28 févr. 2022

La troupe Momix revisite l'univers merveilleux de Lewis Carroll


Après le succès de "Viva Momix Forever", en 2017, la troupe qui célèbre son 40ème anniversaire, fait une nouvelle escale en France, aux Folies Bergère et en tournée (en 2023), avec "Alice" (sous-titré "Down The Rabbit Hole"). Une création, librement inspirée des "Aventures d'Alice au pays des merveilles" de Lewis Carroll.

Les  impressionnants danseurs de ce ballet  prendront, au gré des tableaux, les formes des créatures étranges et personnages fantastiques, imaginés par le talentueux directeur artistique Moses Pendleton. 

Un voyage merveilleux dans l'univers du célèbre romancier britannique, à découvrir en famille.

- Du 24 mars au 10 avril 2022,  à 20 heures, le samedi à 16h et 20h et mat. le dimanche à 16h, aux Folies Bergère, 32, rue Richer, 75009 Paris.  Prix : de 20 à 75 Euros, tarif enfant - 12 ans, de 15 à 38 Euros (sur les matinées des 26, 27 mars, 2, 3, 9 et 10 avril 2022). Loc. points de vente habituels et sur www.foliesbergere.com

24 févr. 2022

Marion Rampal: "Avec l'album "Tissé", j'ai le sentiment d'avoir trouvé ma maison"

(c) Alice Lemarin

Son timbre d'une exceptionnelle musicalité lui permet de jouer avec tous les registres.  Marion Rampal a ainsi interprété des airs du cabaret berlinois, Mozart, Duke Ellington, Henri Purcell, Brigitte Fontaine, Blind Lemon Jefferson (considéré comme le père fondateur du blues du Texas)...
Avec "Tissé" qui sort officiellement le 25 février prochain, elle nous offre l'un des albums les plus captivants de ce début d'année. Onze chansons réalisées par Matthis Pascaud (également aux guitares, claviers, percussions et co-compositeur avec Marion sauf "Calling To The Forest") et enregistrés avec un solide combo de musiciens : Pierre-François Blanchard, Sébastien Llado, Raphaël Chassin, Tony Paeleman sans oublier les participations du saxophoniste Archie Shepp, de la batteuse Anne Paceo et du songwriter Piers Faccini.
Au fil de titres comme "A volé", "D'autres soleils", "Maudire", "Blossom", "Où sont passées les roses" (texte anglais de Piers Faccini) ou encore "Still A Bird", son chant, tout en retenue, nous emmène dans un onirique voyage entre folk, musique cajun, blues, maloya...
Rencontre avec une artiste qui échappe à toute étiquette, avant son prochain concert parisien, le 18 mai à la Maison de l'Océan, dans le cadre du Festival Jazz à Saint-Germain-des-Prés.

- Comment pourrait-on définir le titre de l'album ?
A l'origine, je pensais l'appeler "Lovis" qui veut dire jeudi en latin. Un jour, à l'issue d'un concert, une femme est venue me voir en me disant que je rassemblais plein de choses. J'ai aimé cette idée de tisser des liens, avec la trame, le fil, des bouts disparates. Cette notion de travail collectif où s'entremêlent les couleurs, les influences, les énergies.

- Musicalement, vous avez flirté avec tous les genres. Vous étiez même dans un groupe de rock, non ?
 J'ai en effet commencé à chanter et jouer dans un groupe qui s'appelait "Wesh Wesh" avec une guitare acoustique 12 cordes, genre Jimmy Page. A l'époque, je rêvais d'être Jim Morrison ! J'ai longtemps été en recherche. Avec l'album "Tissé", j'ai le sentiment d'avoir trouvé ma maison.

- C'est-à-dire ?
Le confinement m'a été bénéfique car je me suis recentrée sur l'intimité de l'écriture. Il a fallu faire un vrai travail d'épure pour trouver mon style. J'avais une sorte de cahier des charges, tout en sachant qu'il faudrait dégager mes affinités avec le folklore, l'Afrique de l'Ouest, la Nouvelle-Orléans. Toute seule, je ne serais pas arrivée à une ligne aussi claire et aussi riche. Je suis d'un nature assez bordélique et Matthis Pascaud a su mettre de l'ordre dans tout ça,  comme un véritable architecte d'intérieur. D'où l'intérêt de travailler avec un bon réalisateur. 

