23 janv. 2022

Les Wriggles n'ont pas pris une ride !

(c) Pidz

Créé en 1995, disparu en 2009, le groupe des Wriggles s'est reformé en 2018. Et, à l'évidence, les mecs en rouge n'ont pas pris une ride ! On peut même dire qu'ils se sont bonifiés avec les années. Pas question pour autant de surfer sur les acquis puisque, comme l'affirme le titre de leur nouveau spectacle, ils ont choisi de se mettre en quatre pour ces retrouvailles avec le public. Dans la salle on devine les fans de la première heure mais aussi des spectateurs nettement plus jeunes qui devaient encore biberonner à l'époque de "Justice avec les saucisses" (leur premier album).

Arrivant du fond de la salle, une bougie à la main, en entonnant un sage "Notre père qui êtes aux cieux...", Stéphane Gourdon, Antoine Réjasse, Emmanuel Urbanet et Fabien Marais déboulent sur scène en proposant une "Barbeuc Party". L'ambiance est à la fête mais, en tendant l'oreille, on réalise que même si elle vante le plaisir de se retrouver entre potes, la chanson parle aussi de réchauffement climatique, de CO2... 
Puis ils rangent chaises pliantes, parasol et caleçons pour célébrer "Sixtine", belle comme un Michel Ange, se saisissent de colliers de fleurs pour un retentissant "Welcome" qui, loin des clichés de vacances, nous rappelle le sort des humiliés dans le pays des droits de l'homme, avant de nous conter l'histoire d'amour entre un lapin et une belette, de nous faire partager "la révolte des rennes" menaçant de se syndiquer pour obtenir le statut d'intermittents... A mots couverts, ils abordent également les violences conjugales pour parler de cette femme qui vit toute seule avec un chien.

Fidèles à leur réputation, les Wriggles jonglent entre tendresse, humour grinçant et satires sociales dans des chansons savamment mises en scène par  Sébastien Lalanne, tout en s'accompagnant à la guitare, au ukulélé, au beat-box. 


Sur l'affiche on aperçoit un nez rouge mais s'ils aiment faire les clowns, les Wriggles possèdent l'esprit frondeur de chansonniers des temps modernes et un indiscutable talent pour appuyer là où ça fait toujours un peu mal...


Tous les mardis, à 21h, jusqu'au 22 février 2022, à la Scène Libre, 4, boulevard de Strasbourg, 75010 Paris. Location au 01.42.38.97.14. , points de vente habituels et sur le site www.le-theatrelibre.fr




22 janv. 2022

"Lawrence d'Arabie": une impressionnante mise en scène


(c) A. Vinot

Molière du meilleur spectacle de théâtre privé en 2016 pour "Les cavaliers" (une adaptation du roman de Joseph Kessel) Eric Bouvron s'est attelé à un autre projet d'envergure en mettant en scène "Lawrence d'Arabie",  co-écrit avec Benjamin Penamaria, sur des compositions et musiques live de Julien Gonzales, Raphaël Maillet et Cecilia Meltzer. 

Etonnement, on n'entre pas tout de suite dans le spectacle. Est-ce le choix de la salle ou le parti-pris théâtral, bien éloigné de la grande fresque hollywoodienne de David Lean ? Au-delà de l'impressionnante et inventive mise en scène, des belles lumières d'Edwin Garnier, du jeu des comédiens, on a le sentiment que le spectateur doit constamment faire appel à son imaginaire. Pour preuves, les malles métalliques qui se transforment en pierres ou en train, le tapis beige censé remplacer le sable du désert... sans oublier les costumes et accessoires tels que casque à pointe, fez, djellabas, uniformes britanniques permettant de deviner dans quel camp se situent les protagonistes puisque les mêmes acteurs, (Kevin Garnichat, Alexandre Blazy, Mathias Chebel, Stefan Godin, Slimane Kacioui, Yoann Parize, Julien Saada et Ludovic Thievon) jouent une soixantaine de personnages. 

