28 nov. 2019

Une ludique balade dans le monde de Pierre & Gilles

Sous-titrée "La fabrique des idoles", cette exposition monographique sur le thème de la musique (une première !), propose une joyeuse immersion dans l'univers de Pierre et Gilles. Depuis plus de quatre décennies, ce duo a créé une oeuvre singulière et originale, constituée principalement de portraits.
Des portraits d'inconnus ou de célébrités, réalisés à partir des photographies de Pierre avant que les pinceaux de Gilles donnent naissance à des tableaux.
Le tout immortalisé dans un cadre imaginé par les deux artistes. Et leur imagination est foisonnante !
Ainsi,  au fil des 110 peintures-photographies qui mêlent profane et sacré, on peut croiser  Boy George en dieu Krishna, Nina Hagen  en déesse indienne, Kylie Minogue métamorphosée en vierge aux serpents, Marie France et Marc Almond dans une représentation du mystère de l'amour, Sylvie Vartan, cigarette aux lèvres, illustrant la chanson "Comme un garçon",  Madonna sous les traits de Ushiwaka de la mythologie japonaise... mais aussi Eddy de Pretto en petit roi ou Clara Luciana en Madone aux fleurs.
Pour l'occasion, Pierre et Gilles ont conçu deux installations inédites dont la chambre fictive d'un fan de Sylvie Vartan.
L'exposition présente également des pochettes de disques, 200 objets issus de l'atelier des artistes, des vidéo-clips, des extraits du documentaire "Dans une photo de Pierre et Gilles" d'Elisabeth Couturier et Chantal Lasbats (produit par Morgane Productions), des chansons à écouter via un audioguide...
Le monde selon Pierre et Gilles: joyeux, coloré, iconoclaste...avec des idoles d'hier et d'aujourd'hui.
Annie Grandjanin

Jusqu'au 23 février 2020, du mardi au vendredi de 12h à 18h, le samedi de 10h à 20h et le dimanche de 10h à 18h, à la Cité de la Musique-Philharmonie de Paris, 221, av. Jean-Jaurès, 75019 Paris. Tarif: 9€. Tél.: 01.44.84.44.84. http://www.philharmoniedeparis.fr/

18 nov. 2019

"Leprest en symphonique": un vibrant et somptueux hommage au poète

Nougaro affirmait qu'il était l'un des plus foudroyants auteurs de la langue française. Mais il aura fallu qu'Allain Leprest nous quitte pour  que certains mesurent enfin la place essentielle qu'il occupe dans la chanson et le vide laissé par son absence.
Sans prétendre à une quelconque réhabilitation "Leprest en symphonique" est avant tout un vibrant  hommage à ce poète écorché dont les rimes reflétaient un humanisme, un sentiment d'urgence et une redoutable lucidité. 
On pouvait craindre qu'une version symphonique dilue la puissance des mots, mais il n'en est rien. 
Les musiciens de l'Orchestre National des Pays de la Loire, sous la direction de Dylan Corlay, donnent au contraire une incroyable résonance aux vingt chansons qui composent cet album enregistré à La Bouche d'Air, salle Paul-Fort à Nantes, lors de la création du spectacle, en janvier dernier.
Quant aux quatre chanteurs qui participent à cet ambitieux projet, ils réussissent le périlleux exercice de se glisser dans l'univers de Leprest, en conservant leur propre sensibilité.
Outre Romain Didier, complice de toujours et compositeur de douze  mélodies (les autres étant de Nathalie Miravette, Etienne Goupil, Jean Ferrat...) dont le timbre grave et harmonieux se pose sur "Où vont les chevaux quand ils dorment" ou "Madame sans âme", les accents tendres et gouailleurs de Sanseverino font merveille dans des titres comme "Le ferrailleur" ou "Dans le sac à main d'la putain". Cyril Mokaiesh touche au coeur lorsqu'il interprète les mélancoliques refrains de "Il pleut sur la mer" ou "Les tilleuls". Et Clarika apporte une touche toute féminine et une généreuse énergie à des chansons telles que "Arrose les fleurs" ou "Le banquet des abysses". Moment magique également lorsque Cyril et Clarika partagent chacun une manche pour tricoter et détricoter "Le pull-over". 
Au final, tous se retrouvent sur le dernier morceau "D'Irlande" pour trinquer au ciel, à la mer...et à celui qui écrivait dans "Donne moi de mes nouvelles" :"connaît-on encore Leprest ? Fait-il encore des chansons ? Les mots vont, les écrits restent...". 
Un magnifique opus qui comblera les fidèles d'Allain Leprest et permettra à ceux qui le connaissent peu ou mal de découvrir l'oeuvre d'un indispensable poète.

