22 sept. 2014

Bruno Guglielmi, un artiste pas ordinaire...




« Depuis une dizaine d’années, je joue mes chansons partout où il y a de la lumière » explique cet auteur compositeur qui  a donc sillonné les routes pour se produire dans les bars et les festivals. Une chance que ce batteur de formation ait finalement opté pour la guitare ! Son instrument en bandoulière, il n’a pas non plus attendu que les majors lui fassent les yeux doux pour graver ses chansons (dans son appartement) sur un premier album autoproduit « La vie ordinaire de Bruno Guglielmi ». Un opus, porté par le single « Le rire des balançoires » qui a notamment attiré l’attention de Maxime Le Forestier. Ce dernier l’a ainsi invité aux « Nuits de Champagne » puis en première partie de ses concerts au Casino de Paris (en septembre 2013).
Il a y quelques jours, Bruno Guglielmi a sorti « Empaillé », un second disque acoustique, toujours autoproduit, mais enregistré cette fois dans la maison de campagne de Maxime. Onze chansons dont certaines ont été écrites avec la complicité d’Arthur Le Forestier (le fils de Maxime) et Jean-François Pifferi. D’aucuns évoquent à son sujet une filiation avec Souchon, Biolay ou Renan Luce. Mais Bruno a incontestablement une identité artistique, une originalité et une poésie bien à lui. Et, lorsqu’il nous chante ses tranches de vie (pas si ordinaire !) dans lesquelles il rêve de finir debout et fier dans son salon (« Empaillé »), dans la peau d’un pigeon pour courtiser sa belle depuis le balcon  (« Le pigeon »), parle sans pathos de l’absence (« La petite lâcheuse ») ou demande à son amour (en duo avec Alizé Oswald) de fuir avant la tempête et la tiédeur dans le titre « Va-t-en », on se dit qu’il est grand temps que cet artiste sensible et inspiré ait les honneurs des projecteurs et des grandes scènes. Pour l’heure, il part à l’abordage de la  jonque chinoise de la Dame de Canton. On promet d’être sur le pont !
Annie Grandjanin


Album « Empaillé », disponible depuis le 15 septembre. En concert, le 24 septembre, à 20 h 30 (avec Artur Le Forestier en première partie), à la Dame de Canton, Quai François Mauriac, 75013 Paris. Tél. : 01.53.61.08.49. www.damedecanton.com

16 sept. 2014

Beau succès pour Caroline Loeb et... George Sand !

(c) Pauline Belmonte
Séances de rattrapage pour celles et ceux qui l’ont ratée à Paris puis au Festival d’Avignon cet été ! 
Caroline Loeb est de retour sur la scène du Théâtre du Gymnase avec « George Sand, ma vie, son œuvre » (voir article du 8 mars dernier sur ce blog).  Mêlant théâtre et chansons, références littéraires et anecdotes, elle rend ici un bel hommage à l'écrivain mais aussi à celle qui fut de tous les combats pour la défense des femmes ou contre l’esclavage. Un spectacle, à la fois joyeux et émouvant, qui nous rappelle que la Bonne Dame de Nohant ne fut pas seulement l’auteur de « La Mare au diable» ou de « La Petite Fadette ».
Annie Grandjanin

Jusqu’au 27 décembre 2014, les jeudis, vendredis et samedis, à 19h45, au Théâtre du Gymnase, salle Marie Bell, 38 boulevard Bonne Nouvelle, 75010 Paris. Tél. : O1.42.46.79.79. www.theatredu gymnase.com



24 juil. 2014

Danielle Thiéry: "Je suis farouchement libre !"