- Votre séjour à la Nouvelle-Orléans vous a inspirée ?
J'ai surtout acquis un swing que je n'avais pas avant d'aller là-bas. J'ai marché des journées entières derrière des orchestres de rue en bougeant les fesses ! Cette célébration de la musique m'a permis de revenir avec un truc qui relève à la fois de l'instinct et de l'intelligence. 

(c) Alice Lemarin



- Vous avez également évité la démonstration vocale ?
Je souhaitais une vraie mise à nu de la voix. C'était un exercice difficile mais cela m'a apaisée. Comme si je posais mes valises.

- Dans cet album, vous parlez la mort sous une forme assez poétique ?
J'ai un rapport subliminal avec la mort. Une perception que je retrouve  parfois dans des chansons de Léonard Cohen ou des écrits de Virginia Wolf.  Passé un certain âge, on pense au vieillissement, à la mort mais aussi aux relations amoureuses qui peuvent évoluer sans forcément dépérir. A la Nouvelle Orléans on accompagne les enterrements en chantant, en jouant de la musique et en portant des tenues colorées. C'est une manière de célébrer la vie de celui qui part.


- Le titre "L'île aux Chants Mêlés" est également celui d'un spectacle pour jeune public avec lequel vous tournez toujours ?
C'est un spectacle qui s'adresse aux enfants mais aussi aux adultes. J'ai eu envie de raconter ces voyages de musiques, le métissage des cultures, comment les chansons naissent... Avec deux complices, nous partons tels des troubadours, pour trouver cette île aux chants mêlés, sur les traces d'artistes connus ou moins connus. 

- Peut-on dire que "Tissé" est l'album qui vous ressemble le plus ?
C'est ce que je suis maintenant. Mais peut-être aussi celle que j'ai toujours été !


- Album "Tissé" (Les Rivières Souterraines/L'Autre Distribution), disponible le 25 février 2022.
- En tournée avec le spectacle "L'Île aux Chants Mêlés", les 9 et 12 mars 2022 au Théâtre Antoine Vitez d'Ivry-sur-Seine et le 20 mai au Festival "Jazz Sous les Pommiers" (Théâtre de Coutances.
-  En concert: Le 29 avril, au Théâtre du Rocher (La Garde,) le 18 mai 2022, au Festival Jazz à Saint-Germain-des-Prés (avec Naïssam Jalal et Piers Faccini).....
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21 févr. 2022

Agnès Bihl: la gouaille et les révoltes d'une attachante frondeuse

(c) Francis Vernhet

"Etre une femme libérée tu sais c'est pas si facile...
" chantait le groupe Cookie Dingler dans les années 80. Un constat qu'Agnès Bihl confirme, quatre décennies plus tard, avec son dernier album "Il était une femme" (Coup de coeur de l'Académie Charles Cros). 
Des chansons poétiques et politiques,  tendres et ironiques, à l'image de cette artiste qui a travaillé aux côtés d'Anne Sylvestre, Charles Aznavour, Yves Jamait...
Depuis son premier opus "La terre est blonde" (sorti en 2001), l'auteur et interprète creuse le sillon d'un répertoire contestataire et un brin libertaire qui raconte avec une gouaille salutaire les "36 heures de la vie d'une femme" (parce que 24, c'est pas assez !),  "Les p'tites misères" du quotidien, le temps qui passe... tout en s'insurgeant contre les dérives d'un monde qui ne tourne décidément pas très rond. 

(c) Francis Vernhet


Sur la scène des Trois Baudets, il y a quelques jours, elle confessait dans le titre "Ni parfaite, ni refaite" : "Sur les lignes de mon visage on peut bouquiner mon histoire, mes coups de foudre et mes orages...". Un visage étonnamment expressif sur lequel passe toutes les émotions et révoltes qui l'agitent (un peu trop parfois !). 
On peut évidemment préférer les moments plus émouvants de "La plus belle c'est ma mère",  "Les gens bien" ou "SOS bonheur" aux textes "engagés" comme "Ça va Manu ?" (sur l'air du Manu de Renaud) qui affichent bien souvent une date de péremption ! 
Mais on sent bien que cette attachante frondeuse, n'est pas prête à ranger sa plume incisive dans des casiers plus formatés.  Et c'est plutôt rassurant...  