- Album "Leprest en symphonique" (Tacet/L'Autre Distribution), disponible depuis le 15 novembre 2019.

14 nov. 2019

"Forever": le spectacle hommage à Michael Jackson arrive en France

La première représentation s'est déroulée le 10 mars 2010 au Teatro Lope de Vega à Madrid.
Depuis, "Forever - The Best Show About The King Of Pop" a sillonné la planète avec des escales en Chine, en Amérique latine, à Lisbonne, à Prague, à Varsovie.... et annonce une trentaine de dates en France.
"Nous voulions recréer son oeuvre artistique, ses chansons, ses danses, sa vie, ses préoccupations environnementales. Nous ne prétendons pas le copier parce que Michael Jackson est unique..." confiait le producteur Carlos Javier Lopez lors de la création. Tandis que le chorégraphe Carmelo Segura précisait: "il y aura des danseurs avec une grande technique classique, des danseurs hip-hop, de Krump, des Breakers et des acrobates. Mon rôle a été d'unifier toutes ces disciplines, de leur faire comprendre un seul vocabulaire, celui de Michael Jackson".
Sur scène,  pas moins de 26 artistes, un orchestre live et de nombreux effets spéciaux s'attacheront à recréer, durant deux heures, l'univers du roi de la pop. Il paraît que La Toya a  suivi le spectacle sur plusieurs villes en tournée. On ne sait si la soeur de Michael fera le voyage en France, mais le public devrait être fidèle au rendez-vous. D'autant plus que ce show qui a déjà rassemblé plus de 500 000 spectateurs est le seul à bénéficier de l'aval de la  fondation de la famille Jackson.
Annie Grandjanin

Du 28 novembre au 1er décembre 2019 au Casino de Paris, 16, rue de Clichy, 75009 Paris. Tél.: 08.926.98.926. Places: de 25 à 78 €.  http://www.casinodeparis.fr/
En tournée: le 26 novembre 2019 à Niort, le 2 décembre à Nantes, le 3 déc. à Tours, le 5 déc. à Liévin, le 6 déc. à Lyon, le 7 déc. à Montélimar, le 8 déc. à Chambéry, le 11 déc. à Montpellier, le 12 déc. à Perpignan, le 13 déc. à Bordeaux.... Et le 4 janvier 2020 à La Seine Musicale, Île Seguin, 92100 Boulogne-Billancourt. Tél.: 01.74.34.53.53. Places à partir de 35 €
 http://www.laseinemusicale.com/

"Festival Fédéchansons": de jeunes talents à découvrir

Rovski (c) Anaïs Desmond
Présenté par la FFCF (Fédération des Festivals de Chanson Francophone) qui a tissé des liens solides avec la Suisse, le Canada (Québec et Nouveau Brunswick) et la Belgique, le Festival "Fédéchansons" met en lumière les jeunes pousses francophones de demain.
Pour sa huitième édition, dix-huit artistes ou groupes se produiront dans deux salles du XVIIIème arrondissement à Paris: au Centre FGO Barbara et aux Trois Baudets.
Le 19 novembre, rendez-vous rue Fleury pour écouter le groove de Melba, la chanteuse suisse Mize, le groupe Nazca, le répertoire pop-électro de Phaon, le duo Rovski (Sonia et Olive) ou encore Totem.
Les deux jours suivants, c'est la salle mythique des Trois Baudets qui accueillera la chanteuse et guitariste Alice Animal, Clément Bertrand, le road trip musical de David Marin, Francoeur et sa harpe pop, Gérald Gentil, ThéOphile, le poète urbain Ben Herbert Larue, David Numwami, le chanteur et bassiste François Puyalto, le groupe franco-congolais Gatshen's, le trio Orly et enfin le jeune auteur-compositeur Valentin.
Valentin
Prisé par les professionnels (programmateurs, tourneurs, producteurs...) toujours en quête de nouveaux talents, le festival est bien sûr ouvert au public et il est... gratuit !