(c) Versilio
Première femme à accéder en France au grade de commissaire divisionnaire, Danielle Thiéry est l’auteur d’une vingtaine de romans policiers et de la série télévisée « Quai n°1 ». En 2013, elle a reçu le Prix du Quai des Orfèvres pour « Des clous dans le cœur ». Dans son dernier ouvrage « Echanges », un polar sombre et captivant, elle met une nouvelle fois en scène son héroïne Edwige Marion. Victime d’hallucinations après avoir reçu une balle dans la tête, l'enquêtrice de la Crim s’attache pourtant à résoudre une affaire vieille de vingt ans.  Les 6 et 7 septembre prochains à Fouras, l’auteur coiffera cette fois la casquette de marraine pour le lancement du Festival « Tribus Polar ».  
En acceptant d’être la marraine de cette première édition, vous affirmez votre esprit pionnier, non ?
Sans doute. Je déteste mettre mes pieds dans des pantoufles et emprunter des sentiers battus. J’aime les défis parce qu’il y a toujours quelque chose à la clef. On va tout mettre en œuvre pour qu’il y ait une deuxième, une troisième édition, etc… Pour moi, c’est un honneur. Je serai une marraine présente et attentive.
Vous avez participé à de nombreux jurys. Quels sont vos critères pour juger un polar ?
Je ne juge jamais mais un auteur qui prend des libertés. Je pratique moi-même la licence littéraire. Mais si l’on fait parler un médecin, même pour deux ou trois phrases, il faut éviter de lui faire dire des bêtises.  Lorsque je mets le nez dans un bouquin, j'attends qu'il soit bien écrit, qu'il y ait un vrai travail éditorial. Après, c’est le page-turner, le mouvement…
Justement, on reproche souvent aux séries policières françaises de manquer de rythme ?
Il y a comme une malédiction sur le sujet. Il y a des années, je me suis fait jeter lorsque j’ai proposé un concept sur la police scientifique. On m’a répondu que ce n’était pas l’avenir ! On prétendait que ce n'était pas visuel et que les téléspectateurs risquaient de d’ennuyer. A l’époque, on ne voyait que par les profilers. Les anglais savent faire de bonnes séries, raconter une histoire, faire monter la tension. On n’a pas forcément besoin de faire des trucs décalés. Pourquoi, par exemple,  aller chercher des flics en fauteuil roulant ?
Comment expliquez-vous cet engouement pour le polar qui fut longtemps considéré comme un genre mineur ?
C’est vrai qu’à une certaine époque on parlait de sous-littérature, de romans de gare. Le succès commercial n'est pas forcément synonyme de qualité ! IL y a eu un signal important lorsque de plus en plus d’auteurs se sont lancés dans la littérature policière. Le genre s’est aussi enrichi avec les écrivains du Nord. Cela relève de la fascination parce qu’on touche à la mort. On porte tous une certaine violence en nous.  
« Echanges » est la dixième aventure d’Edwige Marion. Son parcours professionnel ressemble un peu au vôtre ?
Oui, sauf que moi, je n’ai jamais travaillé au 36 ! On met tous un peu de nous dans les bouquins. Mais je songe de plus en plus à me séparer d’elle.
Vous allez la tuer ?
Un personnage récurent est un confort mais c’est aussi pesant. J’ai un lectorat fidèle et lorsque j’ai émis l’idée de la faire disparaître, il y a eu des réactions surprenantes. Un éditeur allemand a dit que si elle mourait, il ne poursuivrait pas sa collaboration avec nous. On n'est pas dans Conan Doyle mais quand il a tué Sherlock Holmes, il a bien été obligé de le faire revivre avec des bouts de ficelle. Les gens s'attachent et cela n'est pas sans conséquences. Alors, non, je ne vais pas la tuer mais je vais probablement cesser d’écrire sur elle. Edwige m'empêche de dévier vers d'autres choses. Et je suis farouchement libre !
Propos recueillis par Annie Grandjanin
  
«  Echanges » (Editions Versilio)
Festival « Tribus Polar », les 6 et 7 septembre 2014, sur la presqu’île de Fouras (près de la Rochelle). Infos sur la page Facebook "Festival Tribus Polar".


21 juil. 2014

Mouloudji: vingt ans après...

