27 oct. 2020

Félicien Brut : "Il faut bousculer les codes sans les déconstruire"

(c) Nora Houguenade
Longtemps rangé au rayon musette, l'accordéon fut affublé de surnoms aussi péjoratifs que la boîte à chagrin, le branle-poumons ou le piano du pauvre. 
Félicien Brut fait partie de ces musiciens qui lui ont redonné ses lettres de noblesse et une nouvelle jeunesse.
Virtuose et intarissable lorsqu'il s'agit de raconter des anecdotes autour de son instrument fétiche, il est régulièrement invité dans des festivals de musique classique nationaux et internationaux. Et, en concert, il aime mêler les répertoires de Brel, Piazzolla, Galliano ou Chopin.
Pour l'album "Neuf" (qui sortira le 13 novembre prochain), dans lequel il joue avec le Quatuor Hermès et le contrebassiste Edouard Macarez, il s'est lancé un nouveau challenge: proposer à neuf compositeurs de célébrer Beethoven avec neuf morceaux originaux s'inspirant d'un élément de ses oeuvres. 
Rencontre avec un passionné qui pourrait bien vous réconcilier avec l'accordéon...

- Beaucoup pensent encore que l'accordéon est français, ce qui est une erreur ?
C'est en effet une fausse croyance. Il a été inventé par un autrichien, fabriqué en Italie et transformé en Russie. C'est aussi l'instrument le plus joué en Amérique latine.
- Comment expliquez-vous qu'il traîne encore cette réputation d' instrument démodé ?
Lorsqu'un genre devient très populaire, comme le musette, on dérape parfois vers le commercial. L'accordéon a connu un succès certain il y a quelques années mais la qualité du répertoire n'était pas toujours au rendez-vous. Du coup, cela a été plus difficile de lui faire prendre d'autres chemins. J'ai débuté dans le musette et c'est un genre d'une grande diversité et d'une grande richesse. Le point positif, c'est que l'accordéon est resté populaire auprès de la jeune génération. 
- C'est-à-dire ?
Si vous arrêtez quelqu'un dans la rue pour lui demander à quoi ressemble un basson ou un hautbois, la réponse sera nettement moins spontanée. L'accordéon est également présent dans le jazz, le rock, la chanson... Un film comme "Le fabuleux destin d'Amélie Poulain" a aussi changé la donne, avec la BO de Yann Tiersen. 
- Sur scène, vous aimez-bien raconter des histoires et anecdotes ?
C'est une habitude que j'ai conservée du bal musette. C'est difficile de passer de Chostakovitch à Galliano sans raconter une histoire pour faire le lien entre les pièces. Je suis tombé amoureux de la musique classique mais je n'ai pas un parcours normal dans ce milieu.  Je pense qu'il faut tout à la fois bousculer les codes, sans les déconstruire. Parler avec le public fait partie de cet effort d'ouverture. 
- Il paraît que vous avez reçu votre premier accordéon à l'âge de 2 ans ?
C'était un cadeau de mes parents et il était en plastique ! J'ai commencer à prendre des cours sur un vrai instrument à 6 ans.
- L'accordéon est aussi l'instrument des voyageurs ?
Avec la guitare, c'est l'un des instruments les plus faciles à transporter. Il a été adopté par les nomades et les gens du voyage. Il est lié à cette idée d'itinérance.
- Comment est née l'idée de l'album "Neuf" ?
C'est René Martin, le directeur des Folles Journées de Nantes qui m'a demandé d'imaginer un programme pour le 250ème anniversaire de la naissance de Beethoven. Ce n'était pas évident car Beethoven et l'accordéon, cela ne tombe pas sous le sens ! D'autant plus que ce compositeur est un dieu pour les musiciens classiques, peut-être même plus que Bach ou Mozart. Du coup, je me suis dit que la meilleure manière de lui rendre hommage était de susciter de nouvelles créations. On a fait appel à neuf compositeurs d'esthétiques différentes  (Stéphane Delplace, Fabien Waksman, Patrice d'Ollone, Thibault Perrine, Domi Emorine, Corentin Apparailly, Jean-François Zygel, Cyrille Lehn et Thomas Ehnco) en leur commandant neuf pièces courtes. L'idée n'était pas de faire du Beethoven mais de s'inspirer d'une rythmique ou d'un thème.  
- Dans un article, un journaliste vous a surnommé le Robin des Bois de l'accordéon. Cela vous inspire quoi ?
Cela me plait davantage que d'être comparé au Capitaine Crochet !
- Il faisait peut-être référence à votre générosité sur scène ?
Pour moi, celui qui respire la générosité, c'est Richard Galliano. Quand il est sur scène, il est à 300%, quelle que soit la salle. Moi, il m'arrive de souffrir lorsque j'ai le sentiment que je n'ai pas tout donné !



- Album "Neuf" (label Mirare), disponible le 13 novembre 2020.
Le concert en duo avec le guitariste Thibaut Garcia, initialement prévu  le 27 octobre 2020 au Bal Blomet est reporté au 13 janvier 2021, à 20h30. 
Autres dates (sous réserve): le 31 octobre 2020 en trio avec Thomas et Romain Leleu (tuba zt trompette) au Festival Musique en Ré de l'Ile de Ré, le 6 novembre, en duo avec Julien Martineau (mandoline) à Lure (70), le 8 novembre en duo avec Julien Martineau au Festival Automne Musical de Nimes, le 14 novembre, en duo avec Thibault Garcia à Ancône (26), le 15 novembre, Sextuor Neuf à Valence (26), les 28 et 29 novembre, Sextuor Le Pari des Brtelles à la Philharmonie de Luxembourg...

20 oct. 2020

Anne Ducros: de Django Reinhardt aux Beatles !

Elle s'est spécialisée dans la musique baroque de Couperin, Bach, Rameau... avant de se laisser happer par le chant de sirènes comme Ella Fitzgerald ou Billie Holiday. Mais au-delà d'un parcours jonché de récompenses qui lui permet d'apparaître aujourd'hui comme l'une des grandes vocalises du jazz en France, Anne Ducros est aussi une insatiable curieuse qui se plait à prendre des chemins buissonniers, comme le prouve sa discographie. Avec son dernier opus "Something" dont elle fêtait la sortie au Café de la Danse, en mars dernier,  la chanteuse confirme son goût pour les mélodies qui ont marqué le XXème siècle. "C'est un vrai plaisir pour moi de chanter des morceaux que je connais depuis toujours et que j'interprétais déjà quand j'ai débuté aux Trois Mailletz" (le célèbre club du Quartier Latin) et dans mon petit appartement de la rue Quincampoix"confiait-elle alors. 

Accompagnée sur le disque et sur scène par deux magnifiques musiciens: Adrien Moignard à la guitare et Diego Imbert à la contrebasse, la chanteuse se balade sur les fameux "Nuages" de Django Reinhardt, aborde la pop anglo-saxonne avec "Your Song" d'Elton John ou "Something" des Beatles tout en nous régalant d'un délicieux "Tea For Two" (immortalisé par Doris Day). En chemin, elle nous offre également une dansante version du "Samba Saravah" de Pierre Barouh, avant de célébrer "The Good Life" (La belle vie), la chanson de Sacha Distel et Jean Broussole, devenue un standard du jazz. Non contente de posséder un timbre d'une incroyable musicalité, un sens inné du swing et de l'improvisation et un impeccable phrasé, Anne Ducros aime échanger avec le public. Une simplicité qui conforte la réputation des gens du Nord, dont elle est originaire. Sur son site, confirmant (à un horaire adapté) le concert au Bal Blomet pour la sortie de la version vinyle de l'album, elle a écrit "Je n'ai pas joué depuis le confinement, je vous préviens je vais tout donner !" On peut compter sur cette généreuse artiste pour tenir sa promesse.

- Album "Something" (Sunset Records/L'Autre distribution). En concert à Paris, le 22 octobre 2020, à 19h (dans le cadre du Festival Jazz Sur Seine et des jeudis du Jazz Magazine) au Bal Blomet, 33, rue Blomet, 75015 Paris. www.balblomet.fr

En tournée: le 23 décembre 2020 "Jazz au Touquet" (Palais des Congrès), le 26 décembre 2020 à l'Impérial Christmas Festival d'Annecy (Impérial Palace), le 13 mars 2021 au Château d'Hardelot de Condette (Centre Culturel de l'Entente Cordiale)...
 

