28 juin 2022

L'été sera chaud à La Villette pour les 25 ans du Cabaret Sauvage !

 


C'est une belle histoire... écrite avec des coups de coeur, des coups de gueule, quelques larmes, de magnifiques rencontres et de la musique. Toutes les musiques ! Un rêve de gosse réalisé par Méziane Azaïche, fondateur et directeur du Cabaret Sauvage. 
Rendez-vous de toutes les cultures, cette salle icônique  fête cette année son quart de siècle ! L'occasion de célébrer l'évènement avec un festival réunissant des groupes et artistes comme Gnawa Diffusion, Yuri Buenaventura, Grupo Compay Segundo, Goran Bregovic, Rodolphe Burger & Erik Marchand, La Rue Ketanou, Popa Chubby, Les Ogres de Barback... Sans oublier deux nuits électro les 9 et 13 juillet.
Petite cerise sur ce généreux gâteau d'anniversaire, l'inauguration du Paname Reggae Festival (du 27 au 31 juillet).
Rencontre avec Méziane, le "patriarche" des lieux,  avant le coup d'envoi des concerts qui se dérouleront du 1er juillet au 6 août prochains. L'été promet d'être chaud au Parc de la Villette...

- Un rêve qui dure depuis 25 ans. C'est un peu fou, non ?
C'est même une drôle d'histoire. Je commence a être le plus vieux du Parc ! En 1994, j'avais loué le Magic Mirror pour créer un spectacle avec Brad Scott et le  Bachiboukouk Band (le groupe d'Arthur H). Nous avons joué pendant 4 mois mais la Préfecture n'a pas voulu nous accorder de prolongation. J'ai du me résoudre à retourner au Zéphyr, le restaurant que j'avais ouvert dans le XXème arrondissement.  C'était une galère car j'avais toujours le spectacle dans la tête. Je me suis dit que, cette fois, j'allais créer mon propre lieu. J'ai entamé la construction d'un chapiteau et la production d'un spectacle qui s'appelait "Les Nomades Rageurs". 

- Et les problèmes ont commencé ?
A l'époque, nous avions pris des engagements  mais rien ne s'est déroulé comme je le pensais. En fait, la nouvelle direction ne souhaitait pas que le Cabaret s'installe dans le Parc. J'avais déjà investi l'équivalent de 200 000 Euros. J'étais en faillite avant même de commencer ! 

La Rue Ketanou (c) Christophe Ribot

- Mais il y a eu un signe du destin ?
J'ai versé des larmes car je pleure facilement mais j'étais aussi en colère. Un jour, on frappe à ma porte. C'était le plongeur du Zéphyr qui était originaire du même village que moi en Kabylie. Il venait m'annoncer qu'il avait remporté une certaine somme au loto. Lorsque je l'ai accompagné, je me suis  aperçu qu'il avait oublié un zéro et qu'il avait gagné dix fois plus ! Il m'a confié que cet argent n'allait pas changer sa vie autant que ça et qu'il connaissait mes problèmes. Il a alors proposé de s'associer avec moi. Puis, après plusieurs changements, le nouveau directeur de la Villette nous a accordé une année sans loyer ni électricité. Nous avons pu réduire le déficit de 50% et, l'année suivante, nous avons commencé à gagner de l'argent. De mon côté, je me suis engagé à faire le nécessaire pour le bruit et notre chapiteau a été le premier au monde à être insonorisé !

- En 25 ans, vous avez dû vivre des moments mémorables ?
L'un des projets qui m'a le plus marqué, c'est lorsque j'ai fait venir des femmes d'Algérie pour le spectacle intitulé "Femmes d'Algérie, cinq nuits d'un destin". Nous étions en 1999 et la situation était dramatique là-bas. Le premier soir, une jeune chanteuse qui s'accompagnait à la guitare a eu des problèmes de son. Elle a quitté la scène, tétanisée. Je suis allée la chercher dans les loges en lui demandant de revenir à a fin du spectacle pour interpréter sa chanson. Et cela durant 5 soirs. Après, elle a trouvé un producteur et un tourneur. Il s'agissait de Souad Massi.