« Longtemps, longtemps, longtemps après que les poètes ont disparu, leurs chansons courent encore dans les rues… » chantait Trénet. Pourtant, vingt ans après la mort de Marcel Mouloudji, on peut s’interroger sur la place qu’il occupe encore dans les mémoires. Pour certains, il demeure l'interprète de « Comme un p’tit coquelicot ». Une chanson qu’il n’a pas écrite (le texte est de Raymond Asso) mais qui est marquée, de manière indélébile, par son timbre si particulier. Les cinéphiles avertis se souviendront de ses talents d’acteur (« Les disparus de Saint-Agil » de Christian-Jaque, « Nous sommes tous des assassins » de Cayatte…), les amateurs de l’esprit rive gauche rappelleront sans doute ses tours de chant consacrés à Vian ou Prévert au Vieux-Colombier…mais le public a parfois oublié le peintre, le producteur et éditeur qui lança notamment la carrière de Graeme Allwright, l’homme de convictions qui chantait dans les usines et participa notamment à un gala de soutien à la gauche chilienne, l’auteur d’ « Enrico », un ouvrage de mémoire, écrit alors qu’il avait tout juste 20 ans, couronné par le Prix de la Pleiade ou encore le pacifiste qui interpréta pour la première fois « Le déserteur » en 1954, le jour même de la chute de Diên Biên Phu.
«Je voulais faire découvrir aux jeunes générations l’artiste qu’il a été » confiait récemment Annabelle Mouloudji, lors de la présentation de l’album « Hommage à Mouloudji – En souvenir des souvenirs… » et du livre « Mouloudji, athée ô grâce à Dieu » dédiés à son père. Un travail auquel elle s’est attelée avec son frère Grégory et la complicité artistique de Laurent Balandras.
Au travers d’anecdotes, de documents exclusifs et de photos inédites, l'ouvrage permet aux enfants de Mouloudji  de raconter ce père avec lequel le dialogue s’est interrompu le 14 juin 1994. « Il est toujours avec moi » ajoute Gregory dont le timbre et les traits rappellent étrangement la figure paternelle. Plus jeune, Annabelle a moins de souvenirs mais elle a réécouté tous ses vinyles pour le choix des chansons de l’album réalisé et arrangé par Frédéric Lo. Ce dernier lui donne d’ailleurs la réplique sur « Enfin, tu me viendras » (la chanson préférée d’Annabelle !). « Vous dites Mouloudji et aussitôt, on vous accueille avec bienveillance » explique Laurent Balandras. Louis Chedid, Christian Olivier (des Têtes Raides), Alain Chamfort, Daphné, Jil Caplan…ont volontiers participé à cet hommage en revisitant des titres tels que « Un jour tu verras », « Faut vivre », « L’un à l’autre étranger »… et des raretés comme « Six feuilles mortes de San Francisco »,  Un disque qui se termine par «Il est né à Paris » un texte de Mouloudji, lu par son fils.
D’autres événements comme la réédition d’ « Enrico » ou la sortie chez Universal,  des concerts au Théâtre de la Renaissance en 1975, devraient célébrer le vingtième anniversaire de la disparition de celui qui se définissait ainsi: « Catholique par ma mère, musulman par mon père. Un peu juif par mon fils, bouddhiste par principe. Alcoolique par mon oncle, névrosé par grand-mère. Sans classe par vieille honte. Dépravé par grand-père. Athée, ô grâce à Dieu ! »…
Annie Grandjanin

Album « Hommage à Mouloudji - En souvenir des souvenirs... » (Discograph) et livre « Mouloudji, athée ô grâce à Dieu » (Editions Carpentier).



8 juil. 2014

Thomas de Pourquery : « Sun Ra était un punk avant l’heure ! »


