18 déc. 2019

Patrizia Poli: "une chanson est un trait d'union universel et impalpable"

(c) Dominique Degli Esposti
En solo ou dans des groupes comme E Duie Patrizie, Les Nouvelles Polyphonies Corses ou le Trio Soledonna, la voix profonde et vibrante de Patrizia Poli a largement dépassé les frontières de sa langue maternelle et de son île. Personne n'a oublié  "Giramondu" diffusé lors de l'ouverture des Jeux Olympiques d'Albertville.
Pour son nouvel album "Versuniversu", elle a travaillé avec le bassiste, claviériste et compositeur Pascal Arroyo, rencontré lors d'une tournée de Bernard Lavilliers. Ce dernier a d'ailleurs écrit le texte "Les Hommes" et co-écrit avec Pascal celui de "Faits divers".
Des chansons d'amour et de révoltes qui portent la signature de Patrizia mais aussi celles de Ghjacumu Thiers, Jérôme Camilly et Antoine Giacomoni.

- Vous avez fait le choix de chanter principalement en corse. Ce n'est pas un frein pour toucher le public ?
C'est ma langue naturelle et je l'utilise pour écrire et chanter. C'est peut-être vrai sur le continent mais cela ne pose aucun problème lorsque je me produis à l'étranger. En allant plus loin, je crois que l'identité est dans la voix, dans ce que nous appelons le riacquistu. Une chanson est un trait d'union universel et impalpable qui permet de communiquer avec n'importe quel être humain. Si elle est forte et vraie, elle doit émouvoir sans qu'on comprenne forcément le texte.
- La chanson "Des hommes" n'est pas très tendre pour eux ?
Je suis bien d'accord mais elle a justement été écrite par un homme ! Il faut y voir de la dérision et de la malice. L'humour est une manière de dépasser les choses. Je me suis moi-même posée la question sur le fait que je pouvais parfois les effrayer. On m'a répondu: "C'est vrai que vous n'avez pas une beauté welcome !"
- Pouvez-vous nous parler de l'émission radiophonique que vous avez animée dans les années 
80 ?
Elle s'appelait"I Scrianzati" et était enregistrée en public. Nous parlions de politique avec une totale liberté. Nous nous sommes attaqués à un certain nombre de tabous mais les réactions étaient quand même excellentes. On nous en parle encore aujourd'hui. Je regrette qu'il n'y ait plus de genre d'émission. La parole libère.
- On vous qualifie souvent de militante ?
J'ai commencé à chanter alors que j'avais 15/16 ans. Durant plusieurs années, j'étais dans un mouvement qui consistait à donner ses cachets pour soutenir ceux qui avaient besoin d'aide. Je trouve qu'un artiste doit être libre et c'est vrai que j'ai milité pour ces idées là.
- Quels souvenirs gardez-vous de la cérémonie des Jeux d'Albertville ?
C'était diffusé en mondovision et cela a permis au plus grand nombre de découvrir ce qu'était une polyphonie. Lorsque je suis allé au rendez-vous avec Philippe Decouflé, j'ai découvert un homme presque timide. J'étais curieuse de savoir quelle chorégraphie il avait imaginée. Il m'a demandé s'il pouvait m'entendre et je me suis mise à chanter "Giramondu" dans un hangar. Les danseuses ont alors commencé à danser...
- Auteur, compositeur, interprète, animatrice radio, actrice pour le théâtre et la télévision... votre registre est impressionnant ?
Je suis même productrice de mon album ! Je fais des choses en fonction des rencontres. Mais ce que j'aime avant tout c'est être sur scène et chanter.


- Album "Versuniversu" (Les Nouvelles Polyphonies Corses/Socadisc), disponible depuis le 8 novembre 2019.
En concert ce soir 18 décembre 2019, à 19h30, en première partie
 d'I Muvrini, aux Folies Bergère, 32, rue Richer, 75009 Paris.
 Tél.: 0892 68 16 50.  Places: de 35 à 60 € .http://www.foliesbergere.com/

13 déc. 2019

"Funny Girl"; une éclatante nouvelle version à Marigny

*-
(c) Julien Benhamou
L'affiche promet un spectacle "festif, fun et émouvant !" On pourrait facilement céder au plaisir de la surenchère, tant cette nouvelle version du célèbre musical, mise en scène et chorégraphiée par Stephen Mear, sous la direction musicale de James McKeon, est un enchantement.
Quant au livret d'Isobel Lennart, sur les lyrics de Bob Merril et musiques de Jule Styne, il permet de retrouver des succès comme "Don't Rain On My Parade".
Jouée pour la première fois à Paris (en anglais surtitré), l'histoire de l'irrésistible ascension de Fanny Brice, issue des quartiers populaires qui deviendra la vedette des Ziegfeld Follies, avait permis à Barbra Streisand de faire ses débuts à Broadway puis à Hollywood et de décrocher son premier Oscar. Autant dire que la succession était périlleuse !

(c) Julien Benhamou
Mais Christina Bianco qui endosse le costume de Fanny est tout simplement éblouissante. Les américains l'ont surnommée "la fille aux mille voix" et son registre de comédienne est à l'unisson. Capable de nous faire rire avec ses pitreries et grimaces, elle est tout aussi bouleversante en femme amoureuse d'un joueur emprisonné pour escroquerie.
Ce petit bout de femme (à peine 1,60 !) porte le spectacle à bout de bras au point que l'on ressent presque une légère frustration lorsqu'elle s'absente (rarement) de la scène.
Il serait pourtant injuste de ne pas saluer les performances des artistes qui l'entourent: Ashley Day dans le rôle de Nick Arnstein, son insouciant mari, Rachel Stanley dans celui de Mrs Brice, sa mère, Matthew Jeans attachant dans le personnage de Eddy Ryan, le confident...sans oublier la pétulante commère Mrs Strakosh incarnée par Shirley Jameson. Coup de chapeau également aux costumes et décors de Peter McKintosh.
(c) Julien Benhamou
Prévu pour 60 représentations exceptionnelles, "Funny Girl" joue les prolongations jusqu'au 7 mars 2020 et c'est brillamment mérité.

Du mardi au samedi à 20h, et en matinée le samedi à 15h et le dimanche à 16h, jusqu'au 7 mars 2020 (relâche exceptionnelle les 24 et 25 décembre),au Théâtre Marigny, 
Carré Marigny, 75008 Paris. Places de 29 à 119 € (pack VIP à 135,50 €). 
Tél.: 01.76.49.47.12. 
http://www.theatremarigny.fr/

12 déc. 2019

"Close": secondes noces !

(c) Alessandro Clemenza
Après une série de représentations  à guichets fermés (5 500 spectateurs), au printemps dernier, la Compagnie Big Drama revient avec son spectacle "Close" (voir sur ce blog le 2 mai 2019). Nous sommes toujours dans le cadre d'une ancienne maison close Le Phénix, refuge des artistes et des marginaux durant les heures sombres de la grande guerre.
Blanche, la protégée de la maison s'apprête à célébrer ses noces, mais dans cette version légèrement modifiée, le soldat Vadim laisse la place au Capitaine Émile Barbiquet dans le rôle du promis.
Pour le reste ce cabaret décadent joue toujours la carte de l'immersion, c'est-à-dire que les spectateurs, intégrés aux préparatifs et à la cérémonie du mariage, circulent parmi les personnages et les décors. Ils peuvent même, s'ils le souhaitent, influer sur le déroulement de certaines scènes !
(c) Alessandro Clemenza
Une liberté qui promet quelques surprises et rebondissements, selon l'inspiration du public.
Parmi les invités, on trouve également quelques heureux "initiés", qui auront le privilège de partager des moments de complicité avec les acteurs.
A l'issue du spectacle, la soirée se poursuit jusqu'aux environs de minuit avec "Les Heures Joyeuses du Phénix": un café-concert accompagné de rafraîchissements et restauration légère.
Si vous n'avez pas encore votre faire-part, il est grand temps de réserver car on annonce déjà 2000 personnes sur la liste d'attente...


