22 juin 2021

Exposition "Sen'Art": 7 artistes et créateurs à l'Orangerie du Sénat


Fred Juarez
Il y a trois ans, le collectif Sen'Art avait rencontré un vif succès lors de sa précédente exposition, avec plus de 21 000 visiteurs. Au fil de cette nouvelle édition, on découvre les oeuvres colorées de la plasticienne Delphine Sion, les sièges chics de Jeanne Julien, la décoration d'intérieur de la plumassière Béatrice Bost-Le Mouël, le "Fishart" d'Anne d'Autruche, les abat-jour brodés d'Anne-Laure Rouquet, les clichés du photographe Philippe Frétault ou encore les créations du designer de luminaires et mobiliers Fred Juarez. 

Ces deux derniers se sont notamment  rencontrés sur "Siddhartha",  un opéra-rock présenté au Palais des Sports (de novembre 2019 à janvier 2020). Fred était producteur et Philippe avait réalisé les photos et participé au tournage des clips au Portugal et en Espagne. Un spectacle musical évoquant la vie d'un jeune prince fuyant un destin tout tracé pour découvrir le monde et les hommes. Un thème qui fait étrangement écho au parcours de ces deux artistes... 

" A chaque fois que je quitte la musique, la musique m'appelle. Le luxe, c'est de choisir ce qu'on veut faire" confie Fred Juarez qui a travaillé au sein de labels comme Polydor, EMI, Universal, Virgin... avant de se lancer, il y a une dizaine d'années dans la soudure à l'arc !
Oeuvres de Fred Juarez

"Lorsque j'ai acheté mon premier poste à souder, j'ai dû apprendre à maîtriser la matière, la température, le bon angle. J'ai commencé à travailler sur les luminaires et j'ai aujourd'hui mon propre atelier"
Et lorsqu'on lui demande s'il ne se sent pas à des années lumière de ses activités dans le show-biz, il répond en souriant:  "J'ai deux vies ! Il m'arrive encore de faire de la direction artistique ou de donner des conseils à des jeunes qui m'appellent. J'insiste sur le fait qu'ils doivent rester eux-mêmes".  
Un principe qui guide également cet esprit curieux et inventif. Dans ses créations, on retrouve son goût pour la musique avec une étonnante commode-piano conçue à partir de pièces astucieusement recyclées:  le pupitre, les touches de clavier... Un cadre contenant des cadrans de montres amenant une réflexion sur le temps qui passe, le monde actuel...
"J'ai toujours travaillé par envie" confie encore Fred.


Philippe Frétault 
Une philosophie que Philippe Frétault semble partager. "Le métier de photographe  m'a permis de voyager un peu partout, lors de productions internationales". A La Havane pour "Soy de Cuba" (actuellement à l'affiche du Casino de Paris) ou encore en Afrique du Sud d'où il a rapporté quelques-uns des clichés d'animaux, en noir et blanc, présentés à l'Orangerie du Sénat. Une passion qui n'est pas sans risque ! "A un moment, un éléphant a commencé à agiter les oreilles et à frapper le sol avec sa patte. J'ai compris qu'il était temps de ranger mon appareil" se souvient-t-il.

Quant à la collection en noir et jaune, elle est le fruit de balades nocturnes dans Paris et l'ouest parisien. 

Photo de Philippe Frétault
Lorsqu'il ne court pas la savane ou les rues de la capitale, il met son talent au service de l'Equipe de France de water-polo. "C'est un monde assez proche de celui du spectacle avec les tournées, la vie en collectivité... Réalisateur de formation, il travaille aussi sur des clips, comme celui qu'il vient de réaliser pour le groupe rock Cloudy Head sur le titre "Blue". "Nous avons tourné dans la Beauce. J'ai profité de la présence d'éoliennes pour faire 2 ou 3 prises et les intégrer dans le décor".