(c) Sylvain Gripoix
Avec sa barbe et sa stature imposante, on l’imagine volontiers dans un remake de "Raspoutine" ou endossant le maillot d'un pilier de rugby. Mais c'est sur la scène des festivals ou dans les clubs que ce fougueux musicien donne la pleine mesure de ses multiples talents et de son goût pour le jazz, la pop, le rock ou le funk. Saxophoniste, chanteur, compositeur... Thomas de Pourquery rêvait en fait de jouer de la trompette ! «Lorsque je suis allé dans un magasin d’instruments de musique, avec mes parents, il n’y en avait plus, alors je suis reparti avec un saxophone » se souvient-il. Plus tard, Stefano Di Battista est passé par là et il a délaissé le ténor au profit de l’alto. Voilà pour la petite histoire. La grande histoire étant bien sûr « Play Sun Ra », son premier disque en tant que leader, couronné par une Victoire du Jazz 2014 dans la catégorie "album de l'année". Un album qui a bien failli ne jamais voir le jour. Victime d’un cambriolage, Thomas s’est fait voler son ordinateur et le disque dur contenant tout son travail. « Il y avait là tous les arrangements des morceaux que nous devions répéter 15 jours plus tard. J’ai passé une semaine de désespoir total. Puis, j’ai décidé de réécouter Sun Ra, juste pour voir ce qui allait se passer. Un peu comme on fait son deuil. Cela a duré deux jours et je me suis laissé emporter. C’était complètement mystique. J’ai eu un nouveau coup de foudre » confie-t-il. D’aucuns évoqueront plutôt un coup de génie car Herman Poole Blount, dit Sun Ra est un compositeur mal connu dont la musique est réputée « injouable ». «C’était un alchimiste. Il créait ses morceaux en fonction de la fréquence de telle ou telle note. Nous l’avons vérifié. Dès que l’on commence à jouer, il se passe un truc incroyable, comme une transe » explique Thomas. Alors qu’on célèbre cette année, le centenaire de sa naissance, Sun Ra, demeure pour beaucoup un personnage cosmique, une sorte de gourou qui prédisait l'arrivée des extra-terrestres. « Il faisait partie de l’afro-futurisme. Il prétendait qu’il venait d’une autre planète (Vénus) pour gommer toute idée de race. Comme tous les génies, il avait cette part de folie. C'était l'un des pionniers de l'électronique, même si son moteur était Duke Ellington. Il a produit dans tous les genres, du hardcore aux chansons pop et inspiré des groupes comme Sonic Youth. Le cantonner au free jazz, comme c'est souvent le cas, est assez réducteur. Si je devais le définir, je dirais que c’était un punk avant l’heure !».
Accompagné du groupe Supersonic, six musiciens venus d'horizons divers ("MegaOctet", "Sacre du Tympan", "Poni Hoax"...) qui sonnent comme un véritable big band, Thomas s’est attaché à retranscrire, presque amoureusement, la flamboyance et la poésie de Sun Ra. Une musique dans laquelle il a baigné très tôt puisque sa mère le berçait déjà avec «Enlightenment ». Mais il n'aime pas trop que l'on parle d'hommage: « Je trouve cela un peu morbide. L’idée est de jouer, de fêter un compositeur, comme on le fait pour Bach ou Mozart ».
 Lorsqu’il n’est pas en tournée, Thomas de Pourquery joue aussi … devant une caméra ! «C’est la cerise sur mon grand gâteau. J’ai fait un moyen métrage «Il est des nôtres » (de Jean-Christophe Meurisse) qui a été un peu remarqué. J'ai eu la chance d'être bien dirigé. Du coup, on m’a ensuite proposé « Tristesse Club », avec Ludivine Sagnier et Laurent Lafitte et je tourne actuellement avec Izia Higelin et Fred Poulet ». Le film devrait sortir cet hiver, à la la même période que son premier album de chansons pop en anglais, enregistré avec le groupe Viking.
Boulimique ? Eclectique ? Thomas de Pourquery est surtout un passionné qui refuse de bouder son plaisir et de se laisser enfermer dans un genre. « Je rêve de festivals où l’on jouerait aussi bien des sonates de Bach que de l’électro et de la pop. Mon plus grand fantasme : le jour où il ne restera que la musique… »
Annie Grandjanin

Album "Play Sun Ra" sorti le 6 janvier dernier. 
En tournée: Le 13 juillet, The Endless Summer, Festival Chauffer dans la noirceur, à Montmartin-sur-mer, 29 juillet, Festival de Jazz à Vannes, le 30 juillet avec Médéric Collignon et Vincent Artaud à Toulouse, le 19 août avec Andy Emler au Festival Jazz de Cluny, le 22 août avec Supersonic au Festival de Malguenac, le 9 sept. avec Viking au Cabaret Sauvage, Festival Jazz à la Villette, le 20 sept. avec Supersonic au Festival Tribu de Dijon....







26 juin 2014

Bénabar: «Je n’ai jamais cherché à être quelqu’un d’autre ! »