(c) Alessandro Clemenza

A partir du 28 janvier 2020, du mardi au vendredi à 20h,
les samedis et dimanches à 16h30 et 20h.
Le lieu tenu secret sera dévoilé lors de la confirmation des places. Entrée simple de 38 à 50 €, entrée des initiés: de 58 à 70€.
Billetterie ouverte sur le site http://www.close.paris/

9 déc. 2019

Les prouesses et la grâce du Cirque Phénix

(c) Laurent Bugnet (Lapin Blanc)
"C'est à un plongeon vertigineux, au coeur d'autres cultures, de pays, de continents que nous vous convions..." écrit Alain M. Pacherie (Président fondateur et metteur en scène du Cirque Phénix) dans le programme.
Et l'immersion en compagnie des Étoiles de Mongolie est en effet impressionnante car ce cirque qui célèbre son vingtième anniversaire, ne ressemble décidément à aucun autre.
Imaginez un campement enclavé entre la Russie (au sud) et la Chine (au nord) et cinquante nomades vêtus de chatoyants costumes vous invitant à partager des moments de grâce et de virtuosité avec des numéros très courts. Un format bien pensé pour que l'attention des enfants ne s'égare pas dans les mystères et profondeurs des steppes...
Sur fond d'instruments anciens (en live) et de voix gutturales, on croise ainsi des bâtisseurs de yourte, un colosse débonnaire aux
allures de Gengis Khan s'amusant avec des poids ou se baladant avec une poutre soutenant deux demoiselles sur des balançoires, des amazones contorsionnistes tirant à l'arc avec leurs pieds, des hommes et des femmes dans d'acrobatiques sauts à la corde, des jongleurs avec des paniers et des ustensiles de jardinage, des marionnettes et des échafaudages humains, un prodige de la Roue Cyr, des danseurs avec des bols (remplis de liquide), des clowns rigolos...

Les artistes de ce spectacle baptisé "Nomade" maîtrisent l'art de sortir des tableaux traditionnels pour les parer de couleurs et de figures nouvelles.
(c) Laurent Bugnet (Lapin Blanc)
Entre deux performances, on assiste également à un ballet de poupées, au vol d'un oiseau en papier qui traverse l'immense nef de 6000 places, à un défilé de faux animaux: chameau, yack, chevaux...
Un voyage de deux heures (avec entracte) qui passe comme un enchantement.
En voyant la mine réjouie des spectateurs (petits et grands) à la sortie, on se dit qu'ils rêvent déjà d'embarquer pour d'autres lointaines escales...
Annie Grandjanin

Jusqu'au 19 janvier 2020, Place Cardinal Lavigerie, Pelouse de Reuilly, 75012 Paris (métro Liberté ou Porte Dorée). Accès balisé dès la sortie.
Places à partir de 20 €. Loc. points de vente habituels et sur le site
 http://www.cirquephenix.com/
En tournée: le 24 janvier à Courbevoie (Espace Carpeaux), le 25 janv. à Lyon (Halle Tony Garnier), le 26 janv. à Tours (Le Vinci), le 31 janv. à Nantes (Zenith), le 1er fév. à Rennes (Le Liberté), le 2 fév. à Rouen (Zenith), le 4 fév. à Dijon (Zenith), le 7 fév. à Clermont-Ferrand (Zenith), le 8 fév. à Saint-Etienne (Zenith) et le 9 fév. à Genève (Arena).

Prix Société Ricard Live Music: concerts gratuits pour découvrir les dix finalistes

Ajouter une légende
Chaque année, ce prix attire un nombre croissant de candidatures. Il faut dire qu'il permet à de jeunes artistes de bénéficier d'un solide dispositif d'accompagnement (participation à la tournée Ricard S.A. Live Music et à des festivals, production et promotion d'un EP, coaching, clip...). De quoi donner un sacré coup de pouce à une carrière naissante !
Pour les internautes, le vote est ouvert jusqu'au 12 janvier 2020 sur http://www.societericardlivemusic.com/
Quant à ceux qui souhaitent découvrir les finalistes en live, rendez-vous les 10 et 11 janvier prochains à la Gaîté Lyrique. Au programme le vendredi: Bruck, Nelson Beer, Elias Dris, Ricky Hollywood, Chamberlain. Et le lendemain: Periods, Moto, Ko Shin Moon, Bandit Bandit et enfin Ovhal 44.
Un top 10 qui a battu des records avec plus de 25 595 votes !
L'annonce officielle du lauréat qui succédera au duo rochelais Dampa aura lieu le 24 janvier 2020.
Les concerts sont gratuits mais il est indispensable de réserver sur
http://bit.ly/billetteriegaitelyrique

Les 10 et 11 janvier 2020, à 19 heures, à la Gaîté Lyrique, 3 bis, rue Papin, 75003 Paris. 

7 déc. 2019

Garou dans ses cordes avec "Soul City"

Son rôle de bossu dans "Notre-Dame de Paris" lui aura manifestement porté chance !
Depuis une vingtaine d'années, le public français est littéralement tombé en amour pour Garou, au point de lui pardonner un répertoire qui n'était pas toujours à la hauteur.
Avec "Soul City", le chanteur québécois  est enfin dans ses cordes ! Une sortie qui coïncide avec le 60ème anniversaire du fameux label Motown.
Enregistré dans sa grange à Montréal, avec sa "gang" de musiciens, ce nouvel opus (réalisé et arrangé par Alex Finkin) parcourt quelques pages de l'histoire de la musique noire américaine avec des titres comme "My Girl", "Ain't No Mountain High Enough" (en duo avec Marie Mai), "Reach Out", "Money" (en duo avec Aloe Blacc), "I Heard It Through The Grapevine", "Dancing In The Street", "It's The Same Old Song"...
Au total 13 morceaux immortalisés par des artistes comme The Temptations, The Supremes, The Four Tops ou encore Marvin Gaye. Autant dire que l'exercice était  aussi téméraire que périlleux ! Mais le chanteur au timbre puissant et rocailleux évite le piège de la démonstration pour nous offrir des versions jubilatoires, à la fois libres et respectueuses.
Un album qui arrive avant les fêtes, comme un cadeau...

- Album "Soul City" (Panthéon/Universal Music), disponible depuis le 29 novembre 2019. 

5 déc. 2019

Francofolies de la Rochelle 2020: premiers rendez-vous

Pour sa 36ème édition, le festival annonce pas moins de 80 artistes.
Et les premiers noms devraient vous donner envie de répondre aux copains qui vous proposeront de découvrir les joies du trekking ou de la villa partagée à 15: "du 10 au 14 juillet ? Je ne peux pas, j'ai Francos !"
De PNL à Alain Souchon en passant par Roméo Elvis, Suzane, Dadju ou Matt Pokora, tous les genres musicaux seront au rendez-vous, avec la promesse de belle découvertes et de rencontres inédites.
Une affiche qui va évidemment s'étoffer au fil des semaines.

Du 10 au 14 juillet 2020 à La Rochelle.
 Infos sur le site http://www.francofolies.fr/

28 nov. 2019

Une ludique balade dans le monde de Pierre & Gilles

Sous-titrée "La fabrique des idoles", cette exposition monographique sur le thème de la musique (une première !), propose une joyeuse immersion dans l'univers de Pierre et Gilles. Depuis plus de quatre décennies, ce duo a créé une oeuvre singulière et originale, constituée principalement de portraits.
Des portraits d'inconnus ou de célébrités, réalisés à partir des photographies de Pierre avant que les pinceaux de Gilles donnent naissance à des tableaux.
Le tout immortalisé dans un cadre imaginé par les deux artistes. Et leur imagination est foisonnante !
Ainsi,  au fil des 110 peintures-photographies qui mêlent profane et sacré, on peut croiser  Boy George en dieu Krishna, Nina Hagen  en déesse indienne, Kylie Minogue métamorphosée en vierge aux serpents, Marie France et Marc Almond dans une représentation du mystère de l'amour, Sylvie Vartan, cigarette aux lèvres, illustrant la chanson "Comme un garçon",  Madonna sous les traits de Ushiwaka de la mythologie japonaise... mais aussi Eddy de Pretto en petit roi ou Clara Luciana en Madone aux fleurs.
Pour l'occasion, Pierre et Gilles ont conçu deux installations inédites dont la chambre fictive d'un fan de Sylvie Vartan.
L'exposition présente également des pochettes de disques, 200 objets issus de l'atelier des artistes, des vidéo-clips, des extraits du documentaire "Dans une photo de Pierre et Gilles" d'Elisabeth Couturier et Chantal Lasbats (produit par Morgane Productions), des chansons à écouter via un audioguide...
Le monde selon Pierre et Gilles: joyeux, coloré, iconoclaste...avec des idoles d'hier et d'aujourd'hui.
Annie Grandjanin

