1 juil. 2022

"Notre petit cabaret": une tendre et savoureuse complicité


Emilie Bouchereau et Béatrice Agenin(c) Cédric Vasnier

C'est une première à double titre ! Il y a quelques jours au Petit Montparnasse à Paris, la comédienne Béatrice Agenin et la chanteuse et musicienne Emilie Bouchereau ont offert,  la primeur de leur spectacle à découvrir au Festival Off d'Avignon cet été. Et, si l'idée leur trottait dans la tête depuis un moment, la mère et la fille n'avaient jamais partagé une même scène.

Présenté comme une fantaisie "Notre petit cabaret", imaginé par ce duo inédit alterne sketches, lectures poétiques et chansons. 

On connaît la carrière de Béatrice qui a joué les grands rôles du répertoire de la Comédie Française avant de se tourner, avec succès, vers le théâtre privé (elle a notamment reçu un Molière en 2020 pour son rôle dans "Marie des Poules, gouvernante chez George Sand" de Gérard Savoisien) le cinéma et la télévision. Quant à Emilie,  vêtue d'une longue robe en lamé rouge, elle s'impose d'emblée avec une belle interprétation de "Fever", tandis que sa malicieuse maman, cachée derrière un paravant, agite des pancartes sur lesquelles ont peut lire la traduction.  Puis la comédienne enchaîne, en français, comme elle le précise, avec le poème "On n'est pas sérieux quand on a 17 ans" d'Arthur Rimbaud. 


Béatrice Agenin (c). Cédric Vasnier


Un spectacle qui parle de souvenirs d'enfance, d'amour, de poésie, du Prince Charmant qui n'appelle jamais au bon moment.. Entre des reprises de Cole Porter ou Barbara, Emilie Bouchereau (alias Milo) nous régale de compositions personnelles tandis que Béatrice Agenin nous fait passer du rire à l'émotion avec des vers de Verlaine, la lecture d'une lettre de Colette, quelques pas de danse avec un homme en mousse, une décapante version du fameux "Tango stupéfiant"... Cédant aux délirantes exigences d'un metteur en scène, lors  d'une parodie d'audition, elle va même jusqu'à faire du rap sur Phèdre ! Un exercice inattendu pour celle qui a notamment incarné le personnage de Roxane, aux côtés de Jean-Paul Belmondo dans Cyrano de Bergerac. Coup de chapeau également aux facétieux musiciens Anthony Debray (percussions) et Simon Fache (piano).  

Et, Lorsque mère et fille se rejoignent  pour chanter "La tendresse" on se dit dit qu'il était grand temps que, surpassant une probable et naturelle pudeur,  elles partagent avec le public un si joli moment de complicité.

Du 7 au 30 juillet 2022, à 15 heures (sauf les dimanches) au Festival Off d'Avignon, au "Coin de la Lune", quartier Luna, 24, rue Buffon, 84000 Avignon. Tél.: 04.90.39.87.29. www.theatre-aucoindelalune.fr

28 juin 2022

L'été sera chaud à La Villette pour les 25 ans du Cabaret Sauvage !

 


C'est une belle histoire... écrite avec des coups de coeur, des coups de gueule, quelques larmes, de magnifiques rencontres et de la musique. Toutes les musiques ! Un rêve de gosse réalisé par Méziane Azaïche, fondateur et directeur du Cabaret Sauvage. 
Rendez-vous de toutes les cultures, cette salle icônique  fête cette année son quart de siècle ! L'occasion de célébrer l'évènement avec un festival réunissant des groupes et artistes comme Gnawa Diffusion, Yuri Buenaventura, Grupo Compay Segundo, Goran Bregovic, Rodolphe Burger & Erik Marchand, La Rue Ketanou, Popa Chubby, Les Ogres de Barback... Sans oublier deux nuits électro les 9 et 13 juillet.
Petite cerise sur ce généreux gâteau d'anniversaire, l'inauguration du Paname Reggae Festival (du 27 au 31 juillet).
Rencontre avec Méziane, le "patriarche" des lieux,  avant le coup d'envoi des concerts qui se dérouleront du 1er juillet au 6 août prochains. L'été promet d'être chaud au Parc de la Villette...

- Un rêve qui dure depuis 25 ans. C'est un peu fou, non ?
C'est même une drôle d'histoire. Je commence a être le plus vieux du Parc ! En 1994, j'avais loué le Magic Mirror pour créer un spectacle avec Brad Scott et le  Bachiboukouk Band (le groupe d'Arthur H). Nous avons joué pendant 4 mois mais la Préfecture n'a pas voulu nous accorder de prolongation. J'ai du me résoudre à retourner au Zéphyr, le restaurant que j'avais ouvert dans le XXème arrondissement.  C'était une galère car j'avais toujours le spectacle dans la tête. Je me suis dit que, cette fois, j'allais créer mon propre lieu. J'ai entamé la construction d'un chapiteau et la production d'un spectacle qui s'appelait "Les Nomades Rageurs". 

- Et les problèmes ont commencé ?
A l'époque, nous avions pris des engagements  mais rien ne s'est déroulé comme je le pensais. En fait, la nouvelle direction ne souhaitait pas que le Cabaret s'installe dans le Parc. J'avais déjà investi l'équivalent de 200 000 Euros. J'étais en faillite avant même de commencer ! 

La Rue Ketanou (c) Christophe Ribot

- Mais il y a eu un signe du destin ?
J'ai versé des larmes car je pleure facilement mais j'étais aussi en colère. Un jour, on frappe à ma porte. C'était le plongeur du Zéphyr qui était originaire du même village que moi en Kabylie. Il venait m'annoncer qu'il avait remporté une certaine somme au loto. Lorsque je l'ai accompagné, je me suis  aperçu qu'il avait oublié un zéro et qu'il avait gagné dix fois plus ! Il m'a confié que cet argent n'allait pas changer sa vie autant que ça et qu'il connaissait mes problèmes. Il a alors proposé de s'associer avec moi. Puis, après plusieurs changements, le nouveau directeur de la Villette nous a accordé une année sans loyer ni électricité. Nous avons pu réduire le déficit de 50% et, l'année suivante, nous avons commencé à gagner de l'argent. De mon côté, je me suis engagé à faire le nécessaire pour le bruit et notre chapiteau a été le premier au monde à être insonorisé !

- En 25 ans, vous avez dû vivre des moments mémorables ?
L'un des projets qui m'a le plus marqué, c'est lorsque j'ai fait venir des femmes d'Algérie pour le spectacle intitulé "Femmes d'Algérie, cinq nuits d'un destin". Nous étions en 1999 et la situation était dramatique là-bas. Le premier soir, une jeune chanteuse qui s'accompagnait à la guitare a eu des problèmes de son. Elle a quitté la scène, tétanisée. Je suis allée la chercher dans les loges en lui demandant de revenir à a fin du spectacle pour interpréter sa chanson. Et cela durant 5 soirs. Après, elle a trouvé un producteur et un tourneur. Il s'agissait de Souad Massi.

Queen Ifrica (c) DR

- Il y a un certain engagement dans vos programmations ?
Je veux qu'il y ait un sens, un engagement humain et social, sinon ça ne m'intéresse pas. J'ai vécu plus longtemps ici qu'en Algérie mais je me sens toujours comme un émigré. J'aime la France car elle m'a apporté la liberté mais j'ai conservé ma culture de la terre, le côté authentique du paysan. C'est aussi ma force. 
Goran Bregovic (c) DR

- Parlez-nous du Paname Reggae Festival ?
C'est important pour moi car c'est la musique qui a bercé ma jeunesse. Il y aura les meilleurs artistes reggae du moment comme Takana Zion, Elephant Man, Queen Ifrica, Mo'Kalamity... 