A l'évidence, les deux artistes s'apprécient et il n'est pas exclu qu'ils se retrouvent sur d'autres projets communs.  En attendant, Fred Juarez confirme qu'il a plus d'une corde à son arc ! "Je travaille sur trois romans, dont un est inspiré par un petit carnet noir que j'ai trouvé. C'est celui d'une femme qui a écrit, à la plume, ce qui se passait durant la première guerre. Je suis parti de cette idée. C'est ma nouvelle passion ! Et il y a un autre truc que je voudrais essayer, c'est souffler le verre. Je trouve ça magique !



Tous les jours, jusqu'au 28 juin 2021, de 11h à 20h. Entrée libre. A l'Orangerie du Sénat, Jardin du Luxembourg, accès par la porte Férou, 19 bis, rue de Vaugirard, 75006 Paris. Infos sur le site www.expo-senart.com 

14 juin 2021

Rendez-vous au Kilomètre25 !


Après la réouverture du Jardin21, le 4 juin dernier, le Canal de l'Ourcq va s'enrichir, le 18 juin prochain d'un nouveau lieu: le Kilomètre25 ! "Un projet fou dans un lieu incroyable" explique le co-fondateur Arnaud Perrine.
Pourquoi ce nom qui ressemble à un rendez-vous ou à l'indice d'un jeu de piste ? Tout simplement parce que ce village dans la ville,  entièrement en extérieur, est couvert par le périphérique, sous le 25ème kilomètre officiel du boulevard, entre Paris et Pantin. Un open air à l'abri des intempéries ! 
A couvert donc, pas moins de 13 boutiques en résidence proposeront des articles eighties aux années 2000, des bijoux, des vinyles, du matériel HIFI vintage, un atelier de customisation, une supérette de recyclage de meubles et objets, un grand marché de créateurs... Sans oublier une "Ressourcerie solidaire" permettant de consommer autrement, c'est-à-dire sans argent ! Le principe: apporter des objets dont on ne se sert plus et repartir avec d'autres. Mais il est également possible de venir les mains vides puisque l'idée est d'offrir une nouvelle vie à des articles délaissés.
Outre le shopping éco-responsable, les visiteurs pourront participer à des débats, rencontres, ateliers, assister à un cours de "Bassline-Workout", une nouvelle discipline venue d'Angleterre, alliant fitness et bass music.
Au menu également un food court, 5 bars, des escales bien-être, un studio de tatouage, un "Festival Respire" (du 14 au 18 juillet) pour imaginer le tourisme de demain, des rencontres et animations avec le collectif Noise Spreading, dédié à l'entraide pour les femmes et/ou queers qui travaillent dans le secteur des musiques électroniques...
En soirée, place aux concerts et performances avec la participation de collectifs locaux et 
d' artistes reconnus comme Manu Le Malin,  emblématique représentant du hardcore français, la rennaise Vanadis et ses résidents du Sonic Crew, la DJ belge AliA ou encore Tommy Four Seven, figure populaire des soirées berlinoises.
On prévoit donc quelques remous au bord du Canal...


- Kilomètre25, 12, rue Ella Fitzgerald, 75019 Paris. Ouverture officielle le 18 juin 2021.
Horaires: le mercredi de 11h30 à 2h, le jeudi de 11h30 à 16h30 et de 17h à 3h, les ven. et sam. de 11h30 à 21h et de 22h à 4h et le dimanche de 11h30 à minuit. 
Infos et programmes des concerts sur le site www.kilometre25.fr
 

