Cela fait quelques années déjà que cet ancien professeur a renoncé à enseigner "la langue de Goethe" pour se consacrer à l'humour, la comédie et les imitations.
En showcase au Grand Point Virgule, vendredi dernier, il a présenté son spectacle "Patrick Adler En Voix (du lourd)", sur le thème des voix et de leur évolution à travers les âges, les pays et les époques.
Un show qui démarre avec "Casser la voix" de Patrick Bruel avant d'enchaîner sur le cri primal d'un nouveau-né. "La voix, c'est notre premier rapport au monde" confie-t-il.
En un peu plus d'une heure, il nous embarque dans un tour du monde en 80 voix, sous forme de pastiches et de battle. Sur scène, pas de décors ni d'effets spéciaux car son principal accessoire, c'est sa voix. Et là, Patrick Adler est manifestement dans ses cordes !
Depuis ses débuts, il s'est notamment affirmé dans le registre... féminin ! Il faut l'entendre parodier les timbres de Zézette, Maria Pacôme, Guesch Patti, Patricia Kaas, Vanessa Paradis, Barbara, Bonnie Tyler ou encore Amy Winehouse pour réaliser à quel point il maîtrise l'exercice. Et, lorsqu'il s'attaque aux organes masculins, il le fait un égal talent (Calogero, Vincent Delerm, Dave, Christophe Willem, Jacques Higelin...).
Toujours soucieux de coller à l'actualité musicale, il se lance même dans une parodie réussie de Maître Gims. Entre deux révélations sur les bouffons qui s'amusaient à reproduire les discours du roi, le mystère du fameux voile des chanteurs italiens, ou celui des artistes qui font carrière en murmurant...il mène son exposé avec une indiscutable énergie. Du coup, on lui pardonne volontiers des jeux de mots un peu faciles et certains textes qui mériteraient d'être aussi "musclés" que ses performances vocales.
Attention si vous avez opté pour les premiers rangs car cet adepte de l'impro adore "se payer" quelques têtes. Pour le plus grand plaisir des voisins évidemment...
Du 7 au 30 juillet 2017, à 12h20, au Théâtre Cinévox, salle 2, .Place de l'Horloge, 84000 Avignon (Festival Off). Infos et réservations au 04.90.89.93.89. http://www.theatrecinevox.com/
12 juin 2017
27 avr. 2017
Caroline Montier chante Barbara amoureuse
On l'a connue virevoltant dans une jupette à pois rouges, aux côtés de ses espiègles complices du trio Swinging Poules (voir article du 24 décembre 2014 sur ce blog). Cette fois, c'est seule au piano et tout de noir vêtue, que l'on retrouve Caroline Montier dans récital consacré à Barbara. Mais une Barbara amoureuse, un brin primesautière, même si la gravité n'est jamais loin.
Un exercice périlleux auquel d'autres avant elle se sont livrées avec plus ou moins de bonheur. Le risque étant d'apparaître comme une pâle copie de la Dame Brune. Un écueil que la chanteuse, venue du lyrique, a su habilement éviter. Car même si son profil se dessinant sur les pierres et certaines intonations rappellent parfois l'auteur de "Ma plus belle histoire d'amour", Caroline marche dans les pas de son aînée en y apportant sa propre empreinte.
Et on apprécie le choix de cet itinéraire audacieux, qui, à mille lieues des chemins si souvent revisités, nous emmène à la (re)découverte de refrains comme "A chaque fois", "Parce que je t'aime" ou "Je ne sais pas dire...".
Servie par de subtils jeux de lumières imaginés par Anne Coudret et la collaboration artistique de Caroline Loeb, l'artiste propose ici un touchant hommage à celle qui écrivait: "Là, simplement dire je t'aime, je n'ose pas...Amoureuse du bout des doigts, au piano, je pourrais le dire, écoute-moi, regarde-moi..." Un message, comme une confidence, que Caroline Montier délivre avec une belle et élégante sensibilité.
Jusqu'au 9 mai 2017, les lundis et mardis à 21h30, et en juin les mercredis à 19h45, à l'Essaïon, 6, rue Pierre au Lard, 75004 Paris. Tél.: 01.42.78.46.42. Prix: 15 € et tarifs réduits à 10 €. http://www.essaion.com/
Et cet été au Festival d'Avignon, au Théâtre Al Andalus (25 rue d'Amphoux), à 21h35.