- Album "Il était une femme" (Editeur: Un Week-end à Walden)
- En tournée: Le 19 mars 2022, au Festival "Couleurs chanson" de Murs Erigne (49), le 15 avril à Saint- Maixent-L'Ecole (79), le 29 avril à Blois (41), le 14 mai à Aubagne (13), le 17 juin au Festival Drôles d'Oiseaux, à Avignon...

14 févr. 2022

Luciole: "Je n'écris pas des chansons pour faire des likes, mais parce que j'en ai besoin"

 

(c) Alice Lemarin

Après "Ombres" (en 2009), un premier album prometteur, coup de coeur de l'Académie Charles Cros,  réalisé par Dominique Dalcan, puis le très réussi "Une", Luciole confirme ses talents d'écriture, à la fois sensible et incisive, avec "Un cri" . Un troisième opus, concocté cette fois avec la complicité d'Antoine  Kerminon et Clément Simounet, deux musiciens qui l'accompagnent sur scène. Un  éclatant retour aux textes parlés et chantés, imaginés durant des séminaires et ateliers d'écriture, portés par son timbre mélodieux. Entre les belles et poétiques déclarations d'amour de "L'effet et la cause" ou de "Deux coeurs", elle parle de conquête, de tempêtes, de rencontres furtives, d'insomnies...
Actuellement en tournée, Luciole a pris le temps de répondre à quelques questions, avant son premier concert au Café de la Danse, à Paris,  le  31 mars prochain.

- Dans ce nouvel album, vous revenez aux textes parlés et chantés. Entre slam et chanson, votre coeur balance toujours ?
J'ai l'impression qu'il n'y a pas de choix à faire. Pour l'album précédent, j'avais assumé le côté chansons sur scène. J'ai toujours le désir d'alterner. Je ne suis pas instrumentiste, j'écris à voix haute.

- C'et vrai que vous avez été championne de France de slam ?
Oui. En 2005 et 2006. Un peu avant de prendre la décision de sauter le pas et de faire de la scène mon métier. 

- C'est à cette période que vous avez adopté le nom de Luciole ?
Dans le slam, tout le monde a un pseudo. Je me souviens que quelqu'un avait suggéré d'ajouter un o à mon prénom Lucile en disant que cela faisait plus poétique. Je  ne suis pas certaine que je m'appellerai Luciole toute ma vie mais, pour l'instant, je ne suis pas prête à la laisser derrière moi. 

-  Dans l'album "Une", vous chantiez "je ne suis pas plusieurs, je suis une qui ne ressemble à aucune autre" mais aujourd'hui, vous écrivez: "J'ai deux coeurs, je suis plusieurs" ?
C'est comme ça que j'ai annoncé ma grossesse sur les réseaux sociaux. Je suis toujours une, mais je me suis décuplée !

- Dans "Il est temps", vous parlez d'écrire des chansons pour se relever ?
J'ai toujours eu une écriture très exutoire, cathartique. J'écris beaucoup à la première personne mais jamais lorsque je suis au creux de la vague. J'attends de sortir la tête de l'eau. C'est un métier que je trouve fascinant mais qui est aussi très dur. Il m'a causé parfois de grandes crises de doutes, de tempêtes. J'ai eu envie et besoin de les assumer en chansons.

(c) Alice Lemarin


- Dans la bio qui accompagne l'album, vous citez Patti Smith parmi vos sources d'inspiration ?
Je la connaissais mais je me suis vraiment intéressée à elle lorsque j'ai enregistré l'album. C'est une artiste qui ne vit et respire que pour créer. Cela force mon admiration. On est tellement dans une époque d'images, de codes, d'algorithmes... Moi, je n'écris pas des chansons pour faire des likes mais parce que j'en ai besoin. Je me sers des réseaux sociaux pour communiquer sur mon projet artistique.

- En parlant de communiquer, vous animez toujours des ateliers d'écriture ?
 Je participe à des ateliers, des actions culturelles. Depuis 2 ou 3 ans, je suis artiste associée avec les Francofolies. Nous rencontrons des élèves de collèges, de lycées et nous allons aussi dans les prisons. Ce sont des actions que je ne dissocie pas de mon métier.

