4 nov. 2016

Ben l'Oncle Soul: "Avec Under My Skin, j'ai voyagé dans le temps".

Dans son précédent album "A coup de rêves", Ben l'Oncle Soul avait notamment enregistré une belle reprise de "Simply Beautiful" d'Al Green (en duo avec Keziah Jones). Cette fois, pour "Under My Skin", qui sort officiellement aujourd'hui, sur le prestigieux label Blue Note, il relève un sacré défi en s'attaquant au répertoire d'une légende: Frank Sinatra !
Avec la complicité de Matthieu Joly et Benjamin "Waxx" Heikimian, l'artiste d'origine caribéenne emmène "My Way", "Fly Me To The Monn", "The Good Life", "New York New York" ou encore "I Love Paris" sur des versants plus ensoleillés, à mi-chemin entre la soul, le reggae, le hip hop, le blues et le jazz. Onze titres qu'il interprétera, accompagné d'un solide combo de musiciens et d'un DJ, sur la scène du  Jazz Club Étoile (les 19 et 20 novembre prochains) dans le cadre du Blue Note Festival. Une tournée est également prévue au printemps, avec une escale au Bataclan, le 27 avril 2017.
Comment est né ce projet d'hommage à Sinatra ?
L'hiver dernier, j'ai réalisé que nous entrions dans le centième anniversaire de sa naissance (le 12 décembre 1915) et j'ai contacté ma maison de disques pour savoir s'il y avait quelque chose de prévu pour célébrer l'événement. J'avais lu pas mal de biographies et regardé des documentaires à son sujet. Tout le monde a l'impression de bien le connaître mais personne n'était vraiment capable de m'en parler. C'était un personnage plus complexe qu'on ne l'imagine. Plutôt que de faire des reprises de ses chansons, j'ai essayé de me les réapproprier, de les emmener du côté de la musique noire américaine.
Vous l'écoutiez lorsque vous étiez plus jeune ?
J'écoutais surtout Ray Charles. Mais tout au long de ma vie, durant l'enfance et à l'adolescence, il y avait toujours un parfum de Sinatra qui traînait autour de moi. Ma tante m'en parlait beaucoup. Je suis conscient qu'avec cet album, j'aborde un répertoire dans lequel les gens ne m'attendent pas forcément. A l'époque les arrangements étaient plutôt propres et lisses. Avec "Under My Skin", j'ai voyagé dans le temps pour aller chercher le côté plus moderne qui était derrière.
Le choix des titres a été compliqué ?
On a décidé de faire les tubes. Ceux que les gens ont envie d'écouter. Personnellement, je me suis pas mal inspiré de son concert à Las Vegas. J'ai réalisé que certaines chansons qui m'avaient touché quand j'étais ado me revenaient naturellement à l'esprit. Comme "Moonlight Serenade", une ballade qui est peut-être moins populaire mais que je trouve magnifique.
C'est vrai que vous avez failli abandonner le métier après la sortie de votre premier album "Ben l'Oncle Soul" ?
C'était le début de la musique pour moi. J'essayais de trouver le rythme, de prendre mes repères. Il y a eu une grosse tournée de 350 dates dans 13 pays en un an et demi. On nous demandait parfois de passer dans des lieux qui n'étaient pas appropriés pour faire de la musique. J'ai eu l'impression de ne plus contrôler le bateau. Je ressentais la petite peur de la mort de l'artiste.
Vous avez songé à retourner vers les arts plastiques ?
J'avais fait les Beaux-Arts avec le projet de devenir professeur d'arts plastiques mais je n'ai jamais enseigné. Le hobby de la musique a vite pris le dessus.
Vous chanterez Sinatra avec votre fameux noeud papillon ?
Je ne sais pas encore mais j'aboue que j'aimerais bien l'abandonner.
Après cet album-hommage, vous reviendrez à votre répertoire ?
Je continue d'écrire, dans l'ombre de Sinatra, sur la côte ouest des États-Unis où je vis aujourd'hui. Pas loin de mes amis musiciens du groupe Monophonics avec qui j'ai enregistré "A coup de rêves". Mon prochain album, je le ferai en effet avec mes chansons...

-"Under My Skin", disponible dès aujourd'hui, 4 novembre (label Blue Note).
Les 19 et 20 novembre 2017, à 21 h 30, au Jazz Club Étoile,
 81, bd Gouvion-Saint-Cyr, 75017 Paris.
Tél.: 01.40.68.30.42.



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