Jusqu'au 23 février 2020, du mardi au vendredi de 12h à 18h, le samedi de 10h à 20h et le dimanche de 10h à 18h, à la Cité de la Musique-Philharmonie de Paris, 221, av. Jean-Jaurès, 75019 Paris. Tarif: 9€. Tél.: 01.44.84.44.84. http://www.philharmoniedeparis.fr/

18 nov. 2019

"Leprest en symphonique": un vibrant et somptueux hommage au poète

Nougaro affirmait qu'il était l'un des plus foudroyants auteurs de la langue française. Mais il aura fallu qu'Allain Leprest nous quitte pour  que certains mesurent enfin la place essentielle qu'il occupe dans la chanson et le vide laissé par son absence.
Sans prétendre à une quelconque réhabilitation "Leprest en symphonique" est avant tout un vibrant  hommage à ce poète écorché dont les rimes reflétaient un humanisme, un sentiment d'urgence et une redoutable lucidité. 
On pouvait craindre qu'une version symphonique dilue la puissance des mots, mais il n'en est rien. 
Les musiciens de l'Orchestre National des Pays de la Loire, sous la direction de Dylan Corlay, donnent au contraire une incroyable résonance aux vingt chansons qui composent cet album enregistré à La Bouche d'Air, salle Paul-Fort à Nantes, lors de la création du spectacle, en janvier dernier.
Quant aux quatre chanteurs qui participent à cet ambitieux projet, ils réussissent le périlleux exercice de se glisser dans l'univers de Leprest, en conservant leur propre sensibilité.
Outre Romain Didier, complice de toujours et compositeur de douze  mélodies (les autres étant de Nathalie Miravette, Etienne Goupil, Jean Ferrat...) dont le timbre grave et harmonieux se pose sur "Où vont les chevaux quand ils dorment" ou "Madame sans âme", les accents tendres et gouailleurs de Sanseverino font merveille dans des titres comme "Le ferrailleur" ou "Dans le sac à main d'la putain". Cyril Mokaiesh touche au coeur lorsqu'il interprète les mélancoliques refrains de "Il pleut sur la mer" ou "Les tilleuls". Et Clarika apporte une touche toute féminine et une généreuse énergie à des chansons telles que "Arrose les fleurs" ou "Le banquet des abysses". Moment magique également lorsque Cyril et Clarika partagent chacun une manche pour tricoter et détricoter "Le pull-over". 
Au final, tous se retrouvent sur le dernier morceau "D'Irlande" pour trinquer au ciel, à la mer...et à celui qui écrivait dans "Donne moi de mes nouvelles" :"connaît-on encore Leprest ? Fait-il encore des chansons ? Les mots vont, les écrits restent...". 
Un magnifique opus qui comblera les fidèles d'Allain Leprest et permettra à ceux qui le connaissent peu ou mal de découvrir l'oeuvre d'un indispensable poète.

- Album "Leprest en symphonique" (Tacet/L'Autre Distribution), disponible depuis le 15 novembre 2019.

14 nov. 2019

"Forever": le spectacle hommage à Michael Jackson arrive en France

La première représentation s'est déroulée le 10 mars 2010 au Teatro Lope de Vega à Madrid.
Depuis, "Forever - The Best Show About The King Of Pop" a sillonné la planète avec des escales en Chine, en Amérique latine, à Lisbonne, à Prague, à Varsovie.... et annonce une trentaine de dates en France.
"Nous voulions recréer son oeuvre artistique, ses chansons, ses danses, sa vie, ses préoccupations environnementales. Nous ne prétendons pas le copier parce que Michael Jackson est unique..." confiait le producteur Carlos Javier Lopez lors de la création. Tandis que le chorégraphe Carmelo Segura précisait: "il y aura des danseurs avec une grande technique classique, des danseurs hip-hop, de Krump, des Breakers et des acrobates. Mon rôle a été d'unifier toutes ces disciplines, de leur faire comprendre un seul vocabulaire, celui de Michael Jackson".
Sur scène,  pas moins de 26 artistes, un orchestre live et de nombreux effets spéciaux s'attacheront à recréer, durant deux heures, l'univers du roi de la pop. Il paraît que La Toya a  suivi le spectacle sur plusieurs villes en tournée. On ne sait si la soeur de Michael fera le voyage en France, mais le public devrait être fidèle au rendez-vous. D'autant plus que ce show qui a déjà rassemblé plus de 500 000 spectateurs est le seul à bénéficier de l'aval de la  fondation de la famille Jackson.
Annie Grandjanin

Du 28 novembre au 1er décembre 2019 au Casino de Paris, 16, rue de Clichy, 75009 Paris. Tél.: 08.926.98.926. Places: de 25 à 78 €.  http://www.casinodeparis.fr/
En tournée: le 26 novembre 2019 à Niort, le 2 décembre à Nantes, le 3 déc. à Tours, le 5 déc. à Liévin, le 6 déc. à Lyon, le 7 déc. à Montélimar, le 8 déc. à Chambéry, le 11 déc. à Montpellier, le 12 déc. à Perpignan, le 13 déc. à Bordeaux.... Et le 4 janvier 2020 à La Seine Musicale, Île Seguin, 92100 Boulogne-Billancourt. Tél.: 01.74.34.53.53. Places à partir de 35 €
 http://www.laseinemusicale.com/

"Festival Fédéchansons": de jeunes talents à découvrir

Rovski (c) Anaïs Desmond
Présenté par la FFCF (Fédération des Festivals de Chanson Francophone) qui a tissé des liens solides avec la Suisse, le Canada (Québec et Nouveau Brunswick) et la Belgique, le Festival "Fédéchansons" met en lumière les jeunes pousses francophones de demain.
Pour sa huitième édition, dix-huit artistes ou groupes se produiront dans deux salles du XVIIIème arrondissement à Paris: au Centre FGO Barbara et aux Trois Baudets.
Le 19 novembre, rendez-vous rue Fleury pour écouter le groove de Melba, la chanteuse suisse Mize, le groupe Nazca, le répertoire pop-électro de Phaon, le duo Rovski (Sonia et Olive) ou encore Totem.
Les deux jours suivants, c'est la salle mythique des Trois Baudets qui accueillera la chanteuse et guitariste Alice Animal, Clément Bertrand, le road trip musical de David Marin, Francoeur et sa harpe pop, Gérald Gentil, ThéOphile, le poète urbain Ben Herbert Larue, David Numwami, le chanteur et bassiste François Puyalto, le groupe franco-congolais Gatshen's, le trio Orly et enfin le jeune auteur-compositeur Valentin.
Valentin
Prisé par les professionnels (programmateurs, tourneurs, producteurs...) toujours en quête de nouveaux talents, le festival est bien sûr ouvert au public et il est... gratuit !

Le 19 novembre 2019, à partir de 18 heures,
 au Centre FGO Barbara, 1, rue Fleury, 75018 Paris, 
les 20 et 21 novembre 2019, à partir de 18 heures, aux Trois Baudets, 64, boulevard de Clichy, 75018 Paris.
Entrée libre, dans la limite des places disponibles.
http://fedechansons.fr/

13 nov. 2019

Rencontre avec Jean-Louis Aubert

Une dizaine d'années après son précédent album solo "Roc Éclair", Jean-Louis Aubert revient avec "Refuge" (dans les bacs vendredi prochain).
Un double CD de 22 chansons inédites, dans lequel le chanteur et musicien a quasiment assuré toute la partie instrumentale: piano, claviers, guitares, basse et batterie.
Le 16 novembre 2019, à 16 heures (le lendemain de la sortie officielle de ce nouvel opus), l'ex-leader du groupe Téléphone sera à la Fnac Montparnasse,  pour une séance de dédicaces.
Événement gratuit et libre d'accès, dans la limite des places disponibles.

136, rue de Rennes
75007 Paris

7 nov. 2019

Rod Barthet: "j'aime faire tomber les barrières"

(c) Fabien Cart
Il a créé son premier groupe de hardcore à 14 ans. Après des gammes plus académiques à l'école de musique de Nancy, Rod Barthet s'est envolé pour San Francisco. Il y croisera quelques vieux routards du blues dont John Lee Hooker qui l'invite à assurer sa première partie en concert !
Il a alors vingt ans et des rêves plein la tête. Comme celui qu'il réalise en 1995 en retournant en Californie pour enregistrer son premier album Rod & The Shotguns "Mr Alligator".
En une vingtaine d'années, ce natif de Pontarlier a imposé sa griffe sur la scène blues-rock. Outre un redoutable jeu de guitare, il se démarque des accents rocailleux de ses aînés avec son timbre clair. Pour son nouvel opus "Ascendant Johnny Cash", il a retrouvé son complice Boris Bergman. "Après plus de vingt années de collaboration avec Rod, je peux affirmer que c'est très certainement l'un de mes meilleurs albums" affirme ce dernier.
Loin de nous l'idée de le contredire...