9 juin 2021

Festival "Le Blues Autour du Zinc": 26ème édition

Les amateurs ne s'y trompent pas: pour écouter du blues, il faut prendre la route de... Beauvais ! 
Depuis plus d'un quart de siècle, ce festival rassemble en effet quelques-uns de ces fameux joueurs de blues célébrés par Michel Jonasz. Mais pas seulement car l'affiche lorgne aussi du côté du gospel, du rock, du funk, de la soul...
A l'image de cette nouvelle édition, initialement prévue en mai, dont les concerts se dérouleront à l'Elispace, en places assises et dans les bars à l'extérieur.
Au programme: Trust, le célèbre célèbre groupe de hard-rock français, mené par Nono Krief et Bernie Bonvoisin, en tournée acoustique, le blues-rock de Sweet Scarlett, le duo Soviet Suprem, la charismatique chanteuse irlandaise Kaz Hawkins qui avait choisi Beauvais en 2018 pour son premier concert en France, Johnny Montreuil et son énergique rockabilly, le groupe de Mulhouse Last Train, le rhythm'n blues métissé de musiques afro-caribéennes, de soul et de funk de Michelle David & The Gospel Sessions, le trio NiJinski, le guitariste, chanteur, auteur et compositeur Alexis Evans en sextet ou encore Keren Ann qui présentera sur scène son nouvel album "Bleue".
A noter que quelques dates en itinérance seront également ajoutées cet été, dans le cadre du "Blues Autour du Zinc", dans plusieurs villes du département.

Du 25 au 30 juin 2021, à Beauvais.
Infos sur le site www.zincblues.com
 

Caroline Loeb: la gouaille et la liberté d'une femme de son époque

(c) Matthieu Camille Colin

Après le succès largement mérité de "Chiche !", Caroline Loeb retrouve les planches du Théâtre de l'Archipel pour une série de représentations supplémentaires. Un spectacle entre music-hall, concert et stand-up, mis en scène par Stephan Druet, dont le titre fait écho au fameux "T'es pas cap" de notre enfance. Car La Loeb, comme on l'appelle encore aujourd'hui, aime les défis. "Je ne suis pas connue comme chanteuse, je suis connue comme chanson !" dit-elle en riant. Un clin d'oeil malicieux au succès qui lui a permis, dans les années 80, de côtoyer le monde du show-biz, de la mode, de la politique... et de vivre ainsi de rocambolesques aventures. Des souvenirs dont elle émaille son show, avec la gouaille et la liberté d'une femme de son époque. Une époque créative et transgressive où l'on pouvait répondre à l'invitation du Président François Mitterrand pour un dîner à l'Elysée, partir sur un coup de coeur à New York, tout en assurant des galas dans les discothèques et des "streap forains" dans le Sud de la France.

Accompagnée par deux musiciens: Yorfela à la guitare et à la basse (double manche) et Vincent Gaillard au piano,  elle débute avec un titre en forme de confidence "On ne sait jamais ce que le passé nous réserve". L'une des belles et émouvantes chansons de l'album "Comme Sagan" (sorti en février 2019), qui porte les signatures d'auteurs et compositeurs comme Pascal Mary, Pierre Grillet, Pierre Notte, Wladimir Anselme, Benjamin Siksou... et celle de Françoise Sagan dont on oublie parfois qu'elle a prêté sa plume à Juliette Gréco, Nana Mouskouri, Dalida ou Mouloudji.

Occupant la scène avec un évident savoir-faire, elle passe de la mélancolie des "Maisons louées" à une vibrante célébration de la ville de son enfance pour "Bonjour New York", cède à l'insistance de ses musiciens (et du public !) en reprenant quelques mesures de "C'est la ouate", avant de nous laisser sur l'énergique et addictif "Toxique". Un titre qui sonne d'ores et déjà comme un tube...