(c) Aurore Vinot

On connaît l'histoire de la révolte arabe qui entraîna la chute de l'Empire Ottoman et celle de Thomas Edward Lawrence, devenu Lawrence d'Arabie. Ancien étudiant à Oxford, passionné d'archéologie, sa connaissance des cultures du Moyen-Orient, l'amènera à servir l'armée britannique comme officier du renseignement et de liaison avec les tribus arabes. Bien malgré lui, il deviendra complice d'une trahison orchestrée par les français et les anglais. 

 Sur scène, la tension dramatique des combats et de certains tableaux est contrebalancée par le facétieux assistant de Lawrence baptisé Dahoom, qui semble tout droit sorti d'une comédie de Molière ou l'acteur imitant un chameau dont les grimaces et décrochements de mâchoire provoquent de francs éclats de rires dans la salle. 

Quant à la bande son,  elle est assurée par deux musiciens ( percussions, accordéon, violon...) et les vocalises de Cecilia Meltzer, seul élément féminin de la troupe (que l'on devine également sous les voiles d'un danseuse du ventre). 

Présenté avec succès à Avignon, l'été dernier, dans le cadre du Festival Off, ce spectacle apporte un autre regard sur l'épopée de Lawrence d'Arabie.

Jusqu'au 27 février 2022, du mercredi au samedi à 21h, mat. le dimanche à 17h, au Théâtre Le 13e Art, (grande salle) 30, Place d'Italie, 75013 Paris.  Places: de 25 à 45 Euros. Loc. points de vente habituels et sur le site www.le13emeart.com

17 janv. 2022

Marion Pouvreau: une malicieuse et vivifiante impertinence

(c) Fabienne Rappeneau

Trois ans après "On dirait ton père", une comédie dans laquelle elle évoquait le poids des bagages familiaux, Marion Pouvreau revient avec "Mais t'as quel âge ?!", mis en scène par Yannick Bourdelle. Un spectacle qui a reçu le Prix du Meilleur Espoir au Festival Off d'Avignon 2021. 

Auteur, comédienne formée aux Cours Simon et Florent et bretonne, comme elle le précise dans le programme, elle se penche cette fois sur cinq générations d'une même famille: l'ancêtre Papy Jean classé parmi les "silencieux" nés avant 1945, Alain issu du fameux baby-boomer (entre 1945 et 1963), puis les catégories X, Y et Z incarnées par Nathalie qui doit son prénom à la fameuse chanson de Gilbert Bécaud (1964-1979), Emilie (1980-1995) et la petite dernière Juliette (1996-2010). 

En quelques traits, accessoires en papier à l'appui, elle dessine le portrait de ces personnages avec un humour ravageur et une impertinence aussi vivifiante que bienveillante. Chacun des spectateurs peut ainsi se reconnaître (ou retrouver ses parents) dans les petits travers dépeints avec malice et sans aucune méchanceté par la comédienne. Que ce soit l'ancêtre pour lequel on éprouve une infinie tendresse, même s'il s'obstine à faire ses courses le samedi, Alain, fâché avec l'anglais et les nouvelles technologies dont le temps se partage entre vélo, jardinage et osthéo, la largement trentenaire débordée par l'organisation des activités des enfants qui cherche la sérénité dans le yoga, l'alignement des planètes et les librairies indépendantes, au rayon développement personnel, l'ado, écouteurs vissés dans les oreilles, la mine lasse et renfrognée... 

(c) Fabienne Rappeneau

Le tout agrémenté de considérations plus ou moins moqueuses sur les mérites comparés d'applications telles que whatsApp ou Snapchat,  suivant les générations. 
Et, lorsque Marion prend sa guitare pour chanter le temps qui file, on se surprend à regretter que ce seul en scène ne dure qu'un peu plus d'une heure... 

Tous les jeudis à 21h, jusqu'au 28 avril 2022, à La Folie Théâtre, 6, rue de la Folie Méricourt, 75011 Paris. Réservations au 01.43.55.14.80. www.folietheatre.com

En tournée: le 22 janvier 2022, Le Louverot (39), Les 28, 29 et 30 janvier à Conflans St Honorine (78), le 11 mars à Fretin (59), le 13 mars à Cavaillon (83), Les 15 et 16 mars à Saint-Martin Boulogne (62), le 19 mars à Montgermont (35), le 22 mars à Gières (38), le 6 mai à Montauban de Bretagne (35)... et en juillet au Festival Off d'Avignon (Théâtre Arto).