Un exercice périlleux auquel d'autres avant elle se sont livrées avec plus ou moins de bonheur. Le risque étant d'apparaître comme une pâle copie de la Dame Brune. Un écueil que la chanteuse, venue du lyrique, a su habilement éviter. Car même si son profil se dessinant sur les pierres et certaines intonations rappellent parfois l'auteur de "Ma plus belle histoire d'amour", Caroline marche dans les pas de son aînée en y apportant sa propre empreinte.
Et on apprécie le choix de cet itinéraire audacieux, qui, à mille lieues des chemins si souvent revisités, nous emmène à la (re)découverte de refrains comme "A chaque fois", "Parce que je t'aime" ou "Je ne sais pas dire...".
Servie par de subtils jeux de lumières imaginés par Anne Coudret et la collaboration artistique de Caroline Loeb, l'artiste propose ici un touchant hommage à celle qui écrivait: "Là, simplement dire je t'aime, je n'ose pas...Amoureuse du bout des doigts, au piano, je pourrais le dire, écoute-moi, regarde-moi..." Un message, comme une confidence, que Caroline Montier délivre avec une belle et élégante sensibilité.
Jusqu'au 9 mai 2017, les lundis et mardis à 21h30, et en juin les mercredis à 19h45, à l'Essaïon, 6, rue Pierre au Lard, 75004 Paris. Tél.: 01.42.78.46.42. Prix: 15 € et tarifs réduits à 10 €. http://www.essaion.com/
Et cet été au Festival d'Avignon, au Théâtre Al Andalus (25 rue d'Amphoux), à 21h35.
4 avr. 2017
Jean Guidoni: "quand on est un artiste, on doute toujours"
Entre les vapeurs de l'oubli, le temps qui passe trop vite, il nous embarque sur les accents mélancoliques de "La note bleue", à bord d'un "Grand huit" ou sur "La piste des éléphants".
Son concert à l'Européen affiche complet mais une date supplémentaire est d'ores et déjà prévue à la Cigale. Une chance car
c'est sur scène que Jean Guidoni donne la pleine mesure de son talent.
A l'écoute de ces "Légendes urbaines", on se demande pourquoi tu as attendu si longtemps pour revenir à l'écriture ?
J'avais un peu la trouille, l'impression de n'avoir plus rien à dire. C'est Didier (Pascalis) qui m'a poussé. Les premières réactions m'ont donné envie de poursuivre et d'enregistrer ce nouvel album. Quand on est un artiste, on doute toujours.Chanter Prévert et Leprest m'a permis de continuer à réaliser des choses. C'était aussi l'occasion de prendre du recul, de faire le point avant d'oser me lancer à nouveau.
On retrouve dans ce nouvel album tes thèmes de prédilection comme les tristes fins de nuit, les amours et le temps qui passent ?
C'est un univers que j'aborde plus facilement. J'ai toujours été inspiré par les ambiances un peu sombres.
A l'image de la pochette de l'album ?
J'aime bien ce regard. Il semble dire: attention, je suis peut-être un peu diabolique !
On s'étonne d'autant plus de ce texte dans lequel tu évoques ton goût pour la danse ?
"Moi je danse" est la première chanson que j'ai écrite pour "Légendes urbaines". Enfant, je rêvais d'être danseur, bien avant de songer à la chanson. Ma grand-mère m'emmenait voir des spectacles à l'Opéra de Toulon. Je n'ai pas pu suivre de cours pour des questions d'argent, alors j'ai mis ces espoirs dans ma poche. Mais j'ai toujours aimé danser sur scène. C'est une vraie passion.
Comme celle que tu sembles vouer à Dorothy Parker ?
J'ai eu envie de rendre hommage à cette femme qui était d'une lucidité redoutable pour l'époque. Je me suis amusé à écrire ma version de son "Hymne à la haine".
Peux-tu nous parler du concert que tu donneras ce soir à l'Européen ?
Je serai accompagné d'un trio de musiciens piano-contrebasse-guitare et j'interpréterai les chansons de mon nouvel album mais aussi des titres d'Allain Leprest et des textes plus anciens que j'ai signés comme "Mort à Venise", "Je pourris camarade" et "Y'a un climat".
Il y a dans ton album des titres qui semblent plus "engagés", non ?