- Il paraît que tu as assisté à ton premier concert à l'âge de 3 ans ?
Il s'agissait de Deep Purple. J'y suis allé avec ma mère. Elle était aussi fan de Janis Joplin, de Led Zeppelin, des Doors...J'ai longuement fouillé dans ses disques avant d'arriver au blues. Cette musique est mon fil conducteur. C'est pour ça que je suis allé aux États-Unis.
- Être invité à jouer en première partie de John Lee Hooker, ça muscle un CV, non ?
Je suis toujours surpris quand on m'en parle. J'avais vingt ans et je n'ai pas mesuré la chance que j'avais. Alors que je jouais dans un bar, j'ai rencontré son attaché de presse et je lui ai remis une cassette. John Lee Hooker m'a appelé et m'a invité chez lui. Il m'a même prêté sa voiture pour que je puisse découvrir San Francisco. C'était un vieux monsieur très respecté. Il disait qu'avoir la grosse tête ne servait à rien. En me proposant de faire sa première partie, il m'a vraiment mis le pied à l'étrier.
Hormis l'apprentissage musical dans la discothèque maternelle, quels sont les artistes que tu écoutes ?
Ben Harper, Jimi Hendrix, John Butler Trio, Neil Young, Bob Dylan... J'ai beaucoup aimé le premier album de Gérald de Palmas ("Marcher dans le sable"). Il y a aussi Matthieu Chedid  que j'ai rencontré alors qu'il ne s'appelait pas encore M. Nous avons même fait un boeuf ensemble. Il ne fait pas semblant de jouer. C'est un super "gratteux" !
Peux-tu nous parler de ta rencontre avec Boris Bergman ?
C'était par l'intermédiaire de Yazid Manou, un attaché de presse. Je suis allé chez Boris à Montmartre pour lui faire écouter ce que je faisais. Il a travaillé avec beaucoup d'artistes internationaux. Il a d'ailleurs un mot de David Bowie qui le remercie pour la traduction de "Space Oddity". Mais la plupart des gens le connaissent pour sa collaboration avec Bashung. Il écrit des choses qui me correspondent et que je prends parfois en pleine figure. Comme la première chanson de l'album  "Amour ma fêlure". Il a signé 5 titres sur l'album.
-Un album que tu as enregistré chez toi, cette fois ?
Oui, à 90 % dans mon home studio. J'ai la chance d'être sur mon propre label. C'est une grande liberté.
Tu fais rarement des reprises mais dans ton précédent album "Les filles à l'écoute", on trouve"Gaby Oh Gaby".
(c) Cyril Jubin
Habituellement, je ne suis pas fan des reprises sur mes albums. Là, j'étais avec des musiciens américains qui ne connaissaient pas Bashung. Il n'y a eu qu'une seule prise et nous l'avons gardée. Je l'ai fait en pensant à Boris.
- La présence de cordes dans le titre "Madame", est assez inhabituelle aussi ?
C'était un souhait que j'avais depuis longtemps. J'ai signé le texte et la musique mais j'ai laissé carte blanche à l'arrangeur qui a fait un travail magnifique. Lorsque j'ai entendu les jeunes musiciennes qui viennent du Conservatoire de Besançon, j'ai eu la chair de poule.
- Que réponds-tu à ceux qui sont critiques à l'égard du blues français ?
Qu'il suffit d'écouter des artistes comme Paul Personne. Je suis pour la retenue dans la voix et.je chante en français. C'est mon univers. J'aime faire tomber les barrières ! Je songe souvent à cette phrase de Cocteau: "Ce qu'on te reproche, cultive-le, c'est toi". Moi, cela vingt ans que je le fais et j'enfonce le clou.

- Album "Ascendant Johnny Cash" (Festivest/Socadisc), disponible depuis le 27 septembre 2019.
En concert, le 21 novembre 2019 à 20h30, au Sunset, 60, rue des Lombards, 75001 Paris. 
Tél.:01.40.26.46.60.Prix: 20 €. http://www.sunset-sunside.com/

4 nov. 2019

"Charlie Chaplin l'homme-orchestre"

"Dans cette exposition, ce que nous essayons de raconter, c'est l'environnement sonore qui fait partie de la puissance de Charlie Chaplin. Son rapport à la pantomime qui s'exprime aussi par la musicalité" confie  Sam Stourdzé, commissaire de l'exposition.
Dès le début de la visite, on découvre donc le maître du cinéma muet, dont le "corps dansant" rythme les images diffusées sur écran. Il s'appelle encore Charlot et ne voit pas d'un bon oeil l'avènement du parlant. "Le dialogue est aussi peu nécessaire aux films que les paroles aux symphonies de Beethoven" s'insurge-t-il  dans un journal daté du 14 février 1929. L'un des nombreux extraits réunis pour l'occasion et qui permettent de mesurer combien cette transition a bouleversé le monde du cinéma. En 1936 pour "Les temps modernes", il cède malgré tout à la pression mais utilise le subterfuge du chant !  Il faudra attendre "Le dictateur" pour entendre enfin sa voix parlée.
Grâce à de nombreux documents, affiches, extraits de films... on suit la mort annoncée de Charlot qui cède petit à petit la place à Charlie Chaplin.
On découvre également sa passion pour le music-hall (qui imprégnera largement ses oeuvres), ses talents de compositeur et de musicien autodidacte puisqu'il avait appris le piano et le violon "à l'oreille", ses débuts de réalisateur avec une caméra à manivelle...
Une épopée passionnante et richement illustrée à découvrir en famille puisque des dispositifs permettront aux plus jeunes de se déguiser, de bruiter un film muet ou même d'écouter Michael Jackson et Céline Dion dans des reprises de mélodies de Chaplin.
Annie Grandjanin

Jusqu'au 26 janvier 2020 à la Cité de la Musique-Philharmonie de Paris, 221, avenue Jean-Jaurès, 75019 Paris. Tél.: 01.44.84.44.84. Prix: 11 €, tarif réduit à 6 € et gratuité pour les enfants de moins de 6 ans, les personnes handicapées et leurs accompagnateurs. http://www.philharmoniedeparis.fr/

31 oct. 2019

Les "jeudis du jazz" de retour aux Deux Magots

"Je veux faire rimer de nouveau jazz et Saint-Germain-des Prés" confiait le batteur Lionel Boccara (en charge de la programmation), lors du lancement de la première édition des "Jeudis du Jazz" aux Deux Magots. Mission réussie pour ce rendez-vous qui a déjà séduit  bon nombre d'amateurs.
Cette année, l'affiche fera la part belle à Boris Vian, avec six concerts consacrés à cet habitué des lieux, dont on célèbre le centenaire de la naissance.
Prochain concert ce soir avec le trompettiste et vocaliste américain Ronald Baker et les jeudis suivants: le groupe Rimendo, la chanteuse franco-lituanienne Lina Stalyte, en trio, Leslie Lewis,  Melody Linhart, Maris-Laure Celisse, Sean Gourley, Robert Mansanti, Eric Luter, Sarah Miette...
L'entrée est libre mais il est conseillé de réserver au 01.45.48.55.25.

Chaque jeudi, de 19h30 à 22h30, 6, Place Saint-Germain-des-Prés, 75006  Paris.
http://www.lesdeuxmagots.fr/

30 oct. 2019

Louis Ville: "Je me sens privilégié !"

(c) E. Segelle
Depuis la sortie de son premier album "Hôtel pourri", à l'aube de notre millénaire, cet artisan de la chanson a creusé son sillon sans jamais dévier de sa trajectoire: celle d'un poète dont le timbre rocailleux, les textes incisifs et pétris d'humanisme nous touchent et nous bousculent.
Vous ne trouverez pas forcément "Éponyme" en tête de gondole, comme on dit, mais ce nouvel opus est l'un de ceux qu'il faut écouter d'urgence.
Une oeuvre dense et sombre, traversée de lumineuses fulgurances dont cet auteur-compositeur a également assuré les parties guitares, basses, piano, la programmation, l'enregistrement et le mixage.
Des chansons qui parlent de soleil voilé, de montagnes franchies et de déserts sans eau, d'une fille dans un train, mais aussi de couleurs pour colorier le monde autrement...