- Les artistes programmés pour les 25 ans sont des habitués ?
A 95 % ! J'aurais aimé avoir Arthur H mais il est actuellement en studio. J'ai un lien très fort avec la famille Higelin. Jacques était l'un de mes clients attitrés au Zéphyr. Il se mettait souvent au piano en fin de soirée. Je me souviens qu'en 1981, à la fête de la musique, j'ai suivi le camion sur lequel il était juché pour chanter de la place de la République à celle de la Nation. Le groupe Tryo n'était pas libre non plus. Je suis heureux de retrouver Goran Bregovic, Popa Chubby qui a cassé sa guitare sur la scène du Cabaret il y a deux ans, La Rue Ketanou dont le concert coïncide avec le jour de mon anniversaire, Yuri Buenaventura qui n'était pas venu en France depuis 3 ou 4 ans... Il y aura aussi le nouveau projet de Rodolphe Burger et Erik Marchand que j'ai découvert à Arles. Ce spectacle m'a donné la chair de poule.

- Vous fonctionnez au coup de coeur ?
Je n'ai pas de formation musicale et je n'ai pas suivi de grandes études. Tout ce que je fais, c'est avec le coeur... et le flair !


Du 1er juillet au 6 août 2022, au Cabaret Sauvage, Parc de la Villette, 59, boulevard Macdonald, 75019 Paris. Pass 1 jour à 25 Euros et 2 jours à 40 Euros. Tél.: 01.42.09.03.09. Billetterie sur le site  www.cabaretsauvage.com
 

"Novecento: pianiste", l'histoire insolite et passionnante d'un virtuose au long cours

(c) Jean Henry

 Transposé en monologue théâtral, d'après l'ouvrage "Novecento : pianiste" de l'écrivain, musicologue, chroniqueur et animateur télé italien Alessandro  Baricco, ce "récit-jazz" (traduit par Françoise Brun) est joué et mis en scène par  Pascal Guin.  
Dès les premières minutes, on se laisse embarquer par cette évocation des traversées de l'Atlantique, des migrants en route pour l'Amérique à la recherche de l'Eldorado, de l'épopée du jazz... mais aussi et surtout par le destin extraordinaire du plus grand pianiste ayant jamais joué sur l'Océan.
Pour ceux qui n'ont pas lu le livre, il convient de remonter à la source. L'histoire débute en 1900, à bord du Virginian, avec l'abandon d'un bébé déposé dans un carton sur le piano de la salle de bal. Le marin Danny Boodmann décide alors de s'occuper de l'orphelin et le baptise Danny Boodmann T.D. Lemon Novecento (en référence à l'année de sa naissance). Après le décès de son père adoptif, lors d'une tempête, le jeune garçon, alors âgé de 8 ans, trouve refuge en s'installant au clavier.  Les passagers se bousculent alors pour écouter ce virtuose dont le piano semble danser avec l'océan et qui joue du jazz, du ragtime "parce que c'est la musique sur laquelle Dieu danse quand on ne le regarde pas. Sur laquelle Dieu danserait s'il était noir". Quant à Novecento, il demeurera sur le paquebot sans chercher à découvrir la terre.
Dans le rôle du trompettiste Tim Tooney, témoin de cette insolite et passionnante histoire, Pascal Guin semble habité par son personnage de narrateur. Tour à tour théâtral, touchant, enchaînant les anecdotes et les questions autour de ce surprenant voyage intérieur, il installe une véritable complicité avec le public et le talentueux pianiste-compositeur Christofer Bjurtröm qui l'accompagne. Sur la scène baignant dans une lumière minimaliste,  pas de décor ou presque, hormis deux grandes caisses en bois. On imagine qu'elles symbolisent ce quai que Novecento ne foulera jamais...   

Jusqu'au 30 juillet 2022 et du 25 août au 8 octobre 2022, les jeudis, vendredis et samedis à 21h15, au Théâtre Essaïon, 6, rue Pierre au Lard, 75004 Paris. Loc. points de vente habituels et au 01.42.78.46.42. www.essaion-theatre.com.

27 juin 2022

Festival Fnac Live Paris: 29 concerts gratuits au coeur de la capitale



Après un rendez-vous adapté à la situation sanitaire l'an dernier, le Festival Fnac Live Paris revient dans sa forme originelle sur le Parvis et dans l'un des salons de l'Hôtel de Ville. 

Une onzième édition qui a choisi de miser sur la richesse de la scène francophone (pop, variété, électro, rap...) avec 29 concerts gratuits réunissant des têtes d'affiche, des talents à découvrir et des coups de coeur à suivre.
Côté parvis, pour  les amateurs de concerts à ciel ouvert: Clara Luciani, Lonny, Chiloo, Rouquine, Thylacine, Isha, Vitalic, Pierre de Maere, Aloïse Sauvage, Bianca Costa, Terrenoire, Juliette Armanet, Bob Sinclar B2b Pedro Winter..
Quant à ceux qui préfèrent le côté intimiste (et assis !) du salon, ils pourront applaudir Keren Ann & Quatuor Debussy, Jane Birkin, Florent Marchet, Bachar Mar-Kalifé, Superpoze, Elliott Armen, Arooj Aftab et Bertrand Belin.

A noter que la scène du Parvis est en accès libre, à partir de 17h15, par l'Avenue Victoria. Pour la scène du salon, accès par le 3 rue Lobau, sur invitation gratuite à retirer à partir du 28 juin à 12h dans les billetteries des magasins Fnac Paris et Île-de-France (deux invitations par personne maximum, places assises dans la limite des sièges disponibles).


Les 29, 30 juin et 1er juillet 2022, Place de l'Hôtel de Ville, 75004 Paris.
Infos complémentaires sur le site www.leclaireur.fnac.com

23 juin 2022

Calogero: toujours électrisant et généreux sur scène


Pochette de l'album "Centre ville"

"Vous ne pouvez pas imaginer le bonheur que c'est pour moi de vous retrouver et de vous dire bonsoir. Vous m'avez manqué !" C'est avec ces mots que Calogero, absent des scènes depuis plus de trois ans, a salué le public de l'Européen, il y a quelques jours. Une salle intimiste (350 places) où il avait choisi de "roder" son spectacle avant de prendre la route des festivals de l'été.
Dès les premières notes de "Je joue de la musique", le chanteur et bassiste donne le ton d'un show qui s'annonce très électrique. Car si l'homme semble plutôt réservé dans la vie, il se métamorphose en véritable bête de scène dès qu'il endosse son costume de chanteur. En combinaison, genre bleu de travail, ce subtil mélodiste fait la part belle aux titres de son dernier album studio "Centre ville", sorti en décembre 2020, en plein confinement et que l'on découvre pour la première fois en live:  "On fait comme si" (dont il a reversé les droits aux personnels soignants), "C'était mieux après", "La rumeur", "Vidéo" ou encore l'émouvant "Stylo vert", une chanson en hommage à son père où il est rejoint par sa fille Romy qui l'accompagne au piano.
Sur scène, pas de décors mais des musiciens hors pair comme Elsa Fourlon (guitare, claviers, violoncelle), le remuant saxophoniste Victor Raimondeau, le batteur Christophe Deschamps... Lui-même passant avec la même aisance de la basse au piano ou à la guitare.