Blønd and Blōnd and Blǒnd: sans filtre !

(c) Pascalito

Après avoir tourné un peu partout en France (dont 5 années de suite à Avignon) et à l'étranger avec leur irrévérencieux "Hømåj à la chønson française" Mår, Glär et Tø, des soeurs et frère réunis sous le nom de Blønd and Blōnd and Blǒnd, reviennent avec leur spectacle "Mariåj en chønsons", mis en scène par Jean-Claude Cotillard.
Pour l'occasion, ils ont revêtus leurs plus beaux costumes (imaginés par Sarah Dupont) afin de faire honneur à l'union de Magnus, leur ami d'enfance, avec la française Gwendoline.
Une cérémonie dont ils assurent évidemment l'animation. Sur scène, une table est dressée pour recevoir les convives, désignés parmi les spectateurs.


Dès les voeux de bonheur et les compliments qui tournent à l'aigre, on comprend que les noces vont très vite partir en vrille. D'autant que la décapante fratrie puise avec délectation dans les recettes qui ont assuré son succès. A savoir le détournement de refrains populaires qu'ils interprètent avec un humour sans filtre. Des "Champs-Élysées" devenus "Auchan-Vélizy" aux imitations de Vincent Delerm et Benjamin Biolay, en passant par "Djobi Djoba" à la manière de Christine and The Queens ou "Joe le taxi" en marche militaire... le trio est franchement désopilant. Dotées d'un timbre qui leur permet de jouer sur tous les registres: rock, lyrique, pop, rap et même le scat, les demoiselles assurent le show. Tout comme le frère avec son côté pince-sans-rire.  

(c) Pascalito


Un bémol pourtant lorsqu'ils cèdent à leur penchant pour les blagues potaches et l'humour trash comme la reprise du succès de Carla Bruni transformé en "caca m'a dit" ou les images d'abattoir accompagnant l'arrivée d'une tête de veau sur un plateau.
Au final, ils choisissent de remiser la traditionnelle danse des canards pour former un petit train sur l'air de "Libertine".  

Pas sûr qu'après un tel torpillage, les jeunes mariés songent encore à partir en lune de miel...

Tous les mardis à 21h30, du 1er février au 29 mars 2022, à l'Européen, 5, rue Biot, 75017 Paris. Tél.:01.44.51.93.26. Loc. points de vente habituels. www.leuropeen.paris


26 déc. 2021

Weekend Affair: un élégant duo de pop-électro aux accents mélancoliques

 

(c) Die Frau

Après un premier album en anglais "Welcome To Your Fate", sorti en mars 2015, suivi trois ans plus tard par "Du Rivage",  le chanteur Louis Aguilar et le batteur Cyril Debarge, réunis sous le nom de Weekend Affair, ont sorti le 27 novembre dernier "Quand vient la nuit", écrit et composé à quatre mains (avec la participation de Jean Sylvain Le Gouic sur trois mélodies). 

Un bel opus de pop-électro, baigné d'une délicate et élégante mélancolie, dont le côté parfois sombre est contrebalancé par des mélodies enlevées. A l'image de titres comme le single "Fini de jouer", "Les enfants de la fatigue", "Juste un rêve"... Entre deux enregistrements, ils ont également collaboré avec des artistes comme Albin de La Simone, Julien Doré, Rubin Steiner, Pomme... Rencontre avec le très inspiré duo lillois, de passage à Paris.

- Il paraît que votre duo est né dans un café à Lille ?

Louis: Nous venons de deux univers différents. Cyril était notamment le batteur du groupe électro-pop "We Are Enfant Terrible" tandis que moi, j'étais dans la mouvance folk. Nous nous sommes rencontrés, comme par magie,  dans un café de Lille où j'avais donné mon premier concert, à l'âge de 15 ans. 

- Cyril, vous étiez ingénieur dans l'agro-alimentaire, ce n'est pas le plus court chemin pour faire de la musique ?

