18 oct. 2019

Hervé: "J'adore les clairs-obscurs"

(c) Lorelei Buser Suero
Il se rêvait footballeur mais un accident en a décidé autrement...
 Après la belle aventure de Postaal, le duo électro-pop formé avec Dennis Brown, Hervé s'est lancé en solo avec un premier EP baptisé "Mélancolie F.C.", sorti le 17 mai dernier. Des textes dont le spleen est contrebalancé par des rythmes électro qui vous transportent sur sa planète. Un monde où les couleurs se confondent, où les mots dessinent toute une palette d'émotions.
Aux Francofolies de La Rochelle, cet été, son concert au Théâtre Verdière a séduit et bouleversé. Impossible de ne pas tomber sous le charme ténébreux et lumineux de cet auteur-compositeur.
Le monde du ballon rond a peut-être perdu un futur champion mais celui de la musique a gagné un artiste avec lequel il faut désormais compter.

- A l'écoute de ton disque, on a le sentiment que chez toi, la mélancolie n'est pas vraiment un état languissant ?
J'aime la dualité entre des textes sombres et des musiques énergiques. C'est la dimension du drop. J'aime aussi l'idée qu'on ne puisse pas facilement entrer dans le projet. Moi-même, je me méfie des premières écoutes.
- Quel souvenir gardes-tu de ton passage en première partie d'Eddy de Pretto à Olympia ?
On parle beaucoup de la magie de cette salle. J'ai joué devant le rideau. Ça ne sonnait pas vraiment comme un tour de chant. Assurer une première partie demande une énergie particulière: les gens ne te connaissent pas, ils ne t'attendent pas. Mais j'ai trouve ça cool. Eddy m'a invité à ouvrir quasiment toutes ses dates.
- Il y avait tout de même dans le public des personnes qui connaissaient Postaal, non ?
Certaines ont sans doute fait le lien. Mais ce n'était pas évident car à l'époque, nous portions des capuches et on ne se montrait jamais.
- Sur la pochette de "Mélancolie FC", tu te caches encore un peu ? 
C'est une photo que j'aime bien. Elle a été faite aux Transmusicales de Rennes. Et celle qui est à l'intérieur du disque me représente enfant. Lorsque j'ai trouvé le nom de l'EP, on a brodé autour du thème.
- Dans ta biographie, on apprend peu de choses sur toi. Toujours ce besoin de te préserver ?
J'ai l'impression que moins on dit de choses, mieux c'est. Je ne suis pas non plus un accroc des réseaux sociaux. Si on souhaite me connaître, il y a la scène. J'essaie toujours d'être le plus sincère possible.
- On apprend quand même que c'est Higelin qui t'a donné envie de chanter ?
Pochette du EP Mélancolie F.C.
 C'est vrai. J'aime les artistes qui arrivent à transmettre des images factuelles, qui racontent des histoires avec un début, un milieu et une fin. Des artistes comme Aznavour, Brel, Ferré, Stromae... Alain Bashung avait ce truc aussi.
- Dans ce EP tu reprends d'ailleurs "La peur des mots", un titre peu connu de Bashung ?
 Il s'agit de la version enregistrée à Memphis quand Bashung était allé dans la maison de Presley. Je trouve que le texte de Jean Fauque est sublime. Cette phrase "Tue-moi, je te couvrirai de baisers" me bouleverse à chaque fois que je la chante. J'aime cette forme d'écriture là.
- L'album est pour bientôt ?
Je me challenge en permanence. J'ai mis du temps à apprendre à déléguer. Pour l'album à venir, je vais ouvrir les collaborations. Et prendre le temps de partir en Bretagne pour écrire. Il y a là-bas des paysages et une mélancolie qui m'inspirent. J'adore les clairs-obscurs.

En tournée: le 19 octobre 2019 à Cavaillon (La Garance), le 23/10 à Troyes (Festival Off Off Off), le 24/10 à Chatenay Malabry (Le Pédiluve), le 29/10 à Riorges (Les Mardis du Grand Marais), le 4/11  à Paris (Les Etoiles), le 9/11 à Saint Lô (Les Rendez-Vous Soniques), le 17/11 à Rambouillet (L'Usine à Chapeaux)... 
Le concert aux Etoiles affichant complet, une nouvelle date parisienne est annoncée le 19 mai 2020 à la Maroquinerie, 23, rue Boyer, 75020 Paris. http://www.lamaroquinerie.fr/

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