- Vous étiez en panne d'inspiration pour trouver un titre à cet album ?
Il aurait pu s'appeler "Des à-pics des fadaises" mais  c'est parfois réducteur de choisir le titre d'une chanson. Et là, franchement, j'avoue que j'étais en manque d'idée.
- Est-ce parce que c'est aussi celui qui vous ressemble le plus ?
Tout ce que j'écris n'est pas forcément vécu. Il s'agit surtout de ressenti, de regards que je croise. Ma vis est assez banale. Je crée personnages parce que ça me dédouane.
- C'est-à-dire ?
Il faudrait être idiot ou aveugle pour ne pas percevoir la merde qui nous entoure, la perte de certaines valeurs,  mais je ne vois pas l'intérêt de le chanter de manière frontale. Cela va sans doute avec l'âge.
- Ou la sagesse ?
Oui et non. Si je vois un moine bouddhiste, je me dis que c'est une forme de sagesse. Mais il vit en reclus...
- Les références récurrentes à Arthur H, Arno ou Brel vous agacent ?
Ça va mieux. Je trouve cela évidemment très flatteur. Un journal américain a même évoqué le "frenchy Leonard Cohen" !
- Pouvez-vous nous parler du morceau instrumental que vous avez intitulé "Raphaël" ?
Il évoque un ami. Dans la vie, j'ai du mal à exprimer mes sentiments. Raphaël est quelqu'un qui a mené une carrière classique tout en ayant une incroyable folie en lui. Ce morceau est la représentation que je me fais du personnage et ma manière de lui rendre hommage.
(c) N. Ragu
Vous composez également des musiques pour le cinéma et la télévision ?
J'adore ça ! Ce n'est pas du tout un travail pour moi. J'apporte ma vision des choses, le rythme de la narration. Il suffit que je puise dans ma petite bibliothèque musicale pour que l'inspiration coule à flot. Je ne me retrouve jamais devant une page blanche.
- L'exercice est plus douloureux pour la chanson ?
Oui et non. On doit parfois se plonger dans certains états pour aller chercher une émotion ou une image.
- Des états qui expriment un certain désespoir, non ?
Mais dans la vie, je peux être très léger ! S'il fallait envisager sérieusement la réalité des choses, le quotidien serait plombant. Les révoltes nourrissent pendant un certain nombre d'années. Après, on s'aperçoit qu'elles sont un peu vaines...
- Donc, vous écrivez ce qui vous perturbe ?
Oui, parce que je ne veux pas que ça germe en moi.
- Avec la chanson "Des couleurs", vous vous êtes autorisé un peu de légèreté ?
J'ai voulu écrire quelque chose de simple, de basique. Elle semble légère et lumineuse parce qu'elle est enfantine.
- Elle exprime peut-être votre part de fragilité ?
On n'a jamais la certitude que ce qu'on fait est bien. A mes débuts, j'ai fait du punk, du rock... J'ai commencé à aimer ce que je fais depuis 3 ou 4 albums. Mais je me sens privilégié parce que je vis de ma musique. Cela ne m'empêche pas de me remettre souvent en question. En fait, je pense que la clef d'une forme de jeunesse intellectuelle, elle est là. J'espère que ce que je dis ne paraît pas trop prétentieux ?

- Album "Éponyme" (Balandras Éditions), disponible depuis le 11 octobre dernier.
En concert: le 22 novembre 2019, Espace Matthieu Côte, à Rompon (07), le 24 novembre, "Chant'Appart", à Marseille (13), le 29 novembre, Le Gueulard à Nilvange (57), le 8 mars 2020, Festival "Chantons sous les pins" à Pomarez (40), le 27 mars à la Médiathèque de Toul (54), le 15 juillet, Fish'n Blues" à Munich... 



28 oct. 2019

Caroline Loeb: joyeuse, touchante et libre

(c) Emmanuel Chandelier
Après avoir célébré Mistinguett, George Sand ou encore Françoise Sagan, Caroline Loeb renoue avec le tour de chant pour "Chiche !".
Un spectacle à mi-chemin entre concert et stand-up, mis en scène par Stephan Druet,  dont le titre résonne comme  l'enfantin "T'es pas cap". Car La Loeb, comme on l'appelle encore aujourd'hui aime les défis :"Je ne suis pas connue comme chanteuse, je suis connue comme chanson !" confie-t-elle en riant.
Un clin d'oeil malicieux au succès qui lui a permis, dans les années 80, de côtoyer le monde du show-biz, de la mode, de la politique... et de vivre de rocambolesques aventures.
Des souvenirs dont elle émaille "Chiche" avec la gouaille et la liberté d'une femme de son époque.
 Une époque créative et transgressive où l'on pouvait  répondre à l'invitation du Président François Mitterrand pour dîner à l'Elysée, partir à New York sur un coup de coeur, tout en assurant des galas dans les discothèques et  des "streap forains" dans le sud de la France !
Accompagnée par trois talentueux  musiciens (Stéphane Corbin aux claviers, Yorfela à la guitare-basse et Benjamin Corbeil à la batterie), Caroline apparaît,  juchée sur un tabouret, avec un titre en forme de confidence  "On ne sait jamais ce que le passé nous réserve". 
L'une des belles et émouvantes chansons de "Comme Sagan". Un album sorti en février dernier,
 concocté avec la complicité d'auteurs et compositeurs comme Pascal Mary, Pierre Grillet,  Pierre Notte, Wladimir Anselme, Benjamin Siksou, Thierry Illouz, Jean-Louis Piérot... Et Françoise Sagan dont on a parfois oublié qu'elle a prêté sa plume à des artistes comme Juliette Gréco ou Mouloudji.
Occupant la scène avec un savoir-faire évident, Caroline passe de la mélancolie ("Maisons louées") à une vibrante célébration de la ville de son enfance ("Bonjour New York"), cède à l'insistance de ses musiciens (et du
public) en reprenant quelques mesures de "C'est la ouate", avant de nous laisser sur l'énergique et addictif "Toxique".
Un titre qui s'annonce d'ores et déjà comme un  tube...

Le 1er novembre 2019, à 21h, le 2 novembre à 16h et 21h, les 30 et 31 décembre à 21h, les 2 et 3 janvier 2020 à 21h et le 4 janvier à 16h et 21h, au Théâtre l'Archipel, 17, boulevard de Strasbourg, 75010 Paris. 
Tél.: 01.73.54.79.79. http://www.larchipel.net/

24 oct. 2019

Les Primeurs de Massy et de Castres: récolte 2019

C'est le rendez-vous de l'automne. Celui où vous êtes assurés de faire le plein de saveurs et de sonorités nouvelles. Et il y en aura pour tous les goûts, de la pop au rock en passant par les musiques du monde ou l'electro.
Si vous voulez épater vos amis, vous pouvez même lancer des paris sur les talents de demain, sans prendre un trop grand risque, puisque ce festival dédié aux premiers albums a soutenu les débuts de Camille, Vincent Delerm, Cali, La Grande Sophie, Jeanne Cherhal, Sanseverino, Asaf Avidan...
Implantées à Massy qui célèbre sa 22ème édition, les Primeurs ont essaimé jusqu'à Castres depuis 2015.
Au menu de la récolte 2019, une vingtaine d'artistes et groupes tels que La Chica, Emilie Zoé, Roni Alter, Suzane, MNNQNS, Voyou, Miel de Montagne, Boucan, Flèche Love, Mohamed Lamouri & Groupe Mostla...
La plupart seront présents dans les deux villes mais Massy conservera la primeur des concerts de Pat Kalla & le Super Mojo, Sandor, Lucie Antunes ou La Fine Equipe.
A noter que les tourneurs et producteurs viennent volontiers faire leur "marché" sur les deux sites.
Une aubaine pour des jeunes pousses qui sont encore à la recherche de "tuteurs"...