19 oct. 2020

La jolie vie de saltimbanque de Natalie Akoun

(c) Patricia Franchino
Son précédent spectacle s'appelait "Une histoire de clés". Cette fois,  Natalie Akoun ouvre grand sa porte pour nous inviter à partager son "Âge d'or". Tout commence alors qu'elle découvre une affiche de Michel Fugain et le Big Bazar depuis une fenêtre de l'appartement de son enfance. Elle rêve alors de partir sur les routes pour mener une vie de saltimbanque. Elle passera par les cours du théâtre des Quartiers d'Ivry, de l'école de Chaillot puis du Conservatoire National d'Art Dramatique de Paris avant de fouler enfin les planches pour jouer Molière, Dostoïevski, Brecht... 
Mais l'envie de chanter "sa" belle histoire l'a toujours titillée. Avec la complicité du metteur en scène Olivier Cruveiller, des musiciens Vincent Leterme (au piano) et Laurent Valero (au violon), elle raconte ici les discussions de son père et de son grand-père sur le conflit israélo-palestinien, ses premières fêtes de l'Huma sur l'épaule de ses parents, les soirées télé avec sa soeur devant les émissions de variétés, ses émotions de spectatrice au Théâtre de la Cartoucherie de Vincennes, ses débuts dans le métro avec un chanteur américain... Le tout entrecoupé de chansons comme "Jouez violons, sonnez crécelles", "Un petit poisson, un petit oiseau", "Saint-Germain-des-Prés", "Madame Nostalgie", "La ballade des baladins", "Trois petites notes de musique"...
Son joli timbre aurait sans doute mérité d'être amplifié par un micro, notamment sur la reprise de "L'âge d'or" de Léo Ferré mais la spontanéité, la grâce et les talents de conteuse et comédienne de Natalie Akoun emportent définitivement l'adhésion.

Les 24 et 31 octobre, à 18h30 et du 4 décembre au 25 janvier 2021, les ven. et Sam. à 21h, au Théâtre Les Rendez-vous d'Ailleurs, 109, rue des Haies, 75020 Paris. 

14 oct. 2020

L'hymne à la liberté de Joséphine B.

(c) Pascal Gely
En fond de scène des silhouettes de danseuses projetées sur un écran géant accompagnent les propos du narrateur: "Elle a toujours su d'où elle venait, mais elle ne savait pas qu'elle irait aussi loin...". Elle, c'est Freda Josephine McDonald, plus connue sous le nom de Joséphine Baker. C'est ce destin hors du commun que raconte "Joséphine B.", le spectacle écrit et mis en scène par Xavier Durringer.  Un destin qui ressemble à une version américaine de Cendrillon ! 

Dans le rôle-titre, on s'incline devant la performance de la comédienne, chanteuse et danseuse Clarisse Caplan. Tour à tour espiègle, candide, provocante, enchaînant les numéros de danse avec une incroyable énergie, on retrouve même sur son visage grimaçant, les pitreries derrière lesquelles se réfugiait l'enfant pauvre de Saint-Louis. Au fil des tableaux, on assiste ainsi à la métamorphose de la petite fille frottant le sol de riches propriétaires dans son Missouri natal qui deviendra l'une des icônes du Paris des Années Folles.  A ses côtés, Thomas Armand, tout aussi talentueux, endosse les costumes de ceux (et celles) qui ont croisé sa route: le beau-père alcoolique et violent, Pépito son manager, la mondaine Caroline Dudley Reagan qui l'emmènera dans ses bagages  pour lui offrir de devenir la vedette de La Revue Nègre qu'elle souhaite monter à Paris...  Un parcours entrecoupé de séquences brèves évoquant Martin Luther King, la ségrégation, Rosa Parks... tandis que la voix de Billie Holiday résonne sur le bouleversant "Strange Fruit". Difficile, en un peu plus d'une heure de résumer 50 ans de carrière ! Xavier Durringer a donc choisi de terminer symboliquement ce beau spectacle avec "La danse sauvage", tirée de la Revue Nègre (présentée en 1925 au Théâtre des Champs-Elysées) qui fit scandale à l'époque puisque Joséphine y apparaissait tout juste vêtue d'une ceinture de bananes. Un numéro qui incarne à lui seul la liberté dont elle a fait preuve toute sa vie. Hasard ou clin d'oeil, "Joséphine B."est à l'affiche d'une salle voisine des Folies Bergère dont elle fut une inoubliable meneuse de revue...

Les jeu., ven., et sam. à 19h et les dim. à 16h, jusqu'au 3 janvier 2021, à la Scène Parisienne, 34, rue Richer, 75009 Paris. Tél.: 01.40.41.00.00. Loc. points de vente habituels et sur le site www.tlsp.com



Contrebrassens revient en quartet

Forte du  succès de son spectacle "Contrebrassens", avec la complicité du multi-instrumentiste Michael Wookey,  (voir sur ce blog le 12 février dernier), Pauline Dupuy revient nous enchanter avec une série de représentations supplémentaires, sur la scène du Studio Hébertot.  

Avec une certaine malice, elle avait choisi de puiser essentiellement dans des chansons où Brassens confessait son penchant pour le beau sexe. Cette fois, elle multiplie les plaisirs en invitant le duo de cuivres ArtDeko (trombone/ bugle ou trompette). Une formule quartet qui devrait apporter une nouvelle résonance à des titres comme "Cupidon" ou "La princesse et le croque-notes".  A (re)découvrir car la demoiselle fait passer de bien jolis moments de bonheur et d'émotion dans la salle.

Tous les dimanches à 19h et les lundis à 21h, jusqu'en décembre 2020, au Studio Hébertot, 78 bis, boulevard des Batignolles, 75017 Paris. Tél.: 01.42.93.13.04. www.studiohebertot.com


12 oct. 2020

Marc Casa: "Sur scène, je ne me sens ni comme un homme ni comme une femme"

(c) Betül Balkan

Après avoir rendu un vibrant hommage au répertoire de Barbara, Marc Casa qui, avec ses musiciens, se produit sous le nom de Lou Casa, renoue avec la Dame Brune en l'associant cette fois à une autre grande figure de la chanson française. Intitulé tout simplement "Barbara & Brel" l'album qui sortira le 13 novembre prochain, propose une lecture à la fois sensible et respectueuse de chansons comme "Mathilde", "L'amoureuse", "Au suivant" ou "La Solitude". Rencontre quelques jours avant ses concerts parisiens au Bal Blomet.


- Cet album a été enregistré dans des conditions difficiles, non ?
Nous l'avons enregistré en mars dernier ! Après, il a fallu jongler pour le mixage et le mastering s'est fait à distance. 
- S'attaquer à Brel après Barbara, c'est un sacré défi ?
C'est vrai que voir un homme reprendre Barbara, ce n'était déjà pas évident mais je pense que j'ai réussi à convaincre. Lorsque je suis sur scène, je ne me considère ni comme un homme, ni comme une femme. Quand on arrive à s'affranchir de ces barrières, cela semble plus facile. Le critère était que je puisse m'approprier sensiblement les chansons. Je suis dans une dynamique qui consiste à servir le propos. Ce qui me guide, c'est la sincérité. Avec de tels artistes, on ne peut pas faire moins bien. J'ai donc choisi de proposer quelque chose de différent.
- Comme la version tout en douceur de "Mathilde" ?
J'ai essayé de trouver le bon axe. C'est parfois difficile avec Brel car son image est tellement forte. Certains arrangements ont parfois un peu vieilli. Nous avons opté pour des sonorités plus contemporaines.
- Il y a aussi "Gauguin", une lettre à Jacques Brel écrite et composée par Barbara.
Je crois que ce titre n'existe pas en version studio mais seulement sur un live. C'est une chanson très particulière, écrite comme une lettre. 
- Vous avez fait quasiment un travail d'historien ?
C'est un bien grand mot ! Je veux rester à ma place. Mais cela faisait aussi partie de la démarche et ça la rendait encore plus passionnante. En concert, il y a d'ailleurs des projections et des extraits audios.
- Vous pouvez nous parler du sous-titre "des échanges, de présences et d'absences" ?
Il correspond à mon état d'esprit du moment et illustre le visuel de l'album où on voit trois chaises vides.
On échange avec eux mais on ne se met pas au même rang. J'ai imaginé trois catégories de chansons: des histoires d'amants, des histoires d'amour et des textes qui parlent des disparus. On peut évidemment parler de concept, même si je n'aime pas beaucoup de mot. En fait, j'ai essayé de m'approprier les chansons pour y mettre un peu de mon histoire. C'est la seule contrainte que je me suis imposée. J'ai tellement de respect pour ces deux artistes qu'il fallait que je trouve une vraie sincérité au fond de moi. J'ai toujours été impressionné par le public de Barbara. Elle écrivait je mais cela faisait écho auprès de chacun d'entre nous. A l'instar d'artistes comme Nina Simone ou Angélique Ionatos, elle exprimait ses fêlures avec dignité. C'est ce qui me touche et que je me suis efforcé d'exprimer. J'ai beaucoup appris avec ce projet.
- Vous allez bientôt le porter sur scène ?
J'ai hâte. Parce que quand on rencontre le public, il y a un véritable partage.

- Album "Barbara et Brel" (Les Soirs Imprudents), disponible le 13 novembre 2020

En concert à Paris, le 26 janvier 2021, à 20h, au Bal Blomet. 33, rue Blomet, 75015 Paris. billetterie sur www.balblomet.fr 
En tournée:  le 22 janvier 2021 à Argenton-sur-Creuse (36), le 23 janvier à Marly-le-Roi (78), le 5 février à Loctudy (29), les 24 et 25 février à Bayonne (34), le 26 février à Jurançon (64), le 27 février à Castelginest (31), le 11 mars à Biarritz, le 12 mars à Montignac, (24), le 13 mars à Pavaillac (24), le 9 avril à Saint-Cyr-sur-Loire, le 10 avril à Champigny-sur-Veude (37)...

 

9 oct. 2020

Jazz sur Seine : 9ème édition

C'est le rendez-vous des amoureux du jazz ! Mais pas seulement car le genre ne cesse de se renouveler et les musiciens, reconnus et à découvrir, butinent volontiers dans des sonorités world, funk, folk, rock...pour enrichir leur répertoire. 

