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| (c)Johan Desma |
10 mai 2021
Dan Gharibian: "J'aime raconter des histoires"
3 mai 2021
Lynda Lemay: "Il y a une part de moi dans chaque personne que je rencontre "
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| (c) Sébastien St Jean |
- Dans vos dédicaces, vous remerciez votre père, à l'origine de ce projet ?
Quelques mois à peine après le décès de papa, j’étais assise au Spot (café) et le téléphone de ma fille Ruby, s'est mis à sonner. Je l'avais avec moi car elle n'avait pas le droit de l'apporter en classe. Une alarme sonnait chaque jour à 11:11, j’imagine que ce chiffre avait une signification pour elle. Quand ça sonnait, c’était écrit : "Make a Wish". Incroyable que ma fille soit ainsi liée à la naissance d’un projet aussi important pour moi. 11-11. Onze albums, onze chansons. C’était écrit que ça devait exister !
- Comme toujours, vous évoquez des thèmes graves en évitant le mélo ?
Écrire le malheur, c’est la seule façon de le rendre joli. La poésie et la musique ont cette faculté d’alléger les cœurs qui souffrent. C’est comme en trapèze volant, dans le mouvement, on ne sent plus le poids du corps. Quand nos souffrances se transforment en chansons, elles peuvent bouger, voler. Elles deviennent moins lourdes, moins étouffantes, plus faciles à analyser, à soigner…. Quand je les décris, c’est justement pour trouver de la beauté et de la lumière, même dans les parties sombres de nos vies. C’est peut-être pour ça que je ne sombre pas dans le mélo dans ma poésie et dans ma musique. Je n’aime pas le malheur alors je n’aime pas me vautrer dedans.
- Il paraît que Gustavo de la Cruz, avec qui vous faites un duo, est votre nouvelle idole ?
Je l'ai rencontré au Mexique (il est argentin et réside en Espagne). Il chantait à l'hôtel où je séjournais et, quand j'ai entendu sa voix (j'avais perdu mon idole Johnny dans l'année), j'ai eu un choc. C'était comme si j'entendais dans s voix toutes celles que j'ai aimées dans ma vie: Johnny Hallyday, Johnny Cash, James Blunt, James Taylor, Cat Stevens, Elton John, Tom Waits, Ed Sheeran... En même temps, nul autre que Gustavo ne possède ce timbre qui résonne aussi fort en moi. J'appelle ça un coup de foudre artistique. C'est comme si mon Johnny m'avait envoyé son successeur !
J’ai écrit « La peur » pendant le premier confinement, alors que nous étions bombardés par des informations contradictoires, et j’analysais cet effet que la peur avait sur le monde et sur moi-même. On cherche des solutions, on cherche l’espoir, notre cerveau a du mal à accepter un tel drame. Des gens ont perdu des proches à qui ils n’ont pas pu dire au revoir. Ça fait ressortir le beau et le laid chez l’être humain. En même temps, pour une majorité de personnes, ça a été le moment de revoir ses priorités. On a eu le temps de se décrasser les yeux, d’écouter un peu mieux. Le fait d’avoir peur nous fait prendre conscience de la peur qui est le quotidien de plusieurs hommes, femmes et enfants autour de nous, tout près, aussi bien que sur d’autres continents, dans d’autres pays où des peuples attendent de l’aide qui ne vient pas. Ça crée un éveil des consciences qui ne peut qu’apporter du bon en bout de ligne. J’ose espérer qu’on en retirera beaucoup de positif. Je demeure optimiste.
- La chanson "Mon drame" raconte l'histoire d'une femme enfermée dans un corps d'homme, dont vous proposez une version dans chaque album ?
Cette chanson est un sous- projet à mon grand projet. Passionnant comme exercice : j’ai décidé de choisir un texte et d’écrire onze musiques, totalement différentes pour porter le texte. J'ai aussi décidé, vu le thème, de mélanger une voix d’homme à ma voix féminine pour illustrer le combat. Chaque version de la chanson est donc faite en duo avec un de mes chanteurs préférés. L’histoire de "Mon drame" revient donc, différemment, sur chacun de mes onze albums !