A Massy, du 30 octobre au 2 novembre 2019, à 20 heures, Paul B, 6, allée de Québec et à Castres du 31 octobre au 2 novembre 2019, à la scène de musiques actuelles Lo Bolegason à Castres. 
Prix: 20 €  la soirée (14 € pour les abonnés Paul B). Forfaits 2 soirées: 36 €, 3 soirées: 48 € et 4 soirées: 56 €. 
Programme complet sur les sites http://www.lesprimeursdemassy.fr/ et
http://www.lesprimeursdecastres.fr/ 



22 oct. 2019

3clowns: un retour aux sources du rire

Les clowns ont toujours occupé une place particulière dans le monde du cirque. Comme les gardiens d’un art ancestral. Et si ces trois cadors (qui affichent plus de 55 ans) promettent un hommage attendri à leurs aînés, on peut s'attendre à quelques joyeux dérapages, comme il est d’usage au Cirque Électrique.
Monsieur Lô, le Blanc et les Augustes (Marcel et Airbus) ont usé leurs grosses semelles et leurs nez rouges sur bien des pistes et plus récemment au fameux Festival d'Aurillac où leurs tartes à la crème, jongleries, acrobaties, cascades et autres pitreries ont fait un tabac.
Écrit, mis en scène et interprété par Laurent Barboux, Lionel Becimol et Alexandre Demay, ce retour aux sources du rire, présenté par la Compagnie Les bleus de travail, devrait offrir une irrésistible récréation à vos bambins, à partir de 6 ans.  Et les parents retrouveront sans doute leur âme d’enfant.

Du 23 au 27 octobre, à 15 heures et les 25 et 26 octobre, à 21 heures, au Cirque Électrique, Place du Maquis du Vercors, 75020 Paris. Durée du spectacle: 75 mn.Prix: 16 € et tarifs réduits à 11 €. Réservation au 09.54.54.47.24 et sur mailto:reservation@cirque-electrique.com

Rencontre avec James Blunt à la Fnac Saint-Lazare

Est-ce parce que "Once Upon A Mind" (officiellement dans les bacs vendredi prochain) est annoncé comme un retour aux sources que James Blunt apparaît presque nu sur la pochette ?
Plus sérieusement, on retrouve dans ce sixième album studio une atmosphère qui rappelle celle de "Back To Bedlam".
Ce qui est sûr, c'est que l'artiste britannique a accepté d'échanger avec son public le lundi 4 novembre 2019, à 18 heures, à la Fnac Saint-Lazare avant de se livrer à une séance de dédicaces.
Événement gratuit et libre d'accès, dans la limite des places disponibles.

Passage du Havre,
109, rue Saint-Lazare
75009 Paris

Le centenaire de Boris Vian parrainé par Mathias Malzieu

Boris Vian photographié par son ami Jean
Suyeux, en 1956 (archives Cohérie Boris Vian)
Écrivain, trompettiste,scénariste, acteur, peintre, ingénieur, critique, bricoleur d'objets insolites...Boris Vian a coiffé bien des casquettes.
Il serait vain d'imaginer ce que ce génial touche-à-tout aurait encore créé si son coeur n'avait pas flanché le 20 juin 1959, lors de la projection privée du film "J'irai cracher sur vos tombes". 
Disparu  à 39 ans, il n'aura pas eu le temps de connaître "les chiens noirs du Mexique qui dorment sans rêver, les singes à cul nu dévoreurs de tropiques, les araignées d'argent au nid truffé de bulles..." ("Je voudrais pas crever", 1952)

Pour célébrer le centenaire de sa naissance (le 10 mars 1920), de nombreux rendez-vous sont organisés en France mais aussi en Belgique, en Roumanie, en Ukraine, en Suisse...
Un hommage qui n'aura rien de figé car Vian avait l'âme facétieuse.
Petit pied de nez du destin, Mathias Malzieu (du groupe Dionysos) qui a accepté d'être le parrain de ce centenaire va désormais assurer la direction artistique du Théâtre Les Trois Baudets à Paris, la salle mythique de Jacques Canetti où Boris fit ses débuts de chanteur.

Vian, son chat et sa guitare-lyre sur laquelle
il a composé nombre de chansons en 1956
(DR Archives Cohérie Boris Vian)

Après le décès de sa seconde épouse Ursula Kübler-Vian, c'est Nicole Bertolt qui a été nommée mandataire pour gérer la promotion et la diffusion de l'oeuvre de Boris Vian. Une succession qui porte le nom de "Cohérie" car Ursula n'aimait pas le terme d'héritier. Voilà pour la petite histoire de cette appellation inhabituelle proposée à 'époque par un ami.
Outre la parution de "Boris Vian 100 ans - le livre anniversaire", écrit par Nicole Bertolt et Alexia Guggémos,  paru le 3 octobre dernier aux Éditions Heredium (au catalogue des Éditions Prisma),  divers ouvrages comme ses "Oeuvres romanesques complètes", un nouveau coffret La Pléiade, ainsi que des colloques universitaires permettront de (re) découvrir l'écrivain.

Afin de célébrer les multiples facettes de cet esprit curieux, il y aura bien sûr des sorties (ou rééditions) de disques, des concerts, des lectures, des pièces de théâtre, des festivals, des expositions, des soirées jazz aux Deux Magots à Saint-Germain-des-Prés...
Un programme si riche qu'on ne citera ici que quelques évènements: la publication en coffret fac-similé des Unes détournées, ses correspondances de 1932 à 1959, un coffret-collector de 6 vinyles + 4 CD en édition limitée et numérotée réunissant quelques-uns des grands interprètes de Vian comme Mouloudji, Serge Reggiani, Jacques Higelin, Henri Salvador, Magali Noël..., un Café-chantant suivi du Bal Vian au Théâtre Jean Vilar de Suresnes, des "Sons, musique et images" à la Villette, un spectacle circassien d'après l"Écume des jours", par la Compagnie Azeïn, une exposition "Bison ravi", l'émission d'un timbre Boris Vian en mars 2020, un "Patamusic-hall" avec la troupe de comédiens-chanteurs de la Comédie Française, au Studio Marigny...

Et enfin, pour la soirée de clôture (sous la direction de François Nida et Nicole Bertolt), le 20 novembre 2020, à l'Auditorium de la Bibliothèque Nationale de France, le public pourra entendre Nicole Bertolt et Joëlle Lhespitaou
(la nièce de Vian) commentant une "biographie à rebrousse-poil", l'Oulipo jouant avec ses mots, Mathias Malzieu dans des extraits de "L'Écume des jours", Carmen Maria-Véga revisitant quelques "Chansons possibles et impossibles" ou encore Abd al Malik pour une lecture de la lettre à Paul Faber dédiée au Déserteur.

Programme complet sur le site http://centenaireborisvian.com/

21 oct. 2019

Marie France "Tendre assassine"

Le temps semble n'avoir aucune prise sur elle. Pourtant Marie France a connu les folles soirées du Palace, animé celles de l'Alcazar, posé pour Salvador Dali, joué Marguerite Duras au Théâtre, pour Téchiné au cinéma... Elle fut même la pionnière du punk français avec le disque "Déréglée", écrit pour elle par Jacques Duvall.
Après une longue absence discographique, elle revient avec "Tendre assassine".
Du "cousu main" confectionné par Élisa Point (pour les textes) et Léonard Lasry (musiques, réalisation, direction artistique). Des chansons dans lesquelles l'artiste se glisse comme dans un fourreau.
En juillet dernier, elle avait offert la primeur de quelques titres, chez Castel. "Ici, j'ai des souvenirs dans tous les coins. J'y ai porté mes premières mini-jupes, dansé pour les Beatles et j'ai été courtisée par Jimi Hendrix" confiait-elle avec une certaine émotion.
Ouvrant sur le mélancolique "Trop de vague à l'âme", cet opus intimiste alterne douces confidences et piques joliment féroces. Outre notre coup de coeur pour "Déjà vu", en duo avec Léonard, on écoute sans nostalgie un disque forcément rare, empreint de grâce et de sensualité.

- Album "Tendre assassine" (29Music/Kuroneko), disponible depuis le 18 octobre 2019.

18 oct. 2019

Hervé: "J'adore les clairs-obscurs"

(c) Lorelei Buser Suero
Il se rêvait footballeur mais un accident en a décidé autrement...
 Après la belle aventure de Postaal, le duo électro-pop formé avec Dennis Brown, Hervé s'est lancé en solo avec un premier EP baptisé "Mélancolie F.C.", sorti le 17 mai dernier. Des textes dont le spleen est contrebalancé par des rythmes électro qui vous transportent sur sa planète. Un monde où les couleurs se confondent, où les mots dessinent toute une palette d'émotions.
Aux Francofolies de La Rochelle, cet été, son concert au Théâtre Verdière a séduit et bouleversé. Impossible de ne pas tomber sous le charme ténébreux et lumineux de cet auteur-compositeur.
Le monde du ballon rond a peut-être perdu un futur champion mais celui de la musique a gagné un artiste avec lequel il faut désormais compter.