Pour cette nouvelle édition du "Festival Jazz sur Seine", actualité oblige, ce sont essentiellement des artistes français et européens qui se produiront dans une vingtaine de clubs de Paris Île-de-France pour plus de 150 concerts. Certains rendez-vous menaçant d'être annulés, nous vous consellons fortement de consulter le site de l'Association Paris Jazz Club (www.parisjazzclub.net), à l'origine de cette belle initiative, en partenariat avec l'Adami. Ce qui ne change pas, en revanche, ce sont les prix particulièrement attractifs ! Ainsi, pour 40 € vous pourrez assister à 3 concerts (dans des lieux différents) et une offre découverte est proposée à 10 €. 

 Du 9 au 24 octobre 2020 à Paris et en Île-de-France. 

 

5 oct. 2020

Album de famille: un pétillant cocktail d'humour et de tendresse

Ce spectacle musical présenté par la Compagnie du Sans Souci a remporté le Devos d'Or 2012 et affiche plus de 1000 représentations au compteur. Autant dire que les chanteurs, comédiens (et musiciens) sont bien rodés pour vous faire passer un moment inoubliable !
Remarquable, cet "Album de famille", judicieusement mis en scène par Isabelle Turschwell et Lauri Lupi, l'est à plus d'un titre. Tout d'abord parce que réussir à nous faire oublier cette sombre et chaotique période en à peine une heure vingt relève du miracle ! Ensuite, parce que le casting est un sans faute. Et enfin, le choix des chansons est si malin qu'on se demande si le spectacle a été construit autour de la vingtaine de titres ou si ces derniers ont été composés pour l'occasion. Sur ce dernier point, le doute n'est pas permis puisque les morceaux puisent dans le répertoire de Luis Mariano, Serge Reggiani, Brassens, Michel Polnareff, Jacques Dutronc, Richard, Anthony, les Fatals Picards... 
Et  on peut affirmer sans risque, qu'à l'époque de succès comme "Maman la plus belle du monde" ou "Fais pas ci, fais pas ça" les artistes présents sur scène n'étaient même pas encore à l'état de spermatozoïdes ! 
D'ailleurs , en parlant de ces frétillantes cellules, on retiendra notamment la délirante performance de la comédienne, un bonnet blanc vissé sur la tête, qui se fait éjecter par son futur frère avec un dédaigneux "Dégage, t'es pas née" ! 
En feuilletant ce bel "album de famille", on découvre aussi un couple bouleversé par le départ des grands enfants, on se retrouve un peu dans les révoltes d'une adolescente traitant ses parents de "sabordeurs de vie", on assiste aux ruptures-réconciliations, on verse même une petite larme (de rire !) sur la désopilante reprise des "Vieux mariés"...
Des tranches de vie à la fois tendres, nostalgiques et drôles, interprétées par des artistes bourrés d'énergie et de talent.
Alors, si vous cherchez comment soigner votre vague-à-l'âme, on ne saurait trop vous conseiller d'aller consulter du côté du Studio Hébertot. Vous pourrez même vous inscrire pour plusieurs séances puisqu'une dizaine de comédiens-chanteurs s'y produiront en alternance, jusqu'au 22 novembre.

Les jeu. ven. et sam. à 19h et le dimanche à 17h, au Studio Hébertot, 78 bis boulevard des Batignolles, 75017 Paris. Loc. au 01.42.93.13.04. www.studiohebertot.com 
 

Claire Parsons: "Je baigne dans la musique depuis toujours"


(c) Lynn Theisen
Chanteuse, musicienne et compositrice luxembourgeoise, d'origine anglaise, Claire Parsons a participé à de nombreux festivals réputés tels que Jazz à Vienne, Nancy Jazz Pulsations ou le Jazz Festival Albertville. 
Pour l'album "In Geometry" (dont elle a signé les textes et mélodies) elle retrouve le guitariste israélien Eran Har Even, avec qui elle avait enregistré son premier EP "OnOff" (en 2019). 
Un solide trio constitué du batteur et pianiste franco-luxembourgeois Jérôme Klein, du bassiste Pol Belardi et du batteur Niels Engels vient compléter cet ensemble qui crée un univers onirique mêlant jazz, classique, folk, pop-rock, électro...
Un opus dont les harmonies aussi brillantes qu'originales sont à l'image de celle qui apparaît d'ores et déjà comme la nouvelle révélation du jazz vocal européen.

 - Composer en s'inspirant des formes géométriques, c'est une approche plutôt inattendue ? 
Pas vraiment. Pour moi, nous vivons dans un monde géométrique. Ce qui nous entoure est constitué de trois choses: les lignes, les points et les courbes. Si on perd ces repères, on perd aussi le contrôle. Il faut sans cesse y revenir pour se réinventer, se reconstruire. C'est une philosophie que j'ai assayé d'appliquer à cet album.  
 - Vous retrouvez Eran Har Even avec qui vous aviez enregistré "OnOff" ? 
C'est quelqu'un qui m'est cher. Nous avons des échanges très constructifs. Ce premier EP était une manière de définir mon univers. 
Vous avez commencé le piano très jeune ?
J'avais 5 ans. J'ai aussi étudié la guitare classique et électrique, le chant, le jazz...  Je baigne dans la musique depuis toujours. C'est pratiquement toute ma vie !
Vous travaillez aussi sur votre Master au Conservatoire Royal de Bruxelles ?
En fait, je viens de recevoir mon diplôme ! Donc, je ne suis plus étudiante. Pour cette thèse, j'ai justement choisi mon album. Cela m'a permis d'évoquer l'écriture, la composition, les harmonies... mais aussi le fait de travailler avec un label.
- Justement, pouvez-vous nous parler du label Double Moon Records et du magazine allemand "Jazz Thing" qui ont soutenu votre projet ?
Le label travaille sur le jazz. Ils ont misé sur moi en me donnant carte blanche. J'appréhendais un peu leur réaction car, durant le travail d'écriture, j'ai réalisé à quel point les influences pouvaient etre multiples. Quand on est musicien, on se nourrit d'autres sons et j'avais un peu peur que mes morceaux ne sonnent pas assez jazz pour eux ! Quant à Jazz Thing, ils m'ont offert de distribuer mon CD avec leur magazine (dans le cadre d'une série intitulée "Next Generation Vol.83). C'est une formidable opportunité pour les jeunes artistes comme moi.
  
                                                  


                

- En concert, vous prévoyez d'inclure des objets dessinés sur l'album et que l'on retrouve dans le clip du single "No Shape" ?
En effet. C'est l'oeuvre d'une jeune artiste autrichienne qui s'appelle Astrid Rothaug. L'idée est de mélanger le son et les images pour illustrer le concept de "In Geometry". 
J'ai hâte car être avec des gens dans une salle, c'est une énergie et un échange tellement précieux !


 - Album "In Geometry" (Double Moon Records- Challenge Records Int.), 
distribution DistrArt Musique. 
En concert: le 27 octobre 2020 - Aishinka, Jazz Out! Festival (Heerlen, NL) 
et le 28 novembre 2020 au Luxembourg Jazz Meeting.

1 oct. 2020

Cinq de Coeur tient ses promesses

Après le succès largement mérité de son dernier spectacle "Oh la belle vie !" (voir sur ce blog le 30 juin 2019), le fameux quintette  a cappella est de retour pour une série de représentations supplémentaires. L'occasion de (re)découvrir ces joyeux complices (2 sopranos, 1 contralto, 1 ténor et un baryton basse) qui jonglent avec bonheur (et humour) sur tous les registres: du jazz à la chanson en passant par le classique, le rock, le rap, l'opéra... Et le titre de ce show aussi drôle que fantasque tient toutes ses promesses ! Avec Cinq de Coeur la vie semble en effet plus belle...

Jusqu'au 31 octobre 2020, les jeu. ven. et sam. à 21h , à l'Alhambra, 21, rue Yves Toudic, 75010 Paris. Location sur place ou sur le site www.alhambra-paris.com (à consulter pour connaître les éventuelles dates de report. Tarif unique à 38 €

  


1 août 2020

"Vous allez faire un tube !": une promesse de succès ?

(c) Michel Roudnev
L'idée n'est pas forcément inédite mais elle répond au rêve secret de tout artiste: inscrire l'un de ses titres parmi les incontournables de la chanson !
On sait bien que si la recette d'un tube existait, le monde de la musique perdrait un peu de sa magie. Mais rien n'empêche de rêver qu'un  jour (ou peut-être une nuit) vous serez celui ou celle qui concoctera un succès dont la renommée pourrait rivaliser avec "Ne me quitte pas", "Yesterday", "L'aigle noir", "Bohemian Rhapsody", "La Javanaise",  "God Save The Queen" ou "Comme d'habitude".
C'est en tout cas le propos de Isabelle Carpentier (voix), Yan Vagh (guitare, voix), Marjolaine Ott (flûte, voix), Antoine Abed (basse) et Benjamin Colins (batterie) dans le spectacle musical et interactif "Vous allez faire un tube !", mis en scène par Camille Saféris.
Dès les premières minutes, cette dynamique troupe vêtue de blouses blanches décortique scientifiquement les ingrédients nécessaires (et les pièges à éviter) en énonçant les principes de base: le rythme, la mélodie, le texte, l'harmonie et les arrangements. Un cours magistral et ludique, entrecoupé de versions revisitées de "Smoke on The Water" de Deep Purple, "Billie Jean" de Michael Jackson, "Born to Be Alive" de Patrick Hernandez à la sauce country ou encore le fameux "Sapés comme jamais" de Maître Gims qui prend ici une autre dimension...
En seconde partie, les chanteurs et musiciens invitent le public à se lancer ! On assiste ainsi, en live, à la naissance d'une chanson. Bien sûr, comme dans tout spectacle interactif, c'est l'inspiration  des spectateurs qui fait la différence. Quant à savoir si le tube de la prochaine décennie (et des suivantes) est au programme de ce spectacle, les paris sont ouverts...