Tous les samedis de juin 2021, à 19h et de juillet 2021, à 20h30, à l'Archipel, 17, boulevard de Strasbourg, 75010 Paris. Infos et réservations au 01.73.54.79.79. et sur le site www.larchipel.net

4 juin 2021

Trénet, le revenant: un clin d'oeil tendre et burlesque au "fou chantant"

(c) Nabil Boutros






Serge Hureau avait déjà rendu hommage à l'oeuvre de Trenet avec le beau spectacle "Au bon petit Charles". Cette fois, la volonté clairement exprimée au début de la représentation est une sorte de réhabilitation pour l'homme qui, vingt ans après sa disparition, traîne encore une réputation sulfureuse. Une manière aussi d'éviter que ses ritournelles ne disparaissent de la mémoire collective. "Les chansons sont-elles si éternelles qu'on le dit ? Eh bien non ! Si on ne les chante plus, elles meurent. Si on ne revient les hanter ou chanter, elles se figent" peut-on lire dans le programme.

Rien de figé évidemment, dans ce "Trénet, le revenant", mis en scène par Serge Hureau et Olivier Hussenet, dans un esprit proche du music-hall, qui permet de (re)découvrir une quinzaine de titres allant de 1935 au début des années 70. Sur scène, trois solides multi-instrumentistes: Clément Caratini (orgue électrique, clarinettes, saxophone alto, piccolo...), Lionel Privat (guitares, mandoline, banjo, claviers, flûte à coulisse...) et Richard Dubelski (batterie, glockenspiel, tambourin, jazz flûte...) endossent à l'occasion des blouses médicales pour accompagner un Trénet vieillissant, campé par Serge Hureau. A ses côtés, Loïc Renard incarne les jeunes années du troubadour occitan. Côté décors, on joue la carte de la sobriété avec un rideau blanc permettant d'apprécier, en transparence, des tableaux particulièrement réussis comme la burlesque "Polka du roi" ou "Je chante" dans une version mi-parlée qui met l'accent sur un texte bien plus dramatique que dans nos souvenirs. On aime également le sportif et bucolique "Il y avait des arbres" que Serge interprète juché sur un vélo d'appartement, le choeur sur "L'abbé à l'harmonium", mais aussi l'émouvant "Quand j'étais p'tit je vous aimais..." dans lequel le poète confesse son penchant pour les hommes...

Tout au long de ce spectacle bien rythmé, on perçoit en filigrane la nostalgie de la jeunesse, la crainte de l'âge qui s'installe mais aussi le goût de Trenet pour la poésie surréaliste, voire onirique avec notamment "Le fils de la femme-poisson". 

(c) Nabil Boutros
Après un final sous forme de slam pour "L'oiseau des vacances",  on ressort avec l'envie de se replonger dans un "Jardin extraordinaire". Celui où les ritournelles faussement naïves de Trénet refleuriraient chaque année.

- Jusqu'au 20 juin 2021, au Hall de la Chanson, Parc de la Villette (derrière la Grande Halle), 211, avenue Jean-Jaurès, 75019 Paris. Tél.: 01.53.72.43.00. Informations sur le site www.lehalldelachanson.com
 

3 juin 2021

Outed: un duo pop-électro à découvrir

 


Après deux singles "J'fais des rêves" et "Egocentriques", le duo strasbourgeois Outed a sorti le 7 mai dernier "La matrice du chaos", un premier album électro-pop, produit par Sébastien Hoog (Jeanne Cherhal, Izia, Miossec...)

Douze titres où la voix aérienne et joliment acidulée de Noémie Chevaux (chant, claviers) répond au timbre grâce de Fred Tavernier (chant, guitare). Complices à la ville comme à la scène, l'osmose entre eux est palpable. Quant aux harmonies, électriques ou acoustiques, elles collent parfaitement au propos. On songe à des comptines à la fois espiègles, mélancoliques, tendres et parfois inquiétantes. Que ce soit pour évoquer ceux qui s'agitent et font du vent dans "La matrice du chaos", l'amour d'un autre âge avec "Les filles du vent", les affres des addictions pour "Indécence", les dangers des fausses promesses de "L'épouvantail" ou l'invitation à profiter du soleil et de la douceur d'une caresse d' "Allégorie charnelle"... Jusqu'au tango de "La mort" à ne pas prendre au premier degré, évidemment. Au fil de mélodies entêtantes et de textes bien sentis, qui offrent plusieurs niveaux de lecture, Outed tricote et détricote le quotidien "Maille après maille" avec un réel talent.