(c) Laurent Humbert


Entre deux morceaux, détendu et souriant, il se laisse aller à quelques anecdotes et confidences. Notamment lorsqu'il évoque sa période d'échec scolaire. "Cela m'a rendu malheureux. Du coup, j'ai fait appel à des auteurs pour mes chansons. L'un de mes auteurs fétiches s'appelle Ecole. Ça ne s'invente pas !". Puis il cite les Beatles et Depeche Mode " mes dieux à moi" avant de reprendre "Shake The Disease" (clin d'oeil à la récente disparition d'Andrew Fletcher, membre fondateur et claviériste du groupe de rock britannique).  
Fidèle à la musique, aux souvenirs et aux secondes magiques... Calo interprète évidemment les tubes qui ont jalonné sa carrière  comme "Face à la mer", "On peut s'aimer", "Les feux d'artifice", "Yalla"...
Après deux heures d'un concert généreux, en totale communion avec son public, il revient seul ( et trempé !) à la guitare en confiant :  "Il y a vingt ans, j'ai vécu une deuxième naissance grâce à vous et à cette chanson" avant d'offrir une belle version acoustique de "En apesanteur"...

En tournée:  le 24 juin 2022 à "Montauban en Scènes", le 25 juin à "Essonne en Scène", le 28 juin aux Nuits de Fourvière de Lyon, le 8 juillet à Bertrix en Belgique, le 10 juillet au Festival Musilac d'Aix-les-Bains, le 13 juillet aux Francofolies de La Rochelle, le 17 juillet au Festival de Carcassonne, le 20 juillet aux Francofolies de SPA en Belgique, le 23 juillet à Martigues, le 24 juillet au Brive Festival, le 29 juillet à Ajaccio, le 10 août au Festival DARC de Châteauroux, le 12 août au Festival de Ramatuelle, le 20 août au Venoge Festival de Penthaz, le 26 août à Château-Gontier, le 28 août à Thuin en Belgique, le 8 septembre au Festival ODP de Talence, le 10 septembre à Chant du Gros, le 17 septembre au Théâtre Antique d'Orange, le 18 septembre à Fontainebleau, le 24 septembre à Meaux (ON&ON by Musik'Elles)...

21 juin 2022

"Village Borrego", le plus grand festival brésilien à Paris






Pour comprendre la portée de cette belle et incroyable aventure il faut remonter quelques années en arrière. A l'époque où Maria Gonçalves de Barros, danseuse et chorégraphe,  originaire de Salvador de Bahia, décide de créer, en 2003, l'Espace "Couleurs Brazil" rue Borrego, au coeur du XXème arrondissement à Paris. "Après la naissance de mon deuxième enfant, j'ai eu envie de mettre mon art à la portée de tous. Quand je suis arrivée, les gens se croisaient sans même se dire bonjour. J'avais le sentiment qu'ils n'étaient que spectateurs de ce qui se passait dans leur quartier. L'idée était qu'ils deviennent acteurs !" se souvient-elle. 
Très vite, elle commence à végétaliser la rue puis organise des cours de danse, de sport, de guitare, de langues, de théâtre amateur, des ateliers d'écriture... "Il n'y a pas mieux que la musique, la culture pour transmettre des messages. Je préfère cela aux pancartes ! ajoute Maria. "Je suis un peu comme un colibri qui va de fleur en fleur pour essaimer".  Une démarche qui a porté ses fruits puisque l'association  compte aujourd'hui plus de 600 adhérents et a tissé des liens solides avec d'autres associations. Il n'en fallait pas davantage pour que l'idée d'un festival commence à germer... 

Pari réussi puisque l'évènement qui célèbre son dixième anniversaire a déjà rassemblé plus de 50 000 participants, s'inscrivant ainsi comme le plus grand festival brésilien à Paris ! 
Généreuse et volubile, cette "bonne fée" croit aussi aux signes du destin: "Devant nos locaux, il y a un arbre que je remercie tous les jours. A chaque fois que je songeais à améliorer notre installation, je trouvais à son pied un tapis, un petit meuble, des accessoires divers. Nous sommes pratiquement meublés avec des objets trouvés !"


Lenine (c) Jairo Goldflus



Une édition parrainée cette année par le chanteur, compositeur, auteur et guitariste Lenine qui, depuis son premier album solo "O Dia Em Que Faremos Cantato" (en 1997) et le fameux "Falange Cannibal", est considéré comme l'un des artistes majeurs de la scène brésilienne et internationale. Couvert de récompenses avec notamment 7 Latin Grammys, 12 prix brésiliens Music Awards, deux statuettes de l'APCA (Association des critiques d'art de Sao Paulo), il a offert un joli clin d'oeil à la France, en enregistrant son DVD "In Cité", en public, à l'Auditorium de la Cité de la Musique à Paris.
Dès le 26 juin prochain à 14 heures, un Grand Défilé Carnaval dont tous les costumes ont été réalisés dans les ateliers de l'Association donnera le coup d'envoi d'une semaine "portes ouvertes", festive et haute en couleurs, sur le thème de la culture et de la biodiversité avec un stand gastronomique brésilien, un DJ set musical, de la danse afro-brésilienne, du théâtre amateur, de la capoeira, des ateliers de maquillage, des expositions photos... Sans oublier un échange entre entreprises brésiliennes et françaises dans le cadre d'un entreprenariat équitable. 
En point d'orgue, le 29 juin, un concert à la Cigale réunissant Lenine, le batteur et percussionniste Jefferson Silva en trio dans un répertoire mêlant jazz et rythmes afro-brésiliens et le groupe mythique de reggae-samba Ilê Aiyê (dont le nom signifie "Maison de vie"), qui a notamment collaboré avec la chanteuse Björk. 

 Ilê Aiyê


"Nous sommes devenus un véritable pilier, comme une maison où chacun apporterait sa petite pierre à l'édifice. Toutes les activités sont gratuites pour les habitants du quartier qui sont en difficulté. Aujourd'hui, nous  travaillons en étroite collaboration avec la mairie du XXème". 
Il n'est d'ailleurs pas exclu que quelques élus troquent leurs costumes pour des tenues plus colorées afin d'être dans le ton du festival !
Et quand on interroge Maria Gonçalves de Barros sur les retombées économiques du grand concert à la Cigale, elle répond en souriant: "Nous nous sommes toujours auto-financés. La recette, ce sera la mise en lumière de l'association..."

- Du 26 juin au 2 juillet 2022, 18 rue Borrego 75020 Paris. Concert le 29 juin, de 18h30 à 22h30, à la Cigale, 120, Boulevard de Rochechouart, 75018 Paris. Soirée de clôture le 2 juillet, Square des Saint-Simoniens, 151, rue de Ménilmontant, 75020 Paris. Infos sur le site www.festivalvillageborrego.com

7 juin 2022

"Polnarêves": le projet fou et inédit de Michel Polnareff au Palace


Attendu en mai dernier mais reporté pour raisons techniques, l'évènement "Polnarêves" s'est installé au Palace depuis le 2 juin dernier. Un lieu emblématique qui sied bien à l'univers fantasque du chanteur exilé en Californie. "... Une expérience qui vous fera entrer dans mes songes, au rythme de mes musiques, convertis en images créées à partir de mes (Polna)rêves" peut-on lire dans le hall, aux côtés de panneaux rappelant les dates importantes de la carrière de Michel Polnareff  et d'un "mur des murmures" où l'on peut entendre sa voix. 