Queen Ifrica (c) DR

- Il y a un certain engagement dans vos programmations ?
Je veux qu'il y ait un sens, un engagement humain et social, sinon ça ne m'intéresse pas. J'ai vécu plus longtemps ici qu'en Algérie mais je me sens toujours comme un émigré. J'aime la France car elle m'a apporté la liberté mais j'ai conservé ma culture de la terre, le côté authentique du paysan. C'est aussi ma force. 
Goran Bregovic (c) DR

- Parlez-nous du Paname Reggae Festival ?
C'est important pour moi car c'est la musique qui a bercé ma jeunesse. Il y aura les meilleurs artistes reggae du moment comme Takana Zion, Elephant Man, Queen Ifrica, Mo'Kalamity... 

- Les artistes programmés pour les 25 ans sont des habitués ?
A 95 % ! J'aurais aimé avoir Arthur H mais il est actuellement en studio. J'ai un lien très fort avec la famille Higelin. Jacques était l'un de mes clients attitrés au Zéphyr. Il se mettait souvent au piano en fin de soirée. Je me souviens qu'en 1981, à la fête de la musique, j'ai suivi le camion sur lequel il était juché pour chanter de la place de la République à celle de la Nation. Le groupe Tryo n'était pas libre non plus. Je suis heureux de retrouver Goran Bregovic, Popa Chubby qui a cassé sa guitare sur la scène du Cabaret il y a deux ans, La Rue Ketanou dont le concert coïncide avec le jour de mon anniversaire, Yuri Buenaventura qui n'était pas venu en France depuis 3 ou 4 ans... Il y aura aussi le nouveau projet de Rodolphe Burger et Erik Marchand que j'ai découvert à Arles. Ce spectacle m'a donné la chair de poule.

- Vous fonctionnez au coup de coeur ?
Je n'ai pas de formation musicale et je n'ai pas suivi de grandes études. Tout ce que je fais, c'est avec le coeur... et le flair !


Du 1er juillet au 6 août 2022, au Cabaret Sauvage, Parc de la Villette, 59, boulevard Macdonald, 75019 Paris. Pass 1 jour à 25 Euros et 2 jours à 40 Euros. Tél.: 01.42.09.03.09. Billetterie sur le site  www.cabaretsauvage.com
 

"Novecento: pianiste", l'histoire insolite et passionnante d'un virtuose au long cours

(c) Jean Henry

 Transposé en monologue théâtral, d'après l'ouvrage "Novecento : pianiste" de l'écrivain, musicologue, chroniqueur et animateur télé italien Alessandro  Baricco, ce "récit-jazz" (traduit par Françoise Brun) est joué et mis en scène par  Pascal Guin.  
Dès les premières minutes, on se laisse embarquer par cette évocation des traversées de l'Atlantique, des migrants en route pour l'Amérique à la recherche de l'Eldorado, de l'épopée du jazz... mais aussi et surtout par le destin extraordinaire du plus grand pianiste ayant jamais joué sur l'Océan.
Pour ceux qui n'ont pas lu le livre, il convient de remonter à la source. L'histoire débute en 1900, à bord du Virginian, avec l'abandon d'un bébé déposé dans un carton sur le piano de la salle de bal. Le marin Danny Boodmann décide alors de s'occuper de l'orphelin et le baptise Danny Boodmann T.D. Lemon Novecento (en référence à l'année de sa naissance). Après le décès de son père adoptif, lors d'une tempête, le jeune garçon, alors âgé de 8 ans, trouve refuge en s'installant au clavier.  Les passagers se bousculent alors pour écouter ce virtuose dont le piano semble danser avec l'océan et qui joue du jazz, du ragtime "parce que c'est la musique sur laquelle Dieu danse quand on ne le regarde pas. Sur laquelle Dieu danserait s'il était noir". Quant à Novecento, il demeurera sur le paquebot sans chercher à découvrir la terre.
Dans le rôle du trompettiste Tim Tooney, témoin de cette insolite et passionnante histoire, Pascal Guin semble habité par son personnage de narrateur. Tour à tour théâtral, touchant, enchaînant les anecdotes et les questions autour de ce surprenant voyage intérieur, il installe une véritable complicité avec le public et le talentueux pianiste-compositeur Christofer Bjurtröm qui l'accompagne. Sur la scène baignant dans une lumière minimaliste,  pas de décor ou presque, hormis deux grandes caisses en bois. On imagine qu'elles symbolisent ce quai que Novecento ne foulera jamais...   