- Album "La matrice du chaos" (Try & Dye/Inouies Distribution), disponible depuis le 7 mai 2021. 

1 juin 2021

Réédition de l'album "Dibiye" de Francis Bebey, le papa de la world music.

(c) Thomas Dorn
Chanteur, poète, homme de radio, musicologue, compositeur, guitariste, joueur de sanza et de flûte pygmée, auteur de nombreux ouvrages dont "Le fils d'Agatha Mundio" (Grand Prix Littéraire d'Afrique Noire en 1968),  Francis Bebey a également développé le département musique à l'Unesco, représenté l'Afrique au Haut Conseil de la Francophonie (créé en 1984 par François Mitterrand en 1984)... Un cursus d'autant plus impressionnant que l'homme rayonnait de simplicité et d'humour.

Ceux qui ont eu le privilège d'assister à ses concerts n'ont pas oublié le passionnant conteur qui, entre deux titres, expliquait au public la symbolique de ses instruments. Vingt ans après sa disparition, le label PeeWee! Collection réédite son dernier album "Dibiye". Et parce qu'il y a toujours quelque chose d'un peu magique dans le sillage de celui qu'on surnommait "le papa de la world music", ce label (anciennement Pee Wee Music) vient de renaître après deux décennies de sommeil ! L'occasion de rééditer cet opus, enregistré en 1997, qui aura  influencé bon nombre de chanteurs et musiciens.  Entre douceur et gravité, envoutantes incantations comme l' "Invocation to Rain For The Sahel" ou les accents quasiment lyriques du magnifique "Stabat Mater Dolorosa" (chanté en français, en anglais et en langue douala), on se laisse porter par le grain prenant de l'artiste, accompagné ici de ses fils Patrick et Toups et de Noël Ekwabi. 

Séance d'enregistrement de Dibiye, au studio Pee Wee Aubervilliers (1997)


"C'est Patrick qui avait facilité la rencontre, se souvient Vincent Mahey (co-fondateur du label). Francis avait l'habitude de faire de la musique comme un artisan fabrique son pain dans sa cuisine. Etre en studio n'était pas un processus très naturel pour lui. Pas plus que de prendre le temps de mettre du vernis sur ses oeuvres. Lorsque Patrick et lui chantaient à l'unisson, on entendait une seule voix. On sentait que ça venait de très loin. C'était troublant". Avec le recul, je me suis senti coupable d'avoir laissé tout ça dormir dans des cartons". On ne s'étonnera donc pas que cet album, présenté dans une version deluxe, inaugure la série Collection avec un livret comprenant des photos et une interview inédite + 3 bonus disponibles par QR Code : un enregistrement inédit issu des séances originales de "Dibiye": "Yam Daabo" ainsi que deux compositions de Francis Bebey, produites par Patrick en 2004, "Essok'am et "Engome" (offerte au compositeur John Williams). 

Pochette d'origine
"Quand mon père est arrivé en France, il a travaillé à Radio France International puis à l'Unesco. Alors qu'il était invité aux Etats-Unis pour donner un concert de guitare classique africaine, il a été surpris par l'accueil chaleureux qu'il a reçu. Il a alors décidé de tout lâcher pour vivre de sa musique et de ses écrits. Nous étions 5 enfants et ma mère l'a encouragé. Mon père disait toujours que, sans elle, il ne serait rien passé, confie Patrick Bebey. Ce dernier reprend d'ailleurs le titre "Stabat Mater Dolorosa", lors de ses concerts.  "C'est une chanson importante pour moi parce qu'elle représente l'humanité de mon père".

- Réédition de l'album "Dibiye" (PeeWee! Collection/PeeWee Distribution/Believe), disponible depuis le 28 mai 2021.