Orchestré avec la complicité de Marc Benaïche, directeur et fondateur de l'Atelier 144, de Michael Grassi (producteur et scénariste) et de son manager Serge Khalifa, ce voyage immersif n'est ni une exposition ni une rétrospective. Plutôt le projet fou et inédit d'un artiste qui n'a pas fini de nous surprendre.


(c) Atelier 144 - Anna Oz


Passé le hall, le visiteur se retrouve dans une immense bulle tendue de toiles blanches sur lesquelles défilent, à 360 degrés , des images psychédéliques et ludiques (oiseaux multicolores, coquelicots géants, sirènes, cascades, poissons arborant les fameuses lunettes de soleil à monture blanche...), illustrant quelques-uns des succès de Polnareff.

En prélude au premier des neuf tableaux, le chanteur cite ces quelques mots, extraits du célèbre sonnet  "Mon rêve familier" de Paul Verlaine "Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant...". Il "s'incruste" même dans une fresque de Michel-Ange ("la création d'Adam"), sous les traits de Poséidon ou les riches atours de La Dame à la Licorne. 
En un peu plus de quarante minutes, on embarque ainsi pour un voyage en immersion, onirique et symbolique, qui débute avec le cycle de la vie, passe par l'affirmation de soi ("La poupée qui fait non"), l'enfance ("Love me please, love me"), l'émancipation ("Goodbye Marylou"), le voyage d'une vie ("Holidays"), le désir de laisser une trace ("On ira tous au paradis")... 


(c) Atelier 144 - Anna Oz


Et, puisqu'il n'avait plus vraiment donné de ses nouvelles depuis l'album "Enfin !" en 2018, l'artiste promet d'accueillir (virtuellement !) les spectateurs du Palace dans son salon californien, à la rentrée, pour une série de concerts piano-voix interactifs...

- "Polnarêves", jusqu'en mars 2023, de 10h à 21h, au Palace, 8, rue du Faubourg Montmartre, 75009 Paris. Loc. sur Fnac.com
 

2 juin 2022

Virginie Choquart: "Le Festival Rio Loco étend son regard sur toutes les musiques actuelles du monde"


Après avoir célébré l'Afrique, le Festival Rio Loco nous emmène cette fois au Portugal pour découvrir notamment l'incroyable vitalité de la scène électro. Mais si l'affiche baptisée "Nova Onda"f ait la part belle aux artistes lusitaniens comme le quartet Paus, la DJ et productrice Rita Maïa, Vanessa Kokeshi (l'autre moitié du fameux duo DJ féminin Heartbreakerz), Mariana Bragada connue sous le nom de Meta_ ou encore Diana Oliveira, figure de proue du mouvement techno au Portugal,  cette grande fête des musiques du monde accueillera la performeuse, batteuse et percussionniste française Lucie Antunes, Emel Mathlouthi révélée grâce à l'hymne du printemps arabe tunisien "Kelmti Horra", Rodrigo Cuevas, surnommé "le Freddie Mercury du folklore des Asturies", la chanteuse et pianiste danoise Agnes Obel, le chantre de la musique populaire brésilienne Chico César, le chanteur, compositeur et guitariste nigérian Keziah Jones.... sans oublier les enfants du pays: le duo pop-rock Cats On Trees. 
Au programme également: des arts visuels, des séances de ciné-concert, des spectacles de rue, des ateliers pour enfants, la création d'une oeuvre collective sur le thème des oeillets...
Rencontre avec Virginie Choquart, anciennement à la communication de la Gaîté Lyrique à Paris, qui dirige aujourd'hui le Festival et la salle Metronum à Toulouse.

- Depuis quand avez-vous pris vos nouvelles fonctions ?
Je suis arrivée en 2019. C'était une situation un peu dingue que personne n'aurait pu imaginer. L'année dernière, nous étions heureux de relever le défi en organisant l'évènement, malgré la pandémie. Pour cette nouvelle édition qui durera 5 jours au lieu de 4, nous prévoyons un retour à la normale avec la joie de se retrouver, de faire la fête, de danser, d'être libres...

- Vous évoquez une présidence au sein d'un collectif ?
Oui parce que je ne suis pas seule. J'anime une équipe avec 4 programmateurs autour de moi. L'idée est d'ouvrir le plus de fenêtres possibles sur le monde.

- Un peu comme l'ambition de Rio Loco ?
J'aime dire que le festival étend son regard sur toutes les musiques actuelles du monde.




- Il y a une programmation consacrée au jeune public et même des activités pour les bambins de 0 à 3 ans ? 
L' installation s'appelle "Petits rêves". Une Compagnie catalane a travaillé sur des textures différentes pour proposer un véritable voyage sensoriel, en plein air. Les enfants, accompagnés de leurs parents pourront toucher, jouer, construire, déconstruire...

- Le public de Rio Loco va aussi découvrir qu'il n'y a pas que le fado au Portugal ?
Ce qui nous intéresse, c'est la dynamique. Nous avons cherché en quoi le Portugal d'aujourd'hui trace des lignes d'influences dans le monde et nous avons réalisé que la scène électro était très créative. Nous avons d'ailleurs créé une scène baptisée "Nova Onda".

- Ce n'est pas la seule création. Pouvez-vous parler du Forum "La voix des femmes" ?
Il s'agit d'un forum dont le thème est la visibilité des femmes dans les musiques actuelles. Il y a encore un gros travail à faire. Nous avons invité des musiciennes et chanteuses du festival qui viennent raconter leurs expériences. Flavia Coelho a accepté d'être notre marraine. Ce sera enregistré en public et en direct au Metronum. Nous ferons également un podcast et le replay sera accessible sur le site du festival.

  
- Ce rendez-vous sera 100% féminin ?
 Je suis pour le féminisme avec les hommes ! Mais les femmes ont plus d'obstacles à franchir. Le propos est de témoigner de cette difficulté en leur donnant la parole. Avec une approche positive pour essayer de trouver des solutions. 

- Les oeillets seront également à l'honneur sur la Prairie des Filtres ?
Chaque année, nous travaillons sur une oeuvre collective. Elle est orchestrée cette fois par le plasticien Telmo Leal, sur le thème des oeillets, clin d'oeil à la révolution du même nom au Portugal. Chaque participant doit mettre en place son oeillet et devient ainsi une partie d'une oeuvre d'art. Il y aura 74 fleurs pour marquer la date de la fin de la dictature. Cette fresque sera baptisée "Libertade".


- Rio Loco connaît un succès grandissant et une belle longévité puisqu'il fête sa 27ème édition. Comment l'expliquez-vous ?

Il se déroule dans un cadre unique, la Prairie des Filtres, au bord de la Garonne. Toulouse est une ville jeune avec une ouverture d'esprit sur les autres cultures. C'est un marqueur important de cette ville.  La programmation est exigeante, intergénérationnelle et nous tenons à conserver un côté populaire dans le bon sens du terme et des tarifs compétitifs. Le côté symbolique de Rio Loco, c'est qu'on s'y sent bien. Pour cela, nous travaillons avec un collectif dont c'est le métier pour mettre en place une interface entre la sécurité, le public et les organisateurs. Tous nos partenaires ont signé une charte qui s'appelle "Bien ensemble". 