Jusqu'au 30 juillet 2022 et du 25 août au 8 octobre 2022, les jeudis, vendredis et samedis à 21h15, au Théâtre Essaïon, 6, rue Pierre au Lard, 75004 Paris. Loc. points de vente habituels et au 01.42.78.46.42. www.essaion-theatre.com.

27 juin 2022

Festival Fnac Live Paris: 29 concerts gratuits au coeur de la capitale



Après un rendez-vous adapté à la situation sanitaire l'an dernier, le Festival Fnac Live Paris revient dans sa forme originelle sur le Parvis et dans l'un des salons de l'Hôtel de Ville. 

Une onzième édition qui a choisi de miser sur la richesse de la scène francophone (pop, variété, électro, rap...) avec 29 concerts gratuits réunissant des têtes d'affiche, des talents à découvrir et des coups de coeur à suivre.
Côté parvis, pour  les amateurs de concerts à ciel ouvert: Clara Luciani, Lonny, Chiloo, Rouquine, Thylacine, Isha, Vitalic, Pierre de Maere, Aloïse Sauvage, Bianca Costa, Terrenoire, Juliette Armanet, Bob Sinclar B2b Pedro Winter..
Quant à ceux qui préfèrent le côté intimiste (et assis !) du salon, ils pourront applaudir Keren Ann & Quatuor Debussy, Jane Birkin, Florent Marchet, Bachar Mar-Kalifé, Superpoze, Elliott Armen, Arooj Aftab et Bertrand Belin.

A noter que la scène du Parvis est en accès libre, à partir de 17h15, par l'Avenue Victoria. Pour la scène du salon, accès par le 3 rue Lobau, sur invitation gratuite à retirer à partir du 28 juin à 12h dans les billetteries des magasins Fnac Paris et Île-de-France (deux invitations par personne maximum, places assises dans la limite des sièges disponibles).


Les 29, 30 juin et 1er juillet 2022, Place de l'Hôtel de Ville, 75004 Paris.
Infos complémentaires sur le site www.leclaireur.fnac.com

23 juin 2022

Calogero: toujours électrisant et généreux sur scène


Pochette de l'album "Centre ville"

"Vous ne pouvez pas imaginer le bonheur que c'est pour moi de vous retrouver et de vous dire bonsoir. Vous m'avez manqué !" C'est avec ces mots que Calogero, absent des scènes depuis plus de trois ans, a salué le public de l'Européen, il y a quelques jours. Une salle intimiste (350 places) où il avait choisi de "roder" son spectacle avant de prendre la route des festivals de l'été.
Dès les premières notes de "Je joue de la musique", le chanteur et bassiste donne le ton d'un show qui s'annonce très électrique. Car si l'homme semble plutôt réservé dans la vie, il se métamorphose en véritable bête de scène dès qu'il endosse son costume de chanteur. En combinaison, genre bleu de travail, ce subtil mélodiste fait la part belle aux titres de son dernier album studio "Centre ville", sorti en décembre 2020, en plein confinement et que l'on découvre pour la première fois en live:  "On fait comme si" (dont il a reversé les droits aux personnels soignants), "C'était mieux après", "La rumeur", "Vidéo" ou encore l'émouvant "Stylo vert", une chanson en hommage à son père où il est rejoint par sa fille Romy qui l'accompagne au piano.
Sur scène, pas de décors mais des musiciens hors pair comme Elsa Fourlon (guitare, claviers, violoncelle), le remuant saxophoniste Victor Raimondeau, le batteur Christophe Deschamps... Lui-même passant avec la même aisance de la basse au piano ou à la guitare.