- Vous avez fait appel aux participations pour enregistrer "Un cri" ?
 C'est un album auto-produit. Je n'avais pas songé à cette démarche au début. Au bout du compte, je n'ai pas trouvé illogique de dire aux gens "si vous souhaitez acheter l'album, achetez-le maintenant". 

- Sur scène, vous avez toujours votre grelot baptisé Michel ?
Ce n'est plus moi qui en joue mais il est encore là et il s'appelle toujours Michel.

- Sur l'album précédent, vous terminiez vos concerts en sortant d'un chapeau des petits bateaux en papier. Qu'allez-vous sortir de votre chapeau au Café de la Danse ?
J'ai un peu laissé tomber les origamis. Mais je les conserve précieusement. Il y en avait un nouveau à chaque date. J'ai pas mal tourné et la flotte s'est bien agrandie ! Sur ce spectacle, j'avais envie qu'il y ait un fil conducteur. Cela reste un concert, mais il y a aussi l'idée d'un spectacle-conférence autour du cri. 

- Un cri qui ne doit pas seulement être un écho ?
Je crois que c'est Einstein qui a dit: "sois une voix, pas un écho" ! Dans la chanson "Avec mes crocs"", la phrase "Car aujourd'hui je veux être une voix, pas un écho" est sortie toute seule... 


- Album "Un cri" (Label Attends-moi/Inouïe Distribution), disponible depuis le 28 janvier 2022
- Concert à Paris, le 31 mars, à 20 heures, au Café de la Danse, 5, Passage Louis-Philippe, 75011 Paris. Loc. points de vente habituels et sur le site www.cafedeladanse.com.
- En tournée: le 10 mars 2022 à Nantes (44), le 11 mars à Pornichet (44), le 12 mars à Chaponnes-sur-Loire (49), le 13 mars à Challans (85), le 15 mars à Sotteville-lès-Rouen (76), le 16 mars à Passais-la-Conception (61), le 17 mars au Havre (76), les 24 et 25 mars à La Souterraine (23), le 31 mars au Café de la Danse à Paris, le 10 juillet à Albi (81), le 2 août à Barjac (Festival Barjac m'en chante)...
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13 févr. 2022

Feu! Chatterton et Morcheeba à l'affiche du Festival "Le Blues autour du Zinc"


Depuis plus d'un quart de siècle, c'est devenu un rituel: dès les premiers jours du printemps, les amateurs de blues mais aussi de rhythm'n blues, de folk, de soul, de rock, de pop... prennent la route de Beauvais ! 
Depuis sa création en 1996,  "Le Blues Autour du Zinc" est en effet devenu l'évènement musical de la région Picardie.  Pourquoi autour du zinc ? Tout simplement parce que bon nombre de concerts sont programmés dans une dizaine de cafés de la ville Beauvais. Une politique de proximité qui est l'un des atouts du festival.
L'autre, et non des moindres, est de proposer une affiche réunissant des artistes de renommée internationale et de jeunes talents à découvrir. Et cette nouvelle édition, la 27ème, devrait séduire un large public. Outre le groupe culte de trip-hop Morcheeba et l'excellent quintet parisien Feu! Chatterton, les festivaliers pourront applaudir la chanteuse franco-vénézuélienne La Chica, les huit musiciens canadiens de The Brooks, Beaux Gris Gris & The Apocalypse et son blues de la Nouvelle Orléans, Jessie Lee & The Alchemists,  Lonny qui présentera ici les titres de son nouvel album folk "Ex-veto", l'impressionnante  Natalia M King, une américaine installée en France dont l'opus "Woman Mind Of My Own" a fait une entrée très remarquée sur la scène folk-blues, le pur rock'n'roll de Hot Chickens (un groupe local) ou encore l'ensemble Big Dez et son prestigieux invité: le saxophoniste  Sax Gordon.
A noter également, une nouveauté intitulée "Scène Mobile Live Box Tour" avec six concerts gratuits organisés en centre ville et l'émission quotidienne"Baz Express" (réalisée et montée par Jon Pitre) qui, depuis 2017, propose des vidéos mises en ligne dès le lendemain afin de découvrir quelques minutes des ambiances des coulisses et des concerts.

