais enfant, j'ai été fascinée par le personnage de Duchesse dans "Les Aristochats". Je prévois d'ailleurs de faire un jour un spectacle en hommage à ce long-métrage des Studios Disney.

- Vous vous êtes éloignée de l'esthétisme parfois féérique de cet instrument ?
C'est quelque chose qui existe mais je me suis toujours efforcée d'éviter les stéréotypes. Dans la harpe, il y a aussi un côté profond, dramatique... J'essaie de trouver des couleurs différentes. Lorsque je compose, j'ai toujours des images, des histoires dans la tête. Mon objectif est de ne pas dire deux fois la même chose. 

 - Vous avez aussi composé des musiques de films, notamment pour Agnès Varda ?
Et ce n'est pas un hasard ! Elle était capable de faire un dire un texte à sa concierge si elle considérait que sa voix collait avec le propos de l'histoire. Avec elle, il n'y avait pas de hiérarchie entre les personnes. Pour moi, elle demeure un exemple.


(c) Piero Ottaviano




- Vous avez choisi de mettre en musique un texte d'Emily Dickinson ?
 Elle fait partie des gens qui m'inspirent. J'aime sa fougue, sa vision, sa spiritualité, son esprit d'ouverture sur la nature. Son coté trouble aussi car on sent qu'elle n'a pas toujours eu une vie heureuse. C'est quelqu'un qui me parle. Je trouve qu'il y a un lien entre elle et Chaplin. Le fait qu'au pire moment de sa vie, on peut avoir cette capacité de sourire. 

- Vous vous investissez également dans des projets associatifs ?
Oui. Notamment avec la Fédération des Centres Sociaux de l'Essonne. Elle cherchait des artistes qui fédèrent autour d'un thème. J'ai apporté celui du sourire. Plus les gens sont fragiles, plus ils sont impactés par la crise sanitaire. L'idée est de proposer des activités artistiques et de réunir sur scène des amateurs et des professionnels.   

- Depuis une dizaine d'années, vous vivez également à Chicago. Qu'est-ce qui vous a attirée dans cette ville ?
Au départ, j'étais allée là-bas pour écrire un opéra-jazz sur le thème du "Baron Perché" d'Italo Calvino.  Ce que j'ai fait au 30ème étage d'un immeuble ! J'avais ce désir de liberté et très vite, j'ai été touchée par cette ville avec ses métissages culturels, cette énergie qui vous donne la "niaque". J'ai obtenu la carte verte d'artiste. A Chicago, on a le sentiment que quoi qu'il arrive on va tracer sa route.  

- Il  paraît que le saxophoniste Jean-Louis Chautemps vous a dit un jour: "musicien de jazz, ce sont les 30 premières années qui sont difficiles. Après, tu verras, ça ira beaucoup mieux". Vous confirmez ?
J'adore cette phrase ! Etre femme artiste dans le jazz, ce n'était pas gagné quand j'ai débuté. J'ai fêté cet anniversaire au Café de la Danse et c'était merveilleux. Après 30 ans de carrière, on fait partie du paysage. On a une crédibilité. 


- Album "Smile" (Label Enja - Distribution France l'Autre Distribution), disponible depuis le 25 mars 2022.
En tournée: le 28 avril 2022, le 4 mai et le 5 mai à Chicago (USA), le 4 juin à Saint-Michel-sur-Orge (91), le 10 juin au Printemps des Poètes de Janvry (91), le 19 juin à la Fête de la Musique de St Escobille (91), le 21 juin au Potager du Roi de Versailles (78) et du 15 juillet au 15 août aux Etats-Unis.
Retrouvez cet article, ainsi que l'ensemble de l'actualité culturelle (musique, théâtre, festivals, littérature, évasion) sur le site www.weculte.com