Du 15 au 19 juin 2022, Prairie des Filtres à Toulouse (31300). Pass 1 jour à 15 Euros et pass 5 jours à 35 Euros (10 et 30 Euros en prévente), gratuit pour les moins de 12 ans. Infos complémentaires sur le site www.rio-loco.org


30 mai 2022

"Je m'appelle Momo": un pur moment de grâce et de poésie

(c) Noé Michaud

Inspiré de "La vie devant soi" le roman écrit par Romain Gary, sous le pseudonyme d'Emile Ajar, le spectacle "Je m'appelle Momo" nous emmène dans le monde cosmopolite de Madame Rosa. Un personnage magnifiquement incarné à l'écran par Simone Signoret.
Nous sommes dans le quartier de Belleville, dans les années soixante. Ancienne prostituée, Madame Rosa qui a vécu la déportation, survit en gardant les enfants de ses "consoeurs". Dans son sillage, on croise le très vieux Monsieur Hamil, philosophe à ses heures, un travesti nommé Madame Lola, les frères Zaoum, des voisins toujours disponibles lorsqu'il s'agit de transporter l'imposante nourrice chez le médecin ou pour une virée nostalgique dans le Paname de ses jeunes années... et surtout, il y a Mohammed que "tout le monde appelle Momo pour faire plus petit".  

Dès le début du spectacle, on devine le chiche mobilier, dissimulé sous des draps blancs tandis que les jeunes  comédiens de l'Ensemble Jeux de Quatre entrent en scène. Vêtus à l'identique, Marie-Estelle Hassaneen (flûte), Rémi Guirimand (guitare) et Caroline Michel (chant) partagent les interrogations du jeune Momo, son besoin de savoir d'où il vient, son angoisse de voir mourir Madame Rosa, hantée par l'idée d'avoir un cancer et dont la santé se détériore un peu plus chaque jour. "Je croyais que Madame Rosa m'aimait pour rien. Je ne savais pas qu'elle touchait un mandat à la fin du mois. Ça a été mon premier grand chagrin"confesse Momo. Il y en aura d'autres. Des petits bonheurs aussi.  


(c) Noé Michaud


Tout au long du spectacle, on passe ainsi par toute une palette d'émotions, distillées avec une aisance et une spontanéité presque juvéniles par les comédiens et musiciens. Quant à la voix de Caroline Michel, elle nous transporte littéralement. Car l'autre belle idée est d'avoir enrichi les parties parlées de chansons de Brassens ("La complainte des filles de joie"), Jacques Brel ("Les coeurs tendres"),  Jean Ferrat ("Nuit et Brouillard"), Gaby Verlor/Robert Nyel ("Le petit bal perdu"), d'une prière traditionnelle juive ("Hashivenu"), d'extraits d'oeuvres de Claude Debussy et Gabriel Fauré...

A la fin, les complices demandent au " quatrième Momo", le très inspiré metteur en scène Cédric Bécu,  de venir partager les applaudissements du public. Des applaudissements qui saluent un pur moment de grâce et de poésie.  

Jusqu'au 26 juin 2022, les vendredis et samedis à 19h, mat. les dimanches à 15h, au Guichet Montparnasse, 15, rue du Maine, 75014 Paris. Réservations: 01.43.27.88.61. www.guichetmontparnasse.com

29 mai 2022

François Morel et son équipage nous embarquent dans une onirique et joyeuse odyssée

(c) Giovanni Cittadini Cesi

La genèse du spectacle ressemble à ces belles légendes que les anciens échangeaient à la veillée, au coin du feu. 
François Morel aurait découvert dans un vide-grenier, à Saint-Lunaire (Ille-et-Vilaine)  une vieille édition de La Cancalaise reproduisant une douzaine de chansons et illustrations d'un dénommé Yves-Marie Le Guilvinec. Un marin disparu en mer au début du siècle dernier, à l'âge de trente ans, dont le souvenir n'a guère fait de vagues... 
Il n'en fallait pas davantage pour que François Morel et ses joyeux complices Antoine Sahler et Gérard Mordillat décident de tricoter une conférence musicale intitulée "Tous les marins sont des chanteurs". Sur scène, le trio est accompagné de deux talentueux musiciens Amos Mah (guitare, violoncelle) et Muriel Gastebois (percussions). Mais chacun y va de son petit couplet pour ressusciter les chansons du marin. 



(c) Giovanni Cittadini Cesi

 
"Qui se souvient aujourd'hui d'Yves-Marie Le Guilvinec ? Notre combat est de l'arracher au néant où il est tombé" explique Gérard Mordillat, dans le rôle du narrateur (en alternance avec Romain Lemire). 
La brève vie du héros méconnu défile ainsi sous nos yeux: projection de portraits de famille sur un grand écran, lectures de lettres adressées à sa mère où, sur l'air de "Avec le temps" de Léo Ferré, le jeune Yves-Marie remercie pour le saucisson et les chaussettes en laine, démonstration de gymnastique suédoise pour résister aux difficiles conditions de la vie en mer, extrait de la fameuse "Paimpolaise" de Théodore Botrel dont la popularité a quelque peu éclipsé celle de notre malheureux navigateur... sans oublier ces hilarantes digressions dont François Morel a le secret. 
On ne s'interrogera pas davantage sur l'authenticité de textes mettant l'accent sur le fait qu'un jour il n'y aura plus de poissons dans la mer, plus d'oiseaux dans le ciel... ou qui évoquent ces naufragés qui périssent en mer parce qu'ils n'ont pas de papiers. 
Difficile de faire mieux que ces quelques mots de François Morel dans le programme pour décrire l'esprit de "Tous les chanteurs sont des marins": "Dans le fond, je ne fais pas tellement des spectacles pour défendre quoi que ce soit... Plutôt pour partager. Partager des émotions, des moments joyeux, mélancoliques ou tendres, selon ce qui vient... Pour se consoler aussi, se sentir vivant, être ensemble. Dans l'ambiance générale, je crois qu'il est bon de rester groupés. On est tous sur le même bateau". 
Un bateau amarré sur la scène du Théâtre du Rond-Point dans lequel on vous invite à embarquer avant qu'il ne vogue, toutes voiles dehors, vers d'autres horizons... 

Jusqu'au 3 juillet 2022, au Théâtre du Rond-Point, salle Renaud-Barrault, 2 bis, avenue Franklin D. Roosevelt, 75008 Paris. Tél.:01.44.95.98.21. www.theatredurondpoint.fr
- Retrouvez les chansons du spectacle dans l'album "François Morel chante Yves-Marie Le Guilvinec (Tous les marins sont des chanteurs), label Little Big Music et également la biographie d'Yves-Marie Le Guilvinec dans le livre "Tous les marins sont des chanteurs" de Gérard Mordillat, François Morel et Antoine Sahler parue aux Editions Calmann Lévy (en octobre 2020)

27 mai 2022

Célestin: un troubadour tendre et engagé

(c) Mehdi Khadouj

Lorsqu'il ne parcourt pas le monde avec le fameux duo Fills Monkey, Sébastien Rambaud pose ses baguettes de batteur pour prendre la plume. Une plume avec laquelle, sous le nom de Célestin,  il raconte de belles et touchantes histoires d'amour ("Tes lèvres", "L'oeuf au plat","Elodie"), s'interroge sur notre destinée ("Qu'est-ce qu'on fait là ?") ou s'inquiète pour l'avenir de notre planète ("Ma mère").   
Après "Poussière de Luxe", en 2019, il vient donc de sortir un nouvel album intitulé "Deuxième acte". 
Treize chansons de pop française, dont il a signé textes, musiques et co-écrit les arrangements avec Jérémy Rassat. 
La guitare en bandoulière et une grosse valise rose à la main, ce troubadour des temps modernes, tendre et engagé, se produit régulièrement en appartements. 
Rencontre avant son prochain concert parisien, au Petit Olympia, le 23 juin prochain.