- Du 17 au 27 mars 2022 à Beauvais. Tél.: 03.44.15.30.30. Infos complémentaires et programme complet sur le site www.zincblues.com
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La délicate mélancolie d'Alexia Gredy

(c) Virgile Guinard

En 2017, son EP "L'habitude" produit par Baxter Dury et Geoff Barrow ( de Portishead) n'était pas passé inaperçu puis Alexia Gredy avait disparu du paysage... pour mieux revenir avec le superbe "Hors Saison". Un premier album pop aux accents électro, réalisé par Benjamin Lebeau (ex membre de The Shoes) qui remporte déjà tous les suffrages. Il faut dire que cette jolie trentenaire, originaire de Mulhouse, maîtrise l'art de raconter des histoires intemporelles autour du sentiment amoureux: de l'attente à la déception en passant par le désir, les obsessions... "Je fais des chansons pour me cacher derrière" confiait-t-elle lors d'une interview. 
Ce qui séduit d'emblée chez la discrète Alexia, c'est le contraste entre une silhouette qui semble à peine sortie de l'adolescence et la maturité de l'écriture, ses textes à la fois intimes et pudiques, ce timbre doux porté par des mélodies entêtantes, cette manière de conjuguer le passé et le présent.
"De la douceur de tes mots, j'ai gardé juste le meilleur. Pour mes erreurs les jours de trop, je n'ai jamais été à l'heure... parfois je pleure en décalage..." chante-t'elle dans "Vertigo", le titre avec lequel elle a débuté son concert parisien (complet),  il y a quelques jours, à la Boule Noire. 



Presque timidement, accompagnée de deux musiciens (à la batterie et à la basse) elle s'installe aux claviers ou prend sa guitare pour interpréter "Mon rêveur", "Diabolo menthe", "Balader dans les roses", "Beau masque", "Hors saison", "L'amoureuse" (sur un poème de Paul Éluard)... et une belle relecture de "Aïcha", la chanson écrite par Jean-Jacques Goldman pour Khaled. Un titre qu'elle démarre a cappella et que le public reprend volontiers avec elle.
Comme pour bon nombre de jeunes artistes, elle n'échappe pas aux comparaisons et certains n'hésitent pas à voir en elle quelque chose de François Hardy. Mais Alexia Grey a un univers bien à elle, empreint d'une délicate mélancolie, où le temps semble suspendu, comme en apesanteur...

- Album "Hors saison" (Universal Music/Polydor), disponible depuis le 21 janvier 2022

- En concert: le 1er mars 2022, à 20 heures, à La Boule Noire, 120, Bd de Rochechouart, 75018 Paris. Loc. points de vente habituels. Tarif unique à 13,80 Euros. www.laboule-noire.fr

- En tournée: le 19 mars 2022 au Festival Nouvelles Scènes à Niort, le 24 juin, La Crème Festival à Villefranche sur Mer, le 17 juillet au Festival Conç'Air en Alsace.

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6 févr. 2022

Yara Lapidus: "Back To Colors est un album qui me ressemble"

(c) Alfredo Piola 

Après "Indéfiniment" réalisé par Gabriel Yared, qui contenait notamment un duo avec Iggy Pop (dans la version deluxe), Yara Lapidus sort le 18 février prochain le bien-nommé "Back To Colors". Cette fois, l'ex- égérie d'Olivier Lapidus et créatrice de mode,  venue tardivement (et avec bonheur !) à la chanson, a enregistré sous la houlette de Jean-Louis Piérot (Alain Bashung, Jane Birkin, Etienne Daho..), avec la complicité de compositeurs tels que son compatriote Bachar Mal-Khalifé, Craig Walker (ancien chanteur du groupe Archive),  Fyfe Dangerfield (membre fondateur du groupe de rock indépendant Guillemots) ou encore Jim Bauer (remarqué dans la dernière édition de The Voice). 