- Vous écrivez aussi "Je le trouve touchant le monde, j'me dis qu'y va s'calmer, qu'y va s'laver les côtés sombres...". C'est le message que vous souhaitez faire passer ?
Oh oui, je m’ennuie de la scène ! Je prépare en ce moment (prise trois) mon nouveau spectacle « La vie est un conte de fous » (les deux premières versions ayant été annulées ou reportées) Mais comme le temps passe, je modifie le show sans arrêt. Quand je pourrai retrouver le public, je serai la plus heureuse des chanteuses. Je rêve au 11.11. 2021. Ces retrouvailles à l’Olympia, je sens que ça va être FOU !!!
- Albums déjà disponibles: "Il était onze fois", "Des milliers de plumes", "A la croisée des humains" et "De la rosée dans les yeux" et à venir, le 7 mai 2021 "Haute mère" (Productions Caliméro.
- Retrouvez cet article, ainsi que l'ensemble de l'actualité culturelle (musique, théâtre, festivals, littérature, évasion) sur le site www.weculte.com
29 avr. 2021
Antoine Bataille : "Ma démarche est solitaire mais joyeuse"
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| (c) Vladimir Vatsev |
- Certains vous perçoivent également comme un personnage hybride, né de la rencontre de Steve Reich et Erik Satie ?
13 avr. 2021
Fanelly: "Pour moi, le métro était comme une sorte de laboratoire"
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| (c) Talos Bucellati |
Son nom commence à circuler en France et en Italie depuis la sortie, en mars dernier, de "Metro Stories". Et l'engouement devrait vite gagner les amoureux des mélodies enlevées, entre pop et jazz, des textes originaux, des arrangements subtils. Sans oublier ce timbre chantant hérité de la région des Pouilles où elle a grandi. Des chansons écrites, composées et arrangées par Fanelly (également guitariste), qui racontent toutes une histoire. Celle de personnages croisés dans le métro: un"Superhero", "The Bubble Man", des employés au bord du "Burnout", un businessman en quête d'accomplissement dans "One Step Behind".... Enregistré entre la France et l'Italie, avec la contrebassiste Sélène Saint Aimé ( l'étoile montante du jazz), le guitariste Matthieu Barjolin, Davide Chiarelli à la batterie et aux percussions, ainsi que des guests sur des solos, cet opus auto-produit est l'une des belles surprises de ces dernières semaines.
- Toutes les chansons ont vraiment été écrites dans le métro ?
Oui tout comme les mélodies. Il m'arrive aussi de peaufiner l'écriture la nuit et j'ai réalisé les démos de tous les instruments dans ma cave.
- Il s'agit de personnages croisés au hasard des stations ?
Pour moi, le métro était comme une sorte de laboratoire. J'avais comme une projection de leur image pendant quelques instants. Et, derrière l'image que je recevais, je me suis mise à imaginer leurs rêves, leurs frustrations, leurs espoirs.
- La chanson "One Step Behind" évoque aussi les attentats de Paris en 2015 ?
Oui, même si je ne prononce jamais le mot. En fait, le besoin d'écrire est venu après la disparition de mon père et ces évènements tragiques qui se sont déroulés à Paris. C'était comme une thérapie, une manière de faire le deuil.
- Et l'envie de faire de la musique est paraît-il venue après un concert de Charlie Winston ?
J'aimais bien l'univers sensible et original de cet artiste, son coté pop-folk et spontané. Dès le lendemain de ce concert au Casino de Paris, j'ai eu envie d'acheter une guitare et surtout d'apprendre à jouer car j'avais déjà 33 ans ! J'ai eu un excellent professeur et un fin pédagogue en la personne du guitariste Matthieu Barjolin qui m'a appris les premiers accords. J'ai commencé à composer au bout de quelques mois.
- Un professeur que l'on retrouve parmi les musiciens de l'album ?
C'est vrai que c'est assez fou. J'ai hésité à lui demander car je ne me sentais pas assez légitime. Je débarquais un peu de nulle part mais j'avais une idée très claire de ce que je voulais.
- Dans le livret, on peut lire un extrait de "A une passante" de Baudelaire ("Les Fleurs du Mal)". Pourquoi ?