(c) Laurent Humbert


Entre deux morceaux, détendu et souriant, il se laisse aller à quelques anecdotes et confidences. Notamment lorsqu'il évoque sa période d'échec scolaire. "Cela m'a rendu malheureux. Du coup, j'ai fait appel à des auteurs pour mes chansons. L'un de mes auteurs fétiches s'appelle Ecole. Ça ne s'invente pas !". Puis il cite les Beatles et Depeche Mode " mes dieux à moi" avant de reprendre "Shake The Disease" (clin d'oeil à la récente disparition d'Andrew Fletcher, membre fondateur et claviériste du groupe de rock britannique).  
Fidèle à la musique, aux souvenirs et aux secondes magiques... Calo interprète évidemment les tubes qui ont jalonné sa carrière  comme "Face à la mer", "On peut s'aimer", "Les feux d'artifice", "Yalla"...
Après deux heures d'un concert généreux, en totale communion avec son public, il revient seul ( et trempé !) à la guitare en confiant :  "Il y a vingt ans, j'ai vécu une deuxième naissance grâce à vous et à cette chanson" avant d'offrir une belle version acoustique de "En apesanteur"...

En tournée:  le 24 juin 2022 à "Montauban en Scènes", le 25 juin à "Essonne en Scène", le 28 juin aux Nuits de Fourvière de Lyon, le 8 juillet à Bertrix en Belgique, le 10 juillet au Festival Musilac d'Aix-les-Bains, le 13 juillet aux Francofolies de La Rochelle, le 17 juillet au Festival de Carcassonne, le 20 juillet aux Francofolies de SPA en Belgique, le 23 juillet à Martigues, le 24 juillet au Brive Festival, le 29 juillet à Ajaccio, le 10 août au Festival DARC de Châteauroux, le 12 août au Festival de Ramatuelle, le 20 août au Venoge Festival de Penthaz, le 26 août à Château-Gontier, le 28 août à Thuin en Belgique, le 8 septembre au Festival ODP de Talence, le 10 septembre à Chant du Gros, le 17 septembre au Théâtre Antique d'Orange, le 18 septembre à Fontainebleau, le 24 septembre à Meaux (ON&ON by Musik'Elles)...

21 juin 2022

"Village Borrego", le plus grand festival brésilien à Paris






Pour comprendre la portée de cette belle et incroyable aventure il faut remonter quelques années en arrière. A l'époque où Maria Gonçalves de Barros, danseuse et chorégraphe,  originaire de Salvador de Bahia, décide de créer, en 2003, l'Espace "Couleurs Brazil" rue Borrego, au coeur du XXème arrondissement à Paris. "Après la naissance de mon deuxième enfant, j'ai eu envie de mettre mon art à la portée de tous. Quand je suis arrivée, les gens se croisaient sans même se dire bonjour. J'avais le sentiment qu'ils n'étaient que spectateurs de ce qui se passait dans leur quartier. L'idée était qu'ils deviennent acteurs !" se souvient-elle. 
Très vite, elle commence à végétaliser la rue puis organise des cours de danse, de sport, de guitare, de langues, de théâtre amateur, des ateliers d'écriture... "Il n'y a pas mieux que la musique, la culture pour transmettre des messages. Je préfère cela aux pancartes ! ajoute Maria. "Je suis un peu comme un colibri qui va de fleur en fleur pour essaimer".  Une démarche qui a porté ses fruits puisque l'association  compte aujourd'hui plus de 600 adhérents et a tissé des liens solides avec d'autres associations. Il n'en fallait pas davantage pour que l'idée d'un festival commence à germer... 