Une foisonnante palette de sons et de couleurs, dans laquelle l'artiste franco-libanaise donne la réplique à Chico César dans "L'amor c'est la vie"", fustige avec humour les usages intempestifs du fameux "RIP" sur les réseaux sociaux, évoque la puissance des liens du sang avec "Brotherhood", nous entraîne au gré des balancements de "Rocking Chair" tout en rendant un vibrant hommage à sa ville de naissance dans l'émouvant "Oumi Ya Beyrouth".  Entretien avant son concert le 2 mars prochain, aux Trois Baudets.

- Ce disque est moins mélancolique que le précédent ?

"Back To Colors" est un album qui me ressemble. Il y a à la fois le côté parisien, le côté world puisque je chante en libanais, en portugais, en anglais et en français.  Et j'avais envie de quelque chose qui sonne pop-rock. 

- Il y a aussi un côté vintage, notamment dans le clip qui accompagne  le titre "Oumi Ya Beyrouth" ?

Oui, il y a dans l'album de vieux claviers. Quant au clip, j'ai voulu montrer le Liban que je n'ai pas connu. J'ai contacté le centre des archives là-bas et ils ont bien voulu me prêter des documents. Ils ont compris ma démarche et l'importance de véhiculer les images d'un pays en paix et de gens heureux. C'était un échange compliqué sur fond de coupures de réseau internet et d'électricité.

- Il paraît que votre premier rendez-vous avec Jean-Louis Piérot s'est déroulé à une date que vous ne pourrez pas oublier ? 

 Lorsque nous nous sommes rencontrés, j'avais mis mon portable sur silencieux. J'ai remarqué qu'il n'arrêtait pas de vibrer mais je l'ai ignoré, par courtoisie  A la fin de notre échange, j'ai lu tous les messages qui m'informaient des deux explosions successives dans le port de Beyrouth. Nous étions effectivement le 4 août 2020. Lorsque je suis rentrée chez moi, j'ai écrit le texte de "Oumi Ya Beyrouth" tout naturellement dans ma langue natale.



- Le thème de la chanson "RIP" est assez inattendu ?

Je tournais autour depuis 2 ou 3 ans ! Au moment du décès d'Azzedine Alaïa, une personne de mon entourage avait écrit: "que ferais-je sans toi, mon ami, mon maître...". On voyait presque les larmes sortir de son post. Le lendemain, elle s'affichait avec une grande tablée, en train de rire. Je me suis dit, c'est donc ça ! J'avais enfin trouvé le bon angle et le bon refrain. 

- Chico César n'est pas un inconnu pour vous ?

Nous avions déjà collaboré dans l'album précédent. C'est un être exquis, un poète qui a conservé son âme d'enfant. Là, j'ai eu envie de partir d'une page blanche avec lui. Il a lancé quelques notes de musique et j'ai mis un texte dessus. Lorsqu'il est venu à Paris, nous avons dîné ensemble et il m'a dit: "Et si on faisait un clip ensemble ? et il a ajouté: "je pars dans 4 jours". Nous nous sommes retrouvés sur un toit de Paris pour tourner ce clip qui sortira prochainement.

Pouvez-vous nous parler de "Just A Dream Away", un disque réservé au marché américain dans lequel vous avez adapté un titre de John Lennon en libanais ?

C'était juste avant la crise sanitaire. Les titres ont reçu un bon accueil et une tournée était même prévue là-bas. Quant à la chanson de Lennon, j'avais choisi "How" qui n'était pas la plus populaire de l'album "Imagine". Tout monde m'avait découragée. J'avais notamment vu le nom d'une star qui n'a jamais pu obtenir d'autorisation. En plus, chanter Lennon en libanais, c'était vraiment audacieux. Mais il suffit qu'on me dise que quelque chose est impossible pour que je me lance. C'est trop ennuyeux de rester dans les clous. J'aime aller dans des zones de non confort. J'ai donc préparé une maquette, je l'ai envoyée et ça a marché.  J'ai eu raison de faire confiance à ma bonne étoile !

- Vous avez réalisé vos deux rêves: la mode et la musique ?

 Le premier était avoué, l'autre non. Pour mon père,  être styliste passait beaucoup mieux. Cela ne m'a pas empêchée de faire de la guitare, du piano et d'écumer tous les cours de théâtre. J'ai aussi appris à poser ma voix. Je me voyais sur scène mais je ne savais pas vraiment ce que je voulais y faire. Il a fallu un accident pour que je renonce à la mode et à la guitare. C'est Olivier (Lapidus) qui m'a encouragée. J'ai commencé ce métier à 37 ans, c'est de la folie !  
 