J'ai mis quelques lignes de ce poème au début du livret parce que j'avais le sentiment qu'il reflétait l'esprit que j'ai voulu mettre dans l'album, le caractère éphémère de toutes choses. Baudelaire imaginait tout un monde derrière cette femme.
- Pouvez-vous nous parler du titre étrange intitulé "Prélude" ?
En fait, il est né d'une erreur ! J'étais dans le métro et j'essayais de capter un refrain que j'avais enregistré. J'ai appuyé sur reverse sans le faire exprès et d'un seul coup, le morceau a pris un côté mystérieux. Je l'ai conservé comme ça, sans rien changer. La voix est a cappella et à l'envers. On me demande parfois dans quelle langue je chante !
- En parlant de langue, pourquoi avez-vous choisi de vous exprimer principalement en anglais ?
C'est venu spontanément car je parle souvent anglais lors de mes voyages et de mon travail dans le marketing. Je me sens comme une citoyenne du monde et la langue n'a jamais été une barrière pour moi. Chanter des ma langue maternelle viendra probablement plus tard.
- "Koria" est la seule chanson de l'album que vous interprétez en français et en italien ?Pourtant, Koria ne veut rien dire, ni en français ni en italien ! En fait, j'étais en train de travailler quelques accords de "Blackbird" de Paul McCartney sur les conseils de mon professeur. Ma fille qui avait alors 3 ans me sollicitait pour jouer. Je lui ai donc proposé d'inventer et détourner la signification de certains mots pour l'amuser. Comme je le chante dans ce titre: "Koria veut peut-être dire rêver, si j'en ai besoin..."
- Album "Metro Stories" (Tunecore/bandcamp), disponible depuis le 19 mars 2021.
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6 avr. 2021
Seb Le Bison: "On ne joue pas une musique pour les gens assis"
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| (c) Alain Fretet |
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| François Jeannin (c) Alain Fretet |
26 mars 2021
Doudou Morizot: "si le public n'est pas au rendez-vous, il n'y a pas d'artiste"
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| (c) DR |
- C'est vrai que l'idée vient de Bruno Coquatrix?
Il me disait toujours: "vous êtes le seul à pouvoir le faire. Observez, écoutez et prenez des notes".
Après notre première rencontre, il m'a demandé de lui apporter tout ce que j'avais. Il a tout remis en ordre et a proposé de commencer en racontant mon enfance.
- Des années de galères à la tournée mondiale en compagnie des Platters, vous avez parcouru un sacré chemin ?
C'est vrai que ce n'était pas gagné ! D'autant plus qu'à une époque, j'étais un vrai voyou. J'ai fréquenté des malfrats, des clodos et j'ai dû faire plein de petits boulots pour survivre.
- Mais vous avez croisé la route de deux hommes providentiels ?
Le premier était Joseph Bouglione. Il m'avait engagé au Cirque d'Hiver. Bruno Coquatrix qui cherchait du personnel pour la salle qu'il comptait remettre en état est passé voir son copain Joseph. Ce dernier lui a dit: "je peux te prêter mon décorateur pendant 8 jours". Je suis resté 34 ans !
- Vous ne cachez pas votre affection pour Edith Piaf et Jacques Brel ?
Comme moi, Edith avait connu des débuts difficiles et modestes. Cela nous a évidemment rapprochés. Elle m'avait surnommé "ma p'tite gueule". Nous avons partagé tellement d'émotions avec elle. A son enterrement, j'ai jeté dans sa tombe un petit bout du rideau de l'Olympia que j'avais découpé pour elle. Quant à Brel, je peux dire avec fierté que nous étions amis. Il était d'une incroyable timidité mais il pouvait aussi pousser de grands coups de gueule. Après, il s'excusait toujours en disant que c'est lui qui avait été mauvais. Un soir, par exemple, il est sorti furieux parce qu'il avait chanté deux fois le même couplet. Je crois que le public ne s'en était même pas aperçu. La grande peur de Brel c'était la fausse note. Il vomissait avant chaque concert. J'ai été impressionné mais pas vraiment surpris lorsqu'il a décidé de tout arrêter parce qu'il n'avait plus rien à dire. Avec Piaf et Brel, j'avais l'impression de partager les mêmes valeurs.