Pari réussi puisque l'évènement qui célèbre son dixième anniversaire a déjà rassemblé plus de 50 000 participants, s'inscrivant ainsi comme le plus grand festival brésilien à Paris ! 
Généreuse et volubile, cette "bonne fée" croit aussi aux signes du destin: "Devant nos locaux, il y a un arbre que je remercie tous les jours. A chaque fois que je songeais à améliorer notre installation, je trouvais à son pied un tapis, un petit meuble, des accessoires divers. Nous sommes pratiquement meublés avec des objets trouvés !"


Lenine (c) Jairo Goldflus



Une édition parrainée cette année par le chanteur, compositeur, auteur et guitariste Lenine qui, depuis son premier album solo "O Dia Em Que Faremos Cantato" (en 1997) et le fameux "Falange Cannibal", est considéré comme l'un des artistes majeurs de la scène brésilienne et internationale. Couvert de récompenses avec notamment 7 Latin Grammys, 12 prix brésiliens Music Awards, deux statuettes de l'APCA (Association des critiques d'art de Sao Paulo), il a offert un joli clin d'oeil à la France, en enregistrant son DVD "In Cité", en public, à l'Auditorium de la Cité de la Musique à Paris.
Dès le 26 juin prochain à 14 heures, un Grand Défilé Carnaval dont tous les costumes ont été réalisés dans les ateliers de l'Association donnera le coup d'envoi d'une semaine "portes ouvertes", festive et haute en couleurs, sur le thème de la culture et de la biodiversité avec un stand gastronomique brésilien, un DJ set musical, de la danse afro-brésilienne, du théâtre amateur, de la capoeira, des ateliers de maquillage, des expositions photos... Sans oublier un échange entre entreprises brésiliennes et françaises dans le cadre d'un entreprenariat équitable. 
En point d'orgue, le 29 juin, un concert à la Cigale réunissant Lenine, le batteur et percussionniste Jefferson Silva en trio dans un répertoire mêlant jazz et rythmes afro-brésiliens et le groupe mythique de reggae-samba Ilê Aiyê (dont le nom signifie "Maison de vie"), qui a notamment collaboré avec la chanteuse Björk. 

 Ilê Aiyê


"Nous sommes devenus un véritable pilier, comme une maison où chacun apporterait sa petite pierre à l'édifice. Toutes les activités sont gratuites pour les habitants du quartier qui sont en difficulté. Aujourd'hui, nous  travaillons en étroite collaboration avec la mairie du XXème". 
Il n'est d'ailleurs pas exclu que quelques élus troquent leurs costumes pour des tenues plus colorées afin d'être dans le ton du festival !
Et quand on interroge Maria Gonçalves de Barros sur les retombées économiques du grand concert à la Cigale, elle répond en souriant: "Nous nous sommes toujours auto-financés. La recette, ce sera la mise en lumière de l'association..."

- Du 26 juin au 2 juillet 2022, 18 rue Borrego 75020 Paris. Concert le 29 juin, de 18h30 à 22h30, à la Cigale, 120, Boulevard de Rochechouart, 75018 Paris. Soirée de clôture le 2 juillet, Square des Saint-Simoniens, 151, rue de Ménilmontant, 75020 Paris. Infos sur le site www.festivalvillageborrego.com

7 juin 2022

"Polnarêves": le projet fou et inédit de Michel Polnareff au Palace


Attendu en mai dernier mais reporté pour raisons techniques, l'évènement "Polnarêves" s'est installé au Palace depuis le 2 juin dernier. Un lieu emblématique qui sied bien à l'univers fantasque du chanteur exilé en Californie. "... Une expérience qui vous fera entrer dans mes songes, au rythme de mes musiques, convertis en images créées à partir de mes (Polna)rêves" peut-on lire dans le hall, aux côtés de panneaux rappelant les dates importantes de la carrière de Michel Polnareff  et d'un "mur des murmures" où l'on peut entendre sa voix. 