Le 19 novembre 2019, à partir de 18 heures,
 au Centre FGO Barbara, 1, rue Fleury, 75018 Paris, 
les 20 et 21 novembre 2019, à partir de 18 heures, aux Trois Baudets, 64, boulevard de Clichy, 75018 Paris.
Entrée libre, dans la limite des places disponibles.
http://fedechansons.fr/

13 nov. 2019

Rencontre avec Jean-Louis Aubert

Une dizaine d'années après son précédent album solo "Roc Éclair", Jean-Louis Aubert revient avec "Refuge" (dans les bacs vendredi prochain).
Un double CD de 22 chansons inédites, dans lequel le chanteur et musicien a quasiment assuré toute la partie instrumentale: piano, claviers, guitares, basse et batterie.
Le 16 novembre 2019, à 16 heures (le lendemain de la sortie officielle de ce nouvel opus), l'ex-leader du groupe Téléphone sera à la Fnac Montparnasse,  pour une séance de dédicaces.
Événement gratuit et libre d'accès, dans la limite des places disponibles.

136, rue de Rennes
75007 Paris

7 nov. 2019

Rod Barthet: "j'aime faire tomber les barrières"

(c) Fabien Cart
Il a créé son premier groupe de hardcore à 14 ans. Après des gammes plus académiques à l'école de musique de Nancy, Rod Barthet s'est envolé pour San Francisco. Il y croisera quelques vieux routards du blues dont John Lee Hooker qui l'invite à assurer sa première partie en concert !
Il a alors vingt ans et des rêves plein la tête. Comme celui qu'il réalise en 1995 en retournant en Californie pour enregistrer son premier album Rod & The Shotguns "Mr Alligator".
En une vingtaine d'années, ce natif de Pontarlier a imposé sa griffe sur la scène blues-rock. Outre un redoutable jeu de guitare, il se démarque des accents rocailleux de ses aînés avec son timbre clair. Pour son nouvel opus "Ascendant Johnny Cash", il a retrouvé son complice Boris Bergman. "Après plus de vingt années de collaboration avec Rod, je peux affirmer que c'est très certainement l'un de mes meilleurs albums" affirme ce dernier.
Loin de nous l'idée de le contredire...

- Il paraît que tu as assisté à ton premier concert à l'âge de 3 ans ?
Il s'agissait de Deep Purple. J'y suis allé avec ma mère. Elle était aussi fan de Janis Joplin, de Led Zeppelin, des Doors...J'ai longuement fouillé dans ses disques avant d'arriver au blues. Cette musique est mon fil conducteur. C'est pour ça que je suis allé aux États-Unis.
- Être invité à jouer en première partie de John Lee Hooker, ça muscle un CV, non ?
Je suis toujours surpris quand on m'en parle. J'avais vingt ans et je n'ai pas mesuré la chance que j'avais. Alors que je jouais dans un bar, j'ai rencontré son attaché de presse et je lui ai remis une cassette. John Lee Hooker m'a appelé et m'a invité chez lui. Il m'a même prêté sa voiture pour que je puisse découvrir San Francisco. C'était un vieux monsieur très respecté. Il disait qu'avoir la grosse tête ne servait à rien. En me proposant de faire sa première partie, il m'a vraiment mis le pied à l'étrier.
Hormis l'apprentissage musical dans la discothèque maternelle, quels sont les artistes que tu écoutes ?
Ben Harper, Jimi Hendrix, John Butler Trio, Neil Young, Bob Dylan... J'ai beaucoup aimé le premier album de Gérald de Palmas ("Marcher dans le sable"). Il y a aussi Matthieu Chedid  que j'ai rencontré alors qu'il ne s'appelait pas encore M. Nous avons même fait un boeuf ensemble. Il ne fait pas semblant de jouer. C'est un super "gratteux" !
Peux-tu nous parler de ta rencontre avec Boris Bergman ?
C'était par l'intermédiaire de Yazid Manou, un attaché de presse. Je suis allé chez Boris à Montmartre pour lui faire écouter ce que je faisais. Il a travaillé avec beaucoup d'artistes internationaux. Il a d'ailleurs un mot de David Bowie qui le remercie pour la traduction de "Space Oddity". Mais la plupart des gens le connaissent pour sa collaboration avec Bashung. Il écrit des choses qui me correspondent et que je prends parfois en pleine figure. Comme la première chanson de l'album  "Amour ma fêlure". Il a signé 5 titres sur l'album.
-Un album que tu as enregistré chez toi, cette fois ?
Oui, à 90 % dans mon home studio. J'ai la chance d'être sur mon propre label. C'est une grande liberté.
Tu fais rarement des reprises mais dans ton précédent album "Les filles à l'écoute", on trouve"Gaby Oh Gaby".
(c) Cyril Jubin
Habituellement, je ne suis pas fan des reprises sur mes albums. Là, j'étais avec des musiciens américains qui ne connaissaient pas Bashung. Il n'y a eu qu'une seule prise et nous l'avons gardée. Je l'ai fait en pensant à Boris.
- La présence de cordes dans le titre "Madame", est assez inhabituelle aussi ?
C'était un souhait que j'avais depuis longtemps. J'ai signé le texte et la musique mais j'ai laissé carte blanche à l'arrangeur qui a fait un travail magnifique. Lorsque j'ai entendu les jeunes musiciennes qui viennent du Conservatoire de Besançon, j'ai eu la chair de poule.
- Que réponds-tu à ceux qui sont critiques à l'égard du blues français ?
Qu'il suffit d'écouter des artistes comme Paul Personne. Je suis pour la retenue dans la voix et.je chante en français. C'est mon univers. J'aime faire tomber les barrières ! Je songe souvent à cette phrase de Cocteau: "Ce qu'on te reproche, cultive-le, c'est toi". Moi, cela vingt ans que je le fais et j'enfonce le clou.