Jusqu'au 9 août 2020, le jeudi à 19h, les ven. et sam. à 21h et le dimanche à 16h, au Théâtre de La Reine Blanche, 2 bis, Passage Ruelle, 75018 Paris. Tél.: 01.40.05.06.96. Prix: 25 €. tarifs réduits à 10 et 20 €. www.reineblanche.com 

30 mars 2020

Pierre-Yves Duchesne: "Le chant est une planche de salut pour vivre au jour le jour"

Pierre-Yves Duchesne
Qui n'a pas chanté sous la douche le matin pour saluer le printemps  ou le soir, après une dure journée ? Que ce soit pour laisser éclater sa joie, exprimer des émotions ou rompre la solitude, le chant est salvateur. Il peut aussi devenir une passion. Comme celle qui anime Pierre-Yves Duchesne, depuis qu'il a fait ses premiers pas sur les planches de sa Belgique natale. Dans sa biographie, on peut lire qu'il fut le seul artiste francophone  à jouer le rôle-titre du "Fantôme de l'Opéra" à Hambourg.
De "La vie Parisienne" mise en scène par Jérôme Savary à l'Opéra Comique, à "Cats" au Théâtre Mogador, en passant par "My Fair Lady", "Les Contes d'Hoffmann", "L'Homme de la Mancha" ou "Le Pays du Sourire", il s'est frotté à bon nombre de répertoires. Chanteur, comédien, metteur en scène, coach, l'homme est aussi un passeur. Il y a une quinzaine d'années, il a fondé l'Académie Internationale de Comédie Musicale (AICOM), première école européenne pluridisciplinaire dans les métiers de la danse, du chant et du théâtre. Ce campus installé à Créteil est actuellement fermé, pour cause de confinement. Mais, depuis quelques jours, Pierre-Yves Duchesne dispense gratuitement des cours de technique vocale sur sa page Facebook. Un rendez-vous baptisé "La PY Hour"...

- Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur "La PY Hour" ?
Nous avons commencé le samedi 21 mars. Chaque jour, à 11 heures, week-end compris, je donne gratuitement des cours de technique vocale, ouverts à tous. Je pensais avoir une vingtaine de personnes qui me suivraient. Aujourd'hui (le 27 mars) j'en suis à 400 avec plus de 7000 vues. Le chant est idéal pour se mettre en miroir. Nous allons poursuivre jusqu'à la fin du confinement. Il y a aussi des rendez-vous le soir avec Lara Fabian, des artistes anglo-saxons et quelqu'un qui intervient depuis Vancouver. Ce qui fait qu'au total, nous avons pas moins de 3 heures de live.
- Vous êtes également coach vocal sur la nouvelle saison de "The Voice" ?
Oui. Les demi-finales et finales sont évidemment reportées. C'est une expérience formidable pour moi. Je me suis même remis en question sur un certain nombre de choses.
- C'est-à-dire ?
J'étais un peu élitiste en ce qui concerne la voix. Quand on est spécialiste, on oublie parfois de voir autre chose. Là, je me suis aussi intéressé aux histoires de ces candidats et beaucoup m'ont touché.
- Comme celle de ce jeune homme qui chantait pour sa soeur disparue ?
Je l'ai accompagné dès le début. J'avais quinze jours pour lui enseigner les bases et en faire un chanteur.
- Que ce soit au sein d'AICOM ou la télévision, à quel moment sentez-vous qu'un jeune artiste a un  potentiel ?
Etrangement, cela se passe dans les dix premières secondes. Je fais confiance à mes poils !
- Vous êtes heureux dans votre rôle de pédagogue ?
AICOM
Je suis comblé ! Je ne pense pas que ma vie aurait été si pleine si je n'avais pas eu cette possibilité de partager et distribuer ce que j'ai acquis. Avec AICOM, j'ai réalisé le fantasme que j'avais à 18 ans !
- Peut-on dire qu'il y a un âge idéal pour débuter ?
Non. C'est du cas par cas. J'ai eu des élèves qui, à cinq ans, possédaient déjà un certain nombre de qualités.
- Donner des cours sur internet, c'est inédit pour vous ?
C'est un support que je connaissais mal. Cela ne fait pas partie de ma culture. Aujourd'hui, compte tenu de ce que nous traversons, c'est capital pour partager et transmettre.  Quand on travaille sur la voix, on travaille aussi sur la posture, la concentration, la respiration, le lâcher-prise... Le chant est une  planche de salut pour vivre au jour le jour.

- Page Facebook live Pierre-Yves Duchesne
Campus AICOM, 10, rue Albert Einstein, 94000 Créteil. http://www.aicomparis.com/

10 mars 2020

Les pouvoirs magiques des Echos-Liés

Leur histoire devrait figurer dans les manuels scolaires, option éducation civique !  Révélés au grand public grâce à l'émission "La France a un incroyable talent" dont ils sont sortis vainqueurs en 2009, les Echos-Liés ont donné depuis plus de 800 représentations en France et à l'étranger.
"Je me suis demandé ce dont le public avait besoin pour rêver, rire, aller mieux, croire, se dépasser..."  explique Jérôme Ortega, directeur artistique et chorégraphe de la troupe.
Et, chaque soir, sur la scène de Bobino, Jérôme et ses fougueux complices ne ménagent pas leurs efforts pour distribuer du rêve et des encouragements à faire les bons choix, à pratiquer le partage, à protéger les plus fragiles... Le propos peut sembler un brin naïf, voire utopique, mais il trouve un large écho auprès des spectateurs et il faudrait avoir l'esprit bien chagrin pour ne pas s'en réjouir.
Dès les premières minutes du spectacle "Unclassified 2.0. Une journée à l'école de la vie", on découvre la troupe sagement assise dans une salle de classe. Au programme ? Du rap, de l'humour, du hip hop et de l'énergie P.O.S.I.T.I.V.E. ! Un mantra qui revient tout au long de ce show survitaminé.
Si le début est un peu scolaire en effet, ces élèves pas comme les autres prennent très vite leur envol pour offrir des performances impressionnantes. Le tout entrecoupé de séquences réussies comme le clin d'oeil au monde de la télé et de la chanson, les solos joliment mis en lumières ou le tableau quasiment classique avec Maïlyss Ortega, la seule jeune fille du groupe.
Le tout distillé avec une bonne humeur communicative.
Et lorsque, au final, le maître de ce joyeux ballet nous rappelle que nous avons tous des pouvoirs magiques, même si les grands l'ont parfois oublié et que les enfants ne le savent pas encore, on se sent pousser des ailes pour aller porter haut et loin ces messages humanistes...

Jusqu'au 20 juin 2020, du mercredi au samedi à 19 heures, à Bobino, 14-20, rue de la Gaîté, 75014 Paris. Prix: de 21 à 47 ( moins de 26 ans: 21 €) et pack famille (3 personnes dont 1 moins de 18 ans) de 29 à 37 €?  Tél.: 01.43.27.24.24. et loc. points de vente habituels. http://www.bobino.fr/ 

8 mars 2020

"Grease" en ciné-concert

Personne n'a oublié la rock'n'roll histoire d'amour entre la belle et sage Sandy Olsson et le ténébreux Danny Zuko, chef de bande des T-Birds.
Un couple incarné au cinéma par Olivia Newton-John et John Travolta dans le film "Grease" , inspiré de la comédie musicale de Jim Jacobs et Warren Casey.
En avril prochain,  une version ciné-concert sera présentée lors d'une mini-tournée dans 4 villes françaises. Projeté en version originale sous-titrée, le film sera accompagné, en live,  par le Yellow Socks Orchestra, dirigé par Nicolas Simon.
Si vous voulez tout savoir sur les coulisses et anecdotes de tournage, sachez que le réalisateur Randal Kleiser, venu tout droit de Los Angeles, sera présent sur les 4 dates pour répondre aux questions du public.