Orchestré avec la complicité de Marc Benaïche, directeur et fondateur de l'Atelier 144, de Michael Grassi (producteur et scénariste) et de son manager Serge Khalifa, ce voyage immersif n'est ni une exposition ni une rétrospective. Plutôt le projet fou et inédit d'un artiste qui n'a pas fini de nous surprendre.


(c) Atelier 144 - Anna Oz


Passé le hall, le visiteur se retrouve dans une immense bulle tendue de toiles blanches sur lesquelles défilent, à 360 degrés , des images psychédéliques et ludiques (oiseaux multicolores, coquelicots géants, sirènes, cascades, poissons arborant les fameuses lunettes de soleil à monture blanche...), illustrant quelques-uns des succès de Polnareff.

En prélude au premier des neuf tableaux, le chanteur cite ces quelques mots, extraits du célèbre sonnet  "Mon rêve familier" de Paul Verlaine "Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant...". Il "s'incruste" même dans une fresque de Michel-Ange ("la création d'Adam"), sous les traits de Poséidon ou les riches atours de La Dame à la Licorne. 
En un peu plus de quarante minutes, on embarque ainsi pour un voyage en immersion, onirique et symbolique, qui débute avec le cycle de la vie, passe par l'affirmation de soi ("La poupée qui fait non"), l'enfance ("Love me please, love me"), l'émancipation ("Goodbye Marylou"), le voyage d'une vie ("Holidays"), le désir de laisser une trace ("On ira tous au paradis")... 


(c) Atelier 144 - Anna Oz


Et, puisqu'il n'avait plus vraiment donné de ses nouvelles depuis l'album "Enfin !" en 2018, l'artiste promet d'accueillir (virtuellement !) les spectateurs du Palace dans son salon californien, à la rentrée, pour une série de concerts piano-voix interactifs...

- "Polnarêves", jusqu'en mars 2023, de 10h à 21h, au Palace, 8, rue du Faubourg Montmartre, 75009 Paris. Loc. sur Fnac.com
 

2 juin 2022

Virginie Choquart: "Le Festival Rio Loco étend son regard sur toutes les musiques actuelles du monde"


Après avoir célébré l'Afrique, le Festival Rio Loco nous emmène cette fois au Portugal pour découvrir notamment l'incroyable vitalité de la scène électro. Mais si l'affiche baptisée "Nova Onda"f ait la part belle aux artistes lusitaniens comme le quartet Paus, la DJ et productrice Rita Maïa, Vanessa Kokeshi (l'autre moitié du fameux duo DJ féminin Heartbreakerz), Mariana Bragada connue sous le nom de Meta_ ou encore Diana Oliveira, figure de proue du mouvement techno au Portugal,  cette grande fête des musiques du monde accueillera la performeuse, batteuse et percussionniste française Lucie Antunes, Emel Mathlouthi révélée grâce à l'hymne du printemps arabe tunisien "Kelmti Horra", Rodrigo Cuevas, surnommé "le Freddie Mercury du folklore des Asturies", la chanteuse et pianiste danoise Agnes Obel, le chantre de la musique populaire brésilienne Chico César, le chanteur, compositeur et guitariste nigérian Keziah Jones.... sans oublier les enfants du pays: le duo pop-rock Cats On Trees. 
Au programme également: des arts visuels, des séances de ciné-concert, des spectacles de rue, des ateliers pour enfants, la création d'une oeuvre collective sur le thème des oeillets...
Rencontre avec Virginie Choquart, anciennement à la communication de la Gaîté Lyrique à Paris, qui dirige aujourd'hui le Festival et la salle Metronum à Toulouse.