C'est vrai. "La piste des éléphants" et "Où allez-vous Nora, Djemila..." s'inspirent de l'actualité.Tout comme "Je pourris camarade" qui était une chanson assez politique. Mais je pense que pour qu'un message puisse passer, il ne faut pas le faire de manière trop radicale. Même avec Pierre (Philippe), nous nous efforcions de ne jamais être didactiques. L'essentiel, c'est de partir de l'humain.
Ce soir, 4 avril, à 20 h 30, à l'Européen, 5, rue Biot, 75017 Paris. Tél.: 08.92.68.36.22.
http://www.leuropeen.paris/. Et le 20 novembre 2017, à 20 h, à la Cigale,
120, Bd de Rochechouart, 75018 Paris. http://www.lacigale.fr/
Album "Légendes urbaines" (Tacet/L'Autre Distribution), disponible depuis le 31 mars.
31 mars 2017
Michaël Gregorio: un sacré casting !
Dès les premières images, l'artiste apparaît grimé en vieil homme, interviewé par Michel Drucker. L'occasion d'évoquer quelques souvenirs de scène et de nous inviter dans sa chambre d'ado, à l'époque où il écoutait Rage Against The Machine, en grattant sa guitare électrique.
Contrairement à ses aînés qui égratignent à l'envi les personnalités politiques, Gregorio ne "pirate que les chanteurs". Un exercice qu'il maîtrise avec brio. Son imitation d'Hallyday est excellente, tout comme cette idée de brouiller les cartes en prenant la voix d'un artiste revisitant le succès d'un autre.
Des mariages improbables et désopilants qui permettent ainsi de découvrir Aznavour chantant "Bella", à la manière de Maître Gims, Obispo entonnant la Reine des Neiges ou Francis Cabrel sur un tube de Shakira.
Accompagné par ses fidèles et efficaces musiciens, Michaël Gregorio va même jusqu'à se jeter dans le public, à l'image des rock stars auxquelles il n'a plus grand chose à envier. Quant à son interprétation de la chanson "Amsterdam" de Brel, elle est tout simplement bouleversante. On regrette parfois que certains textes ne soient pas à la hauteur de ses performances vocales.
Longtemps considéré comme l'étoile montante des imitateurs et humoristes, Michaël Gregorio n'est pas loin d'atteindre son zénith avec ce show époustouflant. Il a d'ailleurs réservé Bercy (le 21 décembre prochain) pour clore, en beauté, cette tournée anniversaire.
Ce soir, à 20 h, salle Pleyel, 252, rue du Fg Saint-Honoré, 75008 Paris. http://www.sallepleyel.com/
En tournée: le 7 avril à Châlons en Champagne, le 22 juin au Festival Morges Sous Rire, le 28 juin au Festival Montauban en Scènes, le 8 juillet au Festival Live des Brumes à Sainte-Sigolène, le 23 juillet au Paleo Festival de Nyon.....le 18 occtobre au Bataclan à Paris, le 9 novembre à l'Arena de Brest, le 21 décembre 2017 à l'Accorhôtels Arena (Bercy).
27 mars 2017
Thomas Fersen, le bonheur est dans le pré...
Depuis "Le bal des Oiseaux", sorti en 1993, Thomas Fersen jongle avec les subtilités de la langue française (double-sens, métaphores...) pour concocter des histoires cocasses, tendres et ironiques.Au fil des années, son bucolique répertoire s'est enrichi de monologues en vers qui rythment ses spectacles. Comme celui qu'il donne actuellement, dans le cadre intimiste du Théâtre de l'Oeuvre pour présenter les titres de son dernier opus (le dixième en 25 ans de carrière) "Un coup de queue de vache".
Accompagné d'un quintet à cordes, sur les subtils arrangements de son complice Joseph Racaille, Thomas évoque ainsi, entre les lignes, les attentats parisiens avec la chanson-titre de l'album, la sur-consommation dans "La cabane de mon cochon", esquisse quelques pas sur le très dansant "La Pachanga", revient sur l'insolite histoire d'amour d'une chauve-souris et d'un parapluie.
Entre deux fables chantées, il nous invite à suivre le rocambolesque itinéraire d'un blouson de cuir depuis le stand des puces jusqu'à la cour du lycée Janson-de-Sailly, celui d'un importun moustique, partage avec le public (qui ne demande que ça !) les secrets d'un grain de beauté reçu en héritage.
Empruntant des chemins de traverse où l'on croise aussi un lièvre, un vieux homard un brin naïf, un druide ou une redoutable rebouteuse, l'artiste enchante les spectateurs qui applaudissent avec le même enthousiasme le chanteur et le conteur.