- A l'écoute de ton disque, on a le sentiment que chez toi, la mélancolie n'est pas vraiment un état languissant ?
J'aime la dualité entre des textes sombres et des musiques énergiques. C'est la dimension du drop. J'aime aussi l'idée qu'on ne puisse pas facilement entrer dans le projet. Moi-même, je me méfie des premières écoutes.
- Quel souvenir gardes-tu de ton passage en première partie d'Eddy de Pretto à Olympia ?
On parle beaucoup de la magie de cette salle. J'ai joué devant le rideau. Ça ne sonnait pas vraiment comme un tour de chant. Assurer une première partie demande une énergie particulière: les gens ne te connaissent pas, ils ne t'attendent pas. Mais j'ai trouve ça cool. Eddy m'a invité à ouvrir quasiment toutes ses dates.
- Il y avait tout de même dans le public des personnes qui connaissaient Postaal, non ?
Certaines ont sans doute fait le lien. Mais ce n'était pas évident car à l'époque, nous portions des capuches et on ne se montrait jamais.
- Sur la pochette de "Mélancolie FC", tu te caches encore un peu ? 
C'est une photo que j'aime bien. Elle a été faite aux Transmusicales de Rennes. Et celle qui est à l'intérieur du disque me représente enfant. Lorsque j'ai trouvé le nom de l'EP, on a brodé autour du thème.
- Dans ta biographie, on apprend peu de choses sur toi. Toujours ce besoin de te préserver ?
J'ai l'impression que moins on dit de choses, mieux c'est. Je ne suis pas non plus un accroc des réseaux sociaux. Si on souhaite me connaître, il y a la scène. J'essaie toujours d'être le plus sincère possible.
- On apprend quand même que c'est Higelin qui t'a donné envie de chanter ?
Pochette du EP Mélancolie F.C.
 C'est vrai. J'aime les artistes qui arrivent à transmettre des images factuelles, qui racontent des histoires avec un début, un milieu et une fin. Des artistes comme Aznavour, Brel, Ferré, Stromae... Alain Bashung avait ce truc aussi.
- Dans ce EP tu reprends d'ailleurs "La peur des mots", un titre peu connu de Bashung ?
 Il s'agit de la version enregistrée à Memphis quand Bashung était allé dans la maison de Presley. Je trouve que le texte de Jean Fauque est sublime. Cette phrase "Tue-moi, je te couvrirai de baisers" me bouleverse à chaque fois que je la chante. J'aime cette forme d'écriture là.
- L'album est pour bientôt ?
Je me challenge en permanence. J'ai mis du temps à apprendre à déléguer. Pour l'album à venir, je vais ouvrir les collaborations. Et prendre le temps de partir en Bretagne pour écrire. Il y a là-bas des paysages et une mélancolie qui m'inspirent. J'adore les clairs-obscurs.

En tournée: le 19 octobre 2019 à Cavaillon (La Garance), le 23/10 à Troyes (Festival Off Off Off), le 24/10 à Chatenay Malabry (Le Pédiluve), le 29/10 à Riorges (Les Mardis du Grand Marais), le 4/11  à Paris (Les Etoiles), le 9/11 à Saint Lô (Les Rendez-Vous Soniques), le 17/11 à Rambouillet (L'Usine à Chapeaux)... 
Le concert aux Etoiles affichant complet, une nouvelle date parisienne est annoncée le 19 mai 2020 à la Maroquinerie, 23, rue Boyer, 75020 Paris. http://www.lamaroquinerie.fr/

16 oct. 2019

"Le son d'Alex": toute la musique qu'il aime...


(c) Franck Harscouet
Les habitués de Télématin sur France 2 connaissent bien ses chroniques. Ils savent moins, sans doute, qu'Alex Jaffray est également scénariste, musicien et compositeur pour le cinéma et la télévision. Autant dire que l'homme connaît la musique !
Pour preuve ce "Son d'Alex", présenté comme le premier stand-up musical. Un spectacle dans lequel il raconte "son" histoire de la musique, avec des anecdotes, des extraits, des devinettes ou encore quelques secrets de fabrication de tubes. Ces derniers n'étant évidemment pas à prendre au pied de la note car, s'il existait une recette miracle, il siroterait des spritz avec Lady Gaga sur un yacht à Miami !
Avant toute chose, il rappelle que nous avons tous entendu le même premier son: celui du coeur de notre maman !
De Bachelet à Bach en passant par Michel Sardou, Peter et Sloane, Maître Gims ou Daft Punk, Alex ratisse large pour nous offrir quelques moments d'anthologie et de franche rigolade.
Au passage, ce passionné va même jusqu'à rétablir quelques vérités historiques en précisant que contrairement à ce que Sheila chantait, les rois mages ne sont jamais allés en Galilée...
(c) Franck Harscouet

On apprend également qu'Alfred Newman qui a composé plus de 150 musiques de films et reçu pas moins de 9 Oscars n'est finalement connu que pour un seul tube:  la fanfare d'introduction des films de la 20th Century Fox. Et on sèche lamentablement lorsqu'il nous demande de citer le nom du complice de George Michael dans Wham!
En un peu plus d'une heure, le public assiste ainsi à une sorte de cours magistral sur la musique. Mais un cours à l'image d'Alex Jaffray: drôle, décalé et généreux.
Touchant  aussi lorsqu'il évoque la rencontre avec son "idole" Ennio Morricone.

Jusqu'au 19 décembre 2019, les mercredis et jeudis, à 20 heures, au République, 
23, Place de la République, 75003 Paris. 
Tél.: 01.47.70.97.96. Prix: 25 €
 http://www.lerepubliqueparis.fr/

11 oct. 2019

"Relire Aragon": d'une beauté saisissante

Patrick Mille (c) Guy Fasolato
 Vous cherchez comment détourner vos ados de leurs chères tablettes pour partager avec eux un moment privilégié ?
Quelque chose qui ne ressemblerait pas, même de loin, à un exercice scolaire ? Et si vous les emmeniez au théâtre pour  plonger dans "l'imaginaire beauté pareille à l'eau pure des sources perdues..." 
Avec "Relire Aragon" (créé à la Maison de la Poésie), le comédien Patrick Mille et le chanteur, musicien et compositeur Florent Marchet nous proposent une magnifique traversée au coeur de l'oeuvre du poète. Une traversée orageuse, passionnée, tumultueuse et d'une beauté saisissante.
Nous avions déjà pu apprécier leur belle complicité dans le spectacle consacré au vers de Pierre Reverdy. On la retrouve ici, intacte, dans ce spectacle à mi-chemin entre théâtre, musique et littérature.

Patrick Mille, acteur "habité" et doué d'une parfaite diction, déclame, s'insurge, s'apaise aussi pour incarner sur scène les révoltes et les déclarations d'amour du "fou d'Elsa". Il est parfois grandiloquent, mais comment ne pas l'être avec des textes d'une telle intensité.
Quant à Florent Marchet, tantôt à la guitare et tantôt au piano, il joue et chante avec un indiscutable talent. On se souvient évidemment de Léo Ferré ou de Jean Ferrat (entre autres) mais il n'a pas à souffrir de la comparaison, loin s'en faut.
Florent Marchet (c) Guy Fasolato

En duo ou en solo, ils nous embarquent ainsi dans "La nuit de Dunkerque",  "La grotte", font revivre les "Fantômes" ou nous interpellent sur le vibrant "Est-ce ainsi que les hommes vivent".
En rentrant, vos ados retourneront sans doute à leurs virtuelles addictions mais si, dans un petit coin de leur tête, résonnent encore quelques "Strophes pour se souvenir", votre soirée aura été doublement réussie...