- Depuis quand avez-vous pris vos nouvelles fonctions ?
Je suis arrivée en 2019. C'était une situation un peu dingue que personne n'aurait pu imaginer. L'année dernière, nous étions heureux de relever le défi en organisant l'évènement, malgré la pandémie. Pour cette nouvelle édition qui durera 5 jours au lieu de 4, nous prévoyons un retour à la normale avec la joie de se retrouver, de faire la fête, de danser, d'être libres...

- Vous évoquez une présidence au sein d'un collectif ?
Oui parce que je ne suis pas seule. J'anime une équipe avec 4 programmateurs autour de moi. L'idée est d'ouvrir le plus de fenêtres possibles sur le monde.

- Un peu comme l'ambition de Rio Loco ?
J'aime dire que le festival étend son regard sur toutes les musiques actuelles du monde.




- Il y a une programmation consacrée au jeune public et même des activités pour les bambins de 0 à 3 ans ? 
L' installation s'appelle "Petits rêves". Une Compagnie catalane a travaillé sur des textures différentes pour proposer un véritable voyage sensoriel, en plein air. Les enfants, accompagnés de leurs parents pourront toucher, jouer, construire, déconstruire...

- Le public de Rio Loco va aussi découvrir qu'il n'y a pas que le fado au Portugal ?
Ce qui nous intéresse, c'est la dynamique. Nous avons cherché en quoi le Portugal d'aujourd'hui trace des lignes d'influences dans le monde et nous avons réalisé que la scène électro était très créative. Nous avons d'ailleurs créé une scène baptisée "Nova Onda".

- Ce n'est pas la seule création. Pouvez-vous parler du Forum "La voix des femmes" ?
Il s'agit d'un forum dont le thème est la visibilité des femmes dans les musiques actuelles. Il y a encore un gros travail à faire. Nous avons invité des musiciennes et chanteuses du festival qui viennent raconter leurs expériences. Flavia Coelho a accepté d'être notre marraine. Ce sera enregistré en public et en direct au Metronum. Nous ferons également un podcast et le replay sera accessible sur le site du festival.

  
- Ce rendez-vous sera 100% féminin ?
 Je suis pour le féminisme avec les hommes ! Mais les femmes ont plus d'obstacles à franchir. Le propos est de témoigner de cette difficulté en leur donnant la parole. Avec une approche positive pour essayer de trouver des solutions. 

- Les oeillets seront également à l'honneur sur la Prairie des Filtres ?
Chaque année, nous travaillons sur une oeuvre collective. Elle est orchestrée cette fois par le plasticien Telmo Leal, sur le thème des oeillets, clin d'oeil à la révolution du même nom au Portugal. Chaque participant doit mettre en place son oeillet et devient ainsi une partie d'une oeuvre d'art. Il y aura 74 fleurs pour marquer la date de la fin de la dictature. Cette fresque sera baptisée "Libertade".


- Rio Loco connaît un succès grandissant et une belle longévité puisqu'il fête sa 27ème édition. Comment l'expliquez-vous ?

Il se déroule dans un cadre unique, la Prairie des Filtres, au bord de la Garonne. Toulouse est une ville jeune avec une ouverture d'esprit sur les autres cultures. C'est un marqueur important de cette ville.  La programmation est exigeante, intergénérationnelle et nous tenons à conserver un côté populaire dans le bon sens du terme et des tarifs compétitifs. Le côté symbolique de Rio Loco, c'est qu'on s'y sent bien. Pour cela, nous travaillons avec un collectif dont c'est le métier pour mettre en place une interface entre la sécurité, le public et les organisateurs. Tous nos partenaires ont signé une charte qui s'appelle "Bien ensemble". 

Du 15 au 19 juin 2022, Prairie des Filtres à Toulouse (31300). Pass 1 jour à 15 Euros et pass 5 jours à 35 Euros (10 et 30 Euros en prévente), gratuit pour les moins de 12 ans. Infos complémentaires sur le site www.rio-loco.org