Cyril: C'est vrai que je n'étais pas dans la même énergie. Mon père me disait toujours de voir la musique comme une passion.

- C'est d'ailleurs dans le grenier familial que vous avez découvert un synthé analogique du début des années 70 ?

Cyril: Je l'ai rangé depuis, mais il y en a un de la même époque que l'on peut entendre sur l'album.


(c) Nicolas Djavanshir

- Le duo, c'est la bonne formule pour vous ?

Louis: Tout-à-fait. Lorsque Cyril vient chez moi pour me faire écouter des musiques, si ça provoque un texte, cela donne naissance à une chanson. Nous faisons tout nous-mêmes. Cela nous permet d'avoir une grande liberté artistique. Aujourd'hui, nous sommes plus efficaces car nous nous connaissons bien. Chaque morceau est un nouveau petit laboratoire. Comme beaucoup de créatifs, je me suis parfois reposé sur la facilité, j'ai perdu du temps. Mais paradoxalement, c'est ce temps perdu qui me permet d'avoir du recul.

- Il est souvent question de temps dans cet l'album ?

Louis: Sans doute parce que j'ai le sentiment de ne jamais avoir assez de temps pour faire le choses. J'ai beaucoup vécu la nuit, un thème que vous avons abordé dans notre précédent album. A présent, j'ai deux enfants et je dois me réveiller le matin pour les emmener à l'école.

- J'ai entendu dire que le duo pourrait devenir un trio sur scène ?

Louis: Il s'agit de Jonathan Cagne qui joue de la basse et des claviers. Il nous permet de nous alléger de certaines contraintes. Avant je jouais de la basse et je chantais en même temps. J'avais parfois le sentiment que je devais séparer mon cerveau en deux. John sera probablement dans l'aventure sur scène.


- Dans une interview, vous avez confié que vous vous considériez comme des "débroussailleurs de musique" ?

- Cyril: J'imagine la pop comme un grand jardin avec des barrières et j'essaie de trouver différentes approches pour les déplacer. J'aime le mélange de musiques urbaines et de chansons françaises. Il y a toujours des endroits qui n'ont pas encore été explorés. 

- Chanter des textes mélancoliques sur des rythmes plus enlevés,  c'est un parti-pris ?

Louis: Je suis d'une nature mélancolique. Il faut parfois aller au fond de la tristesse pour être capable de remonter. Les musiques de Cyril ont ce pouvoir. Cet album est arrivé durant une période particulière. Le précédent était de la fiction avec des ambiances assez cinématographiques. Là, on est davantage dans l'introspection. Je me souviens avoir lu une interview de Leonard Cohen confiant qu'il mettait toute sa noirceur dans ses chansons afin de s'en libérer...

- album "Quand vient la nuit" (Pil Records/Les Airs à Vif), disponible depuis le 27 novembre 2021.

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André Manoukian: une brillante et savoureuse leçon de musique



Pianiste, compositeur, chroniqueur sur France Inter, ex-juré de l'émission Nouvelle Star sur M6... André Manoukian est aussi réputé pour son lyrisme verbal et son goût pour des apartés aussi savantes que savoureuses. Des qualités que l'on retrouve dans "Les notes qui s'aiment", un seul en scène truffé d'anecdotes dans lequel il évoque pêle-mêle sa jeunesse à Lyon, ses rencontres avec des chanteuses comme Liane Foly ou Michèle Torr,  ses racines arméniennes, Mozart, Beethoven, le jazz...
Entouré d'un clavier et d'un piano dont on aperçoit le mécanisme, il s'installe pour jouer, dos au public et sans partition,  avant de confesser "Je me suis tellement caché derrière les chanteurs !".  
Des chanteuses principalement car ce grand sentimental s'épanouit volontiers dans le rôle de Pygmalion. Revenant sur certaines ruptures,  il compare d'ailleurs la douleur à celle de la coupe du cordon ombilical avec une hache rouillée, sans anesthésie ! 
Entre deux savantes explications sur le bon usage "des notes qui s'aiment", il tord le cou à quelques idées reçues pour affirmer que la naissance du jazz se situerait à Paris, plus exactement dans les jardins des Tuileries où le peuple fêtait la mort de Robespierre (le 28 juillet 1794) et la fin de la terreur en exécutant le fameux "Quadrille des Tuileries" qui prendra plus tard le nom de cake-walk en Louisiane.
Il raconte ensuite l'histoire de "La lettre à Elise" de Beethoven qui s'adressait en fait à Thérèse, nous offre un résumé très personnel de Phèdre, la tragédie de Racine, rappelle que le pianiste Arthur Rubinstein fut le premier a être invité à se produire en Chine, sous Mao, nous montre comment modifier un son à l'aide d'une carte de crédit, cite le philosophe Gilles Deleuze... avant de nous résumer l'improbable lien entre le périnée d'une chanteuse et la transpiration dans la moustache du pianiste !
"Un compositeur, c'est quelqu'un qui entend ce que disent les notes" explique encore André Manoukian. Et, à n'en pas douter, ce dernier s'y entend pour rassembler néophytes et mélomanes autour d'une brillante et savoureuse leçon de musique.