Le 22 avril 2020 au Grand Rex, le 24 avril au Zenith de Lille, le 25 avril au Zénith de Nantes et le 26 avril à Bordeaux (Arkéa Arena). 
Tarifs à partir de 35 € (placement numéroté).
Infos et réservations sur http://www.u-play.fr/

6 mars 2020

Térez Montcalm "J'aime faire le show"

Térez Montcalm (c) Laurence Labat
Est-ce son timbre rauque et puissant qui rappelle celui d'une artiste entrée dans la légende ? Son jeu de guitare ? L'énergie avec laquelle elle s'empare de la scène ? On dit volontiers que Térez Montcalm est la plus rock des chanteuses de jazz. "Cela tient sans doute à mon timbre. C'est vrai que j'aime le rock. Mais ce que j'aime surtout, c'est faire le show" confie la chanteuse, musicienne, compositrice et auteure (comme on l'écrit dans son Québec natal).
On peut donc s'attendre à vivre un moment d'exception pour le concert de clotûre de "Women In Jazz". Un festival 100% féminin qui célèbre les 65 ans de Jazz Magazine. Une revue créée par Eddie Barclay, reprise par Daniel Filipacchi et Franck Ténot, et en 2014 par Edouard Rencker, qui est devenue au fil des années "la" référence du genre. "Quand j'étais adolescente, je me précipitais pour l'acheter dès sa sortie" se souvient Térez.
Durant trois jours et dans deux salles parisiennes, Le Bal Blomet et l'Alhambra, "Women In Jazz" (cinquième édition du "Jazz Magazine Festival") accueillera des têtes d'affiche et de belles découvertes.  Le 19 mars: Natascha Rogers, Abraham Reunion (une fratrie réunie autour de la chanteuse Cynthia Abraham) et des guests pour une soirée aux chaudes couleurs des Caraïbes. Le lendemain, rendez-vous avec la nouvelle scène réunissant Leïla Martial en trio avec Baa Box et Anne Paceo en quintette ("Bright Shadows").
Quant au show promis par Térez Montcalm, le 21 mars à l'Alhambra, il devrait réserver de belles surprises puisqu'elle a invité la saxophoniste Géraldine Laurent et la chanteuse Lou Tavano. Outre un best of de ses succès, elle offrira au public parisien la primeur d'un titre inédit de l'album qu'elle enregistre actuellement chez nous. Des compositions originales (et deux ou trois reprises) dans l'esprit de la Motown, le fameux label dont on fête aussi l'anniversaire (le 60ème). "Je tombe bien mais je ne l'ai pas fait exprès !" s'amuse Térez qui ajoute: "l'influence jazz sera toujours là au niveau de la rythmique, mais on pourrait parler de "New Motown".
Un opus qui succède à "Quand on s'aime", dans lequel elle "électrisait" quelques classiques de la chanson française comme "La belle vie" de Sacha Distel", "Les feuilles mortes" de Prévert et Kosma, "Black Trombone" de Serge Gainsbourg, "Que reste-t-il de nos amours" de Trénet et bien sûr "Quand on s'aime" de Michel Legrand...
Ceux qui ont eu la chance de la voir sur scène à cette occasion n'ont sûrement pas oublié la formidable énergie insufflée à ces pépites du patrimoine. Tout comme son incandescente version (en français) du célèbre "Fever" de Peggy Lee.
Pour le nouvel album, dont la sortie est prévue à l'automne, elle hésite encore entre deux titres:  "This Is The Day" ou "Step Out" (inspiré par "Step Out Of The Dark"), mais la balance penche en faveur du second: "J'aime bien cette idée de sortir de l'ombre pour entrer dans la lumière" confie-t-elle.
En ce qui la concerne, il y a quelques années déjà que Térez Montcalm illumine la scène jazz...

Le 19 mars 2020 au Bal Blomet, 33, rue Blomet, 75015 Paris, les 20 et 21 mars 2020 à l'Alhambra, 21, rue Yves Toudic, 75010 Paris. Réservations dans les points de vente habituels et sur les sites http://www.balblomet.fr/ et http://www.alhambra-paris.com/


2 mars 2020

Michel Korb fait swinguer les chansons de Francis Lemarque

Compositeur de musiques pour le cinéma et la télévision, son parcours ne le destinait pas vraiment à monter un jour sur scène. Mais l'amour filial a eu raison de ses réticences (voir interview le 28 janvier 2019). Michel est en effet le fils de Nathan Korb, plus connu sous le nom de Francis Lemarque.
Son concert au Studio de l'Ermitage (le 19 février 2019) était une belle et swingante surprise, tout comme l'album "Michel Korb chante Francis Lemarque", enregistré avec une solide formation de musiciens et quelques complices comme Enzo Enzo, Sanseverino, Audrey, Thomas Dutronc et l'accordéoniste Roland Romanelli. C'est en compagnie de ce dernier et du guitariste de jazz Romain Vuillemin que Michel Korb se pose pour quelques soirs au Théâtre Essaïon pour reprendre les refrains de "Marjolaine", "Le temps du muguet", "A Paris", "Mon copain d'Pékin", "Quand un soldat"... 
Des chansons qui font partie de la mémoire collective mais qu'il n'est sans doute pas inutile de fredonner à l'oreille des plus jeunes...

Du 2 au 24 mars 2020, les lundis et mardis, à 19h15, au Théâtre de l'Essaïon, 6, rue Pierre au Lard, 75004 Paris. Tél.:01.42.78.46.42. Prix: 20 € et tarif réduit à 15 €. http://www.essaion-theatre.com/

28 févr. 2020

Julia Biel: "c'est la musique qui connecte les gens"

(c) Marc Cant
Son album précédent portait tout simplement son nom : Julia Biel. Après avoir débuté dans un groupe, elle a évolué vers un piano-voix, à l'image de son nouvel opus "Black and White".
Une démarche inhabituelle qui est loin d'être la seule particularité de cette superbe vocaliste, auteur, compositeur et musicienne, aussi à l'aise dans le jazz que dans la pop. Remarquée dans de nombreux festivals, elle a notamment assuré la première partie de Bob Dylan à Stuttgart.
Née en Angleterre, d'origine sud-africaine par son père et allemande par sa mère, Julia a aussi étudié les langues à l'Université d'Oxford !  Un cursus qui n'est pas le plus court chemin pour enregistrer des chansons solaires, portées par de délicats arrangements, sur les thèmes de l'amour, de la douleur, de la solitude ou des racines.
A écouter en boucle, lové dans un canapé, en imaginant un monde plus serein...

- Comment est venue l'idée de cette formule piano-voix ?
Elle a fait son chemin. J'avais l'habitude en concert de jouer quelques petites pièces, seule au piano, et de nombreuses personnes m'ont demandé pourquoi je ne ne ferais pas tout un album comme ça. Cela a représenté une véritable étape dans ma carrière.
- D'où vient le chant d'oiseaux que l'on entend sur le disque ?
Ce sont les oiseaux de mon jardin que j'ai enregistrés un matin, au réveil. J'ai trouvé que cela collait bien avec l'ambiance.
- "Black and White" parle aussi de souffrance ?
C'est vrai que j'étais en colère en lisant des livres sur le racisme au Royaume-Uni. Savez-vous qu'il existe même un "Black History Month" en Grande-Bretagne ? Une fois par an, on pense ainsi aux gens qui ne sont pas blancs. A Londres, où je vis, on me demande souvent d'où je viens. Personnellement, je n'aime pas le mot métisse. La lecture de ces ouvrages m'a aidée. Avant, j'étais plus occupée à me comprendre moi-même. Toutes ces réflexions m'ont amenée à faire cet album. C'est la musique qui connecte les gens, pas la couleur de leur peau.
- Etudier les langues à Oxford, c'était votre souhait ?
C'est vrai que la musique n'était pas l'option de départ. J'avais même pensé à l'art.
- Quel a été le déclic pour changer de voie ?
C'est un professeur de musique qui m'a encouragée. Lorsque j'ai commencé le piano classique, j'étais plutôt médiocre mais j'ai toujours aimé chanter. Je joue aussi du violon et de la guitare. Mon père me disait qu'il avait rêvé d'être professeur d'histoire mais quand il est parti d'Afrique du Sud, les possibilités étaient restreintes et il est devenu comptable. Je crois que son souhait était de m'offrir la possibilité de faire ce que je voulais.
- On vous compare encore à Norah Jones ?
 Cela n'est pas la plus mauvaise des références ! Je l'ai entendue en concert et c'est plutôt flatteur. Les gens ont souvent besoin de vous coller une étiquette. On m'en parle moins maintenant.
- C'est vrai que le premier disque que vous avez acheté était un enregistrement du groupe Police ?
J'avais 11 ans et je l'écoute encore.  J'aime aussi Sade, Radiohead, Talk Talk, Nina Simone, Billie Holiday...  Je suis touchée par les artistes qui n'ont pas peur de montrer leurs sentiments, leur individualité. De mon côté, j'essaie toujours de partir du personnel pour tirer vers l'universel.
- Ce nouvel album a été enregistré chez vous ?
Oui. J'ai la chance d'avoir mon propre studio. Cela me permet de prendre du temps et de choisir les horaires ! J'aime travailler le soir ou très tôt le matin. C'est plus calme. Je peux presque entendre mes pensées...

- Album "Black and White, Volume 1" (Rokit Records/Ankhtone Records/Pias), disponible le 28 février 2020.