- Vous êtes nettement moins tendre avec Claude François ?
Il n'a pas su gérer le succès. Il s'emportait très vite et pour un rien. Je me souviens que la seule personne qu'il craignait c'était Bécaud ! Dans ce métier, il y a toujours l'angoisse du désamour car si le public n'est pas au rendez-vous, il n'y a pas d'artiste !
- Dans le chapitre sur Brassens, on perçoit un sentiment de tristesse ?
Le petit père ! Il souffrait de coliques néphrétiques depuis plusieurs années. En 1962, c'était devenu infernal mais, par amitié pour Coquatrix, il avait accepté de se produire une nouvelle fois à l'Olympia. Chaque soir, après la piqure du médecin, il serrait les dents et me broyait les mains avant de monter sur scène. Après le spectacle, une ambulance le ramenait à l'hôpital. Lorsque je passais le voir dans sa chambre, il ne se plaignait jamais. Il me demandait juste des nouvelles de ses chats. Cela a duré trois semaines !
- Vous avez regretté l'époque de la vedette anglaise, américaine, du numéro de music-hall... ?
Bien sûr. La mode du récital a commencé avec Aznavour. Certains artistes estimaient que les premières parties étant trop chères ils ne pouvaient pas augmenter leurs cachets. Brel trouvait ce raisonnement assez con. Il disait qu'il ne ferait jamais un truc pareil. Et son manager Charley Marouani était d'accord avec lui.
- Vous avez aussi connu les grands soirs de premières ?
Ça avait de la gueule tout ce monde en robe longue et smoking. Je ne sais plus de quel spectacle il s'agissait mais je n'oublierai jamais l'arrivée de Liz Taylor, au bras de Richard Burton !
- "Je les ai tous vus débuter", Editions de l'Archipel, février 2021. Prix: 20 Euros.
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23 mars 2021
Pierre Chérèze: "J'aime quand la musique me rend à la fois joyeux et mélancolique"
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| (c) Abl Studio - Lucky & M.Marteau & S. Paulinet |
- Sortir un premier album instrumental en improvisant sur des titres quasiment mythiques, c'était un sacré pari ?
Il ne faut pas voir cela de cette manière mais en se plaçant de l'autre côté du miroir . Je l'ai fait en étant désarmé, en me jetant du haut de la falaise comme disait Higelin. A partir du moment où vous improvisez, cela signifie que vous n'avez pas peur de la mort et de la vie non plus. C'est dans cet esprit là que j'ai enregistré l'album. J'ai choisi des titres qui sont connus pour de bonnes raisons et dont la suite d'accords se prêtait à l'improvisation.
- Il paraît que vous êtes un guitariste autodidacte ?
En fait, depuis que je suis né, je n'ai rien décidé du tout. J'aurais aimé faire de la trompette puis de la scie musicale. J'ai commencé à jouer de la batterie dans un groupe et je me suis finalement retrouvé à la guitare !
- La plupart des titres de "On Route 66" datent des années 60/70. L'âge d'or des guitar heroes pour vous ?
Bien sûr. La seule différence, c'est que dans les années 60, la musique avait un côté bon enfant. On avait juste envie de s'amuser et de faire la fête. Alors que les années 70 ont été récupérées par le business. Django Reinhardt par exemple, jouait pour le plaisir. A l'époque on ne parlait pas de groove mais de swing. Aujourd'hui, j'ai le sentiment que la technique a pris le pas sur le côté spontané.
- De "Over the Rainbow" à "Personal Jesus", la palette est large, non ?
Ce que j'aime avant tout c'est quand la musique me rend à la fois joyeux et mélancolique. Comme lorsque j'écoute B.B. King ou "La quête". Pour moi, la chanson de Brel est un gospel français. J'ai le même genre d'émotion avec Gabriel Fauré. Je trouve que ce compositeur était plus humain que musicien.
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Quels souvenirs gardez-vous de votre collaboration avec Higelin ?
Il avait un don impressionnant pour l'improvisation. J'étais fan de Jacques. J'ai côtoyé bon nombre d'artistes talentueux mais, au final, ce qui fait la différence, c'est la générosité.
- Album "On Route 66"(Williamsong Music), à paraître début avril
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