Jusqu'au 4 novembre 2019, les dimanches et lundis à 20 heures, au Théâtre de la Gaîté Montparnasse, 26, rue de la Gaîté, 
75014 Paris. Tél.:01.43.20.60.56. 
http://www.gaite.fr/

7 oct. 2019

Rencontre avec Etienne Daho

Depuis sa sortie en 1996, l'album "Eden" (écrit et enregistré à Londres) est devenu un classique de la french touch. L'édition du coffret deluxe attendue le 18 octobre devrait ravir ses fans puisqu'elle contient l'album original remastérisé mais aussi un EP inédit avec Comateens, des versions rares, des remixes, 3 posters... Pour l'occasion, la Fnac Saint-Lazare propose une rencontre avec Etienne Daho, le samedi 26 octobre 2019, à 16 heures.
De quoi patienter avant la sortie de "Chansons de l'innocence retrouvée" , un nouvel opus attendu le 18 novembre prochain.
Évènement gratuit et libre d'accès, dans la limite des places disponibles.

Passage du Havre
109, rue Saint-Lazare
75009 Paris

2 oct. 2019

Michaël Hirsch nous invite à rêver...

(c)  Svend Andersen
Il nous avait conquis avec son spectacle "Pourquoi ?" (voir le 17 février 2017 sur ce blog) dans lequel il nous régalait déjà avec une ode à l'homme couché.
Une invitation  à rêver qui prend toute sa dimension dans ce nouveau seul en scène "Je pionce donc je suis" , co-écrit avec Ivan Calbérac et mis en scène par Clotilde Daniault. Pas tout-à-fait seul d'ailleurs puisque Michaël Hirsch campe ici toute une galerie de personnages loufoques et attendrissants. Sauf peut-être Manuel Sanchez, un impitoyable chef d'entreprise.
Humoriste et poète Michaël Hirsch est aussi un humaniste. Chez lui, la bienveillance et l'empathie ne sont jamais loin. Quand on sait qu'enfant il était fâché avec le français et la lecture, on se réjouit d'apprendre que c'est Raymond Devos (découvert à la télévision) qui l'a réconcilié avec la langue de Molière... Une langue qu'il manie avec talent et esprit, même s'il se laisse parfois aller à quelques calembours un peu convenus.
Quant au héros de l'histoire, il s'agit du bien-nommé Isidore Beaupieu. Un jeune homme pressé et stressé, licencié pour cause d'assoupissement durant la présentation officielle du "Perfect Toast", le seul grille-pain qui ne brûle jamais.
 Dépité, il décide de "mettre sa vie entre charentaises"...
(c) Svend Andersen

Le temps de rencontrer son groupe de soutien sur les réseaux sociaux, de croiser la route du Commandant Couche-Tôt ou de soutenir la théorie imparable de l'effet papillon du bâillement, immédiatement confirmée auprès de quelques spectateurs !

Entre deux promesses de délices à ceux qui se laissent  emporter dans les bras de Morphée, Michaël nous offre également une imitation de Fabrice Luchini dont il maîtrise parfaitement le phrasé et les mimiques.
Au final, il raccroche sa robe de chambre pour endosser la cape de "Pyjaman". Un héros dont le super pouvoir est d'aider les gens à rêver.
Un spectacle dont on sort la tête dans les étoiles...

Jusqu'au 19 janvier 2020, du jeudi au samedi à 21h30
et le dimanche à 19h, au Lucernaire, 
53, rue Notre-Dame-Des-Champs, 75006 Paris. 
Tél.: 01.45.44.57.34.  http://www.lucernaire.fr/

30 sept. 2019

L'affaire Moussorgski: une turbulente récréation musicale

(c) Vincent Deaubonne
Présenté il y a quelques jours à la Cité de la Musique (Philharmonie de Paris), ce conte jazz s'inspire de l'oeuvre "Les tableaux d'une exposition" de Modest Moussorgski (musicien russe et petit-fils du célèbre compositeur). Dix pièces pour piano dont chacune fait référence à un tableau du peintre Viktor Hartmann. 
Des tableaux aujourd'hui égarés ou détruits mais dont les titres servent ici de fil conducteur.
L'histoire débute dans un musée de Saint-Pétersbourg. Modest, le gardien, s'est assoupi et, à son réveil, il constate la disparition de dix tableaux. Il décide alors de se lancer à leur recherche...
Entouré de quatre talentueux musiciens de l'Orchestre Les 5000 doigts du docteur K (Alain Pierre à la direction musicale, à l'écriture, aux compositions et arrangements, aux saxophones et à la flûte, Jean-François Vincendeau à la contrebasse, Bertrand Dabo à la batterie et Thomas Mayeras au piano et aux arrangements), Modest entame une course-poursuite qui le conduira aux États-Unis, au jardin des Tuileries, dans les catacombes de Paris ou sur un marché à Limoges. Des étapes illustrées par des projections d'images et de dessins.
Sur sa route, il croise la sorcière Baba Yaga et  Mephistophélès, un ballet de poussins dans leur coque, le peintre Marc Chagall... On aurait presque envie que les personnages s'échappent de l'écran pour s'animer sur scène... 
Les enfants, à partir de 8 ans, suivront avec intérêt les aventures (et mésaventures) de ce drôle de gardien (joué par Olivier Clenet) qui ne sait vraiment plus où donner de la casquette et dont l'accent russe est plutôt divertissant.
(c) Vincent Deaubonne
Quant aux musiciens, ils accompagnent à merveille cette rocambolesque "Affaire Moussorgski".
Une turbulente récréation musicale... et picturale (de la Compagnie À Toute Vapeur) qui devrait séduire un large public. 

En tournée: le 23 octobre 2019 au Théâtre d'Angers et le 7 février 2020, Espace Capellia à La Chapelle sur Erdre (44)

27 sept. 2019

Dido et Catherine Ringer en concert gratuit pour "Herose"

A l'occasion de ses vingt-cinq ans et du lancement d'Octobre Rose, la campagne annuelle de lutte et de sensibilisation contre le cancer du sein, l'Association "Le Cancer du Sein, Parlons-en !" organise, le 1er octobre prochain, avec RTL2, une soirée exceptionnelle, à la Fontaine du Trocadéro, face à la Tour Eiffel.
Baptisé "Herose", un clin d'oeil au fameux Ruban Rose et à tous ceux  qui se battent contre la maladie, l'événement débutera dès 19 heures avec le DJ RLP, suivi d'une illumination en rose de la Tour Eiffel (en présence de personnalités qui soutiennent la cause) et enfin, à 20h30, grand concert en plein air avec les chanteuses Dido et Catherine Ringer.
En début de soirée, des bénévoles passeront dans la foule pour récolter des dons. Cette année, pas moins de 730 000 Euros seront ainsi distribués par l'Association, à six projets de Recherche, lauréats de ses prix Ruban Rose.

L'évènement est gratuit mais il est impératif de réserver via le lien billetterie : concertherosebyrtl2
ou sur http://www.cancerdusein.org/


26 sept. 2019

"Vibrations" au Palais des Papes

Pour la seconde année consécutive, le show "Vibrations" a investi l'historique Cour d'Honneur du Palais des Papes à Avignon.
Vous l'avez raté ? Pas de panique puisqu'il est encore visible jusqu'au 12 octobre prochain. Visible et audible car cette immersion à 360° fait appel aux techniques les plus sophistiquées en matière d'images et de sons.
Un spectacle orchestré par  des magiciens du genre: Cookies Production, une société spécialisée dans le 3D Mapping (qui a notamment mis en lumières les hôtels de ville d'Epernay, de Marseille, de Vincennes et le Théâtre de Nice) et par Spectaculaires et les Allumeurs d'Images dont le travail a déjà sublimé les cathédrales de Nantes, Bayeux, Chartres, la Fête des Lumières de Lyon, l'Umaid Palace de Jodhpur en Inde...
Cette année, le fil rouge est représenté par un papillon survolant les 11 tableaux dont deux nouveautés: les Vibrations de la ville et les Oliviers du Palais.
Pas moins de 14 projecteurs sont dirigés simultanément sur les 4 façades de la Cour d'Honneur, tandis que le son est diffusé en 16.1.
"La beauté est dans l'oeil de celui qui regarde" affirmait Oscar Wilde. Une citation qui illustre parfaitement cette mise en valeur de notre patrimoine.

Jusqu'au 12 octobre 2019, à Avignon. Prix: 12 € et tarif réduit à 10 € (gratuité pour les enfants de moins de 8 ans). Loc. points de vente habituels et sur les sites http://www.avignon-vibrations.com/ et http://www.avignon-tourisme.com/
Infos à l'Office de Tourisme d'Avignon, tél.: 04.32.74.32.74.