26 févr. 2020

Festival Blues autour du zinc de Beauvais: 25ème édition

Maceo Parker (c) Boris Breuer
Au fil des années, ce festival est devenu une référence. "Du blues, du blues, du blues" comme le chante Michel Jonasz mais aussi de la soul, du funk, du rock, du gospel, du rhythm'n'blues, du trip hop...
Durant onze jours, les théâtres, les auditoriums, les centres pénitentiaires de Beauvais et de Liancourt... sans oublier le fameux Magic Mirrors accueilleront des artistes de renommée internationale, des révélations et de belles surprises. Comme le grand saxophoniste et compositeur américain Maco Parker qui revient 21 ans après son premier passage à Beauvais, la charismatique chanteuse Skye Edwards et les frères Paul et Ross Godfrey plus connus sous le nom de Morcheeba ou encore Skip The Use, avec la version live de l'album "Past & Future", pour le concert de clotûre.

Skip The Use 
Il ne faudra pas rater non plus Michelle David & The Gospel Sessions, le rockeur de Kinshasa Jupiter (Bokondji) et son groupe Okwess, Melvin Taylor et Steve Hill, des artistes dans la pure tradition du blues, la soirée "Blues au féminin" (créée en 2003) qui réunira cette année Kitty, Daisy & Lewis, Beaux Gris Gris & The Apocalypse, Bernadette Seacrest...
Autre rendez-vous évidemment très attendu: la "Jimi Hendrix Celebration Night", organisée avec la complicité de Laura Cox, Steve Hill, Norbert Krief, Yarol et Philippe Almosnino... et l'incontournable Yazid Manou.
Et, puisqu'il faut bien justifier le nom de l'événement, les découvertes se feront dans les bars, autour du zinc (les 27 et 28 mars), en compagnie de Kent DuChaine, Ramon Goose et Joseph Martone.
Joseph Martone
(c) Finelli
On prend le pari que ce dernier, auteur-compositeur italo-américain, pourrait bien être la révélation 2020 avec les titres de son bel album "Honey Birds" qui sortira officiellement durant le festival (le 20 mars).

Du 19 au 29 mars 2020 à Beauvais. 
Infos et programme complet sur le site http://www.zincblues.com/ 

13 févr. 2020

La belle histoire du collectif Pockemon Crew

(c) Paul Bourdrel
Il était une fois... des potes issus des quartiers de Lyon, à la recherche du terrain idéal pour se livrer à quelques figures de hip-hop. Ce sera le parvis de l'Opéra de Lyon !
Leur patronyme, ils l'adoptent en référence au dessin animé qui fait fureur auprès des jeunes à la fin des années 90 et y ajoute crew (qui signifie troupe ou groupe en anglais)...
Une vingtaine d'années plus tard Pockemon Crew, dirigé par le chorégraphe Riyad Fghani, est devenu le groupe de breakdance le plus primé. Il a tourné un peu partout dans le monde avec des spectacles comme "Silence on tourne", inspiré du cinéma des années 30-40, "Hashtag 2.0" évoquant l'omniprésence des réseaux sociaux...
Quant aux membres, ils couvrent quasiment trois générations puisque la plupart ont rejoint le collectif à l'âge de 13/14 ans. Au fil des années,  Pockemon Crew a su intégrer la rigueur des danseurs classiques et les prouesses du hip-hop.
Il fêtera son vingtième anniversaire à Bobino avec le spectacle "Empreinte", une création confiée à Rachid Hamchaoui.

Du 19 au 22 février 2020 à Bobino, 14-20 rue de la Gaîté, 75014 Paris. Tél. 01.43.27.24.24. 
Loc. points de vente habituels. Places: de 19 à 37 €. http://bobino.fr/


12 févr. 2020

Contrebrassens: un clin d'oeil malicieux au répertoire du poète sétois

(c) Julien Wieser
Ce spectacle tourne avec succès depuis plusieurs années et on comprend pourquoi !
Avec une délicieuse malice, Pauline Dupuy a su choisir des chansons de Brassens qui parlent principalement des femmes. On connaît évidemment l'inclination du poète sétois pour le beau sexe. Un penchant plein de tendresse et de poésie, un brin licencieux parfois, qu'il a confessé dans des chansons comme "Cupidon", "Je me suis fait tout petit", "Le Parapluie", "La Non-demande en mariage", "Les Bancs publics", "Quatre-vingt-quinze pour cent", "La Complainte des filles de joie"...
Des déclarations que la chanteuse reprend avec respect, en y ajoutant une fraîcheur, un brin d'espièglerie et une modernité qui donnent le sentiment de redécouvrir un répertoire que l'on imaginait gravé dans le vinyle !
Sa voix chaude, presque lyrique et son jeu à la contrebasse s'accordent à merveille. Au point que l'on oublie presque la complexité de certaines harmonies. L'autre belle idée est d'avoir fait appel au chanteur et musicien anglais Michael Wookey qui apporte des sonorités aussi inventives qu'insolites au banjo, sur un piano pour enfant, avec des chaînes, des clochettes...
Après avoir évoqué son instrument dans des termes quasiment amoureux, Pauline Dupuy et son complice terminent avec des versions particulièrement réussies de "Il n'y a pas d'amour heureux" (poème de Louis Aragon)  et "Mourir pour des idées".
(c) Les Dimanches Matins
"Longtemps, longtemps, longtemps après que les poètes ont disparu, leurs chansons courent encore dans les rues..." affirmait Trénet.
Celles de Brassens se sont posées pour quelques soirs boulevard des Batignolles et il ne faut pas les laisser filer...

Jusqu'au 31 mars 2020, le lundi à 19h et le mardi à 21h, au Studio Hébertot, 78 bis, bd des Batignolles, 75017 Paris. 
Loc. au 01.42.93.13.04. http://www.studiohebertot.com/
En tournée: le 21 février à Alby-sur-Chéran, le 3 mars à Fontenay-aux-Roses, le 6 mars à Luynes, le 7 mars à Saint Martin du Fouilloux, le 8 mars à Beaulieu-Lés-Loches, le 28 mars à Viry-Châtillon, le 29 mars à Magny-les-Hameaux, le 9 mars au Bal Blomet à Paris (15ème)...

Robin McKelle: "J'essaie de mettre l'émotion avant la perfection

(c) Frank Bullitt
Depuis ses débuts, elle s'est imposée comme une vocaliste  aussi impressionnante dans le répertoire jazz que dans le blues, la soul ou le rhythm'n'blues.
Pour son nouvel album "Alterations" (dans les bacs vendredi prochain),  Robin McKelle s'offre un grand écart entre les générations et les styles avec des reprises de Sade, Amy Winehouse, Dolly Parton, Billie Holiday, Lana Del Ray, Carole King, Joni Mitchell, Janis Joplin, Adèle...
Un exercice dont elle se sort avec une égale virtuosité.
Des chansons enregistrées, à New York, dans les conditions d'un live, en une seule prise. Un huitième opus qui bénéficie également de brillants arrangements et d'une solide section de musiciens.
Entretien en français, quelques jours avant ses deux concerts au New Morning, avec cette native de Rochester qui se partage entre la France et les Etats-Unis depuis une dizaine d'années.



- Il paraît qu'au début de ce projet, vous aviez sélectionné 200 chansons. Comment s'est fait le choix définitif ?
J'ai écouté longuement chaque titre et, à la fin, j'ai décidé de faire les chansons de femmes compositrices avec qui j'ai grandi et qui m'ont touchées. L'idée était également de choisir des genres différents parce que je voulais faire un album qui me représente. Toutes ces artistes m'ont permis de trouver ma propre voie.
- Vous écoutiez Dolly Parton lorsque vous étiez plus jeune ?
Oui. J'ai toujours adoré la chanson "Jolene". Elle fait encore des concerts et elle chante toujours très bien. Je trouve que c'est très inspirant.
- Quelle reprise a été le plus gros challenge pour vous ?
Pour moi c'était Adèle. La chansons "Rolling in The Deep" a été un énorme succès. C'est encore très proche dans l'esprit des gens. Du coup, j'ai longtemps hésité avant de me lancer.
- C'est un peu la même chose avec "Back To Black" d'Amy Winehouse, non ?
 Lorsque je l'ai entendue pour la première fois, j'ai été touchée par son grain de voix et les paroles. Elle a eu une vie tragique et elle nous a tout donné dans ses chansons. Sa manière de chanter m'a donné un petit espoir dans un monde plus ouvert à la pop, avec des artistes sans âme.
- Joni Mitchell disait que tout le monde pouvait reprendre ses chansons mais que ceux qui avaient un pied dans le jazz pouvaient mieux capturer ses croquis de vie. Vous, vous y avez plutôt les deux pieds ?
Absolument. J'ai découvert le jazz lorsque j'avais 14 ans. A l'époque, j'étais plus intéressée par la pop ou le R&B. Le jazz m'a donné envie de faire quelque chose de différent dans la musique.
- Vous avez dit lors lors d'une interview que, pour vous, chanter c'était comme peindre ?
Je m'en souviens, c'était pour la sortie du précédent album (NDLR "Melodic Canvas"). Lorsque je commence à chanter, je pense à l'atmosphère que je veux installer et je choisis des couleurs: bleu, noir, orange... Après, je me dis: c'est quoi le mood (ambiance) ? Et j'ajoute de nouvelles couleurs.
- Comme vous, vos musiciens ont étudié au Berklee College of Music ?
C'est vrai. Sauf le pianiste et co-producteur Shedrick Mitchell. Les autres ont en effet fréquenté le même établissement que moi, mais pas forcément en même temps ! Il y a vraiment quelque chose entre nous. Nous ressentons la musique de la même manière, avec le même feeling. C'était facile de faire cet album avec eux. Nous avons répété une seule fois en studio, la veille de l'enregistrement.
On dit qu'à vos débuts, la comparaison avec Janis Joplin vous agaçait ?
Je trouvais que sa voix "grattait" trop ! Quand on me disait que je faisais parfois penser à Janis Joplin, je me disais: My god, je ne veux pas faire ça !  J'étais jeune et je ne réalisais pas à quel point ce qui comptait avant tout pour elle, c'était l'émotion. Elle était juste complètement libre. Après 40 ans, on voit les choses différemment. Aujourd'hui, j'essaie de mettre l'émotion avant la perfection.