- Avec votre complice Yann Coste de Fills Monkey vous n'échangez aucune parole sur scène. Devenir chanteur est une manière de compenser une certaine frustration ?
Je suis batteur au départ. J'ai vécu des trucs incroyables avec Fills Monkey. Me retrouver sur scène et tourner dans le monde entier était loin d'être une frustration ! Mais il y avait toute une panoplie d'émotions que je ne pouvais pas exprimer. De plus, nous sommes deux et je ne suis pas décisionnaire. Célestin, c'est mon bébé. Fills Monkey aussi mais je l'ai fait avec quelqu'un d'autre !

- Pourquoi l'avez-vous baptisé Célestin ?
Parce que c'est un projet. De plus,  si les gens n'aiment pas, je peux toujours dire que c'est la faute de Célestin et non celle de Sébastien.

- Parlez-nous de ces concerts en appartements ?
 Avec Fills Monkey, nous nous sommes produits dans de grandes salles comme le Zénith. Nous avions plusieurs tournées, dont une en Chine, qui ont été annulées pour cause de pandémie. Cela m'a laissé le temps de me recentrer sur Célestin. Je fais beaucoup de concerts privés. J'aime ce grand écart entre les grandes scènes et l'intimité d'un appartement où je peux croiser le regard des gens. Cet été, avec le duo, nous allons jouer durant un mois au Festival d'Edimbourg. J'ai vraiment hâte. Parallèlement, je cherche une résidence dans une petite salle à Paris pour Célestin.


- La chanson "L'oeuf au plat" est particulièrement bouleversante. C'est une histoire vraie ?
 Dans tout ce que je raconte, le fond est toujours vrai. Ce qui change, c'est la forme. Cette chanson raconte un moment qui me bouleverse encore lorsque je l'évoque. Avec ma soeur, nous avions demandé à mon grand-père hospitalisé ce qui lui ferait vraiment plaisir. Il nous a répondu qu'il avait envie d'un oeuf au plat. Nous étions en pleine pandémie et c'était évidemment interdit. Nous avons donc caché dans un sac un petit appareil à raclette, une poêle et une rallonge. J'ai attendu la fin du premier service pour faire cuire l'oeuf, caché dans les toilettes. Lorsque l'infirmière est revenue pour demander à mon grand-père s'il avait fini ses petits pois, il avait encore du jaune d'oeuf dans sa barbe. Je n'oublierai jamais le beau sourire sur son visage. 

- Le nombre de remerciements sur la pochette est impressionnant ?
J'ai trouvé normal de remercier ceux qui m'avaient aidé de près ou de loin. De plus, il s'agit, comme pour le précédent, d'un album auto-produit. C'était important pour moi de citer le nom des souscripteurs qui ont aussi permis à cet album d'exister.

- Vous affichez un certain penchant pour la couleur rose et les fleurs ?
Parce que, en 2022, on considère encore que le rose est la couleur des filles ! J'aime jouer avec les codes... et avec les fleurs.

- C'est dans cet esprit que vous avez écrit un "Hommage au clitoris" ?
Je suis issu d'une famille très féministe. J'ai découvert que je pouvais écrire sur tout. Je n'ai pas de limites, sauf celles que je peux me mettre. C'est sans doute la chanson que j'ai eu le plus de mal à écrire parce que c'est un sujet sensible et tabou. Je me suis fait aider par ma soeur et ma mère. Je ne suis pas sûr que ce soit celle qu'elles préfèrent dans mon répertoire. J'ai remarqué qu'elle était mieux reçue par des filles plus jeunes. J'ai eu des retours plutôt positifs et un négatif. J'ai parlé à la personne qui avait mal interprété un des couplets. Du coup, je l'ai remanié car je ne voulais pas qu'il y ait de double-sens.




- Dans la chanson "Ma mère", en revanche, on comprend vite que vous parlez de notre mère à tous, la terre ?
Je suis quelqu'un d'engagé. Mais je pense qu'il faut mettre un peu de finesse et de poésie dans les textes. Je ne comprends pas comment on a pu mettre l'humanité en confinement et qu'il soit si compliqué de se mobiliser autour de l'environnement. J'ai été éveillé très tôt sur le sujet. Je ne prétends pas donner de leçon mais il est vraiment temps de réagir.

- Avec "Vendredi noir", vous êtes nettement plus frontal, non ?
Dans le premier album, je n'avais pas conscience que je pouvais aller aussi loin dans la chanson engagée. C'est vrai que cette chanson fait mal,  qu'elle est plus cynique. Mais mais je m'inclue dedans, je me montre aussi du doigt. Je ne fais pas mieux que les autres, pas pire non plus. 

- Vous croyez au pouvoir d'une chanson pour éveiller les consciences ?
Honnêtement non. Mais je continuerai quand même...

- Album "Deuxième acte" (Believe/Inouie), disponible depuis le 13 mai 2022
- En concert le 23 juin 2022, à 20h30, au Petit Olympia, 6, rue Caumartin, 75009 Paris. Tél.:01.42.68.07.89. www.lepetitolympia.com




26 mai 2022

"Titanic": Une comédie musicale riche en rires et émotions


(c) Editions Austreales

Présenté avec succès cet hiver au Théâtre Traversière, Titanic fait cette fois une longue escale au  Théâtre de la Renaissance.
Dès l'entrée, le capitaine et une partie de son équipage, en tenue de gala, accueillent les spectateurs en leur 
souhaitant une belle traversée. On imagine qu'en 1912, les propos étaient sensiblement les mêmes... sauf que 
l'histoire revue ici en version comédie musicale, est loin d'être un naufrage ! 
Même si le célèbre paquebot coule quand même à la fin...

Ecrit et ingénieusement mis en en scène  par Axel Drhey, sur des musiques originales de Jo Zeugma, le 
spectacle qui navigue entre vaudeville et comédie burlesque avec, ici et là, quelques beaux moments 
d'émotions, nous embarque dès le largage des amarres. 
Sur le pont,  neuf comédiens-chanteurs et trois musiciens issus de la troupe des Moutons Noirs dont on a pu 
apprécier notamment le formidable travail sur Ruy Blas.  Il y a là un capitaine littéralement submergé par les 
évènements, un prêtre tourmenté par la fragilité de sa foi, une femme confrontée à un mariage arrangé, une 
aviatrice féministe, le représentant empoté de la White Star Line, le couple Jack et Rose immortalisé par le film 
de James Cameron... 


  
(c) Editions Austreales

Hormis quelques meubles et accessoires, pas de décors somptueux à l'instar de ceux qui ornaient le fleuron de la
flotte britannique.
De la salle des machines aux coursives en passant par les salons et le pont de troisième classe, les tableaux se 
succèdent sur un rythme effréné, entrecoupés de belles scènes de danses et de chants.
Coup de chapeau (ou de casquette !) à la mythique scène du couple Rose et Jack, à la proue du bateau, assez 
délirante, tout comme les tribulations de ce lapin perdu au milieu des passagers. 


(c) Editions Austreales


Au-delà de l'histoire traitée ici de manière loufoque et décalée, le spectacle est aussi l'occasion d'évoquer la 
place des femmes dans la société de la fin du XIXème et du début du XXème , la scission entre les classes, les 
injustices qui perdurent.

