7 févr. 2020

Bai Kamara Jr: "J'ai mis toute mon âme dans cet album"

(c) Michael Chia
Originaire de Sierra Leone, il a vécu toute sa scolarité en Angleterre avant de s'installer en Belgique. Pour l'album "Salone" (qui désigne sa terre natale en langue Krio), enregistré avec son nouveau groupe The Voodoo Sniffers, Bai Kamara Jr a puisé dans ses racines africaines. Dès les premières notes de "Can't Wait Here Too Long",  la chanson qui ouvre ce bel opus, son timbre envoûtant vous embarque dans un voyage musical où le blues se teinte aussi de sonorités soul et world.
Rencontre à Paris (devant une spécialité auvergnate !), avant son concert au Jazz Club Etoile, le 14 mars prochain..

- Le blues exprime souvent de la tristesse, de la douleur. Ce qui n'est pas le cas dans "Salone" ?
Je suis un grand fan de John Lee Hooker qui pouvait être très drôle. Les textes me sont venus facilement. Ce que je raconte concerne la vie quotidienne et chacun peut s'y retrouver.  Le blues a toujours été là mais l'envie est devenue plus forte avec l'âge et l'expérience. Cet album, j'y songeais depuis au moins 8 ans. J'ai attendu le bon moment. C'est une une musique authentique et c'est ce que je veux faire jusqu'au bout...
- Avec une mère ambassadrice et un père politicien, votre chemin n'était pas un peu tracé ?
C'est vrai. Après deux ans à l'université, j'ai dit à ma mère que je voulais faire une pause... qui dure encore ! Une vie d'artiste ce n'est pas évident parce que c'est long et dur.  Il faut rester fidèle à son art. J'ai commencé la musique en écrivant pour des groupes locaux. Quand j'ai dit à ma mère que je voulais être artiste, elle a été compréhensive... et méthodique ! Avec elle, il faut venir avec des propositions et des arguments. A la fin, elle m'a dit que si cela me rendait heureux, j'avais sa bénédiction.
- C'est vrai que vous avez aussi fait l'acteur ?
Un homme est venu me voir alors que je jouais dans un club en Espagne. Il était intéressé par ma musique et souhaitait mettre deux de mes chansons dans un film. Je me souviens qu'à l'époque, mon entourage m'a dit de ne pas me faire trop d'idées. Quatre jours plus tard, j'ai reçu un mail de ce réalisateur (NDLR Paco Torres pour le film  "El Vuelo Del Tren" )  me confirmant sa promesse et il m'a même proposé un petit rôle. Celui d'un musicien africain de passage en Espagne... C'était dans mes cordes !
- Pouvez-vous nous parler du groupe qui vous accompagne ?
C'est un groupe multi-culturel : il y a un batteur qui vient du Togo, le bassiste du Burkina Faso, un autre musicien vient de l'Idaho mais a été élevé en Afrique de l'Ouest, il y a aussi un belge avec des racines italiennes...
- Dans le titre "Homecomming", on entend les sonorités typiques du "fingerpicking" ?
J'ai toujours aimé ça. Je trouve que cela apporte un côté organique et assez hypnotique.
- Vous avez dit que vous vous sentiez toujours comme un étudiant en ce qui concerne le blues. Qui sont vos maîtres ?
Quand tu es un guitariste autodidacte comme moi, tu passes ta vie à apprendre. Je suis inspiré par des artistes comme John Lee Hooker, Big Bill Broonzy, Ali Farka Touré... mais aussi Marvin Gaye ou Jimi Hendix.
- Chanter le blues, c'est forcément en anglais pour vous ?
C'est surtout parce que je m'exprime mieux dans cette langue. J'ai mis toute mon âme, toute mon énergie dans cet album. J'ai aussi mis en avant mes racines africaines parce que cela fait la différence avec le blues américain. "Salone" n'est ni africain, ni américain. Il est universel.

- album "Salone" (Moosicus/UVM), sortie le 21 février 2020 (disponible depuis le 24 janvier en digital).
En concert, le 14 mars 2020, à 20h30, au Jazz Club Etoile, 81, Boulevard Gouvion Saint-Cyr, 75017 Paris. Réservation au 01.40.68.30.42. Infos sur le site http://www.jazzclub-paris.com/fr/groups

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