- album "Alterations" (Membran/Sony), disponible le 14 février 2020.
En concert à Paris les 16 et 17 mars 2020, à 21h, au New Morning, 7/9, rue des Petites Ecuries, 75010 Paris.  http://www.newmorning.com/
et en tournée: le 5 mars à Cambrai, le 7 mars à Dreux, le 13 mars à Wissous, le 14 mars à Montbrison, le 26 mars au Mégève Jazz Festival, le 15 avril à Colmar...






10 févr. 2020

Rencontre avec Louis Chedid

Après cinq ans d'absence, Louis Chedid nous revient enfin avec un nouvel album solo "Tout ce qu'on veut dans la vie" (dans les bacs le 28 février prochain).
Pour l'occasion, il offrira la primeur de quelques chansons en live, lors d'un mini-concert à la Fnac Ternes, le samedi 29 février, à 16 heures.  Un événement gratuit et en libre accès, dans la limite des places disponibles

26/30, avenue des Ternes
75017 Paris

Festival Paris Music: 5ème édition

Créé en 2016, en association avec la Mairie de Paris, ce festival a gagné son pari : attirer les amoureux de la musique dans des lieux insolites de la capitale. Et, au fil des années, la curiosité du public n'a cessé de grandir. La seule chose qui n'a pas bougé, c'est le prix ! Pour la modique somme de dix euros, vous pourrez ainsi découvrir La Chica et ses chansons électro à la Cité de l'Architecture du Patrimoine, la toulousaine Norma au Musée de la Vie Romantique, Sandra Nkaké et son spectacle "E.L.L.E.S." (des chansons composées par des femmes et pour des femmes) au Musée des Arts et Métiers, le koriste sénégalais Boubacar Cissokho à la Bibliothèque Historique de la Ville de Paris, la pop électro d'Aliocha à l'American Center For Art and Culture, l'Ensemble Art Sonic dans une ambiance de bal perdu au Petit Palais ou encore la chanteuse Clou au Musée National Eugène Delacroix...
Dans un lieu moins inattendu, puisqu'il se produira au Sunset-Sunside, un club très prisé par les amateurs de jazz, Aldo Romano aura carte blanche pour célébrer le centenaire de la naissance de Boris Vian. Tout comme Laurent de Wilde (en trio) qui délaissera pour l'occasion son cher Thelonious Monk.

Les 19, 20 et 21 mars 2020. Infos et programme complet sur le site http://www.paris-music.com/

9 févr. 2020

Barbara Pravi : Je me sens comme un chef d'orchestre

On se souvient encore de sa bouleversante interprétation de la chanson "Seulement connu de Dieu" (de Claude Lemesle et Charles Aznavour) dans le spectacle musical "Un été 44". Son premier EP, sorti en juin 2018,  révélait de jolies mélodies pop et un incontestable talent pour l'écriture avec des titres comme "Pas grandir", "Deda" ou encore  "Le Malamour".
En attendant l'album promis, Barbara Pravi nous fait patienter avec un autre EP "Reviens pour l'hiver"
Cinq chansons teintées d'une délicate mélancolie, qui parlent de rendez-vous manqués ("Barcelone"), de la nostalgie des années folles ("Pigalle") ou des masques derrière lesquels on se dissimule trop souvent ("Personne d'autre que moi"). On tombe définitivement sous le charme...



- Lors de ton concert au Réservoir tu as dit que tu n'avais pas échappé à la règle de raconter ta vie dans un premier disque. C'est encore le cas pour celui-ci ?
Pour l'instant, je ne peux parler que de ce que je ressens. Je ne me sens pas juste si je raconte l'histoire de quelqu'un d'autre.
- Tu chantes encore sur scène la chanson "Le Malamour", sur la violence faite aux femmes ?
Bien sûr. Avec cette chanson, il s'est passé quelque chose qui m'a complètement échappé. J'avais besoin de reprendre confiance en moi et elle a eu cet effet là sur moi. J'ai aussi été invitée l'année dernière par Daphné Bürki dans le cadre de la journée de la femme. J'expérimente de plus en plus le pouvoir de la parole.
- Un héritage de ton père philosophe ?
L'amour des mots, sans doute. Mais les philosohes sont plus sur la pensée.
- Peux-tu nous parler de la photo de la pochette ?
Je suis fascinée par le ciel et les grands espaces. J'essaie toujours de réfléchir aux pochettes en terme de concept. J'aime cette idée de prendre les commandes... Je me sens parfois comme un chef d'orchestre. Cela m'a également fait penser aux Rochambelles, ces ambulancières et infirmières dont on a salué le courage dans le spectacle "Un été 44".
- Avec le recul, jouer dans ce spectacle a été bénéfique pour toi ?
Je ne serais pas la femme que je suis aujourd'hui si cela ne m'était pas arrivé. Je travaille d'ailleurs avec l'ingé son d'Un été 44. Il me suit depuis le début.
- Dans la chanson "personne d'autre que moi", tu parles de te mettre nue ?
J'ai du mal avec le mensonge. Sans doute parce que j'en ai abusé lorsque jétais petite. Aujourd'hui, je suis franche et directe, mais j'y mets les formes !
- le titre "La fête" est assez déroutant. On est loin des serpentins et cotillons ?
Je suis assez casanière. La fête pour moi, c'est voir quelques amis, lire ou observer la nature. Je suis une contemplative. C'est un titre que j'ai co-écrit avec mon complice Vincha.
- Dans le carnet où figure la liste des choses que tu rêves de faire, tu as pu en réaliser de nouvelles ?
Je suis allée au Canada. J'en rêvais depuis des années. J'ai aussi trouvé un tourneur. Je commence à m'intéresser au théâtre. J'avais aussi envie d'écrire pour d'autres. Je l'ai fait pour Chimène Badi, le Concours Eurovision Junior et j'ai aussi signé un texte ("Baraka") dans l'album "Bleu indigo" de Yannick Noah...Je me souviens que les premières années, j'étais malgré moi dans un esprit de conquête. Je me sens beaucoup plus sereine aujourd'hui.

- EP "Reviens pour l'hiver" (Capitol/Universal), sortie digitale le 7 février dernier.

7 févr. 2020

Bai Kamara Jr: "J'ai mis toute mon âme dans cet album"

(c) Michael Chia
Originaire de Sierra Leone, il a vécu toute sa scolarité en Angleterre avant de s'installer en Belgique. Pour l'album "Salone" (qui désigne sa terre natale en langue Krio), enregistré avec son nouveau groupe The Voodoo Sniffers, Bai Kamara Jr a puisé dans ses racines africaines. Dès les premières notes de "Can't Wait Here Too Long",  la chanson qui ouvre ce bel opus, son timbre envoûtant vous embarque dans un voyage musical où le blues se teinte aussi de sonorités soul et world.
Rencontre à Paris (devant une spécialité auvergnate !), avant son concert au Jazz Club Etoile, le 14 mars prochain..

- Le blues exprime souvent de la tristesse, de la douleur. Ce qui n'est pas le cas dans "Salone" ?
Je suis un grand fan de John Lee Hooker qui pouvait être très drôle. Les textes me sont venus facilement. Ce que je raconte concerne la vie quotidienne et chacun peut s'y retrouver.  Le blues a toujours été là mais l'envie est devenue plus forte avec l'âge et l'expérience. Cet album, j'y songeais depuis au moins 8 ans. J'ai attendu le bon moment. C'est une une musique authentique et c'est ce que je veux faire jusqu'au bout...
- Avec une mère ambassadrice et un père politicien, votre chemin n'était pas un peu tracé ?
C'est vrai. Après deux ans à l'université, j'ai dit à ma mère que je voulais faire une pause... qui dure encore ! Une vie d'artiste ce n'est pas évident parce que c'est long et dur.  Il faut rester fidèle à son art. J'ai commencé la musique en écrivant pour des groupes locaux. Quand j'ai dit à ma mère que je voulais être artiste, elle a été compréhensive... et méthodique ! Avec elle, il faut venir avec des propositions et des arguments. A la fin, elle m'a dit que si cela me rendait heureux, j'avais sa bénédiction.
- C'est vrai que vous avez aussi fait l'acteur ?
Un homme est venu me voir alors que je jouais dans un club en Espagne. Il était intéressé par ma musique et souhaitait mettre deux de mes chansons dans un film. Je me souviens qu'à l'époque, mon entourage m'a dit de ne pas me faire trop d'idées. Quatre jours plus tard, j'ai reçu un mail de ce réalisateur (NDLR Paco Torres pour le film  "El Vuelo Del Tren" )  me confirmant sa promesse et il m'a même proposé un petit rôle. Celui d'un musicien africain de passage en Espagne... C'était dans mes cordes !
- Pouvez-vous nous parler du groupe qui vous accompagne ?
C'est un groupe multi-culturel : il y a un batteur qui vient du Togo, le bassiste du Burkina Faso, un autre musicien vient de l'Idaho mais a été élevé en Afrique de l'Ouest, il y a aussi un belge avec des racines italiennes...
- Dans le titre "Homecomming", on entend les sonorités typiques du "fingerpicking" ?
J'ai toujours aimé ça. Je trouve que cela apporte un côté organique et assez hypnotique.
- Vous avez dit que vous vous sentiez toujours comme un étudiant en ce qui concerne le blues. Qui sont vos maîtres ?
Quand tu es un guitariste autodidacte comme moi, tu passes ta vie à apprendre. Je suis inspiré par des artistes comme John Lee Hooker, Big Bill Broonzy, Ali Farka Touré... mais aussi Marvin Gaye ou Jimi Hendix.
- Chanter le blues, c'est forcément en anglais pour vous ?
C'est surtout parce que je m'exprime mieux dans cette langue. J'ai mis toute mon âme, toute mon énergie dans cet album. J'ai aussi mis en avant mes racines africaines parce que cela fait la différence avec le blues américain. "Salone" n'est ni africain, ni américain. Il est universel.