Clin d'oeil symbolique, les musiciens continuent à jouer sur scène, tandis que les spectateurs quittent la salle...


A partir du 1er juin 2022, du mercredi au samedi à 21h, mat. samedi à 16h30, au Théâtre de la Renaissance, 20, Boulevard Saint-Martin, 75010 Paris. Réservations au 01.42.08.18.50 et sur le site www.theatredelarenaissance.com


25 mai 2022

Melody Gardot et Jamie Cullum à l'affiche du Festival Django Reinhardt



En marge des barricades et du mouvement de contestation de mai 68, quelques fondus du jazz gitan oeuvraient sur l'Ile du Berceau, à Samois-sur-Seine, pour perpétuer l'esprit du plus populaire de ses représentants. C'est ainsi que la première édition du Festival Django Reinhardt a vu le jour, le 19 mai 1968, sur un podium prêté par la mairie...
Voilà pour la petite histoire car la grande n'a cessé de prendre de l'ampleur.  Le festival a ainsi accueilli des chanteurs et musiciens comme Juliette Gréco, Michel Pettruciani, Chet Baker, Claude Nougaro, Art Blakey, Sanseverino, George Benson, Biréli Lagrène, Pat Metheny, Ibrahim Maalouf, Marcus Miller, Paco de Lucia ou encore Gregory Porter.
Cette année, les programmateurs ont choisi de se recentrer sur l'identité du festival avec une grande fête autour de la guitare. Mais il y aura quelques quelques incartades...
Lancement des festivités, dès 18 juin,  à Samois-Sur-Seine où repose Django, pour des animations et concerts sur la place du village. Puis direction Fontainebleau, dans le Parc du Château pour découvrir (du 23 au 26 juin) l'affiche de cette nouvelle édition:  le formidable pianiste et chanteur britannique Jamie Cullum, l'organiste Rhoda Scott surnommée "The Barefoot Lady",  la plus célèbre des batteuses du jazz français Anne Paceo, la chanteuse et musicienne américaine Melody Gardot qui interprétera en live les titres de "Entre eux deux", un album de samba et bossa composé avec le pianiste Philippe Powell, la chanteuse de Rochester Robin McKelle, les guitaristes de jazz manouche Stochelo Rosenberg et ses invités, Jimmy Rosenberg  en quartet et Tchavolo Schmitt, le clarinettiste YOM, l'ovni cubain Cimafunk, Magma, le groupe culte de Christian Vander...


Anne Paceo (c) Sylvain Gripoix


Une scène, dite des Luthiers, installée au coeur d'un village d'artisans venus de Hollande, d'Allemagne, d'Italie, de Grèce, d'Espagne..., permettra également au public d'applaudir quelques noms du jazz gitan d'aujourd'hui comme Noé Reinhardt, Titi Robin ou Hono Winterstein. A noter que, chaque jour, sur cette même scène, le trio de Mathieu Chatelain animera une jam session ouverte aux talents de demain. 
Autre temps fort, le rendez-vous au camping de Samoreau où des musiciens amateurs se retrouvent pour des boeufs dans la tradition de cette musique festive.


- Du 23 au 26 juin 2022, Avenue des Cascades, 77300 Fontainebleau - Prairie du Bois d'Hyver Parc du Château de Fontainebleau. Programmation complète sur le site www.festivaldjangoreinhardt.com et billetterie sur www.festivaldjangoreinhardt.com/billetterie/

22 mai 2022

Rock The Ballet X: un show tonique entre danse classique, jazz et hip hop

(c) Tanja Hall Photography

Créée en 2007 par Rasta Thomas et Adrienne Canterna, tous deux formés à la prestigieuse Kirov Academy de Washington, la troupe Rock The Ballet a déjà séduit plus d'un million de spectateurs dans une vingtaine de pays. Un succès qui doit beaucoup à la volonté affichée de "réinventer" la danse classique. 
"Le concept est de créer une expérience de danse adaptée au XXIème siècle. Pour ça, on combine le ballet classique avec des acrobaties, du contemporain, du jazz, et le tout sur une bande-son pop-rock" confiait récemment Adrienne Canterna, lors d'une interview. 
Pour célébrer la première apparition de la troupe en France, il y a dix ans, elle a donc conçu, mis en scène et chorégraphié un nouveau spectacle intitulé "Rock The Ballet X - 10ème anniversaire". 
Sur la scène de la Salle Pleyel où ils se produisaient il y a quelques jours, les dix danseuses et danseurs ont donc enchaîné jetés, pointes, pas chassés mais aussi des figures acrobatiques et aériennes de break dance et même quelques mouvements de moonwalk. 


(c) Tanja Hall Photography


Les tableaux, accompagnés de projections sur écran, sont très courts puisque chacun illustre une chanson.  De "Feeling Good" de Nina Simone à "Start Me Up" des Rolling Stones en passant par "Rocket Man" d'Elton John, "Vogue" de Madonna, "24K Major" de Bruno Mars "Somebody To Love" de Queen, "Papaoutai" de Stromae, "Mirrors" de Justin Timberlake, "Rolling In The Deep" d'Adèle ou encore "Shake It Off" de Taylor Swift, on prend presque autant de plaisir à assister aux impeccables performances des danseurs qu'à écouter la bande-son. Et on imagine la cavalcade dans les coulisses pour les changements de costumes ! 
Un show tonique qui rassemble les générations. 

En tournée: le 23 mai 2022 à Mérignac, le 24 mai à Clermont-Ferrand, le 26 mai à Toulouse, le 27 mai à Marseille, le 28 mai à Nice, le 29 mai à Orange, le 30 mai à Saint-Chamond, le 31 mai à Montpellier, le 2 juin à Ostende, le 3 juin à Bruxelles, le 6 juin à Biarritz, le 7 juin à Nantes, le 8 juin à Rennes, le 9 juin à Enghien, le 10 juin à Tours, le 12 juin à Toulon et du 14 au 16 juin à Caluire.
 

Stanley Clarke: un bassiste de légende pour deux uniques concerts en France


(c) Raj Naik

 Aussi virtuose à la contrebasse qu'à la basse électrique, c'est avec ce dernier instrument que Stanley Clarke s'est taillé une réputation de légende du jazz. Une légende qui a démarré dès les années 70 lorsqu'il a créé avec le pianiste et claviériste Chick Corea le premier groupe de jazz-fusion "Return For Ever". 

Depuis, le musicien natif de Philadelphie, a collaboré avec des artistes tels que Paul McCartney, Miles Davis, Jeff Beck, Bob Marley, Stevie Wonder, Keith Richards, Quincy Jones..., enregistré une quarantaine d'albums, dont l'incontournable "School Days" et composé les bandes originales de bon nombre de films:  "Roméo doit mourir", "Poetic Justice", "Boys n The Wood" ou encore "Tina" (le biopic sur Tina Turner). 

Son jeu expressif, son énergie et son sens de la mélodie mêlant jazz, rock et funk ont permis de propulser la basse électrique sur le devant de la scène, au point que les concerts de Stanley Clarke affichent complets un peu partout dans le monde. Autant dire que son passage en France, cet été, pour deux uniques concerts au Théâtre Traversière à Paris, fait d'ores et déjà figure d'évènement. 