- album "Back To Colors (label Yara Music, distribution Kuroneko/Believe), disponible le 18 février 2022.

- En concert, le 2 mars 2022, à 20h30, aux Trois Baudets, 64, Boulevard d de Clichy, 75018 Paris. Tél.: 01.42.62.33.33. www.lestroisbaudets.com

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Exposition Jean Gabin à l'Espace Landowski

 

Lieu emblématique du 7ème Art, la ville de Boulogne-Billancourt a abrité les deux premiers studios modernes du cinéma français: ceux de Billancourt, il y a tout juste un siècle et ceux de Boulogne, dans les années 40. Disparu en 1976, Jean Moncorgé, alias Jean Gabin, y avait tourné pas moins de 24 films:  "La grande illusion", "Le jour se lève", "Touchez pas au grisbi", Le chat", Deux hommes dans la ville".... 

La ville a donc décidé, en collaboration avec ses partenaires et la famille de l'acteur, d'organiser une exposition à la mesure de celui qui demeure l'un des monstres sacrés du cinéma.

Dans un espace de 700 m2, les visiteurs pourront découvrir des objets issus des collections du Musée Jean-Gabin de Mériel, des effets personnels confiés par la famille Moncorgé, des pépites sortant pour la première fois des réserves de la Cinémathèque Française,  du matériel cinématographique provenant des studios de Boulogne et de Billancourt, des extraits de films et de documentaires...

Parallèlement, la manifestation proposera des conférences-débats, des ateliers de tournage, des projections dans les cinémas Pathé et Landowski de Boulogne-Billancourt, des animations à destination du jeune public... A noter également le livre paru aux Editions de la Martinière, signé par Mathias Moncorgé (fils de l'acteur) et Patrick Glâtre, spécialiste de Gabin et commissaire de l'exposition. Un ouvrage paru aux Editions de la Martinière, dans lequel les curieux trouveront de nombreuses références, photos et anecdotes personnelles.

Du 9 mars au 10 juillet 2022, Espace Landowski, Musée des années 30, 28, avenue André-Morizet, 92100 Boulogne-Billancourt. Tél.: 01.55.18.46.42. Entrée: billet jumelé exposition, Musée des Années 30 et Musée Paul Landowski à 7 Euros et tarif réduit à 5 Euros. Billet gratuit pour les - de 26 ans, les personnes handicapées et leur accompagnateur et pour tous le 1er dimanche du mois. Infos complémentaires sur le site www.boulognebillancourt.com

4 févr. 2022

François Staal: "La poésie de Baudelaire fait partie de ma vie"

(c) Marylène Eytier

Après l'ambitieux "Symphorock" au Trianon, l'album "L'En-Vie" (en 2019), François Staal revient avec "L'humaine beauté", dans les bacs depuis novembre dernier . Un nouvel opus dans lequel ce compositeur de bon nombre de musiques pour le cinéma et la télévision ("Bel ami" de Philippe Triboit", "Camus" et "La guerre des ondes" de Laurent Jaoui, "La Dame de Monsoreau" de Michel Hassan...) a signé la plupart des textes et mélodies, tout en assurant les parties guitares, basse, piano, Djembé, percussions, arrangements, orchestrations, direction artistique... Entre une superbe déclaration d'amour à Bréhat, l'île de son enfance, les élans humanistes de "Tous frères" (en duo avec Nina Morato) et ceux plus politiques de Ready", "Lance les dés" une chanson dans laquelle il retrouve CharlElie Couture, il revisite deux "classiques" du répertoire français: "La nuit je mens" ( Bashung/ Fauque) et "Avec le temps" de Léo Ferré. Et, comme toujours avec ce rockeur féru de poésie, il termine avec "L'invitation au voyage" de Baudelaire. Entretien avec un passionné qui, outre son concert au Pan Piper, ce soir, travaille à l'écriture de deux romans, a terminé celle d'un recueil de poèmes ( Editions du Renard Apprivoisé),  peaufine le montage d'un spectacle autour de l'auteur des "Fleurs du mal" avant de se rendre au Festival de Luchon où le film "Maman a disparu" de François Basset, dont il a composé la musique, est en compétition officielle... 