- album "Salone" (Moosicus/UVM), sortie le 21 février 2020 (disponible depuis le 24 janvier en digital).
En concert, le 14 mars 2020, à 20h30, au Jazz Club Etoile, 81, Boulevard Gouvion Saint-Cyr, 75017 Paris. Réservation au 01.40.68.30.42. Infos sur le site http://www.jazzclub-paris.com/fr/groups

6 févr. 2020

Blønd and Blōnd and Blǒnd: sans filtre !

(c) Pascalito
Après avoir tourné un peu partout en France (dont 5 années de suite à Avignon) et à l'étranger avec leur irrévérencieux "Hømåj à la chønson française" (voir le 28 février 2014 sur ce blog), Mår, Glär et Tø, des soeurs et frère réunis sous le nom de Blønd and Blōnd and Blǒnd, reviennent avec leur nouveau spectacle "Mariåj en chønsons", mis en scène par Jean-Claude Cotillard.
Pour l'occasion, ils ont revêtus leurs plus beaux costumes (imaginés par Sarah Dupont ) afin de faire honneur à l'union de Magnus, leur ami d'enfance, avec la française Gwendoline.
Une cérémonie dont ils assurent évidemment l'animation. Sur scène, une table est dressée pour recevoir les convives, désignés parmi les spectateurs.

(c) Pascalito

Dès les voeux de bonheur et les compliments qui tournent à l'aigre, on comprend que les noces vont vite partir en vrille. D'autant que la décapante fratrie puise avec délectation dans les recettes qui ont assuré son succès. A savoir le détournement de refrains populaires qu'ils interprètent avec un humour sans filtre. Des "Champs-Élysées" devenus "Auchan-Vélizy" aux imitations de Vincent Delerm et Benjamin Biolay, en passant par "Djobi Djoba" à la manière de Christine and The Queens ou "Joe le taxi" en marche militaire... le trio est franchement désopilant. Dotées d'un timbre qui leur permet de jouer sur tous les registres: rock, lyrique, pop, rap et même le scat, les blondes demoiselles assurent le show. Tout comme le frère avec son côté pince-sans-rire.  Cela se gâte un peu lorsqu'ils cèdent à leur penchant pour les blagues potaches. On passera donc sur la reprise du "tube" de Carla Bruni transformé en "caca m'a dit", les images d'abattoir accompagnant l'arrivée d'une tête de veau sur un plateau ou les scabreuses allusions du clerc Julien.
Au final, ils remisent la traditionnelle danse des canards pour former un petit train sur l'air de "Libertine".
Pas sûr qu'après un tel torpillage, les jeunes mariés songent à partir en lune de miel...

En tournée en province et au Festival off d'Avignon, du 8 au 27 juillet 2020 (Théâtre Actuel, rue Guillaume Puy).

5 févr. 2020

Le duo Ko Shin Moon, lauréat du Prix Ricard Live Music

C'est officiel, le duo d'électro world Ko Shin Moon succède à Dampa et devient donc le 11ème lauréat du Prix Ricard Live Music. Un prix qui n'est pas seulement honorifique puisque, outre un soutien artistique et financier (estimé à plus de 60 000 €), la production et la promotion d'un EP et d'un clip... le duo parisien participera à des concerts à Paris et en région, notamment aux Francofolies de La Rochelle.
A noter que cette nouvelle édition a fait son meilleur score depuis dix ans, avec plus de 1 600 inscrits !

Infos sur le site http://www.societericardlivemusic.com/

3 févr. 2020

Le putsch musical et déjanté des Sea Girls

Sur le programme, le propos est sérieux puisque ce nouveau spectacle intitulé "Les Sea Girls au pouvoir !" s'inspire librement de "L'Assemblée des Femmes" d'Aristophane.
Mais sur scène, on peut compter sur ces drôles de suffragettes pour redistribuer les cartes (ou plutôt les dossiers !) selon leur fantaisie. Et cette dernière est sans limite. Dès l'entrée, l'effervescence est palpable. Le public est manifestement conscient qu'il va assister à un moment historique: l'ouverture d'un débat dont l'ordre du jour remonte tout de même à 2 500 ans !
Dans une mise en scène de Johanny Bert, cette création musicale de Prunelle Rivière et Fred Pallen (du Sacre du Tympan) propose de passer en revue quelques légitimes revendications comme l'égalité des richesses, le droit à un monde meilleur, la rémunération du travail domestique ou la possibilité pour les femmes disgracieuses et âgées de disposer d'un jeune compagnon...
Accompagnée par trois musiciens en jupette :Dan Brouillard à la guitare, Vincent Martin aux percussions et Benjamin Pras au piano, les Sea Girls, parées de plumes et de paillettes, ne sont manifestement pas des adeptes du politiquement correct.
Partant du principe que l'on ne fait pas de grandes révolutions sans grandes chansons, elles enchaînent des couplets sur la pilosité, imitent Mireille Mathieu ou adoptent les accents déchirants d'un blues pour s'inquiéter de l'avenir des paradis fiscaux.
Entre deux refrains, elles se préparent à investir l'Assemblée Nationale pour déposer un projet de loi leur octroyant les pleins pouvoirs. A défaut de siéger un jour sous les ors de la République, on peut affirmer que Lise Laffont, Judith Rémy, Prunella Rivière et Delphine Simon s'emparent de la scène avec une énergie et un talent incontestables. Et on ne peut que saluer ce coup d'état musical, déjanté à souhait. Après quatre séances à guichets fermés, au Café de la Danse, les Sea Girls repartent en campagne. Et on vote pour elles, sans condition !

En tournée: les 5 et 6 février 2020 à La Ferme du Buisson de Noisiel (77), le 13 mars au Centre Cyrano de Bergerac de Sannois (95), le 22 mai à La Maison des Arts du Léman à Thonon-les-Bains (74)...

31 janv. 2020

Le palmarès 2019 de l'Académie du Jazz

" Il n'y a, au vrai, rien de plus anti-académique aujourd'hui que cette Académie du Jazz: pour n'être chargée d'aucun dictionnaire, elle n'en dit pas moins franchement ses choix sur quelques noms propres, portée par cette camaraderie égalitaire où s'annulent les gloires et les titres de chacun au moment de jeter le vote dans le chapeau qui lui sort d'urne..." explique François Lacharme (Président) dans la "Petite et grande histoire de l'Académie" racontée sur le site.

Voici les noms des lauréats sortis du chapeau, lors de la fête qui s'est déroulée lundi soir au Pan Piper...

                                                   
 - Prix Django Reinhardt (musicien français de l'année): Hugo Lippi
- Grand Prix de l'Académie du Jazz (meilleur disque de l'année) : Yes ! Trio, "Groove du Jour" (Jazz&People/Pias)
- Prix du Disque Français (meilleur disque enregistré par un musicien français): Laurent Coulondre "Michel On My Mind" (New World Production/L'autre Distribution)
- Prix du Musicien Européen (récompensé pour son oeuvre ou son actualité récente): Daniel Erdmann
- Prix du Meilleur Inédit : Barney Wilen Quartet "Live In Tokyo '91" (Elemental Music/Distrijazz)
- Prix du Jazz Classique: Albert Ammons "Complete Work Albert Ammons (1907-1949 Boogie Woogie King"
- Prix du Jazz Vocal: Leïla Martial "Warm Canto" (Laborie Jazz/Socadisc)
- Prix Soul: Mavis Staples "Live In London" (Anti-/Pias)
- Prix Blues: Jontavious Willis "Spectacular Class" (Kind Of Blue Music/www.jontaviouswillis.com)
- Prix du Livre de Jazz, ex-aequo: Nicole Bertolt &Alexia Guggémos "Boris Vian 100 ans" (Éditions Heredium), Christelle Gonzalo & François Roulmann "Anatomie du Bison - Chrono-biographie de Boris Vian " (Éditions Des Cendres).

Site: http://www.academiedujazz.com/