- Les 11 et 12 juillet 2022, à 20h30, au Théâtre Traversière, 15 bis, rue Traversière, 75012 Paris. Tél.:01.43.46.65.41. www.theatre-traversiere.fr

18 mai 2022

La Compagnie Virsky fait rayonner la culture ukrainienne

(c) DR

"L'ensemble folklorique le plus dynamique et palpitant que le monde ait jamais connu" pouvait-on lire dans les pages du Daily Telegraph au sujet de la Compagnie Virsky . Créé en 1937 par deux chorégraphes de renom: Pavlo Virsky et Mykola Bolotov, l'Ensemble National d'Ukraine perpétue, avec une rare virtuosité, la richesse et la diversité de son héritage culturel. 

Forte du succès remporté lors de son passage parisien en 2018, au Palais des Congrès, la troupe de 45 danseurs se produit cette fois sur la scène du Casino de Paris. 

Le contexte est évidemment bien différent. C'est pourquoi les bénéfices de la première soirée seront intégralement reversés pour l'Ukraine, par le biais de son Ambassade en France.


(c) DR



Au fil de tableaux qui se succèdent à un rythme effréné, le public pourra ainsi découvrir un florilège de danses folkloriques comme le fameux hopak (ou Gopak), des costumes traditionnels aux couleurs chatoyantes, d'étourdissantes prouesses acrobatiques et des figures plus contemporaines proches du hip-hop. 

Un magnifique voyage au coeur de l'histoire ukrainienne.

- Du 2 au 9 juillet 2022, à 20h, matinées les 3 et 9 juillet à 16h, au Casino de Paris, 16, rue de Clichy, 75009 Paris. Loc. points de vente habituels et au 08.926.98.926. www.casinodeparis.fr
 

16 mai 2022

Marcia Higelin: "Je découvre le plaisir que je peux prendre avec les mots"

(c) Bilal Moussa

Son prénom est un clin d'œil à la célèbre chanson des  Rita Mitsouko. Quant à son nom, elle le porte avec une évidente légitimité. Après deux single dont un en langue lingala ("Nzolani"), Marcia Higelin vient de sortir "Prince de Plomb". Un disque dont elle a signé textes et musiques, qui ouvre sur l'instrumental "Lamentations spectrales" avant de nous embarquer avec les envolées lyriques de "Mauvais sort",  le blues oriental de "Mélopée d'infortune",  le chant lancinant des "Larmes de crocodile" (et celui des baleines !)... Des histoires d'amour qui finissent mal en général... dans lesquelles son timbre incroyablement mélodieux est soutenu par un piano, quelques cordes et des choeurs.  
La chanson, Marcia baigne dedans depuis ses premières brassières. Elle a même partagé une tournée avec son père Arthur H, comme choriste. Mais, avec ce premier EP, Marcia aborde un univers musical aussi audacieux qu'original.
Rencontre avant une tournée qui la mènera notamment cet été sur la scène du Théâtre l'Arrache- Coeur, au Festival Off d'Avignon.

- Il y a beaucoup de douleur dans vos chansons ?
J'écoute beaucoup de pop anglo-saxonne où on parle beaucoup de ruptures, de trahisons. Au début, j'écrivais en anglais. Je me sentais plus libre. Puis, j'ai appris à apprécier ma langue maternelle. Je parle anglais mais je ne connais pas les secrets de la langue. Du coup, avec le français, je découvre le plaisir que je peux prendre avec les mots. J'ai composé toutes mes chansons dans ma chambre. J'ai longtemps cru que je parlais d'amour et d'abandon mais en fait, il s'agissait de dépendance affective.

- Vous allez mieux ?
Oui. Je viens d'ailleurs d'écrire une chanson sur le post-partum ! J'ai hâte de sortir un album, un vrai, avec plein de chansons. 

- Vous n'échapperez pas aux articles sur les fils ou les filles de... Cela vous agace ?
Pas vraiment. Je comprends que cela puisse intéresser certains médias. Mais cela peut devenir un inconvénient lorsqu'il y a un côté malveillant. 

- Vous avez songé à ne conserver que votre prénom ?
Au début, je ne voulais pas que l'on sache que je m'appelais Higelin. Cela a été un travail sur plusieurs années. Mais j'ai toujours été fière de mon nom. Je me souviens qu'au lycée, il n'évoquait pas grand chose pour mes camarades de classe. Seuls les profs réagissaient lorsque je me présentais.

- Les choeurs sont omniprésents sur le disque ?
J'adore ça. C'est un peu comme un zeste d'infini, une manière d'explorer une immensité d'octaves. C'est d'autant plus passionnant que ces choeurs sont assurés par des élèves du Cours Florent, qu'ils ont accepté de chanter dans mon salon et qu'ils ne sont même pas payés.

- Tout comme les baleines que l'on entend dans "Les larmes du crocodile" ? 
Sauf que je n'ai pas pu les faire venir dans mon salon ! La baleine est mon animal-totem, comme l'éléphant. Je suis fascinée par ce mélange de force et de sagesse. De plus, la baleine est une chanteuse !


(c) Bilal Moussa


- Vous abordez des univers musicaux très différents ?
J'aime dire que je fais de la musique alternative. J'ai eu tellement d'influences. Je n'ai pas vraiment de recul sur moi.

- Parmi vos influences, vous citez Beyoncé ?
Pour moi, c'est la plus grande performeuse de l'histoire de la musique. Je ne prétends pas m'inspirer d'elle mais je trouve qu'elle a des choses à apprendre à chacun d'entre nous. Récemment, quand j'ai tourné des clips, j'ai compris que du fait que j'étais jeune et que j'étais une femme, mon opinion n'était pas toujours bienvenue. Je savais ce que je voulais et ce que je ne voulais pas mais j'avais encore du mal à l'exprimer. J'ai alors repensé à cette phrase de Beyoncé: "I'm not bossy, I'm a boss" !

- Vous avez récemment chanté aux Trois Baudets, une salle où a débuté votre grand-père Jacques Higelin. Cela devait être émouvant, non ?
Bien sûr. Et le premier concert de la tournée était juste à quelques kilomètres de Brou-sur-Chantereine d'où il était originaire. Cela m'a fait plaisir. C'était comme un clin-d'oeil.

- Finalement, on n'échappe pas à son destin ?
Pour moi, cela n'a jamais été un débat. J'ai grandi dans un environnement où la musique a une place essentielle. C'est le langage de mon père. Je me sens légitime. Ma petite soeur Liouba chante aussi et elle fait du rap. Ce qu'elle propose est assez unique. Je la trouve incroyable. 





- Votre voix a des inflexions lyriques et vous composez. Vous avez une formation musicale ?
J'ai suivi des cours de chant lyrique pendant quelques mois. J'aimerais prendre le temps d'apprendre à jouer d'un instrument pour m'accompagner sur scène. Je pianote et je gratouille de la guitare, juste assez pour composer.  

- Vous allez chanter au Festival Off d'Avignon. C'est un sacré challenge ?
D'autant plus que le public d'Avignon vient majoritairement pour le théâtre. Je vais faire dix concerts là-bas. J'appréhende un peu mais j'ai hâte. Cela va être formateur pour moi.


"Prince de Plomb" (Label Blue Line), disponible depuis le 13 mai 2022.
En tournée: le 26 mai 2022 au Festival l'Air du Temps de Lignières (18), le 2 juin à l'Opéra de Clermont-Ferrand (63), le 3 juin à Montcorbon (45), du 7 au 17 juillet au Festival Off d'Avignon, Théâtre de l'Arrache Coeur (84), le 18 juillet à La Blachère (07), les 22 et 23 septembre au Bijou à Toulouse (31)...