- Album "Ascendant Johnny Cash" (Festivest/Socadisc), disponible depuis le 27 septembre 2019.
En concert, le 21 novembre 2019 à 20h30, au Sunset, 60, rue des Lombards, 75001 Paris. 
Tél.:01.40.26.46.60.Prix: 20 €. http://www.sunset-sunside.com/

4 nov. 2019

"Charlie Chaplin l'homme-orchestre"

"Dans cette exposition, ce que nous essayons de raconter, c'est l'environnement sonore qui fait partie de la puissance de Charlie Chaplin. Son rapport à la pantomime qui s'exprime aussi par la musicalité" confie  Sam Stourdzé, commissaire de l'exposition.
Dès le début de la visite, on découvre donc le maître du cinéma muet, dont le "corps dansant" rythme les images diffusées sur écran. Il s'appelle encore Charlot et ne voit pas d'un bon oeil l'avènement du parlant. "Le dialogue est aussi peu nécessaire aux films que les paroles aux symphonies de Beethoven" s'insurge-t-il  dans un journal daté du 14 février 1929. L'un des nombreux extraits réunis pour l'occasion et qui permettent de mesurer combien cette transition a bouleversé le monde du cinéma. En 1936 pour "Les temps modernes", il cède malgré tout à la pression mais utilise le subterfuge du chant !  Il faudra attendre "Le dictateur" pour entendre enfin sa voix parlée.
Grâce à de nombreux documents, affiches, extraits de films... on suit la mort annoncée de Charlot qui cède petit à petit la place à Charlie Chaplin.
On découvre également sa passion pour le music-hall (qui imprégnera largement ses oeuvres), ses talents de compositeur et de musicien autodidacte puisqu'il avait appris le piano et le violon "à l'oreille", ses débuts de réalisateur avec une caméra à manivelle...
Une épopée passionnante et richement illustrée à découvrir en famille puisque des dispositifs permettront aux plus jeunes de se déguiser, de bruiter un film muet ou même d'écouter Michael Jackson et Céline Dion dans des reprises de mélodies de Chaplin.
Annie Grandjanin

Jusqu'au 26 janvier 2020 à la Cité de la Musique-Philharmonie de Paris, 221, avenue Jean-Jaurès, 75019 Paris. Tél.: 01.44.84.44.84. Prix: 11 €, tarif réduit à 6 € et gratuité pour les enfants de moins de 6 ans, les personnes handicapées et leurs accompagnateurs. http://www.philharmoniedeparis.fr/