- Après les concerts "Symphorock" au Trianon, où vous étiez accompagné par un orchestre symphonique, vous affirmez votre goût pour les grandes formations dans ce nouvel album ?

C'est vrai. J'aime bien mêler mes univers. Je suis accompagné par 40 cordes sur certains morceaux. Il s'agit de celles de Fame's Project, un orchestre dirigé par Oleg Kontradenko. Mais, en concert, nous serons quatre sur scène.

- Le titre de ce nouvel album est porteur d'espoir, non ?

 J'ai eu envie de célébrer le beau. Je pense que l'on est au début de la réalisation de ce qui se passe et au bout des changements générés par cette période folle et terrible. Cela a provoqué des prises de conscience, des rapprochements entre les gens, des questionnements métaphysiques... 

- Vous l'avez notamment dédié aux artistes qui vous ont influencé, comme Lou Reed auquel on vous a parfois comparé ?

C'est gentil car pour moi Lou Reed est un génie. Il est souvent dans la chanson parlée, la mélopée. Lorsque j'ai fait mon premier Olympia, j'avais interprété en rappel "Perfect Day". C'était le 11 novembre 2011, le jour de mes cinquante ans. 

- On vous a aussi  qualifié d'artiste underground ?

Cela tient plus à mon parcours qu'à mon répertoire.  Je suis dans une trajectoire artistique qui n'entre pas dans les formats. J'ai rarement des chansons qui durent moins de cinq minutes. Je ne peux donc pas espérer de passages en radio et c'est complètement assumé. J'ai parfois investi jusqu'à ma chemise pour aller au bout de mes projets. Aujourd'hui, je me dit que j'ai amené la fusée au point de décollage. Ou elle part... ou elle reste au sol !

(c) Marylène Eytier

- La chanson "Bréhat, une île Enez Vriad" est une vraie déclaration d'amour ?

 C'est mon histoire d'enfance. Celle de mes parents, de mes grands-parents, de mes arrière-grands-parents...  Après la dernière vedette qui part à 19h, on se retrouve  isolé "du continent" jusqu'au lendemain matin. Tu fais tout à pied et les enfants disposent d'une plus grande liberté que d'autres du même âge. L'autre particularité, c'est que c'est sublime de beauté: les roches, la mer, le ciel, les embruns... C'est à Bréhat que je me suis construit en tant qu'être humain et que j'ai eu envie de devenir artiste.  Le son, là-bas, c'est de la musique ! Quand j'ai décidé d'écrire cette chanson, j'avais tellement de choses à dire que je n'y arrivais pas. C'est celle qui m'a demandé le plus de travail.

- Vous avez enregistré un poème de Baudelaire dans chacun de vos albums. Pourquoi lui ?

Parce que ses mots m'entrent dans le coeur et l'âme comme un stylet. La poésie de Baudelaire fait partie de ma vie. Dans mon premier disque, j'avais mis en musique "La mort des amants". Et je viens de terminer l'écriture d'un spectacle qui tourne autour de lui. 

- Vous pouvez nous en parler ?

C'est un peu un OVNI. Ce n'est pas vraiment un concert, pas non plus du théâtre.  Je raconte l'histoire de Monsieur Staal, à travers les poèmes de Baudelaire, mis en musique. En fait, c'est ce projet qui m'a amené à faire l'album. Je voulais terminer par "L'invitation au voyage" et... le confinement est arrivé. Je suis donc passé en mode chansons. Je suis actuellement en résidence à Saint-Dizier dans une salle qui s'appelle Les Fuseaux. Ils sont tombés amoureux de ce spectacle qui est écrit,  pas encore monté mais déjà vendu. Nous sommes aux prémisses du passage à l'acte !


Album "L'humaine beauté" (Cristal Production-François Staal Prod. /L'Autre Distribution)

En concert ce soir à 20 heures, au Pan Piper, 2-4, Impasse Lamier, 75011 Paris.  www.pan-piper.com 

En tournée: le 11 mars 2022 au Théâtre de  Saint-Dizier (52), le 29 avril, en ouverture de Sanseverino, salle Les Fuseaux de Saint-Dizier...

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