(c) Levillain/Kovalsky
Trois ans après « Les bénéfices du doute », Bénabar a repris le chemin des studios pour enregistrer l'album « Inspiré de faits réels » dont la sortie est prévue le 25 août prochain. Douze chansons dans lesquelles on retrouve son goût et son talent pour raconter des tranches de vie  poétiques ("Le regard", "Les couleurs", "Belle journée"), drôles ("Gilles César", "Coming In",) et tendres ("Titouan"). Rencontre avec un artiste qui a conservé la simplicité de des débuts. A l'époque où il chantait avec "ses associés".
Peut-on se fier au titre de l’album ?
Tout est quasiment autobiographique. Et si ce n’est pas moi, c’est assumé. Je dirais même que c’est revendiqué. On m’a parfois reproché de trop m’attacher au quotidien. Là, j’enfonce le clou !
Ton album précédent s’est un peu moins vendu, non ?
Je comprends tout-à-fait qu’il y ait des disques plus ardus, intermédiaires. Cela ne me fait pas peur, du moment que ça repart !
Tu ne te sens pas « d’occase », comme tu le chantes dans « Paris By Night » ?
J’ai toujours la pêche quand je sors un disque ! Et celui-là est joyeux, plutôt lumineux. On a bien travaillé avec les musiciens qui m'accompagnent en tournée. Je n’ai pas cherché à trouver une couleur. C’est la raison pour laquelle je n'ai pas pris de réalisateur.
La chanson « La forêt » n’est pas vraiment joyeuse ?
Cela faisait un moment que je voulais évoquer le côté psychanalytique des cauchemars de l’enfance. Ces angoisses que tu peux ressentir dans le noir, dans un environnement où tout semble hostile.
Rien à voir avec le petit côté Broadway de « Sur son passage » ?
C'est vrai qu'on s'attend presque à me voir descendre un escalier, entouré de girls. C'est un de mes fantasmes !
Avec « Coming In », tu abordes la discrimination à l’envers ?
Prendre le contre-pied permet de parler de l’homosexualité avec humour. L’égalité passe aussi par là...
Tu as eu de bonnes critiques pour tes premiers pas au cinéma. D'autres projets ?
J'ai eu la chance du débutant ! Cela m'a beaucoup plu mais j'ai du refuser d'autres propositions. Je suis toujours sur les routes et c'est compliqué de bloquer plusieurs mois pour un tournage. Je me prépare pour le Palais des Sports au début de l'année prochaine et une tournée des Zénith de France. Nous allons lancer un pack famille à 100 € pour 4 personnes. Comme beaucoup d'artistes de ma génération, je milite pour que le prix des places reste accessible au plus grand nombre.
Avec ce nouvel album, tu confirmes également ton attachement à la chanson française ?
J'ai toujours défendu la chanson française et le côté chanteur populaire. Un peu en dehors du culturellement correct tout de même ! Je n'ai  pas eu le fantasme gainsbourien de faire un album de reggae. Même si je trouve cela très bien. Paradoxalement, avoir été la cible de toute une frange de journalistes et de chanteurs en vogue, cela m’a aidé à me situer. J'assume la constance d'être dans le même sillon et de ne copier personne. Je n'ai jamais cherché à être quelqu'un d'autre...
Propos recueillis par Annie Grandjanin

Album « Inspiré de faits réels » (Jive/Epic). Sortie le 25 août.
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2 juin 2014

Le monde selon Ernest

(c) DR

Sur scène, le chanteur apparaît en redingote et chapeau haut-de-forme dans un décor qui emprunte à l’imaginaire de Jules Verne et aux personnages de Tim Burton. Les instruments sont customisés et les musiciens portent d'étranges patronymes tels que Le Marin Mary, Docteur Wetterer, Le Barbier Bernhardt... Dès les premières notes, on entre dans l'univers fantasmagorique d'Ernest, un auteur- compositeur qui confesse sa passion pour le XIXème siècle, les impressionnistes, Gainsbourg et Hans Christian Andersen ! L'écrivain danois lui a en effet inspiré les chansons de l’album « Les Contes Défaits ».  Ainsi, de « L’Epouvantail » à « La p’tite aux allumettes » en passant par « Les cygnes sauvages », il nous raconte, d'une voix puissante et légèrement éraillée, des histoires à la fois poétiques et cyniques où l'on croise Boucle d'Or et la petite sirène, où les petites filles se réchauffent avec du crack, où la princesse au petit pois attend son prince charmant retenu sous d'autres draps...
 On aura beau chercher des filiations, l'artiste ne ressemble décidément à personne. Et ce n'est pas la moindre de ses qualités ! Après une  reprise réussie d'Elisa" de Serge Gainsbourg, il annonce une chanson drôle sur ce sentiment d'être moyen ("La valse des moyens"). Aucune crainte pour Ernest qui ne devrait pas tarder à jouer dans la cour...des grands !
Annie Grandjanin

Le 13 juin, à 22 heures, au Sentier des Halles, 50, rue d’Aboukir, 75002 Paris. Tél. : 01.42.61.89.90. Places : en prévente 11 €, sur place 13 € et adhérent 10 € ; www.lesentierdeshalles.fr. Et le 25 septembre, à 20 heures, aux Trois Baudets, 64, bd de Clichy, 75018 Paris.

Album « Les Contes Défaits » (L’Autre Distribution) ‘