A la sortie, on se dit qu'avec Thomas Fersen, le bonheur est dans le pré... ou du moins sur la scène du Théâtre de l'Oeuvre. Alors courez-y vite avant qu'il ne file en tournée sur les routes de France...
Les 28, 29 30, 31 mars et le 1er avril, à 19 heures, au Théâtre de l'Oeuvre, 55, rue de Clichy, 75009 Paris. Tél.: 01.44.53.88.88. http://www.theatredeloeuvre.com/
23 févr. 2017
Goguettes en trio : une vivifiante impertinence
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| D.R. |
Et, histoire que tout soit bien limpide pour le public, il s'agit d'un trio à quatre ! Car Clémence Monnier qui accompagne Stan, Aurélien Merle et Valentin Vander, est loin de compter pour des prunes ! Pianiste de formation classique, elle donne une touche glamour à ce spectacle (mis en scène par Yéshé Henneguelle) qui s'inscrit dans la tradition des chansonniers.
A l'instar de la plupart de leurs aînés, ces mousquetaires pourfendent avec la même inspiration, à droite, à gauche, sans négliger les extrêmes. Et ils font mouche à tous les coups en provoquant des rires salvateurs.
Des déboires de Pénélope Fillon évoqués sur la mélodie de "Femme Libérée" (de Cookie Dingler) à "Syracuse" transformé en "Chirac s'use", en passant par l'imitation de Jean-Luc Mélenchon, accompagnée par la musique de "Comme d'habitude" ou encore "Sur la plage ensoleillée" devenue "Sur la place islamisée"... ils puisent à l'envi dans l'actualité sociale et politique. Et la manne est inépuisable. Tout comme l'énergie qu'ils déploient sur scène.
Irrévérencieux mais jamais méchants, engagés mais dégagés de toute étiquette, allant même jusqu'à s'auto-flageller avec une désopilante chanson sur les bobos, ces joyeux complices affichent sans équivoque leur programme: l'humour libre.
Jusqu'au 13 juin 2017, les mardis à 19h45, au Théâtre Trévise, 14, rue de Trévise, 75009 Paris. www.theatre-trevise.com. Réservations SRC Spectacles au 01.48.65.97.90. www.srcspectacles.com
19 févr. 2017
Rag'n'Bone Man: "Human"
Gardons-nous des raccourcis ! En découvrant sa photo sur la pochette de l'album "Human", on l'imagine volontiers chevauchant une Harley, sur la route 66, en écoutant Black Sabbath ou Iron Maiden.Alors que Rory Graham (son vrai nom) a vu le jour à Uckfield (en Angleterre), bercé par les disques de reggae, de jazz et de blues qui tournaient sur la platine de ses parents. Il n'y a pas si longtemps, il travaillait encore comme aide-soignant auprès de patients atteints d'autisme. Voilà pour les idées toutes faites...
Il suffit d'écouter le premier morceau qui donne son titre à l'opus pour être immédiatement happé par son timbre rauque et puissant, ses accents soul et blues, mâtinés de gospel et de hip hop. Et ces mots qui reviennent comme une profession de foi: "Cos I'm only human after all, don't put the blame on me...".
Humain, Rag'n'Bone Man l'est assurément et on ne le blâmera pas d'être aussi très généreux. Ce premier album (après 3 EP) compte en effet pas moins de 19 titres (dont 7 bonus tracks). Du crooner d'"Innocent Man" aux sonorités gospel de la superbe chanson d'amour "Skin", en passant par "Bitter End" où sa tessiture vocale s'épanouit aussi bien dans les graves que dans les aigus, il nous emporte ensuite au gré de ballades comme "Love you any less", "Odetta" ou "Grace"... jusqu'au poignant "Easy", interprété a cappella. Déjà numéro 1 du classement iTunes dans 25 pays, "Human" est l'un des albums les plus percutants et touchants de ce début d'année. A l'image de ce colosse impressionnant. "La voix d'une légende blues" peut-on lire dans The Guardian. Une légende qui n'a écrit que le premier chapitre de son histoire... On se consolera donc en apprenant que son concert le 27 mars prochain, à l'Elysée-Montmartre, affiche d'ores et déjà complet.
"Human" (Best Laid Plans/Columbia/Sony Music). Disponible depuis le 10 février 2017.
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