18 oct. 2018

Nina Papa: "sans mes musiciens, je n'existerais pas".

(c) Jc Pouget
Elle est brésilienne mais cela fait quelques années déjà qu'elle a choisi de poser ses pénates dans la ville de Nice. C'est d'ailleurs dans les clubs de la Côte d'Azur que les amoureux de la bossa-nova ont pu apprécier cette belle interprète dans des reprises de Tom Jobim,  Gilberto Gil ou Vinicius de Moraes.
Après un premier album dans lequel elle rendait hommage à ses illustres aînés, Nina Papa vient de sortir "Evidência" dont elle a signé la plupart des textes. Douze titres qui balancent entre jazz et sonorités brésiliennes,  enregistrés avec un solide combo de musiciens (Marc Peillon à la contrebasse, Cédric Le Donne et Alain Ruard à la batterie, Franck Le Donne aux percussions), et la complicité de la compositrice et pianiste Béatrice Alunni, de l'inventif saxophoniste alto Baptiste Herbin et du grand batteur André "Dédé" Ceccarelli.
Outre "Evidência" qui donne son titre à l'opus, on craque littéralement pour le bienfaisant "Vento", le tourbillonnant "Férias", "Agora"... sans oublier une version aussi enlevée qu'originale de "La Javanaise" de Gainsbourg.
Rencontre avec une artiste solaire, quelques jours avant son concert parisien au Studio de l'Ermitage, le 24 octobre prochain.

Ton premier album est sorti en 2005 et celui-ci il y a quelques jours. Pourquoi avoir attendu si longtemps ?
En fait, je n'ai jamais cru que c'était important de faire un album ! Il fallait que je rencontre les bonnes personnes et que je me sente prête.
Que cela apparaisse comme... une évidence ?
Tout-à-fait. C'était le bon moment pour moi.
Peux-tu nous parler de ta rencontre avec Béatrice Alunni ?
Elle était ma prof de solfège il y a deux ou trois ans. Avec elle, je me suis tout de suite sentie à l'aise. Elle a composé quasiment toutes les musiques des chansons originales de l'album (sauf "Easy Road", musique de Marc Peillon et "Brincar de amor"musique de Nina). La veille de l'enregistrement en studio, elle est arrivée avec la chanson "Ces mots pour toi" qu'elle a écrite en pensant à son amoureux ! C'est aussi elle qui a imaginé les arrangements sur "La Javanaise".
As-tu songé à d'autres reprises en français ?
Sur l'album, j'interprète également "Plus fort que nous" de Francis Lai, une chanson extraite du film "Un homme et une femme" de Claude Lelouch. Et, dans mon premier album il y avait "De t'avoir aimé" de Charles Aznavour. Mais j'avoue que chanter du Gainsbourg me faisait un peu peur. "La Javanaise" est une chanson tellement sensuelle et marquée par son auteur. J'aime la chanson française et des artistes comme Brel, Nougaro... Mais j'adore aussi "Happy" de Pharrell Williams.

Tu retournes parfois au Brésil ?
Je suis partie à l'âge de 19 ans mais j'essaie d'y retourner au moins une fois par an. Mes frères et mon oncle sont musiciens. J'ai débuté au Brésil dans une chorale. J'ai commencé à chanter des oeuvres de Villa-Lobos ou des airs d'opéra comme "La Bohème" de Puccini.
Sur scène, tu présentes tes musiciens en affirmant que, sans eux, tu n'existerais pas ?
Je ne suis pas musicienne. Je me vois plus comme une interprète et j'aime ça. Alors, sur scène, j'ai vraiment besoin d'eux. Ils sont devenus ma famille.
Une famille qui s'est agrandie avec l'arrivée du saxophoniste alto Baptiste Herbin ?
Je l'ai rencontré grâce à un docteur qui vit à Nice. Il aide les musiciens en les invitant régulièrement chez lui. J'y ai croisé Baptiste un dimanche... et le lundi, il était en studio avec nous ! C'est un artiste qui a vraiment quelque chose en plus. Il respire la musique...

- Album "Evidência" (Distribution Socadisc), disponible depuis le 28 septembre 2018
En concert le 24 octobre 2018, à 20h30, au Studio de l'Ermitage, 8, rue de l'Ermitage, 75020 Paris.
Tél.: 01.44.62.02.86. Prix: 15 € (13 € en prévente). http://www.studio-ermitage.com/

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