- Le 27 décembre 2021, à 20h, au Théâtre de l'Oeuvre, 55, rue de Clichy, 75017 Paris. Tél.:01.44.53.88.88. www.theatredeloeuve.com.
En tournée: Les 12, 13, 14 janvier 2022 à Coppet (Suisse), le 21/01 à Livry-Gargan, le 28/01 à Wissou (91), le 29/01 à l'Arbresle (69), le 4/02 Le Locle (Suisse), le 13/03 à Avignon (84), les 16 et 17/03 à Montélimar (26)... et durant une semaine en septembre 2022 à l'Européen (5 rue Biot, 75017 Paris).

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15 déc. 2021

"Titanic": une comédie musicale riche en rires et émotions

(c) Editions Austreales

Dès l'entrée, le capitaine et une partie de son équipage, en tenue de gala, accueillent les spectateurs en leur souhaitant une belle traversée. On imagine qu'en 1912, les propos étaient sensiblement les mêmes... sauf que cette histoire du Titanic, revue en version comédie musicale, est loin d'être un naufrage ! Même si le célèbre paquebot coule quand même à la fin...

Ecrit et ingénieusement mis en en scène  par Axel Drhey, sur des musiques originales de Jo Zeugma, le spectacle qui navigue entre vaudeville et comédie burlesque avec, ici et là, quelques beaux moments d'émotions, nous embarque dès le largage des amarres. 
Sur le pont,  neuf comédiens-chanteurs et trois musiciens issus de la troupe des Moutons Noirs dont on a pu apprécier notamment le formidable travail sur Ruy Blas.  Il y a là un capitaine littéralement submergé par les évènements, un prêtre tourmenté par la fragilité de sa foi, une femme confrontée à un mariage arrangé, une aviatrice féministe, le représentant empoté de la White Star Line, le couple Jack et Rose immortalisé par le film de James Cameron... Hormis quelques meubles et accessoires, pas de décors somptueux à l'instar de ceux qui ornaient le fleuron de la flotte britannique.

 
(c) Editions Austreales

De la salle des machines aux coursives en passant par les salons et le pont de troisième classe, les tableaux se succèdent sur un rythme effréné, entrecoupés de belles scènes de danses et de chants.
Coup de chapeau (ou de casquette !) à la mythique scène du couple Rose et Jack, à la proue du bateau, assez délirante, tout comme les tribulations de ce lapin perdu au milieu des passagers. 

Au-delà de l'histoire traitée ici de manière loufoque et décalée, le spectacle est aussi l'occasion d'évoquer la place des femmes dans la société de la fin du XIXème et du début du XXème , la scission entre les classes, les injustices qui perdurent.

(c) Editions Austreales

Clin d'oeil symbolique, les musiciens continuent à jouer sur scène, tandis que les spectateurs,
manifestement conquis, quittent la salle...


Du 14 au 23 janvier 2022, à 20h30, le samedi à 14h30 et 20h30, le dimanche à 14h30 (le vendredi 21 janvier à 14h30 et 17h30), au Théâtre Traversière, 15 bis, rue Traversière, 75012 Paris. Tél.:01.43.46.65.41.  www.theatre-traversiere.fr

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